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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Le réchauffement climatique est-il la principale cause de la dégradation de l'environnement en Algérie?

Le réchauffement climatique  est-il la principale cause de la dégradation de l'environnement en Algérie?

Le réchauffement climatique est  parait-il le principal responsable de la plupart  des maux écologiques  qui affectent à présent   l’Algérie. Particulièrement en ce qui concerne  la sécheresse ainsi que de la dégradation des sols...

C’est du moins,  en ce moment, ce  qui  s’écrit   dans les  nombreux  rapports scientifiques qui abordent cette problématique. Nombre d’experts nationaux et internationaux soutiennent cette théorie  dans leurs communications. Les politiques ainsi que les médias  algériens ne sont pas non plus en reste à ce propos. Tout le monde, en Algérie, accuse le réchauffement climatique de ce qu’il n’est  peut-être au fond que la conséquence. Cette propagande semble d'ailleurs s'intensifier à mesure  qu'approche le prochain sommet  international sur le Climat qui  se déroulera à Paris, l’automne prochain…

Il faut dire que cette tension climatique  a   pris une dimension qui dépasse de loin  l’échelle du  Maghreb,  où elle parait cependant être  des plus menaçantes. Le réchauffement du climat, « officiellement »,  est l’ennemi mondial numéro deux  de l’Humanité. Après, bien entendu,  le terrorisme international. Mais, au  fond, c’est toujours le même scénario annoncé  en cas de défaite: la terreur, le chaos, la nécessité  suggérée d’un changement  profond et global de nos sociétés. Une crise  planétaire pour  la révolution industrielle, donc un défi multinational pour l’Industrie mondiale  et les réseaux sociaux qui se repaissent de ses mannes, au détriment souvent de leur environnement, qu’il soit humain ou non.

Dans la  dialectique mondiale  -périmée-   d’un  antagonisme infructueux, le Nord, industriel,  est coupable   d’avoir engendré  le réchauffement climatique. Tandis que le Sud, industrieux,  porterait dans ses gènes la compulsion  du  terrorisme et des républiques bananières. De mémoire d’Homme du vingtième siècle,  le développement humain ne saurait s’exprimer autrement que  par une   croissance économique continue à la solde  d’une élite mondiale. Du  déclin permanent d’un tiers monde condamné à vivre  éternellement dans l’ombre de ces lumières. Modèle providentiel  d’un  bonheur  global instantané, qui aura  cependant généré son lot phénoménal de misères durables à travers la planète.

Avec le vingt et unième siècle, qui sait, ce nouveau millénaire pourrait annoncer  une autre  modernité. Un peu comme la Renaissance sonna progressivement  le glas des valeurs du Moyen-âge ;   en revisitant notamment  l’Antiquité tout en assimilant l’Orient. Nous sommes  peut-être entrés dans une ère nouvelle  où la notion d’environnement est en passe de redevenir une valeur morale, sociale, économique, culturelle ;  un sujet politique, donc.

C’est  d’ailleurs une  notion  qui  est en train de prendre  une valeur constitutionnelle dans nombre des pays où ont émergées  des organisations  politiques militant pour des questions  environnementales.  Plus jamais, l’environnement ne sera   un concept  innocent. Du moins  pour  la  gouvernance mondiale  qui s’annonce.  « Penser global,[et] agir local ».  Le  développement durable d’une économie qui n’aura qu’à se farder de verdure pour nous faire oublier  à quel point elle est prisonnière d’une époque  plus  révoltante que vraiment révolue.

Et si, de nos jours, le Moyen-âge,  c’était de   continuer à reléguer  la compétition entre les espèces au rang de vérité scientifique ?  Aussi incontestable qu’aurait pu être un  dogme religieux…

Peut-être qu’une  troisième guerre mondiale  s’est  déjà engagée sous nos yeux  aveuglés  par un environnement  d’euphémismes assassins ; d’images retouchées, de mots calibrés pour l’égarement, de béatitudes mondiales quotidiennes. Un monde  qui se vante de  célébrer  ici la journée de cela pour lui faire  insidieusement sa fête un peu plus loin. Une guerre tiède contre le  vrai réchauffement  d’une planète  d'une Humanité  qui s’embrase ; surtout…

L’emblème  de cette mutation s’est choisi la couleur du Printemps comme symbole universel   de la nature.  On s’applique depuis  à confondre dans l’esprit du lambda, nature, écologie et environnement pour haranguer les foules sur le bien-fondé de cette campagne mondiale contre nous-même. Le saint du Saint Graal de cette croisade verte  réside dans l’étroite intimité  qu’elle entretient entre la science et la politique comme jadis la monarchie et la religion s’accordaient souvent pour maintenir durablement l’environnement de leurs prédations.

La planète  se réchauffe, nous dit-on,  parce que nous en  consommons les mannes  à la mesure de l’outrance suicidaire. Que  la nature de nos appétits  humains  peut facilement se résumer   à une courbe pointée durablement vers la hausse tandis,  que celle des ressources naturelles disponibles   tendent irrémédiablement  vers la baisse.

Un coupable idéal n’est-il-pas, parfois,  la victime  toute indiquée d’un crime parfait dont le véritable auteur aura réussi le coup de roque parfait ? La culpabilité de l’Homme dans cette affaire est-elle vraiment celle de toute  l’Humanité ? J’entends par là, de l’ensemble de la population mondiale ? Ce n’est pas aussi souvent qu’on nous rappelle  que  certains produisent  beaucoup plus que nos besoins  réels.  Que les richesses mondiales sont réparties  d’une manière si injuste et perfide  à travers le globe, qu’elle ne peut engendrer qu’encore plus d’injustices  et de désastres sur Terre.

Fait-on  à l’Humanité le bon procès  en pointant l’index dans la direction la plus  juste ?

Celui auquel je pourrais faire allusion, devrait, par exemple,  d’abord  se pencher sur la chronique   de la politique  environnementale algérienne avant d’accuser  à présent  les impacts du réchauffement climatique en Algérie ou de stigmatiser l’incivisme supposé endémique de la population algérienne. Parce qu’il ne faudrait pas    nous faire passer   ces nuisances pour des réalités dont elles ne sont le plus souvent que la conséquence…

De ce que j’ai pu  comprendre, en Algérie,   l’environnement a toujours été  une « chose publique »   hautement  politique. Plus en profondeur, d’ailleurs,  qu’en surface.  Car, l’environnement n’a jamais vraiment occupé  le  plan le plus visible  du  quotidien des Algériens.

C’est peut-être une  des malheureuses  réminiscences   de  cette colonisation  qui hantera  pour longtemps encore le développement algérien. Dans cette  stratégie  impérialiste, la maitrise ainsi que  la corruption  de l’environnement des populaces locales étaient alors,   me semble-t-il,  la clef de voûte d’un système de domination absolue. Cet environnement  d’oppression coloniale, pour se maintenir en place,  était  aussi sophistiqué à  en pervertir la réalité,  qu’il savait  user de  la plus primitive des violences pour s’y imposer comme le maitre incontestable. L’Algérie, comme tous les territoires colonisés,   était   non considéré  comme un espace  écologique, mais surtout en tant qu’environnement d’une prévarication industrielle. Celle  du patrimoine naturel   de tout un peuple. Un laboratoire, aussi, au même titre que le furent  préalablement les Amériques ; à la grande nuance près que l’envahisseur ne put  ici jamais éradiquer l’indigène local ;  comme cela fut  malheureusement le cas  pour  le peuple  Indien.

Le communisme soviétique  a  lui aussi  eu  une influence des plus prégnantes dans la construction psychologique et structurelle de la société algérienne post indépendante. C’était  une doctrine totalitaire  qui fit,  tout comme le nazisme, la part belle  aux questions environnementales.  Là aussi, dans  la psyché  des révolutionnaires  soviétiques,  l’environnement  était  un espace de prolétarisation, un objet, ainsi qu’un outil  de propagande à ne jamais laisser entre  des mains innocentes ou, pire, malintentionnées. Ce qui,  dans le paradigme d’une démocratie  d’apparat à la solde d’intérêts antinationaux, au fond, relevait de la  même  forme de culpabilité. Les grandes décisions environnementales ont  toujours été plus bureaucratiques que citoyennes dans  ce genre de  pays…

Si l’Algérie est à présent victime de nombreux périls écologiques, qu’il est  certes  fondé  d’associer  au réchauffement climatique actuel, on devrait à ce propos rappeler  la responsabilité dans cette affaire de certains écueils passés et présents en matière de politique environnementale algérienne.

Tout d’abord,  si on fait un rapide tour d’horizon  historique de cette politique, fort est de constater que la gouvernance  algérienne n’a  que trop rarement  donné  d’importance à l’écologie en tant que science.  La  base universitaire qui aurait pu dessiner les contours durables d’une politique environnementale  endémique n’a jamais été dotée   des moyens  lui permettant de s’épanouir dans ce domaine. Si on y regarde de plus près, l’Algérie n’a que très rarement été innovante en matière d’écologie ; sa politique environnementale a toujours été  fortement  influencée par des concepts importés de nations plus développées industriellement.

La jeune nation indépendante algérienne   aura signé quasiment toutes les conventions internationales relatives à la protection de la nature et de l’environnement.  Mais sur son propre terrain, les lois environnementales ne sont ni appliquées, ni applicables dans le contexte d’une écologie algérienne presque inexistante. A tel point qu’en Algérie   on  devrait  parler surtout  d’écologie diplomatique  que d’écologisme ou d’écologie scientifique.

Dans un pays qui se développe sereinement, l’Université, le monde associatif  ainsi que  les médias sont régulièrement impliqués  et non intégrés  dans la politique environnementale  nationale. Leur rôle est à la fois celui de facilitateurs que de contrepouvoirs au sein  d’une émulation des plus saines entre un peuple et l’état qui le gouverne.  La société civile algérienne, elle,   a été  systématiquement exclue de  nombreux débats de fond  relatifs  à la nature de leur Environnement. En Algérie, si l’on sensibilise volontiers la population en matière d’environnement,   plus rares  sont les cas où on lui demande son avis sur ce sujet. Or, c’est la voie la plus sûre pour susciter l’indifférence parmi l’opinion publique…

Parce que nous n’avons pas produit d’écologie nationale, voilà que l’écologie  et ses corollaires apparaissent à l’esprit d’une trop grande majorité d’Algériens comme   le  produit  d’un verbiage exotique. « Développement durable », « économie verte », « écocitoyenneté », « écotourisme », « recyclage »…  Même la plupart de nos intellectuels souffrent d’une telle pathologie. Combien de fois ai-je entendu  tous ces mots balancés à  tue-tête sur la place publique, souvent autour d’un bon banquet. A la façon d’un catalogue de mots clefs servi  par ceux-là même qui les répètent sans en avoir compris le sens profond.  Une écologie diplomatique… je  vous le disais !

C’est surtout cette absence d’une culture écologique sincère  au sein d’une trop grande majorité de la société algérienne  qui est à l’origine de biens des maux environnementaux en Algérie.

L’importance de conserver notre couverture végétale  ainsi que  tous les paysages qui pourraient atténuer les effets du réchauffement climatique n’a jamais vraiment été identifiée comme une priorité. Une gestion peu durable de nos ressources hydriques, l’incapacité de faire appliquer les lois, la faible pénalisation des dégradations, les passe-droits, une trop grande désinvolture   face à nos ressources en biodiversité et les véritables impacts  écologiques de notre développement économique.  L'urbanisation anarchique, une politique agricole archaïque,  un gaspillage outrancier de l'eau et de l'énergie, la liste de tous les facteurs qui ont aggravé les impacts du réchauffement climatique en Algérie sont légions...

Et puis, un pays qui importe la quasi totalité de ce qu'il consomme et ne n'a pas dévellopé une économie locale à l'échelle de son plus proche voisinage,  ne peut prétendre qu'il ne participe pas activement aux émissions de CO2 qui saturent notre atmosphère...

Face à nombre de problématiques environnementales, notre pays n’a que trop  longtemps fait appel à des services  étrangers ;  là où un travail de fond sur la ressource humaine locale aurait pu donner  dès aujourd’hui des résultats  probants et surtout durables.

Or, à quoi bon construire à grand frais des autoroutes « perfectionnées » dans un pays où  l’on peut encore acheter  son permis de conduire sans passer d’examen ? Voilà, pour être franc, là où nous en sommes, en Algérie, en matière d’environnement.  Car les  lois existent, les institutions également, les organismes de recherches aussi, des planifications ont été décidées et des myriades d’associations écologiques existent en Algérie…

Mais, tout cela n’est qu’une coquille vide, pour l’instant, parce que ce  qui manque à tous ces potentiels indéniables, c’est l’essentiel : une culture de l’écologie algérienne conçue par des Algériens, convaincus de l’importance d’une telle ressource pour un devellopement sain de leur pays...

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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