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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Environnement virtuel-Peut-on vraiment tout expliquer avec des algorithmes?

La technologie va-t-elle nous éloigner de notre nature humaine?

La technologie va-t-elle nous éloigner de notre nature humaine?

Etre humain dans un milieu  virtuel

Avec l’avènement de l’ère informatique, la notion d’environnement humain  a pris une dimension jusque-là insolite. A présent, tout ce qui nous entoure et nous influence n’est pas seulement  matériel, mais également un monde virtuel dans lequel nous nous immergeons quotidiennement. 

Mais est-ce vraiment le milieu le plus sain et le plus naturel pour un être humain ? Peut-on accepter que cette condition virtuelle de notre existence devienne une seconde nature pour nous ?

D'autant qu'elle  semble servir une idéologie où, parait-il, la nature humaine ne serait pas si mystérieuse à cerner que cela. Au fond, avec quelques savants algorithmes,  et c’est l’omniscience  presque à portée d’écran plat. Voilà ce que nous annoncent les nouvelles prophéties des devins d’Internet.

Apparemment, nous serions, certes des êtres complexes à décortiquer. Mais  cela ne nous aurait pas  immunisés pour autant contre l’influence des mathématiques. Tout est logique, la raison l’aura  définitivement emporté sur la croyance, au sens poétique du terme (celui  qui n’exclut pas la religion, mais n’en est pas de la seule essence.)

Peut-on accepter une telle conception de la nature humaine, sans lui revendiquer une dimension culturelle où le milieu joue une influence des plus prédominantes? L'art sera toujours cette épine dans la patte de ces vieux lions de l'histoire qui nous rêvent un avenir de robots dociles et maléables à souhait. C'est ce que j'aimerais au fond vous prouver dans cet article qui n'est pas si impertinent dans les pages d'un blog sur l'environnement...

 

De Mr « Big Brother »   à  Dr.  « Big Data »

Pendant de longues heures de travail ou de loisir, nous laissons nos avatars virtuels se déplacer  en notre nom  dans un espace-temps  qui se compte en millième de secondes ; où la Terre n’est qu’un petit village pionner, comme  ceux au temps du Farwest.   Epoque si peu lointaine et originale, où la loi du plus fort servait avant tout  la politique des plus riches et donc des mieux informés.  

Le  Web est    devenu en quelques décennies  un milieu bien plus familier que la nature  pour  un nombre sans cesse grandissant d’ « êtres urbains », connectés entre eux d’un bout à l’autre de la planète. L’égo est roi dans ce monde de virtualité. Mais c’est pour mieux l’assassiner et le remplacer par une pensée unique « intimiste » ;  un  subtile lavage de cerveau si vous préférez...

Une vaste toile  qui s’étend à travers la planète et relie des milliards d’internautes en communautés virtuelles. Cette bulle de mégabits déborde de plus en plus dans la réalité la plus intime de nos quotidiens. Notre environnement, matrice fondamentale de la pensée humaine, est en passe de devenir surtout  un écosystème de réseaux sociaux ultra-policés, dont la principale fonction semble être de  collecter un maximum d’informations sur nos vies intimes ainsi que nos comportements en société.

On pourra bien nous faire gober qu’ils sont des oasis de liberté capables de semer le printemps dans n’importe quel désert démocratique. Les araignées qui tissent ces toiles   d’égo sans soie,  ont transformées nos libertés en pouvoir d’achat. Liberté d’esprit   ne se  confond-t-il  pas, à présent, trop souvent   avec esprit  libéraliste ? Internet est l’environnement ouvert le plus clos de l’univers, il me semble...

On  y  cherche de l’or gris. La matière grise comme valeur talon,  voici dans quelle époque  nous nous engageons apparemment. L’information devient la ressource la plus précieuse. Car renouvelable et maîtrisable à l’infini. Mais à quelle fin ? Toute invention humaine  n’est-elle pas  à la fois source de bienfaisance, qu’opportunité d’oppression ? Nous devrions être plus alertes sur ce commerce de nos identités aux atours de piège ludique. Cet environnement est-il aussi innocent que  cette  nature qu’il faudra toujours lui préférer? Elle   qui a tant inspiré l’intelligence humaine depuis que ce monde est monde...

 

« Big Brother », n’est plus seulement une invention romanesque ; non plus la géniale intuition de jours bien sombres pour la liberté des êtres humains. C’est une réalité, de nos jours.  Et, aucune expression ne l’évoque mieux que « Big Data ». La fiction dépassée par la réalité ? L’œuf et la poule ont-ils jamais été départagés ? Que de doutes m’inspirent cette nouvelle « religion » qui prétend expliquer la nature humaine en quelques génialissimes équations et autres tournures scabreuses de chiffres !

 

Renouer avec la nature particulière de nos milieux...

Tout cet environnement virtuel, bien réel,  n’est-il pas au fond qu’un réseau kafkaïen de bornes, collectives et intimes,   utiles surtout à pomper nos cerveaux ?  Toute cette vague massive d’informations qui nous submerge peut nous  rendre justement  si prévisibles, tel un ban de sardines  remuant au gré des remous d’un courant marin. Car  nous évoluons dans un monde qui  ne sait que nous entourer et nous influencer. Sans jamais vraiment nous inspirer...

Seul le contact d’un paysage, sauvage ou tracé par des mains inspirées, pourra nous préserver de cette monotonie multicolore dont nous ne pouvons plus  ignorer l’importance dans nos relations sociales et professionnelles. L’Art également, est un des plus beaux anathèmes à ce culte crétinisant qui a fait du chiffre le meilleur outil d’asservissement du nombre...

Prenons l’exemple de la Musique.  A mon humble connaissance,  rare aura été un domaine artistique où les savants, à travers l’histoire,  n’ont eu de cesse de lui  revendiquer une  logique  purement mathématique. Pourtant, aujourd’hui, nous savons que cette conception est en partie fausse, et non la moindre. Je devrais préciser que je vais surtout parler de la musique qui a été conçue essentiellement par des Européens, celle qui a imposé à cet art noble, des accords et une tonalité.

Tous les  intervalles qui  forment un accord consonnant  (agréable à entendre) se retrouvent dans la succession d’harmoniques qui constituent le son d’une seule note.  De cette réalité acoustique, certains grands noms de l’harmonie occidentale furent tentés de penser que les règles qui régissent la musique  ne sont que le prolongement de théorèmes physiques et non le produit d’une culture. La musique était donc une expression sonore des lois de la nature, qui elles même pouvaient s’expliquer par la science humaine. De grandes découvertes musicales  furent le produit d’une telle découverte qui inspira des myriades d’œuvres somptueuses ainsi qu’une école dont le célèbre musicien Fournier fut un des pères fondateurs. Tout semblait réglé...

Pourtant convaincu que la musique humaine était enfant de la nature divine à la quelle   il avait d’ailleurs voué son art, ce dernier fit  un jour à un de ses disciples une bien étrange confidence. Les croassements du crapaud  s’annonçant   aux abords du lac qu’ils longeaient, sonnait  faux à son oreille ;   c’est-à-dire par apport à l’idée qu’il se faisait de l’harmonie. Cet intrigante confession  annonçait subtilement les failles d’une théorisation purement scientifique de la musique...

Une autre trouvaille fit une horrible tâche dans tout ce rationalisme scientiste ; un accord, plus précisément : le La mineur naturel.  En effet, pendant des dizaines et des dizaines de  siècles, on ne sut expliquer réellement pourquoi cet accord  semblait consonnant, tandis qu’un des intervalles qui le constituent, n’existe pas dans la suite naturel des harmoniques. Celle  qui devait, rappelez-vous,  nous révéler tous les mystères de la musique tonale. L’exception qui confirmerait la règle ?

Pour moi, c’est tout simplement une nature originale   que l’on ne saurait mieux exprimer par le mot «  poésie ». Une matière  que ne pourra jamais, il me semble, quantifier ou  théoriser une  science  purement matérialiste comme les mathématiques.

Puis, bien plus tard, on découvrit une musique qui avait échappé à toute influence étrangère. Un écosystème de sons et de suites de mélodies, de rythmes, qui aurait dû ainsi, selon la logique de M. Fournier et de ses pairs, ressembler à toutes celles qui existaient à travers le monde.  Mais la musique des gamelans de Bali  est pourtant  totalement  endémique. Particulière à cette île longtemps enclavée du reste du monde, avec des codes et des rythmes largement étrangers à notre conception la plus universelle de la Musique. Et ce fut enfin la preuve absolue que la culture et l’environnement des êtres humains jouaient également un rôle prédominant dans la nature de leur musique...

Il en va de même pour notre époque. On aura beau vouloir prétendre transformer l’Humanité au nom de la Science, une partie de notre nature échappera toujours à l’entendement des hommes qui ont oublié d’entendre la vie avec leurs cœurs. Aucun algorithme ne pourra définir ce que nous sommes vraiment, par essence, ni ce qui nous relie vraiment à cette Terre et le reste de l’Univers...

Et nulle part ailleurs sur cette planète, que dans un coin de nature réelle, saine et dynamique, nous ne saurions puiser la force de rester humains, prisonniers d'un monde aussi mathématiquement cruel....

 

L'environnement de milliars d'êtres urbains est une communauté de solitudes...

L'environnement de milliars d'êtres urbains est une communauté de solitudes...

Texte et photos: Karim Tedjani

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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