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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

De nouveaux objectifs développement durable pour "transformer le monde"

 

Dix-sept objectifs de développement durable vont être officiellement actés par les 193 Etats membres des Nations unies ce week-end à New York. Des ODD ambitieux voire utopiques qui pourraient pousser les Etats à réorienter leurs politiques publiques.

Du 25 au 27 septembre 2015, les Nations unies réunies en assemblée générale vont adopter définitivement les nouveaux Objectifs Développement Durable (ODD). Les 17 objectifs globaux et les 169 cibles proposés tracent une feuille de route pour l'ensemble des enjeux auxquels fait face la communauté internationale : santé, pauvreté, accès à l'eau, éducation, paix, protection des milieux, etc. "Ces ODD sont une grille de lecture commune aux problèmes du monde. Ils proposent un début de réflexion collective pour y remédier", analyse Matthieu Boussichas, responsable de programmes à la fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi).

Définis après deux ans de réflexion du groupe de travail ad hoc, ces ODD prennent la relève des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et portent sur les 15 prochaines années. "Il s'agit de poursuivre et terminer tout le travail commencé avec les OMD", analyse Tancrède Voituriez, directeur du programme Gouvernance de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Avec ces ODD, l'environnement fait un retour sur la scène internationale parmi les préoccupations de développement. Eau, énergies renouvelables, climat, protection des milieux, gestion rationnelle des produits chimiques, toutes ces thématiques bénéficient d'objectifs à l'horizon 2030. Mais tout l'enjeu sera de traduire ces ODD en actions concrètes afin d'éviter le bilan mitigé des OMD.

Pour une mise en œuvre concrète

Les OMD ont connu un succès en demi-teinte. Plusieurs cibles ont été atteintes : l'extrême pauvreté dans le monde a été réduite de moitié, les efforts entrepris dans la lutte contre le paludisme et la tuberculose ont donné des résultats positifs, l'accès à l'eau potable s'est amélioré. Les OMD ont aussi permis de remobiliser et de rendre cohérents les mécanismes d'aides au développement.

A la différence des OMD, les nouveaux ODD s'appliquent à tous les pays quel que soit leur niveau de développement. Cette hétérogénéité fait craindre une appropriation différente des enjeux. Le nombre d'objectifs est ainsi passé de 8 OMD à 17 ODD ce qui traduit les différentes volontés des pays impliqués. Certains veulent continuer à s'industrialiser : l'objectif 8 "Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable" et l'objectif 9 "Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable" le leur permet. D'autres veulent mettre l'accent sur la réduction des pollutions : l'objectif 15 "Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres" et l'objectif 13 "Prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions" le leur permet également.  Le risque est ainsi que chaque pays pioche ce qu'il l'arrange. "Nous avons 17 ODD car nous ne sommes pas d'accord sur ce qu'on veut faire de notre monde", reconnaît Tancrède Voituriez de l'Iddri. "Mais ces ODD posent un cadre défini communément. S'industrialiser oui, mais pas n'importe comment", rassure-t-il.

L'Iddri s'inquiète toutefois de la traduction nationale de ces ODD. "Les ODD sont une liste d'objectifs avec lesquels il est difficile d'être en désaccord. Mais intrinsèquement, ils n'appellent pas à l'action s'ils ne sont pas traduits dans les politiques publiques nationales", prévient Tancrède Voituriez. Comme le montrent les négociations internationales sur le climat, la définition de politiques publiques mondiales sous l'égide de l'ONU ne fonctionne pas. Les pays ont préféré un système ascendant (bottom up) au système descendant (top down) initialement prévu. Aujourd'hui chaque pays met sur la table ses engagements via les INDC. L'Iddri propose qu'un système similaire soit mis en place pour les ODD. "Ils nous faut des indicateurs, des cibles pertinentes au niveau des pays et des scénarios de différentes trajectoires de développement possible", explique Tancrède Voituriez.

Des financements toujours incertains

Pour le Secrétariat général des Nations unies, ces ODD doivent permettre de "transformer le monde". "L'aspect le plus important des ODD est qu'ils contiennent les principaux éléments d'une transformation d'envergure. Si ne serait-ce qu'un semblant de ces objectifs est mis en oeuvre d'ici 2030, alors une immense réorganisation aura eu lieu", expliquait Csaba Kőrösi, vice-président du groupe de travail ODD 2015 dans le livre Regards sur la Terre. Mais pour que cette transformation ait lieu, il faudra la financer.

La question a été abordée en juillet 2015 lors de la conférence internationale d'Addis-Adeba (Ethiopie). Le plan d'action qui en a découlé reconnaît la nécessité de financer non plus simplement le seul développement mais le développement durable. "La place de la durabilité environnementale et du climat n'a jamais été aussi importante dans une déclaration politique sur le développement", analyse Julie Vaillé, spécialiste du financement du développement à l'Iddri. "Mais le défi de la mise en œuvre reste entier", ajoute-t-elle. "Tous les pays en développement on déclaré qu'il ne mettrait pas de budget face à ces ODD", rappelle Tancrède Voituriez. A l'instant de ce qui est prévu pour le climat, les pays misent sur les effets de levier pour attirer des financements privés.

Sur la période 2015-2030, l'Agenda 2030 pour le développement durable devra aboutir à la mobilisation de plusieurs milliers de milliards de dollars de financements privés et publics. "Tout l'enjeu sera ensuite d'allouer les financements à bon escient c'est-à-dire rediriger les soutiens aux pratiques  néfastes – telle que l'exploitation des énergies fossiles – vers des politiques durables permettant à la fois de protéger l'environnement et d'assurer la subsistance de l'Homme", prévient le WWF.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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