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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Terres rares, sel de l’Economie verte...

Evolution chronologique de la production de terres rares dans le monde jusqu'à l'an deux mille...La Chine décroche! du peloton!

Evolution chronologique de la production de terres rares dans le monde jusqu'à l'an deux mille...La Chine décroche! du peloton!

Pourtant, jamais une ressource naturelle n’a été aussi prégnante et sollicitée dans la pluparts de nos gestes quotidiens. L’ignorance que nous avons d’une telle substance reviendrait à ne pas avoir conscience de la prédominance du sucre et du sel dans notre alimentation industrielle. Il faut dire que leur nom ne nous aide pas, et que ces « terres rares » sont nommées comme on aurait appellé « cristal blanc » un morceau de sucre roux.

 

 « We have a dream... »

Qui n’a pas un  jour, dans un cortex  insulaire de son cerveau,  imaginé un monde meilleur que le sien ?  N’avez-vous  pas au moins rêvé  une seule fois  dans votre vie de changer  tout autour de vous ? Pour ne préserver que le meilleur à ses côtés et rendre le pire plus improbable que d'habitude.

Il semblerait que le « We have a dream» du troisième millénaire, contre  une injustice cette fois-ci  climatique et non plus sociale ou raciale,  trouve son imminente réalisation grâce à l’Economie verte ainsi que  son lot de révolutions technologiques qui réconcilieront  enfin l’être humain avec son milieu originel. Tout en assurant,  bien entendu,  à l’Humanité et ses gardiens-encore plus-  un développement économique  aussi rentable pour « nous » que soutenable pour  cette « pauvre » bonne vieille planète  Terre; rendue si fragile par « notre » puissance industrielle. Elle  souffre  horriblement de notre présence  d’intrus en son sein  maternel..."nous" allons bientôt avoir raison d'elle, parait-il...

Et puis,  ne l’oublions pas, tout cela devra surtout nous garantir un confort toujours plus moderne;  pour une empreinte carbone la moins coupable de réchauffer l’atmosphère terrestre. Tout va changer, alors  à quoi bon changer en profondeur ce qui nous satisfait  déjà  en surface? Tant qu’une vraie tomate sera dite « bio », et  que son avatar  ultra chimique s’appellera encore  por longtemps  « une tomate ». Verdissons le Capitalisme et l'Industrie. Peignons le Loup de la couleur des toisons.

Un environnement d’air filtré,  d’eau purifiée,  de lumières tamisées aux couleurs de la nature enfin respectée par "nos" machines. Jamais plus les torrents de métal mouvants et hurlants,   qui ravinent de  leurs pneus crasseux des rivières de bitumes , les autoroutes,  enfumées de leurs particules de poussières assassines ! Dont les cours remontent  et descendent toujours vers   d’immenses  fleuves de pétrole. Des vagues vertes déferleront bientôt  sur nos autoroutes ; celles  de voitures électriques , hybrides, ou non...Il existe pour chacuns de ces dangers un service commercial pour sans prémunir ou s'en guérir. Tout est une question de finances...

L’Energie ne sera plus un souci...que tournent à flots de vent les éoliennes,  brûle l’énergie  du Soleil et puis rayonne  sur les panneaux solaires. Un monde d’harmonies s'offre déjà à nous;  reliées entre elles par un formidable réseau social planétaire ;  mais aussi de systèmes intelligents à penser pour nous. Internet à la campagne, la nature à la ville, des paysans cultivant cent pour cent "bio",  armés de tous les outils numériques de l’ère des satellites et du data mining...

 

Vraie Pax Roma ou  fausse guerre climatique ?

Fini  les  problèmes d’eau,  les pénuries de terres arables; puisque on sait à présent même recycler l’eau de mer en eau potable et soigner les sols avec des méthodes  agronomiques révolutionnaires, nous dit-on. Quand tout sera « décarbonisé »  et l’économie brune rendue verte. Alors nous aurons peut-être évité le pire à notre espèce...et peut-être même à l’ensemble de la vie sur Terre. Ce ne sera qu'une question d'argent, au fond, et d'échanges commerciaux, d'ailleurs,; plus que de vrais transferts de technologies. 

Un monde sans émissions  de dioxyde de carbone et donc libéré de toutes ses souffrances. Aussi, grâce à l’éducation plus libre d’accès, l’ère de l’information et donc d’un partage mondial des connaissances locales. Un homme globalement contenté  pour peu qu’il oublie de penser trop local...

Si seulement toutes ces belles prophéties scientistes  pouvaient se réaliser...Comment ne pas espérer enfin ne plus se sentir coupable de la fin du monde et de la mort de toute la vie sur Terre,  dès que l’on allume ne serait-ce que  son ordinateur  ou son poste de télé.  Des millions d’emplois seront de plus  crées, et à la cle de   ce  nouveau modèle  de développement  mondial »;   la formule  a déjà été prononcée lors des dernières rencontres préliminaires à la COP21  qui se déroulera cet automne à Paris.

 

L'ombre d'un doute...

Et puis, parce que mes meilleurs professeurs, il me semble,  furent et sont ceux qui m’ont toujours encouragé  à douter des évidences trop belles et lisses aux premiers abords....  Parce qu’on  y adhère trop souvent  comme au chant séduisant  d’une sirène implacable.... Je me suis  donc mis à creuser.  Non dans le sol, mais plutôt  mes méninges ;  et j’ai pris le temps de m’intéresser  de plus près au sujet. Pas seulement en lisant ou en écoutant de vrais experts ou beaucoup de  passionnés éclairés. J’ai également autant appris,  à parcourir mon pays d’origine d’Est en Ouest,  du Nord jusqu’aux des portes du Sud. Pour y rencontrer notamment   nombre de celles et ceux qui  militent,  protègent, étudient, témoignent,  ou   vivent  l’Environnement en Algérie.

Et le plus souvent je n’ai trouvé que des questions plus profondes à   des intérrogations  jusque-là  encore  bien naïves. Et  je me suis dit que s’il existe bien  de vraies solutions, on nous égarait sur la nature juste du problème. Car  rien  n’est moins simple  et transparente que cette transition verte qui s’annonce comme une nécessité vitale pour l’ensemble des peuples du monde. Rendus enfin solidaires et collaboratifs face à un  « super-vilain » de classe mondiale commun  : le réchauffement climatique. Un fléau qui pourrait faire passer n’importe quelle horde de blindés terroristes pour une grappe de pétards de kermès.  Non qu’il faille s’entêter à  tout nier en bloc, et d’accuser tous ceux qui espèrent verdir les horizons de sang  à l’aide d’un  arc en ciel ; à rayonnement variable ; c'est à dire dont les  couleurs peuvent changer en fonction des mensonges qu'elles  sont censées maquiller. Mais surtout le doute...la volonté de chercher pour comprendre...

 

Quand la terre se fait de métal

Lors de ces recherches, un mot est revenu  à mes oreilles attentives. Certes, ce fut  plutôt de manière très volatile et diffuse, mais néanmoins,  n’en demeurant pas moins récurrente dans mes entretiens ;   cela au point d’attiser  vraiment ma curiosité. Mais aussi, à force de me documenter sur le sujet, de m'inquiéter. Deux mots mélodieux  à entendre;  qui m’inspirent pourtant présent  de nombreuses réserves...à présent que j'en sais un peu  plus sur la question...

Avez-vous déjà entendu parler des « terres rares » ? Je tiens à vous rassurer dès à  présent ; en fait, parmi les milliards d’êtres humains qui peuplent la Planète, rares sont celles et ceux  à pouvoir  répondre à cette question  par  un « oui » sincère  ou légitime. Le  sujet est aussi anecdotique pour la plupart  des néophytes  que nous sommes, qu’il est  cependant considéré comme  un des plus importants enjeux économique  de ce début de millénaire. Par  un petit club d’initiés,  qui en ont percé depuis bien longtemps  les mystères. Et en assurent  à présent  le commerce international.  Des aventuriers  bien avisés qui  ont su percevoir  avant tout le reste du monde  à quel point cette niche  était  tout à fait prometteuse pour leurs affaires.  

Un potentiel  d’expansion à la mesure des excès passés, présent et futurs dont la révolution industrielle a été l’environnement le plus fécond  sur Terre. Peut-être  même encore plus dans nos esprits. Il ne nous reste parfois plus que le cœur d’humain,  lorsque l’on  ne vit  presque plus que  telle  une machine  faite de chair et de sang. Programmée pour vivre  avec le moins de discernement possible de sa véritable condition. Ignorer  ce qui se consume, vénérer ce qui se consomme,  accepter la nature  consommée, qui ne sera plus jamais vierge que dans nos fantaisies citadines. Perturber des milieux, et surtout une  certaine humanité en nous...

Cet inconnu intime..

Pourtant, jamais une ressource naturelle  n’a été aussi prégnante  et sollicitée dans la pluparts de nos gestes quotidiens. L’ignorance que nous avons d’une telle substance reviendrait à ne pas avoir conscience de la prédominance  du sucre  et du sel dans notre alimentation  industrielle.   Il faut dire que leur nom ne nous aide pas, et que ces « terres rares » sont  nommées comme on aurait pu appeler « cristal blanc » un morceau de sucre roux

 En effet, étrange appellation pour ce  qui est en fait  un ensemble de 17 éléments chimiques dont la principale matrice est ce que l’on nomme  en chimie les « 15 lanthanides ». Rien à voir vraiment avec l’idée que l’on pourrait se faire d’une terre rare, c’est-à-dire fertile et chère à la fois. On pourrait presque s’amuser de cette rencontre infortunée  entre une formule si poétique et toute la triste réalité dont elle est l’euphémisme. Seulement,  pour plaire à Dame Fortune,  ils n’ont pas hésité à se moquer des règles élémentaires de cette Dame nature à la fois si hospitalière et hostile aux témérités de notre espèce.  La plume au service du marteau piqueur, en quelque sorte,  quand elle nomme « terres rares »  des  métaux  abondants éparpillés dans le sol en  poussières...

Ces « terres »  n’ont, de plus,  apparemment  de « rares »  que le savoir-faire qu’elles sollicitent  pour les extraire. Mais aussi des énormes sacrifices écologiques et sociaux que leurs exploitations nécessitent pour l’instant. Apparemment ce n’est pas une mince affaire, et, sans entrer dans les détails, disons que minerai doit être à la fois extrait de son milieu puis mélangé à d’autres substances avec un coût de revient qui ne souffre d’aucune entrave d’ordre éthique ou morale. De même qu’il n’est pas naturel d’appeler un chat un chien, les terres rares qui n’en sont pas s’avèrent ne pas exister à l’état purement naturel. Pour l’instant c’est la Chine qui a toujours su tirer son épingle de cette botte de foin.

Une nouvelle donne

Cependant   de nouveaux gisements existent et se profilent ailleurs qu’en terre du milieu. Dont  un gigantesque potentiel  au Groenland, de même qu’une exploitation déjà en effective  en Australie, ainsi qu’aux Etats Unis. Selon certaines sources qui paraissent  assez crédibles, l’Algérie elle, ne posséderait pas moins de 20 pour cent du potentiel mondial en « terres rares ».  La Chine, de son côté a été depuis épinglée par la communauté internationale sur l’aspect si peu humain de  leur exploitation. Son progrès,  surtout  acculé  à un mur de périls, au regard de la situation catastrophique qu’un tel commerce a engendré sur l’environnement de cette grande nation industrielle. Les prix risquent  donc d’augmenter,  si la Chine décide de revoir à la baisse les sacrifices auxquels elle a jusque-là consentis pour garder la ma mise sur le marché mondial.  Et l’exploitation de ses terres deviendra de ce fait plus attractive, rentable et accessible pour des pays comme le nôtre ?

Pourquoi certains disent que c’est une aubaine pour l’Algérie ? Ceux-là même qui prêchent en faveur du gaz de schiste dont la présence dans les sous-sols est un sérieux indices de vastes  filons de terres rares. La comparaison avec  cette exploitation si controversée  ne s’arrête pas là, d’ailleurs. On a régulièrement vendu cette énergie non conventionnelle pour un « produit miracle » face au réchauffement climatique ; dans  la mesure   où  sa production ne génère pas autant de CO2 que d'autres types d' exploitations d'énergrgies. Mais en admettant seulement qu’en ombre chinoise,  tous les  "potentiels" risques écologique et  les gaspillages d’énergie  ainsi que  d’argent qui sont le lot pressenti pour son exploitation via la fracturation hydraulique horizontale dans un pays en stress hydrique. 

De la peste au choléra

Mais, quand on convertit tout la malfaisance de l’industrie brune en une  seule mesure Carbone, alors il ne faudra pas s’étonner que l’on puisse faire passer bientôt de  l’empoisonneur pour le moins cruel des assassins de masse. Car l’empreinte carbone de ses crimes sera bien moindre  pour peu qu’il utilise des produits  estampillé s "bio"  au label de la bonne conscience.  Qui sait, il pourra même  un jour lui venir l’idée de revendre  en actions le taux de compensation carbone des forêts tropicales qui l’aura conservé pour y puiser les ingrédients de  bien de ses poisons « verts ».

Ainsi, tant pis si quasiment toutes les technologies d’aujourd’hui et de demain ne peuvent  ni ne pourront se passer d’un accès abondant et bon marché à ces  fameuses terres rares. Des services invoqués  par l’Economie verte comme des miracles écologiques de la science humaine. On aura  fait de ces « terres »  de papier   un syndrome local  bien utile  à   tous les  grands diamantaires  pourtant connus et  respectés sur  la place mondiale.  Eoliennes, panneaux solaires, écrans d’ordinateur, télévisons, nano-robots, systèmes smart,   écrans couleurs...et tant d’autres inventions si intimes à notre existence  de consommateurs de masse...

Tout ce qui parait vert seulement en  surface,  reste noir  en profondeur. Une fois de plus les pays riches  pourront vivre, en terre d’Economie verte,  à l’abri des changements de fonds, derrière une lutte de forme contre un ennemi invisible commun;  dont on s’inquiète déjà de la rumeur des hordes déferlantes au loin. Ailleurs, de l’autre côté de la face nord de cette sphère planétaire, l’économie verte reviendra à fournir à ce confort   moderne toutes les ressources  premières et les parts de marchés utiles à son développement.

Un « pays » pilote?

Le salaire de l’emploi en question ? Et bien vivre au deuxième millénaire quand la  Corée du Sud  passera bientôt à la 5G.  Tandis qu’il se murmure au nord de ce territoire fragmenté, que  si la  dictature  au pouvoir  est si bien tolérée par l’ONU, c’est que les sous-sols de la Corée du nord regorgerait  d’un potentiel en terres rares au moins deux à  à six fois celui de la Chine. Il est  cependant  annoncé officiellement à dix pour cent de la production mondiale...

Toute l’hypocrisie de la vague verte scindée en deux par une injustice outrancièrement flagrante. Les Coréens du Sud, vivent à l’ère #3, s’ouvrent au monde et disposent d’une véritable économie et culture capable d’imprégner celles des autres pays du monde. De l’autre, un peuple abruti, enclavé du reste du monde, rendu schizophrène au possible, capable d’endurer toutes les souffrances. Pour un prix qui n’est souvent autre  que celui d’avoir satisfait son maître.

Une population qui a peut-être été conditionnée en préparation des énormes besoins en terres rares qui se profilent  déjà pour les pays les plus industrialisés.  Surtout s'ils se lancent dans la grande révolution verte des TIC. Une main d’œuvre docile et bon marché;  pour produire des appareils qui sont censés introduire la solidarité sociale  et le respect de l’environnement  dans la politique mondiale. Qui ne sait produire que ce qu’on lui demande et ne consomme que les miettes que l’on daignera bien  lui accorder   en echange de sa pitence quotienne ; le tout en criant gloire à ses bourreaux.

Ou peut-être, tout simplement que la Chine ne veut pas que cette immense rivière de terres rares  nord Coréenne ne vienne târir le fleuve de sa suprématie en la matière. 87 pour cent du marche mondial (le chiffre varie beaucoup selon les sources) ; mais si cela ne pourra durer  encore longtemps, cela ne saurait s'arrêter du jour au lendemain... 

Ou peut-être pas... qu'il y a d'autres raisons bien plus subtiles. Mais mon postulat aura au moins le mérite de montrer un scénario probable qui témoigne de l'importance de ces terres rares dans la géopolitique mondiale. Ainsi la Chine peut bloquer quasiment toute l'économie du Japon, largement basée sur les TIC. Donc, éminannent dépendante et victime collatérale  du monopole de la Chine dans le commerce et la production des terres rares...

Une journée, en Terre d’Economie verte, au fond, aussi « verte » qu’elle pourra paraitre, n’en demeura pas la même que celle où le monde est divisé entre  ceux qui tiennent le revoler et ceux qui  manient la pelle ; et comme nous aurait sûrement  rappelé  le Bon  de  la  fable qui réunit la Brute et le Truand dans un magistral western :   « toi...tu creuses... » 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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