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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Agriculture bio en Algérie: "Le dernier des mohicans ou un pionnier?"

Benyoucef Benabdellah, un agriculteur "bio" au naturel

Benyoucef Benabdellah, un agriculteur "bio" au naturel

 

L'Agriculture dénaturée

Depuis son avénement en Europe, il y a de cela plus de deux siècles, l'industrie n'a eu de cesse façonner en profondeur l'économie de nos sociétés modernes. Au point  même d'en avoir complétement  bouleversé  une de  leurs plus essentielles  composantes :   la façon de se  nourrir, et donc de produire de la nourriture.  

En effet, l'agriculture, matrice millénaire de  toute civilisation humaine,  n'a pas échappé à cette révolution globale. La quantité, la productivité ont ainsi pris le pas sur la qualité , autant que la saveur des fruits et légumes consommés par des millards de gens à travers le Monde.  Il  parait à présent  impensable, pour  une grande majorité  des agriculteurs,  de cultiver la plupart des denrées alimentaires que nous consommons quotidiennement  sans un apport massif de mécanisations en tout genre,  et encore plus de chimies. De même qu'il n'est plus concevable pour  nombre de consommateurs  de laisser le cycle naturel des saisons agricoles s'immiscer dans leur régime alimentaire, devenu ainsi global, au détriment de toute approche locale et saisonnière. 


Cela a-t-il cependant  vraiment résolu le problème de la faim dans le monde? Rien n'est moins sûr, et il n'est pas exagéré de considérer que cette industrialisation intensive  de nos cultures n'a eu de cesse d'avoir des impacts néfastes autant sur notre santé que sur l'environnement.
Pendant longtemps, nos  agriculteurs algériens, pour de nombreuses raisons plus ou moins louables, n'ont pas eu d'autres moyens  et choix que de pratiquer leur activité avec un accès très restreint aux engins agricoles ainsi qu'aux  intrants chimiques qui ont fait les grandes heures-sombres- de l'agriculture de masse. 

Un mal pour un bien...

 L'Algérie, dans ce domaine, accuse un  réel retard qui, s'il est considéré par nombre de politiques et d'économistes nationaux comme un  sérieux handicap à son dévellopement économique, n'en reste pas moins, aux yeux  beaucoup  de consommateurs algériens,  comme étant un mal pour un bien.  Pour preuve, le goût et la valeur nutritive des fruits et légumes cultivés  en Algérie reste largement supérieurs à  la plupart de ceux  produits dans les pays qui ont fait de l'agriculture intensive et pétrochimique une doxa irréfutable.
D'autant que, là même où l'agriculture a été industriante à la démesure, il est de plus en plus question d'en  remettre en question les fondements et  de revenir à des procédès plus naturels. Ici, le "bio"  et ses approches corollaires  apparaissent comme des  alternatives  incontournables à l'avenir.


Mais les choses semblent à présent s'inverser...


La tendance parmi les fellahs algériens  va  inéxorablement à rebours de cette prise de conscience  pourtant si salutaire en Occident. Ils pratiquent de plus en plus une agriculture qui n'a plus de moderne  que l'apparence  et dont le fond est résolument source de comportements irrésponsables et écocidaires. Surtout que les procédés et intrants utilisés avec une ferveur de plus en plus préocupantes par ces derniers  sont le plus souvent parmi les moins respectueux de l'environnement ainsi que de la santé publique; parfois même, ils sont déjà interdits en Europe, par exemple.

 

L'Agriculture dénaturée

Depuis son avénement en Europe, il y a de cela plus de deux siècles, l'industrie n'a eu de cesse façonner en profondeur l'économie de nos sociétés modernes. Au point  même d'en avoir complétement  bouleversé  une de  leurs plus essentielles  composantes :   notre façon de nous nourrir, et donc de produire de la nourriture.  

En effet, l'agriculture, matrice millénaire de  toute civilisation humaine,  n'a pas échappé à cette révolution globale. La quantité, la productivité ont ainsi pris le pas sur la qualité  ainsi que la saveur des fruits et légumes consommés par des millards de gens à travers le Monde.  Il  parait à présent  impensable, pour  une grande majorité  des agriculteurs,  de cultiver la plupart des denrées alimentaires que nous consommons quotidiennement  sans un apport massif de  mécanisations en tout genre  et encore plus de chimies. De même qu'il n'est plus concevable pour  nombre de consommateurs du monde entier de laisser le cycle naturel des saisons agricoles s'immiscer dans leur régime alimentaire devenu ainsi global, au détriment de toute approche locale et saisonnière. 
Cela a-t-il cependant  vraiment résolu le problème de la faim dans le monde? Rien n'est moins sûr, et il n'est pas exagéré de considérer que cette industrialisation intensive  de nos cultures  n'a eu de cesse d'avoir des impacts néfastes autant sur notre santé que sur l'environnement.
Pendant longtemps, nos  agriculteurs algériens, pour de nombreuses raisons plus ou moins louables, n'ont pas eu d'autres moyens  et choix que de pratiquer leur activité avec un accès très restreint aux engins agricoles ainsi que les intrants chimiques qui ont fait les grandes heures-sombres- de l'agriculture de masse.

 

Un mal pour un bien...

 L'Algérie, dans ce domaine, accuse un  réel retard qui, s'il est considéré par nombre de politiques et d'économistes nationaux comme un  sérieux handicap à son dévellopement économique, n'en reste pas moins, aux yeux  beaucoup  de consommateurs algériens,  comme  étant un mal pour un bien.  Pour preuve, le goût et la valeur nutritive des fruits et légumes cultivés  en Algérie reste largement supérieurs à  la plupart de ceux  produits dans les pays qui ont fait de l'agriculture intensive et pétrochimique une doxa irréfutable.
D'autant que, là même où l'agriculture a été industriante à la démesure, il est de plus en plus question d'en  remettre en question les fondements et  de revenir à des procédès plus naturels. Ici, le "bio"  et ses approches corollaires  sont apparaissent comme une alternative incontournable.
Mais les choses semblent à présent s'inverser...
La tendance parmi les fellahs algériens  va  inéxorablement à rebours de cette prise de conscience salutaire en Occident. Ils pratiquent de plus en plus une agriculture qui n'a plus de moderne  que l'apparence  et dont le fond est résolument source de comportements irrésponsables et écocidaires. Surtout que les procédés et intrants utilisés avec une ferveur de plus en plus préocupantes par ces derniers  sont le plus souvent parmi les moins respectueux de l'environnement ainsi que de la santé publique; parfois même, ils sont déjà interdits en Europe, par exemple.

Une haie naturelle pour protéger du vent et des insectes parasitaires

Une haie naturelle pour protéger du vent et des insectes parasitaires

Un fellah au sens le plus noble du terme
Mais, heureusement, cette fièvre n'a pas encore gagné tous nos paysans et, certains, comme celui que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Ain Telouchent, sont restés fidèles à une agriculture saine et responsable, devenant ainsi, paradoxalement, les pionniers de l'agroécologie algérienne de demain. 


"Nos aïeux ont toujours considérés l'agriculture comme étant bien plus qu'une simple ativité économique; c'est la colonne vertébrale de l'Algérie. En tant qu'agriculteur, je  me sens responsable de tous les fruits et légumes que je produis. Les valeurs que l'on ma inculqué depuis ma plus tendre enfance m'interdisent de mettre en danger  la santé de mes clients, encore moins l'intégrité des paysages  de ma région." me confie  M. Benyoucef Benabdellah, et cela dès les premiers instants de notre entretien. 


"Je ne suis pas dupe de ce qui est en train de ce passer autour de moi. Les pesticides et les engrais chimiques qui innondent à présent la plupart des terres en Algérie sont dangeureux sur la durée, plus qu'utiles à court terme. Je n'ai pas pour habitude de gagner mon argent malhonnêtement, et de ce fait, je ne peux me résoudre à  en faire usage. Tanpis si mes récoltes sont moins productives et si parfois je suis perdant quand elles  sont ravagées par les parasites ainsi que les maladies. Je me plie sans le moindre regret à la volonté d'Allah.Ma récompense est de me coucher tous les soirs avec la conscience tranquille..." ajoute ce veil homme dont l'énergie et la sincérité  ne peuvent qu'imposer le respect ainsi que de lui accorder une oreille plus qu'attentive.


"Ce qui m'étonne beaucoup, c'est que depuis que l'on nous a vendu l'agriculture moderne et son lot de semences hybrides, d'engrais chimiques et de pesticides, de nouveaux fléaux sont apparus dans nos champs. Encore plus, la santé des gens s'est dégradée et cela ne semble pas aller en s'arrangeant. Je n'ai pas confiance en cette approche, d'autant que j'ai en ma possession bien d'autres moyens pour cultiver mes terres sans les abîmer. Tout ce que je récolte est naturel, et, je n'ai besoin pour cela que de respecter à la lettre mes traditions..."
Notre fier et attendrissant fellah, reste fidèle au fumier, à la zoubia et parcelle ses champs avec des haies végétales qui les protègent autant du vent qu'elles attirent où éloignent nombre d'insectes  et  en préservent ainsi ses légumes.

 
Il suffit de parcourir sa terre, cultivée dans un cadre des plus féerique, sur un plateau surplombant les plages de Melouz et Wardania, pour adhérer à son point de vue, et cela sans la moindre hésitation. Ici,  en cette saison printannière, on cultive l'orge, le courdon, les haricots verts, les fèves, les oignons blancs, la carotte, la pomme de terre sans le moindre apport chimique,  tout  en privilègiant au possible les espèces locales. La  pratique de la jachère et l'association des cultures sont un sacerdoce auquel il ne déroge jamais.  Encore plus, la grande biodiversité qui fleurit autour de ses récoltes est là pour témoigner de la pertinence de son postulat, qui fait la part belle au respect d'une nature environnante  dont la beauté est à mon avis le principal indice de réussite.

Nouria, une "Colibri" d'origine algérienne

Nouria, une "Colibri" d'origine algérienne

 

Le bio au naturel
D'ailleurs, lors de cette rencontre, Nouria, une "colibri" d'origine algérienne et donc adepte de la philosophie de Pierre Rabhi, a été ravie de constater que, sans connaitre ce célèbre militant et activiste de l'agro écologie à travers le monde,  notre hôte  appliquait naturellement beaucoup des fondements et procédés prônés par cet homme inspiré. Elle s'est rendu dans l'oranais afin de militer, mais, aussi et surtout,  de se rendre compte par elle-même du contexte et de l'état d'esprit algérien en matière d'agriculture. 


Mme Baba Ahmed, présidente de l'association oranaise "Main dans la Main", une fervente militante pour la préservation de la nature algérienne, en tant qu'environnement,  autant que la matrice d'une grande richesse culturelle, était également aux anges en parcourant les champs de M. Benabdellah. Il faut dire que son principal crédo est "la biodiversité dans nos assiettes" et c'est d'ailleurs à ce titre qu'elle a acceuilli Nouria  pour lui montrer à quel point, en Algérie, c'est une valeur qu'il faut défendre.


Hadjira Abdellaoui,  une des rares et  parmi les premières  expertes  en matière d' agriculture "bio" en Algérie, fut notre lien avec cet agriculteur au plus noble sens du terme. Elle travaille d'ailleurs, avec de nombreux fellahs de sa région et milite à travers tout le pays pour qu'un label bio existe en Algérie.  Elle anime également une émission radio locale, à Ain Temouchent.

"C'est un travail de longue haleine; d'autant que dans notre pays, les mentalités sont très dures à changer. Nos agriculteurs ont de plus en plus de mal à réaliser que l'agriculture à laquelle ils aspirent, et que les autorités semblent résolus à les inciter de pratiquer, ne sont plus d'actualité;  ni pertinents pour dessiner les contours de l'agriculture algérienne de demain. C'est pourquoi j'accorde un soin tout particulier à soutenir ceux comme Benyoucef qui sont comme moi convaincus que le "bio" est l'avenir de cette activité en Algérie..."me confiera-t-elle souvent lors de nos régulières rencontres en Algérie.

"Je n'ai pas besoin d'argent, mais de meilleures conditions  travail..."

"Je n'ai pas besoin d'argent, mais de meilleures conditions travail..."

 

Les conditions d'un déclin programmé
"Je suis amoureux de ma terre autant que fier de l'agriculture que je pratique. Elle a toujours porté ses fruits et je reste convaincu que c'est la meilleure voie pour notre pays; parce qu'elle respecte la santé des consommateurs et qu'elle ne dénature par nos paysages. Mais, je ne peux qu'être révolté par la timidité des autorités pour aider les gens comme moi dans leurs entreprises. Je ne demande ni matériel coûteux, ni subventions de la part de nos gouvernants. Ce que j'attends d'eux, par exemple, c'est un meilleur cadre de vie pour mes enfants ainsi qu'un accès à l'eau plus facile et régulier. Pour cultiver ma terre, je dois acheminer cette denrée rare à l'aide de moteurs à gaz-oil et, quand je me rend régulièrement à la pompe à essence dans ma région, je ne peux que déplorer  le fait qu'elles elles sont régulièrement vidées par les trafficants qui la revendent illégalement et à prix d'or au Maroc. Sans ce carburant, je ne peux irriguer correctement mes terres...C'est un véritable scandale!" s'indigne M. Benabdellah.


"Je ne peux en vouloir à mes enfants de ne pas envisager de  prendre ma rélève. Les conditions de vie et de travail sont harrassantes en zone rurale. Ma génération avait la force d'éprouver tout cela; surtout, nous n'avions pas d'autre choix. Mais les temps ont changés et ils aspirent à une vie plus confortable, l'éducation et des perspectives d'avenir plus sereines. L'agriculture, telle que je m'acharne à la pratiquer, n'est plus attractive pour les nouvelles générations. De ce fait, la main d'oeuvre vient à manquer, tandis que c'est la main de l'homme, le dur labeur de gens passionnés et non la mécanisation à outrance, les produits chimiques et l'appât du gain facile qui permettront  de nourrir les gens tout en respectant leur santé ainsi que la nature...", le constat est sèvère!


Notre pays est à la charnière d'un monde où de tels agriculteurs responsables seront soit les derniers des mohicans d'une agriculture algérienne authentique ou bien, je l'espère, les pionniers de celle de demain, productive et saine à la fois...
 

Mme Allou Rahou Baba Ahmed

Mme Allou Rahou Baba Ahmed

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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amina hamou aldja 28/03/2017 09:56

comment faire pour se procurer les fruits et legumes de cet agriculteur

Karim Tedjani 28/03/2017 22:31

Contactez sur fB Hadjira Abdellaoui https://web.facebook.com/profile.php?id=100007856806623&fref=ts