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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"L'Ecologie politisée, une science de l'inexact..."

A la base, l'écologie est une science de la vie parmi tant d'autres. Mais elle deviendra progressivement une méta-discipline. Car elle englobe une multitude de domaines d'études ; allant de la biologie jusqu'à même flirter avec la philosophie,la sociologie et parfois même la théologie. Mais, il semblerait que son environnement lexical, c'est à dire le champs des mots que l'on utilise pour l'évoquer , ait été à présent fortement dénaturé. Et ce à des fins surtout politiques, il me semble. De ce fait, très peu de termes du language de l'écologie scientifique ont gardé leur sens initial dans le discours de l'écologisme global, plus vulgairement appelé: "écologie politique".

Parce que la parole est essence même de toute connaissance et conception, et que la politique, plus que toute autre activité humaine, puise beaucoup de sa force dans une maîtrise parfaite du language, l'écologie scientifique a été littérallement prise en otage par son pendant le plus vulgarisant. Celui qui s'adresse aux multitudes de néophites dans ce domaine que sont la plupart des écologistes du monde entier. Le grand public est souvent plus en contact avec ces derniers qui ne se préocupent pas vraiment d'écologie en tant que science mais surtout pour en faire un argument politique.


Aussi, pour qui aura su en détourner subtilement la sémantique, l'écologie, parce que complexe et multiforme, un formidable outil pour entretenir des confusions. Définir politiquement ce qui nous entoure et nous influence au quotidien comme une seconde nature; ce n'est pas anodin. Tout le monde en parle, de l'écologie, mais au fond, combien parmi nous peuvent véritablement en maîtriser tous les concepts? D'autant qu'ils sont en perpétuelle évolution au sein même de la communauté scientifique. De plus, elle est n'est guère unanime dans son approche d'un aussi vaste sujet.


Il faut être un écologue chevronné , toujours au fait de la dynamique des progrès et postulats produits dans ce domaine, pour prétendre parler objectivement de l'écologie. Et encore, les politques et les industriels gouvernent officiellement notre monde et décident donc directement ou indirectement des financements de la recherche écologique. Il semblerait que de nombreux écologues aient cédé à la tentation de surfer sur cette tendancce en pratiquant eux-même le verbiage de l'écologisme.


Une approche scientifique, par définition, se doit d'être raisonnée, objective et précise au possible dans ses formulations. Et donc se défier comme de la peste de toute influence émotionnelle ou culturelle. Tandis que la politique, elle, pratique l'art de jouer sur les émotions et les symboles, de provoquer des chocs émotionels sur ses sujets afin d'imprégner en profondeur tout ce qu'elle a pour dessin d'entourer et d'influencer...

L'écologie, en tant que science, ne saurait toujours proposer des solutions populaires, user de la langue de bois, flatter les passions de la masse. Elle analyse froidement, tente d'expliquer sereinement, puis propose des solutions qui peuvent même paraître paradoxales pour qui ne dispose pas d'une conscience la plus large possible de la compléxité des nombreux systèmes qui la constituent. Mais aucune science, à mon sens, ne peut tout expliquer, sinon la forme, rarement le fond, de l'Existence, humaine ou non.


La politique et son plus vieux corrollaire, la religiosité (à ne pas confondre avec la religion), elles, ont la croyance comme énergie renouvelable à l'infini. Leur langue a toujours été à la fois sophistiquée et vulgaire; en fonction de leurs interlocuteurs ainsi que de leur statut social. Le vide laissé par la science, celle qui étudie et définit la vie, mais ne l'explique pas vraiment, est le talon d'Achille qui permit, il me semble, à l'écologisme de l'infliter l'écologie comme le plus ingénieux des cheval de Troie.


Depuis son avénement progressif, qui s'ébranla de l'Antiquité jusqu'au XIXéme siècle, en tant que biologie puis écologie, cette dernière n'a eu de cesse d'être utilsée à des fins bien plus étendues que l'étude seule des milieux vivants et des espèces qui y évoluent de concert. Il faudrait être bien naïf ou mal informé pour ne pas remarquer que le véritable essor de l'écologie, en tant que telle, correspond en de nombreux points avec celui de la colonisation.

Car cette connaissance méticuleuse de la nature d'un territoire a depuis toujours été une des meilleurs armes pour le conquerir. Assoir d'autant mieux sa domination sur tous ses habitants, humains ou non, par l'avantage de l'information.C'est "L'Art de la Guerre", le principe de la maîtrise du terrain. Endémique, pour se préserver de l'énnemi. Celui de l'afversaire, quand on veut le conquérir durablement et donc lui imposer sa protection. Conserver un ordre des choses; où l'indigène n'est plus maître de son environnement physique et culturel, et donc de sa destinée...

La colonisation d'un peuple par un autre, la conquête politique ou économique d'un groupe d'individus sur une population , sont avant tout celles d'un environnement. Encore plus, c'est une colonisation de sa définition. C'est pour cela que ce sont, avant tout autre réalité, des écosystèmes de mots que les colons produisent et imposent à leurs cibles pour mieux les entourer et les influencer vers la soumission conscentie. Il n'y a pas plus ingénieux qu'un pacte de domination voilé par une logorée séduisante à entendre...


L'écologie rendue politisée par l'écologisme, devient donc esclave de ce fatal état de fait: la politique est par nature quête absolue de pouvoir, d'influence, dessein d'environnement. Elle semble presque avoir abandonné la "logie" antique, "l'étude d'un ensemble de choses mises ensembles" pour devenir "logisme", logos, un discours idéologique.


C'est pourquoi, apparement, aux dires même de certains des plus éminents et puristes écologues, il faut se méfier des mots de l'écologisme, qui rend, par exemple, la "biodiversité" un synonyme d'une nature à conserver, et donc aspire à la figer. Tandis que ce mot définit au contraire une dynamique en constante variation. De même que certains écologistes "discidents" de la pensée écologiquement correcte soupçonnent le terme "dévellopement durable" de n'être qu'un euphémisme des véléités congénitales de " croissance continue" dont souffre le dévellopement industriel de l'Humanité; depuis les Temps Modernes, du moins....


Bien entendu, comme dans la nature, tout n'est pas totalement noir ou blanc. Mais dans le language de l'écologisme le plus primaire, cette dernière n'est souvent précieuse que parce qu'elle est utile pour nous. La nature rend des services écologiques que l'on peut quantifier économiquement, vous dirons les plus enthousiastes militants de l'économie verte. Elle n'est forcement pas nous; nous environne sans jamais vivre en paix à notre contact, parce que nous sommes supposés tous être coupables de notre édonisme de masse. Non qu'elle ait forcément tort, mais cette écologie exagère la réalité, idéalise la nature, telle une perfection dont nous serions exclus. Un peu comme nous le furent du Jardin d'Eden...Elle sous entend presque un pêché originel, et donc une rédemption inévitable...

L'écologie politique, dans ce qu'elle a de plus démagogique, parle d'environnement qui nous entoure et nous influence; et donc place" l'Homme" au centre de son milieu planétaire. Cela est certes flatteur pour notre égo, mais est-ce vraiment une réalité exacte? Qui doit-on vraiment protéger de quoi? C'est la plus importantes des questions à soulever quand il est question d'écologisme...

On dirait que cette écologie aspire à mettre sous cloche la nature sauvage dans des aires protégées, vierges de tout nitrate humain. Comme si l'activité humaine n'avait jamais été capable de produire aussi des paysages harmonieux. Elle prétend vouloir verdir l'industrie en grimant de vert-bonbon l'économie mondiale.Nous suggèrera même un jour, qui sait, de limiter nos libertés individuelles au nom de l'écocitoyenneté...

C'est pour cela que l'écologie, il me semble, quand elle n'est pas science, devrait être tout d'abord citoyenne et non seulement politique. Chaque citoyen doit prendre conscience de ce qu'est son environnement et de la maîtrise qu'il doit en avoir. Cela passe notament par des droits, mais aussi des devoirs envers la communauté des espèces vivantes qui forment le pays Algérie. Pas seulement vis-à-vis d'un Etat...

A l'échelle de chaque individu,s'atteler avant tout à nous réconcilier avec la nature. Il me semble que cela n'est pas aisé. Encore plus quand on est né comme moi dans une société hyper-industrialisée comme celle de mon pays d'accueil.

C'est à dire nous réconciler aussi avec nous même. Une part d'Algérie qui, je l'espère, demeure encore en chacun d'entre nous. Nous rappeller que justement tout ne peut être sous contrôle de "l'Homme", qu'il existe bien des phénomènes naturels que nous ne sommes pas encore en mesure de comprendre ni d'expliquer.

Il s'agit d'humilité, de tolérance, de responsabilité plus que d'un projet de société où l'écologie serait le radical commun de nos sociétés de demain. Au présent, ce sont de simples gestes, une attitude, une curiosité et la conscience que l'économie, en tant que "gestion du foyer", est une écologie par défintion.

En écologie, c'est la science qui doit avoir le dernier mot sur la politique, en être le guide et non le mulet. Encore plus, la clef, c'est notre conscience, à titre personnel, de l'importance d'une stratégie nouvelle pour l'environnement en Algérie et partout ailleurs sur la planète Terre.

Abstraction? Article prolixe? Ceux et celles qui savent lire entre les lignes, je l'espère, en comprendront la finalité...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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plombier 28/03/2015 04:21

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement