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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Terre mère..."

Dans ma région Guerbes, la deforestation fait rage...

Dans ma région Guerbes, la deforestation fait rage...

Me voici de retour dans mon Paris natal. Après ces quelques mois passés  dans  mon   Algérie  viscérale...

Il est temps  pour moi de faire un  premier bilan de cette dernière « expédition »   d’une aventure  intime et collective  qui dure depuis six ans  déjà. Une découverte de mon pays, étape par étape,  rendue possible grâce à la  solidarité  de quelques hommes et femmes d’Algérie  à qui je dois beaucoup.

J’ai vu tant de choses, rencontré tellement de gens, durant tous ces va-et-vient.  Et pourtant je n’ai même pas parcouru le tiers de ce pays continent. Je ne connais que des bribes de son histoire, de ses cultures.  Ce  que je ressens depuis  le début  de cette expérience, c’est que tout ce que j’ai vécu ici    relève d’une initiation. Sans autre fin possible, il me semble,  que celle de ma propre  existence sur Terre…

N’étant ni écologiste, ni d’ailleurs écologue, je ne saurais m’adresser à vous en  tant qu’expert maîtrisant toutes les facettes d’aussi vastes sujets que l’écologie et l’environnement en Algérie. Je me suis  juste dit que, peut-être,  certaines et certains d’entre vous aimeraient  cependant partager avec moi quelques-unes  de  mes impressions  et réflexions;  fruits de mes voyages dans ce pays. Ceux   qui m’auront le plus marqués cette année...  

J’aimerais  surtout vous parler de nature algérienne, plus que d’écologie moderne. Une nature,  au sens propre, mais aussi figuré. Une mosaïque  d’identités ethniques et culturelles qui ont cependant certaines inclinaisons endémiques  en  commun; au point qu'il est toujours aisé de reconnaitre un Algérien, quelque soit le pays où il se trouve...

 

La mosquée de la Tariqua "El Ouhayidine" (Rogassa_ El Bayadh)

La mosquée de la Tariqua "El Ouhayidine" (Rogassa_ El Bayadh)

Dans  la steppe d'Al Bayadh,  par exemple, en terre Ouled Ziad, je me suis immergé au cœur   d’une profondeur spirituelle  qui  me parait  heureusement encore bien ancrée dans l’âme  de nombreux Algériens. Surtout à mesure que l'on se rapproche du Sud.  El Karam, ainsi qu’El Nia sont ici encore des maîtres mots.

Une population dont les traditions sont à l’image de cette vaste géographie qui se perd dans un horizon  dont seule la distance  peut atténuer la transparence.  Au sein d’une telle monotonie apparente, le mensonge est inutile, la fuite forcement en avant. Les gens du Vide, les enfants des haut-plateaux,  sont remplis d’une sincère générosité ; leur hospitalité est légendaire, autant que la saveur si particulière  de la viande qu’ils  produisent dans cette  vaste  étendue rocailleuse.  Un climat si prompt à générer une couverture végétale dont la grande valeur et l’utilité économique  ne se perçoit pas du premier coup d’œil. Une terre de céréales et de plantes médicinales.

Le  courroux d’un Bayadhi  est tout aussi impressionnant que sa véhémence  de son accueil. Ce sont des gens qui n’aiment pas reculer, mais avancent lentement... Mais quand ils sont face au péril, ils chargent droit sur le danger sans éprouver la moindre peur ou hésitation. 

Cependant  un ennemi  des plus tenaces pourrait peut-être bien un jour avoir raison de cette vaillance. La pollution ainsi que  l’enclavement socio-économique  sévissent  dans la majeure partie des wilayas des Hauts Plateaux. Souvent, ces intrusions se font  de la manière la plus insidieuse. Elles ont gagné  malheureusement beaucoup de terrain sur l’environnement  authentique et millénaire  qu’est la Steppe algérienne.

Pour moi, cette région est  autant une écologie bien particulière  qu’un écosystème social à part entière. A l'image de  cette  immensité plane   qui ne dévoile   ses secrets qu’à ceux  et celles pour qui il n’y a  de plus beau et précieux jardin  que celui  planté au cœur d’une  oasis.  Émergé  comme par  un miracle d'Amour, des abîmes les plus sèches   du désert.

J’ai eu  la chance de  visiter un de ces jardins. C'était   une caverne perdue dans la steppe de Rogassa. Une ville que je n’oublierais jamais.  Tant elle m’a fait toucher de l’âme toute la pureté d’un Islam d’Algérie,  généreux, d’une lumineuse  tolérance et bienveillance  vis-à-vis d’autrui.  Comme si j'étais remonté à la source de ce que l'on m'avait enseigné dans mon petit douar Skikdi. J’ai découvert,avec mon cousin El Hadj Tedjani, une mosquée que son ami Bakar tenait absolument à nous  faire visiter. Elle a, parait-il,   été creusée en 1930, de la seule main d’un Cheikh soufi parent du célèbre Bouâamama.

La sobriété d’un égo apprivoisé, qui s’est incrusté dans la nature d’un lieu  au  charme primitif. La  fréquence pure  enfin retrouvée d’une vibration. Car, le modeste décor de ce  lieu de culte vibre d’une telle intensité ;  habillé seulement de quelques  vieux tapis et  de toisons de moutons. Des planches coraniques en bois écrites à l’encre noire, sur la pointe  d’une écorce de palmier taillée.  Accoudées çà et là aux  murs de pierre brute de cette minuscule mosquée, érigée six pieds sous terre pour nous rapprocher de la cime du Ciel. Des contours grossiers d'apparence, mais ils  diffusent  pourtant  dans ces lieux  une grande noblesse. De l’ombre, des lumières; le bruissement  croustillant   du sable qui s’infiltre  dans la place, à bord d’un vent pénètrant tout ce qu’il touche…

Puis la rencontre avec l’actuel maître de  cette Tarîqa, Cheikh el Hakoum. J’apprécie son aura bienveillante, ainsi que les vers prémonitoires de son ancêtre qu’il nous récita   autour d’un bon thé. La tradition veut que l'on nous serve également une  assiette de Roub de datte gorgé de beurre et de crème. Le tout assorti  d’un pain délicatement fumé au feu de bois…

Un moment simple, de palabres, de politesses, mais d’une vertigineuse  tendresse humaine. Son visage m’a  souvent rappelé la sage malice  du  chat de l’ «  Alice aux pays des Merveilles » de Walt Disney. Un personnage de contes en chair en os; il m’a fait tout de suite cet effet! Mais ici,  dans ce spectacle,  ni propagande déguisée en fiction à l’eau de roses, ni artifices somptueux. Juste un sourire sincère,  affichant un intérêt profond pour les autres. Un accueil, mais aussi une sobriété de ton et d’esprit. Un tel contraste  avec  les Algériens que nous sommes devenus ou en train de devenir; à force d'oublier qui nous étions et sommes  vraiment... 

Alors, en quittant ces lieux ainsi que l’hospitalité chaleureuse de  leur gardien, je me suis posé une question.

Et si,  au fond,  l’idée de barrage  vert  n’était   pas  si bien fondée ? Peut-être que l’on  ne  devrait  pas  autant s’acharner à penser  qu’ il faut ériger un rempart  contre nature  de forêts monotones en bordure du Sahara.  Pour  « lutter contre l’avancée du désert ».  De ce que j’ai pu en appréhender, l’écologie de   cette steppe en fait  à elle seule un tampon naturel   capable de   réunir nos  terres côtières  et le  Sahara,  dans le plus cordial et prospère des voisinages.

Il me parait évident qu’il suffirait tout simplement de lui laisser  retrouver sa vraie nature culturelle et biologique,  pour remplir  à nouveau ses fonctions de zone naturelle de transition entre un milieu côtier très montagneux,  d’une grande biodiversité,  et le Désert, majestueux, aussi riche d’une  toute autre façon d’aborder la vie.

C’est   aussi  une  nature  humaine que j’ai éprouvée. Une culture dont les vagues sont  à l’image  de vision  infinie dans lequel  il vous plonge,  à chaque fois que l’on contemple  cet « océan d'Alfa »  orné de plateaux chauves. Une grandeur   qui se  prolonge comme une profondeur de champ sans fin. Suggère plus que ne montre à l’œil nu sa biodiversité. Si ingénieuse, il faut insister sur ce point,  dans l’art de maîtriser les ardeurs  écocidaires  du Sahara  à l’égard de  la  flamboyante Méditerranée.

La steppe,  ou les steppes,  c’est un mouvement statique   qu’il me parait  presque préilleux  de figer.  Une  tradition  jadis pastorale et  surtout nomade, aussi. Dont le mouvement durable limitait le surpâturage, fertilisait nombre de terres à travers le pays. À chaque saison des passages  de  centaines de douars transhumants  leurs  bétails d’un bout à l’autre du pays. Au gré du calendrier de leurs  pâtures ainsi que des travaux agricoles  qui reliaient subtilement le Sud vers le Nord, d’Est en Ouest. Mais, cette activité, sans une gestion durable et intégrée, est aussi le principal danger qui menace l'écologie de la steppe qu'il faut protéger à tout prix. 

Créer de nouvelles activités économiques dans la région. Remettre aussi l'agriculture  vraiment à l'honneur. Mais aussi pourquoi pas dévelloper toute une industrie basée sur la culture  des plantes aromatiques et médicinales., qui pariticipera à restaurer le couverture végétale locale et endémique. Et puis alors, planter des arbres...

Conserver la  dynamique naturelle de ce milieu capable d’assurer à lui seul le rôle écologique de dizaines de barrages verts. Cela  semble être une démarche encore plus pertinente que de vouloir le coloniser  soudainement avec des millions d’arbres exotiques,  qui plus est de la même espèce. L’Océan d’Alfa, et la nature ancestrale  de ses habitants  sont les meilleurs arguments pour convaincre   le Sahara de  ne pas s’étendre plus qu’il n’en faut   et rompre ainsi l’équilibre de l’écosystème territorial Algérie.  

L’esprit de la steppe, comme celui des peuples des portes du désert, est celui d’une évolution perpétuelle sur le même thème. Une adaptation  à un  environnement bien plus dynamique qu’il n’en a l’air en surface. Il ne peut être fixé  dans l'epace  ou figé dans le temps sans   risquer de perdre l’essence même  sa créativité. 

 

La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)
La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)

La mosquée sous la steppe de Rogassa (El Bayadh)

Un détour par Ghardaïa...

Un détour par Ghardaïa...

Une autre fois,  j’accompagnais  Mehdi, un ami  journaliste  qui  voulait consacrer  un reportage à des  éleveurs de Sloughi résidants à  Laghouat.  Nous  firent  tout d’abord en cours de route une halte spontanée  vers  Ghardaïa....

Une matinée,  pour  visiter seulement une infime parcelle de  cette cité  qui a  aux moins deux dimensions, parallèles,  de surcroit.  Ce fut une visite guidée par un des acteurs de la société locale parmi les plus dynamiques et respectés de  la région. Un inévitable et meilleur atout  pour n’importe quel « étranger » désirant visiter la Ghardaïa Ibadite.  Une écologie  de la cité conservée  presque telle qu'elle était  jadis un cadre de vie dans toutes les Casbah et les Ksars où vivaient  nos ancêtres ;  avant que la colonisation ne vienne dénaturer leurs environnements ancestraux.

Une économie du respect et de la solidarité. Ce qui n’empêche pas  de commercer avec un grand talent. Une manière ancestrale de vivre ensemble qui, si elle remonte  à  bien des siècles, ressemble  encore beaucoup aux plus nobles atours du  développement durable  tel qu’il est actuellement  prôné outre-méditerranée.

Tout d’abord, c’est une architecture  parfaitement adaptée  à l’écologie des lieux. Un urbanisme où l’espace publique est aussi un espace intime. Un milieu  clos, certes, mais  y circulent librement  les vents les plus bénéfiques.Chaque habitant s'y sent chez lui, au délà du pas de sa porte. Le périmètre de son intimité est étendu à l'enceinte d'un quartier, d'une ville même.

On ne peut  le pénétrer qu’à la  seule condition d’en respecter  à la  lettre les lieux ainsi que les us et coutumes des  locaux. Chaque quartier M’Zabi est administré par une association de citoyens. Les rues  étroites  ne permettent  pas  l’accès aux véhicules motorisés. La consommation du  tabac.en plein air y est proscrite.On  parle à voix mesurée, dans ces paisibles ruelles qui n'en sont pas moins de véritables ruches d'activités  Un environnement  de culture, d’artisanat, de respect d’autrui où l’air est moins pollué et sale qu’ailleurs. Beaucoup de matérieaux sont naturels et proviennent de la région.

C’est l’impression que m’aura laissé ces quelques   heures passées à visiter   un des Ksars de Ghardaïa; celle d'une cité en équilibre entre le présent et le passé.

Elle m'aura fait oublier les tensions ressenties  lors de notre arrivée sur la place du marché central. La méfiance à notre égard.  Parfois  même le racisme,  transpirant sans la moindre retenue  du regard de certains. L'impressionnant encadrement policier, de cette ville coupée en deux autant par le passé que par une actualité des plus inquiétante pour l'avenir de notre pays...

 

"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
Le Cheval d'Algérie à Laghouat...

Le Cheval d'Algérie à Laghouat...

A Laghouat, ce fut une fois de plus la rencontre avec le Cheval d’Algérie, ses passionnés, son univers quotidien. Un  aspect fondamental  de la nature algérienne.  Car si  l’Algérien sait être un  redoutable  navigateur, un valeureux montagnard, avant tout il est  un maître cavalier. Arabe, barbe ou anglais, mélangé, le cheval algérien a son  propre caractère, ses prédispositions  endémiques. C’est ce que j’ai maintes fois ressenti et appris, au contact de tous ces  cavaliers et  éleveurs de chevaux que j’ai pu rencontrer  en Algérie. 

Vivre le Cheval, chez nous, j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment une profession, mais plutôt  un art de vivre, une fierté, un héritage maintenu  tant bien que  mal par des hommes et des femmes passionnés.  Il y a  justement, en Algérie,  un petit quelque chose   d’amateur et  de pittoresque qui fait  tout le  panache authentique  des chevaux d’Algérie   ainsi que le charme de ceux qui les chevauchent. 

Trois jours mémorables passés chez Jubar, un éléveur de chevaux qui nous introduira dans le petit microcosme des passionnés de Laghouat , qui est une ville d'excellence en matière d'élevage chevalin. 

Ce  voyage  fut également l’occasion de vivre un petit moment de Sahara,  juste en bordure d’une autoroute. Plongé dans le  décor en chantier d’une échoppe totalement dédiée  à la vente  de produits chameliers. Tout est   ici issu d’un élevage local. Bientôt, on pourra y séjourner dans son auberge en construction.

Nous voici  donc avec mon ami, en compagnie d’une  petite « tribu » de bédouins algériens, employés par un entrepreneur local  très avisé qui a apparemment choisi d’investir sur la promotion de la tradition saharienne  pour développer son affaire déjà bien florissante.  Certes, par moment,  ces Sahraouis de parade   m’ont beaucoup fait penser  à ces indiens que l’on exhibait lors des épopées populistes de Buffalo Bill.  Véhiculant une image exagérée du Wild West.  Tandis qu’il  sera bientôt totalement absorbé par le monde de  machines   et de chevaux moteurs.  

Mais ce sont avant tout des   passionnés qui gagnent leur vie en conservant une tradition largement perdue dans la région.  C’est comme cela que je les ai pris,  surtout. Le dromadaire,  la tente, le cheval, ainsi que les rapaces chasseurs sont bien entendus leur lot quotidien,  l’environnement à la fois d’une  mission de conservation    autant que celui  d’un gagne-pain. Leur plus grande fierté est sans aucun doute l’élevage du « Sultan des chiens », un lévrier d’origine arabe que l’on connait tous sous le nom de Sloughi.

Un avant-goût de désert,  qui est loin, j’en suis cependant conscient,  d’être sa réalité  la plus profonde et authentique…. Mais il a  une saveur qui n’est pas non plus désagréable… Celle de l’appel…

 

"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...
Sloughi, prince des canidés...

Sloughi, prince des canidés...

A Ain Fakroun, Hakim se bat contre des carrières pour sauver un patrimoine historique...

A Ain Fakroun, Hakim se bat contre des carrières pour sauver un patrimoine historique...

 Bien plus tard, à Oum El Bouaghi, je fais un court passage par Ain Fakroun et Ain Beida. Je retrouve cette hospitalité  teintée d’une extrême pudeur. Une attitude de préservation de la sphère intime si commune au gens des Haut Plateaux et de la Steppe saharienne.  Les Chaouis sont de purs Amazigh, autant que les Kabyles et peut-être la majorité des Algériens. La  visite d’un champ de dolmens mégalithiques dans la région d’Ifker me conforta  aussi dans ma conviction que mon peuple est le fruit d’une histoire millénaire et  que mon pays, aujourd’hui,  n’est pas seulement  l’invention territoriale  des vainqueurs d’hier.

C’est aussi le triste constat de la destruction programmée d’un vaste site archéologique, par une prolifération de carrières de gravats. Un cas d’école, loin d’être rare là où de tels trésors historiques s’étalent sur le sol algérien. Comme si on voulait effacer les traces d’une civilisation ancestrale  qui a été le ciment  absorbant  toutes les invasions dont El Djazaïr a été la victime, mais aussi toujours   la bénéficiaire, en fin de compte, avec le temps...  

"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
"Terre mère..."
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Alger demeure encore une ville d'artisanat....

Alger demeure encore une ville d'artisanat....

Cette fois-ci,  je  n’ai pas voyagé  avec la même fréquence que  celle de mes  précédentes visites en  Terre mère.   Déambulant au hasard d’heureuses rencontres  à travers ce  pays de mes origines,  dont beaucoup de  mes compatriotes m’ont  ouvert les portes aussi chaleureusement que celles  de leurs foyers. Pour m’informer, m’expliquer, m’apprendre mais aussi tout simplement  afin de m’encourager à aller au bout de mon histoire algérienne.  

Je  me suis quelque peu sédentarisé dans la région de l’Algérois. Plus précisément à Boudouaou, wilaya de Boumerdes. Histoire de profiter de notre maison familiale et de  me rapprocher d’Alger que je ne connais que trop peu. C’est pourtant de là que proviennent  toutes les décisions  nationales dont je constate les impacts  sur les  terrains   « local »,  en matière de politique environnementale nationale.

Pour moi c’est une  ville   qui demeure encore, à bien des égards, une belle  étrangère  mystérieuse. Un écosystème urbain dans lequel, comme  pour toutes les capitales,  il faut être né ou introduit  pour ne pas s’y perdre.

Alger est un décor toujours souriant à la mer ;  de  tous les rayonnements de son visage  fardé d’un voile  d’un blanc invisible. N’allez jamais vous méprendre sur la  vraie nature de  cette vieille reine blanche à la peau dorée par  le soleil couchant. Sous ses faux airs de jeune fille dévergondée, son cœur est  une véritable forteresse de pudeurs. Un labyrinthe de non-dits  que   seule la langue du  vieux Chaâbi  algérois évoque avec une verve incomparable. Alger est un festin de prince des faubourgs. Son  menu est écrit   dans sa pierre à l’encre sympathique ;  aux détours de ses quartiers mythiques, dans  la ganache  éloquente de ses enfants. Voilà mon impression…

Je ne sais pas grand-chose d’Alger,  pardonnez-moi d’en avoir peut-être   un peu trop parlé. Cependant,  je m’y suis fait de nombreux amis et amies,  que , pour certains,   je compte parmi mes   plus proches en Algérie. Grâce à eux, je la découvre autrement qu’avec les yeux d’un Algérien de Paris.  Qui a eu, pour ne rien arranger, une éducation algérienne purement rurale. Celle des douars du nord-est côtier de notre pays, non loin de sa frontière avec la Tunisie. Et  j’en  suis  extrêmement fier, d’ailleurs.

Pour qui n’aura pas été initié à l’âme d’Alger par un  vrai Algérois   , cette ville  pourra    même paraitre  des plus ennuyantes à visiter.  Presque éternellement figée dans les années  cinquante, du moins  dans sa morphologie du premier abord. Pourtant, à mieux l’apprécier, en côtoyant ses « indigènes »,  on se rend compte à quel point  Alger est  en fait et surtout une véritable pépinière de talents ; certes  si peu exploités intra-muros.  Car, pour moi    si Alger inspire  à être libre,  c’est aussi un microcosme dont la nature est à présent devenue des plus castratrices.  Pour la jeunesse et les artistes, les intellectuels et les militants, notamment…

Grâce à mon amie architecte Jasmine, j'ai notament pu rencontrer et l'artisanat Algérien et ceux qui lui donnent ces plus belles lettres de noblesses à Alger. Ce qui m'a beaucoup fait plaisir, c'est de constater que notre artisanat, si l'a été négligé par une grande majorité de la société algérienne, continue d'évoluer et de s'enrichir grâce au travail de quelques passionnés dont le talent dépasse souvent les frontières de notre pays.  Ils ont relevé le défi d'aller l'air du temps avec celui de notre passé;  mais à chaque fois, avec une connaissance académique et un respect des canons  qui sont les meilleurs garants de ce dépoussièrage. Le design et l'artisanat se mélangent, se mèlent et s'entre mèlent dans les créations de tous ces jeunes artistes. Une culture algérienne en mouvement, des traditions qui ne sont pas figées dans l'espace et le temps, que demander de plus  à cette nouvelle génération d'artisans et de créateurs?

 

Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger
Quelques perles de l'arisanat à Alger

Quelques perles de l'arisanat à Alger

De retour à la terre nourricière...

De retour à la terre nourricière...

C’est aussi  à  Alger que je suis depuis plus d’une année,  une bien heureuse initiative citoyenne. Elle émane du Collectif Torba, une association algéroise qui milite pour un retour à la terre comme un grand pas en avant  pour la société algérienne.  Agir au présent pour  les  prochaines générations algériennes. Deux fermes pédagogiques  « bio » et une AMAP sont en chantier. Des effectifs   ainsi que des moyens certes encore trop peu suffisants. Mais ce sont toutes et tous des gens volontaires et déterminés. Beaucoup de choses   se rôdent pour Torba.  À la vitesse  d’une société civile évoluant dans l’état actuel de l’environnement Algérie. Un environnement  au sens social, écologique, politique  et économique du terme.

Une main  sera tendue à  Pierre Rabhi, sommité  internationale d’origine algérienne en matière d’agro écologie. Mais  ce dernier semble avoir poliment décliné cette invitation de la part de certains de ses plus fervents adeptes en Algérie; pourtant. Torba ne devra  donc  vraiment compter que sur ses propres expériences,  ainsi que  son  réseau de bonnes volontés locales et internationales…

Une petite révolution est en cours. Sans autres  bruits que le fremissement de l'herbe, la voix de la raison et  les rires d'enfants gambadant en pleine nature...

Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"
Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"

Le slogan de Torba c'est "Cultivons la santé!"

Face à Goliath et ses complices...

Face à Goliath et ses complices...

 Enfin, à Bouzegza, dans la daïra de Keddara, à quelques dizaines de kilomètres de ma maison, je suis aussi attristé d'être une fois  de plus le témoin d'un  massacre organisé. D'une biodiversité, de  paysages, d’un riche  passé  historique, capables  d’assurer une économie des plus florissante à toute une région. Là encore ce sont des carrières les coupables. Toujours le même scénario et heureusement toujours  de vaillants citoyens comme Saïd Zeggar, à Bouzegza,   pour s’opposer à un tel crime.

Trop de gâchis dans le monde des constructions autoroutières, de mal façons, pour  prétendre encore  que notre pays a besoin d’extraire à outrance  cette ressource  première pour son développement. Il a pour le salut de notre économie,  autant besoin de produire un tourisme écologique ainsi que des projets en corrélation avec la mise en valeur  de son écologie naturelle. De plus l’Histoire, la Culture, la Nature, pour toute nation digne de ce nom,  c’est-à-dire  gouvernée par un Etat patriote au service  d’un peuple civique,  devraient être considérés comme des ressources naturelles  dont  la valeur immatérielle  est  inestimable. On ne peut abattre une montagne, juste pour en soustraire quelques millions de dollars  qui rempliront  surtout des poches égoïstes. Comment peut-on penser le contraire sans accepter que l’on nuise à l’environnement de tout un pays à chaque fois que l’on bouleverse l’écologie d’une localité ?  

 

 

Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...
Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...
Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...
Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...
Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...

Saïd me sensibilise sur les richesses que récèle sa région...

Visite d'une ferme "bio" à Aïn Temouchent, en compagnie de Madame Allou Rahou Baba Ahmed....

Visite d'une ferme "bio" à Aïn Temouchent, en compagnie de Madame Allou Rahou Baba Ahmed....

L’écologie,  je le répète si souvent, c’est la science qui étudie ou désigne   la nature des milieux ainsi que  celle  des espèces vivantes  qui y vivent  et y   interagissent. Tandis qu’un environnement, lui,  est  un espace à la fois matériel et immatériel. Il  sert  aujourd’hui le plus souvent à définir le milieu  d’une humanité contemporaine résolument devenue  une espèce vivante   industrielle. Un énorme appétit, des tonnes de ressources pour le satisfaire serti d’un aveuglement d’une opacité   qui frise  en Algérie la déraison raisonnée. 

L’écologie s’étudie dans des universités, des laboratoires étatiques ou privés. Dans l’art de la guerre,  on  la pratique, sur le terrain ;  afin de  façonner  le plus souvent un environnement sociétal qui sera d’abord  le  terrain de chasse  optimum pour quelques « espèces »  sociales ;  malheureusement le plus souvent celles   les plus prédatrices. Rares ont été les environnements protégés ou conservés  par la  gente politique  qui furent  vraiment prompts  à éveiller les consciences des  « petit peuples » sur  leur condition de grande quantité économique   au poids social presque anecdotique, exploités et traités comme une   ressource tout à  fait et facilement  renouvelable.

Pourtant, la Science l’a prouvé. Chacun d’entre nous est un être unique en son genre …

J’ai  fait bien d'autres déplacements,  mais cet article est déjà assez long et j’aurais trop de choses encore à vous raconter. J’aimerais juste conclure par un proverbe universel  en guise de résumé de  ce que ce dernier voyage en Algérie m’a inspiré : « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura jamais non plus vraiment où il va…

 

Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?
Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?

Quelle Algérie allons nous laisser à notre planète ainsi qu'aux génréations futures?

Texte et photos de Karim Tedjani.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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saliha 17/01/2017 23:36

Bonjour, je suis ravie de découvrir votre blog. Vos écrits sont magnifiques: simplicité et poésie. Je souhaite que vous vous intéressiez à une région dans la wilaya de Constantine. Il s'agit de la commune de Benbadis (ex el haria), et ses environs. une région verte, où l'eau est abondante, selon mes lectures une faune et flore abondante; mais qui a été dévoyée: carrières, Centre d'enfouissement, ferraille etc.. Peut être que cela réveillera quelques consciences. Merci pour ce que vous faites.

Karim Tedjani 18/01/2017 13:39

Bonjour, je suis déjà venu plus d'une fois dans cette belle région, j'y ai randonné avec un ami forestier à la retraite...Par contre, le CET de la region a-t-il été remis aux normes? Je me souviens qu'il était une véritable calamité...

steeve zeggar 01/01/2017 11:24

une synthèse intéressante conclue par un proverbe qui en dit beaucoup au moins pour ce qui me concerne étant cité dans le texte « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura jamais non plus vraiment où il va…Bouzegza et si on revient sur les lieux

Tedjani 21/06/2015 23:13

Merci beaucoup, cher Youcef, pour ces encouragements. Heureusement, nous sommes encore nombreux, comme vous, à aimer l'Algérie...

Youcef 21/06/2015 22:46

Brvo pour se travail la on.peut dire qu il ya encore des hommes on algerie meme si trop peu mais vaut mieut une ruche d habeilles que des millions de mouches

raho allou 03/06/2015 21:28

merci pour ce reportage qui relate bien notre écologie algerienne, vu par un parisien et algerien double culture, j aurais souhaité que tu fasses découvrir a travers ton site (le tapis algerien) des différentes régions qui est d une richesse exceptionnelle , méconnu par beaucoup d algerien et que même si on ne peut plus le résusciter ; mais au moins réver

mehadji.ali 01/06/2015 08:02

Un periple a travers ce beau pays qu est l Algerie superbement relater par ce carnet de voyage...
merci pour ce beau partage .

Tedjani 22/06/2015 02:59

Safia tu fais partie de ces gens qui m'ont permis de connaitre notre pays plus en profondeur; merci à toi surtout...

Karim Tedjani 01/06/2015 09:19

Merci à vous également de l'avoir lu, apprécié et commenté...Le plaisir est donc partagé!