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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Changement climatiques en Algérie: "Un défi ou une fatalité? " #4

Quelle est la  vraiment part d'Algérie dans le discours algérien sur le climat?

Quelle est la vraiment part d'Algérie dans le discours algérien sur le climat?

#4 La question du climat hors de "la bulle  algérienne"...

Dans le précédent volet de cette série de billets, nous avons tenté de mettre en évidence  le caractère éminent numérique du concept de climat mondial.  Voire peut-être même  un peu trop  virtuel,  pour les simples lambda du « village » Monde   que nous sommes devenus. On peut en  effet, à l’étudier de près,  se demander si le terme « Climat », devenu planétaire,  désigne encore  et  vraiment une réalité palpable par nos corps  ainsi que  nos esprits. Voilà une notion qui parait fort  difficile à appréhender sans une batterie  de technologies de très haute pointe ainsi qu’une expertise tout aussi efficiente. Un luxe que très peu d’êtres humains, même à l’échelle de continents,  ne peuvent espérer atteindre souverainement dans l’immédiat. Cette fois-ci, nous évoquerons une dimension plus politique de ce vaste sujet. 

Pour expliquer ce climat, ses changements, ses déréglementés, leurs origines,  le  langage scientifique  est loin d’être le plus   parlant pour la plupart d’entre nous. C'est un  latin  à des années lumières de notre perception intime  du monde qui nous  entoure. Et là où le  scientifique  se doit d’être « vulgaire » pour se faire comprendre du citoyen, il  se retrouve le plus souvent sur la chasse gardée des politiques.  Ces derniers ne semblent  pas  trop se faire prier pour lui   servir de guide à travers la jungle des réalités de ce monde.  Sans se gêner pour  de lui faire payer au passage  un tribut en compensation   de son intrusion dans leur  territoire privilégié (non celui des inventions, mais des bien  idées.) Le scientifique doit légitimer un discours politique pour oser espérer une tribune populaire et des financements privés.

Qui mieux que les politiciens savent vulgariser les découvertes de la science pour en faire des arguments que jadis, d’autres, auraient soutenus avec une légitimité incontestable à leurs yeux,  armés alors  des dogmes de la religion ?  Qui aujourd’hui   est vraiment  à même de lire  les prévisions des modèles numériques climatiques qui ont changé notre vision du climat? Des oracles rendus possibles par l’infaillibilité de la science comme dogme fondateur. Lire dans  les quantités mydriatiques d’informations glanées aux quatre pôles de cette planète, c’est en quelque sorte voir dans le marc de café ou les ossements, avec la précision et la froideur  infaillible d’un ordinateur comme vous et moi  n'en  disposeront jamais. La synthèse, dans ce maëlstrom de datas météorologiques et climatiques devient de ce fait, à mon humble avis, une nécessité démocratique autant qu'un atout de taille pour engager un dialogue multilatéral sur le sujet.

Voici, peut-être, non  pas seulement la tour Effel   mise  en bouteille, mais cette fois-ci  la planète entière  prisonnière d’une boule à  neige géante. C’est une image un peu exagérée, il ne faudrait pas le nier, mais elle a le seul mérite de mettre en contraste certains tenants de l’idéologie climatique globale en vigueur jusqu’à présent.

Que faire quand un débat est mené  avec une très faible proportion  de protagonistes  vraiment capables de vérifier par des moyens souverains des données sur lequel il est fondé ? Il ne s’agit bien entendu  pas de gâcher  ce sujet   en l’entrainant vers les abîmes  de l’obsession complotiste. Mais  plutôt d’identifier un frein bien réel pour  beaucoup de pays du Sud. Cette réalité influence lourdement leur appréhension d’une éventuelle gouvernance  climatique sous fond de convention  contraignante et multilatérale organisée par l’ONU, et en toile de fond, par les Etats Unis et l’Europe . Ils me paraissent au fond être les deux revers d’une même médaille d’un pouvoir mondial défini par une vision anglo-saxonne, incluant les pays nordiques et l’Australie, le Canada et même l’Allemagne qui a été le pays le plus influent sur le régime climatique européen ; n’en déplaisent aux Français qui veulent ainsi rattraper leur retard lors de cette prochaine rencontre d’envergure sans précédent pour la 5éme République de France.

Cette hostilité à toute approche  intrusive  d’une gouvernance mondiale, d’un sujet d’abord perçu comme un quotidien national,   est  également au centre des grands  débats politiques américains. Cette défiance  n’est donc pas toujours une question de croyance scientifique, ni   une affaire seulement   de défaillance technologique. Les  Etats Unis semblent être politiquement divisés en deux tendances politiques à ce propos.

Le courant climato-sceptiques a même les faveurs des sondages.  Mais, paradoxalement,   c’est aussi en Californie que, par exemple, ce pays  continent développe beaucoup d’innovations  qui feront les beaux jours de la « transition verte » annoncée par l’ONU;  comme  étant  une issue pragmatique face  à un « dérèglement » du climat mondial. La   prolifique littérature scientifique américaine  sur le sujet,  domine de loin les sources du GIEC ; les outils les plus performants dans ce domaine sont largement en possession de l’expertise américaine.  Elle est appuyée par une technologie ainsi qu’une puissance scientifique  presque d’hégémon sur le reste de la planète.

Les Etats Unis ont également beaucoup influé, dans le passé,  sur la création et le développement d’organismes  et d’outils institutionnels internationaux dédiés à la question climatique. Notamment  en  contribuant activement aux initiatives  de l’ONU à ce propos. De plus, sans avoir ratifié le protocole de Kyoto,  cette puissance géopolitique et donc diplomatique,  aura cependant profité de quelques années de négociations  pour imposer à cet accord multilatéral de nombreuses pistes. Par une  forme sophistiquée d’induction basée sur la collaboration, la démonstration scientifique  teintée d’une farouche jalousie de sa souveraineté.

Notons également  que nombres d’ONG emblématiques dans  ce débat  (pour ou contre d’ailleurs) sont américaines ou, comme Green Peace, dans la sphère idéologique anglo-saxonne.  On peut dire que les Etats Unis, principal émetteur  MONDIAL de C02, qui plus est de source domestique, est aussi le pays à l’origine du débat climatique ainsi qu'un de ses grands bailleurs de fonds. Ne l’oublions pas, les USA sont également à la pointe dans la recherche des  solutions technologiques pouvant répondre à d’éventuelles nécessités d’adaptions. Ses modèles numériques, ses mouvements écologistes, autant que ses lobbys industriels, ont eux aussi beaucoup d’avance et d’influence aux  grandes tribunes de la question climatique mondiale.

 

Quant à l’ONU, cette organisation mondiale  a elle aussi une importante marge d’anticipation, puisqu’elle a été pionnière, historiquement,  dans la volonté, ou la conscience, d’une gouvernance mondiale  des questions environnementales.  Elle dispose de toute une infrastructure,  ainsi que  d’une expérience incontestable   dans l’organisation de débats internationaux.  Son influence est de taille à imposer  le cadre même de ces négociations. Et cela bien avant la toute première COP de l’histoire.

Cette idée de « climat mondial » soulève donc  de nombreuses questions qui doivent d’abord être abordées en dehors de ce que je me permettrais ici de qualifier de « bulle algérienne ».  Aussi me pardonnerez-vous de tarder à entrer dans ce vif de mon sujet annoncé par l’intitulé  de ce dossier sur les  questions relative à cette vision  du Climat  qui seront abordées à la prochaine COP21   où notre pays, l’Algérie semble jouer un rôle diplomatique non négligeable.

Pourquoi ? Et bien parce que il est toujours  meilleur  de connaitre  la  source de  l’eau dont on s’abreuve quotidiennement. On réalise d’autant plus quand elle nous arrive soit polluée, soit passée sous le filtre de tel ou tel régime d’idées et de mots propres  à un projet politique. Le mot  est lancé, non à des fins politiciennes mais bien pour insister sur le caractère éminemment politique et géopolitique  de cette négociation multilatérale.

 

Dans la chronologie de ce régime,  les aspects  environnementaux  et scientifiques ont été  progressivement   assujettis  à  la dynamique d’un projet (au sens de volonté commune)  bien plus vaste et rassembleur pour certains  que la causes écologique ou bien les vertus de la science dans la construction de nos sociétés modernes.  La question du climat, abordée par le « régime climatique mondial » (et encore plus la politique américaine) est une partie de bras de fer dont le ring, en ombre chinoise, concerne surtout des  préoccupations d’ordre  énergétique, plus qu’une volonté écologique mondiale.

Que penser du caractère  un peu trop mondialiste que certains lui reprochent ?  Ou bien de son manque de  visibilité à l’échelle de nos simples vies ?  Dans le discours politique, il  est régulièrement  évoqué comme traçant  les prochaines grandes lignes  d’un «nouvel équilibre  mondial ». Une  « transition »  pour reprendre   encore une des « pépites » de la dialectique de   nombreux  discours lors du fameux « Sommet des consciences ». Celui  qui s’est déroulé à Paris en préambule à la « COP de Paris ». Comme l’a  maintes fois évoqué  son  actuel président français ; au nom de la présidence française, mais aussi  des positions  climatiques de l’Europe.

 

Cela n'est sûremment pas un hasard si c'est au  responsable de la diplomatie française que l’on a confié cette lourde tâche ; et non à la ministre de l'Ecologie. En effet, M. Fabius mérite bien ces « good Luck » qu’il évoquera  à chacune de ses interventions préliminaires à cette COP parisienne. Ceux qui, selon ses dires,  l’on  aiguillés sur l’ampleur du défi qui attend  la France dans cette aventure diplomatique. Elle  dispose  cependant d’un sérieux atout  grâce à son  troisième réseau diplomatique mondial. Ce dernier est bien implanté en Afrique, plus particulièrement . Jusqu’en Arctique, même autre zone sensible de la question climatique.   

Ce pays, soutenu par l'Europe,  puissance économique mondiale majeure, pourra peut-être, il  me semble,  faire avancer d’un plus large hiatus une négociation qui stagne depuis près de  vingt-ans déjà. Sans aboutir à un consensus acceptable par 196 parties. Après  pas moins de vingt et une COP (dont une COP  bis), des budgets colossaux engloutis (celui de la France a  été annoncé à près de 170 millions d’euros), des tonnes de GES  générés pour assurer un tel débat impliquant des dizaines de milliers de gens venus du monde (presque) entier...Une statistique affligeante : 2013 aura été l’année record des émissions globales de  C02 ...   

 

La France, et l’Europe, pourront   ou voudront profiter  du rayonnement historique  de la diplomatie algérienne dans les pays du Sud. Prestige qui remonte autant à sa première tradition de pays « non aligné »  que de bonnes  et durables relations avec de nombreux pays dits du « Sud ». Ce n’est peut-être pas un hasard,  aussi, si un Algérien joue un rôle de premier plan dans cette négociation. Certes, il parait avant tout consultatif, mais ce serait injuste de ne pas en percevoir  les marges d’influences dans les réalités de ce processus.

L’Algérie est devenue également un partenaire africain  et "arabe"  de premier ordre pour l’Europe ; économiquement, géopolitiquement, énergétiquement etc. En choisissant le terme de « développement durable », elle affirme aussi, il me semble, une  certaine particularité de la traduction française du terme « sustainable development ». L’approche « durable »  est plus centrée sur l’économie verte, que la notion « soutenable »  semble vouloir y apporter aussi  une certaine valeur éthique. Une économie  qui serait soutenable pour les environnements où  elle  se développe. Et non garantissant seulement un developement économique durable. Un détail sémantique ? Libre à vous d’en juger  sa valeur. Pour moi elle demeure de la  taille d'un indice  fort révélateur...

 

L’Europe est un bloc régional fort d’une Convention et d’outils institutionnels qui lui imposent, mais lui permettent également d’aborder le climat d’une seule voie. De nombreux experts considèrent que  la diplomatie climatique est sa  seule  véritable marge de manœuvre sur l’échiquier des grandes  négociations  géopolitiques prises en otages par la « guerre froide » entre les Etats Unis et la Chine. De plus,   sa mauvaise réputation,  due à la  défaillance démocratique lors de  sa fondation ainsi qu'à  l'histoire colonialiste  de son continent, pourrait être  quelque peu nuancée si  la communauté européenne se montrait  volontaire pour une cause  considérée comme universelle.

 

Dans  la "soft war"  qui semble opposer la France et l’Allemagne,  il s’agit pour le prochain hôte de la COP21 de prendre plus d’ascendant sur la position européenne. Pour la France, ne serait-ce que d’un point de vue symbolique, cet évènement est une occasion qui relève d’un enjeu géopolitique dont trop peu de Français ont vraiment conscience. La société française, selon les  organismes sondages hexagonaux  les plus en vogues est certes très encline à accepter le principe d’un dérèglement climatique global d’origine humaine ; mais le débat, dans ses profondeurs politiques et stratégiques, leur parait-il si important ?

La question reste ouverte; elle nous servira de transition pour   nous pencher la prochaine fois  plus précisément sur l’Algérie climatique. Dans un tel contexte parmi les pays du Nord , il nous faudra également  évoquer  celui qui inclue la Chine et d’autres pays  disposés à présent à  s'engager  un peu plus sereinement dans cette négociation.

 

 

A suivre...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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protection. citoyenne 22/10/2015 09:42

Livre numérique important vous ne serez pas déçu .....
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Tedjani 22/10/2015 10:12

Bonjour, pourriez vous nous en dire plus sur votre choix de citer ce livre dans votre commentaire?