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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Changements climatiques- « Et si nous parlions aussi de Chaleur humaine? »

Nouara Latreche, mon principal mentor en matière d'écologie algérienne...

Nouara Latreche, mon principal mentor en matière d'écologie algérienne...

 

Depuis la nuit des temps, les changements climatiques  semblent avoir  inspiré à la fois beaucoup de craintes,  mais aussi  autant d’espoirs pour l’Humanité.  Cependant, de  nos jours,   un tel  phénomène semble avoir pris  surtout  l’ampleur d’un fléau mondial contre lequel le monde, dans sa globalité,   doit lutter de toutes ses forces. Voici venu apparemment les  temps nouveaux   d’une union sacrée de tous les peuples du monde  contre les changements climatiques.

Un climat spirituel

Jadis et encore,  les  changements de ce que nous appelons à présent climat  occupaient une place  non négligeable dans plupart  des cultes  et  des mythologies du  Monde.  Citons une fois n’est pas coutume, l’exemple du  Déluge,  un des épisodes fondateurs  de toutes les religions du Livre ;  qui n’a pu se réaliser sans un changement   de la météo   d’une ampleur planétaire. Le plus souvent, dans ces  conceptions du monde des hommes,   de tels grands bouleversements  ne sont pas  provoqués  directement  par l’Humanité, ni  en réaction à ses activités  économiques, mais  surtout à   des postures morales. 

 Ces changements inattendus  sont  très souvent assimilés à des punitions, mais parfois aussi  perçues comme des bénédictions.  Quand par exemple, suite à une prière ou à un sacrifice, la pluie se met à tomber de manière inhabituelle  ou bien vient mettre fin à une période de sécheresse exceptionnelle. Seuls les êtres humains  dotés de magie ou connectés avec un ou des dieux avaient  alors le pouvoir  d’influer sur ce que l’on appelait  surtout  « les forces de la nature » et non le climat.  Ici, l’être humain n’est jamais l’auteur de ces changements, mais il en est souvent le responsable...indirectement...

Mais, comme il faut vivre avec son temps, et que « les temps modernes »  sont avant tout  ceux de la science, je n’aborderais pas plus longtemps  le  thème du Climat sous  l’angle de la théologie et de la mythologie. C’est un vaste sujet qui demande, de plus, une connaissance qui me fait largement défaut. Cependant, il n’est pas anodin, pour moi, de rappeler tout cela avant d’entrer dans le vif de mon  sujet ; libre à chacun de comprendre ou d’interpréter cette petite mise au point en guise d’introduction.

Le climat sans Dieu ?

Parlons maintenant plutôt d’histoire  et replaçons le Climat dans une vision plus scientifique ; c’est-à-dire qui  répond à la question  du « comment »  et propose des « pourquoi » qui peuvent être  acceptés  par l’esprit  de l’Homme  dit « moderne » ; celui  qui croit d’abord en la science avant tout autre Divinité.  La Cop 21 n’abordera pas bien entendu  ce sujet sous l’angle du mythe ou des religions ;  si ce n’est le temps d’un  épisodique « Sommet des Consciences », qui, à mon humble avis,   aurait dû  être le  véritable nom de cet événement.  Pas seulement   celui d’un séminaire organisé en parallèle du Sommet officiel sur les changements climatiques.  Car  la science  sans conscience n’est que rarement pertinente à garantir le bien-être du vivant.

Dans l’Islam, par exemple, science et spiritualité  n’ont de cesse de se confirmer mutuellement. Son Message  invite constamment l’être humain à lire les preuves de l’Unicité dans les prodiges scientifiques  de  la  Création. Comment le Climat et ses changements   sont-ils  abordés   dans le Saint Coran ? Si pour beaucoup d’occidentaux  cette question pourrait paraitre  presque triviale, elle ne saurait être éludée par la société algérienne contemporaine  et concerne  tout de même pas moins d’un milliard d’êtres humains à travers le monde.  Mais, c’est un autre  long et périlleux débat que je n’aurais pas le temps de soulever ici...

Une histoire  antique du Climat

Pour en revenir à notre sujet, rappelons que la toute première théorie scientifique  du  climat, et de ses changements inspirés par une activité humaine,   semble remonter  à l’antiquité. En effet Théophraste, un des grands précurseurs  antique de l’écologie moderne, avait déjà évoqué le lien intime entre déforestation et réchauffement du climat.

Cependant, à cette époque,   un réchauffement  climatique  local   était perçu par lui   comme une bonne chose pour l’être humain ;  notamment en favorisant de meilleures conditions pour l’agriculture. Selon  ce dernier,   il fallait pratiquer  la  déforestation pour réchauffer un  climat rendu trop humide et froid par une trop grande présence d’arbres  dans l’environnement.  Il faut préciser que l’Antiquité  est considérée  aujourd’hui comme  une période  climatique intermédiaire ;  ni trop chaude ni trop froide, ni trop humide ni trop ne sèche. L’idée fut  peut-être assez rapidement oubliée, car elle n’avait pas vraiment d’utilité locale ni politique. Puisque  les Dieux  de l’Olympe alors avaient  auprès du peuple des arguments bien plus convaincants que la science...

Il y aura  également  de bien farfelues postulats antiques concernant la prétendue influence du climat sur la nature des êtres humains. Une sorte d’eugénisme  climatique  qui devait permettre de prouver la  suprématie naturelle  des grecs et des latins sur les barbares. Elle, perdurera longtemps dans l’esprit des Européens. Montesquieu, dans son « Esprit des lois »  ne se privera pas de développer cette idée.  Le cliché de l’homme des pays chaud,  rendu fainéant de nature à cause du soleil de plomb que lui fait endurer son environnement... A-t-il vraiment   depuis totalement disparu dans  l’imaginaire des pays du Nord ?

Le climat et l’Homme du « nouveau monde »

Puis,   à partir de  la fin du  17éme siècle,    les théories de Théophraste refont surface ; notamment via certains chercheurs européens qui mirent en évidence  les  impacts néfastes  du colonialisme sur les  forêts tropicales ; surtout celles des îles, d’ailleurs. Car  ce sont des espaces où le caractère fini   de la ressource naturelle apparait  très vite flagrant. Cette fois-ci,  la notion de désertification fait place à l’optimisme des antiques.  Et les premières politiques de conservation des forêts coloniales  firent leur apparition. Notamment à Madagascar avec  Pierre Poivre, considéré comme un des pères fondateurs français  de l’écologisme (écologie politique). Oui, l’écologie et l’écologisme ont  un lien historique avec le colonialisme...Pour le meilleur  parfois, comme pour le pire, le plus souvent.

La notion de climat n’est pas encore  vraiment mondiale, mais elle devient beaucoup plus internationale.  La rumeur du phénomène exotique, « El Nino », un changement spectaculaire et chronique  de la météo,    intrigue de plus en plus en Europe. Il  pose un défi de taille aux scientifiques  européens qui ont depuis remis au goût du jour une matière antique : la météorologie. L'invention du baromètre et du thermomètre au  17éme siècle,  fournit les moyens de mesure nécessaires à l'étude scientifique de l'atmosphère. Jean Baptiste Fourier,  lui, en 1824, en découvrant l’effet de serre, ouvrira la porte à beaucoup d’autres découvertes qui posèrent les bases de l’implication du CO2 dans la composition de l’atmosphère ; terme qui était alors  le plus souvent utilisé   pour définir ce que nous appelons à présent « Climat ».

Mais  tout cela n’est t  encore qu’une vague succession d’idée  et de découvertes qui  germe  à l’ombre du discours officiel de l’époque...

Le Climat devient  discours politique

 Au début du 20éme siècle, c’est  surtout  un refroidissement climatique qui  semble inquiéter, notamment les scientifiques américains.  Cette peur   persistera pendant longtemps,  par intermittence,  avec celle qui soutient plutôt la thèse d’un réchauffement du climat planétaire. Quant à la culpabilité du  CO2 dans ces bouleversements,   l'idée fait son petit bonhomme de chemin parmi l’intelligentsia scientifique mondiale.

Puis, au début des années 80,  Margaret Thatcher, premier ministre britannique,   la rend célèbre dans les médias  en  l’utilisant comme un argument politique  indiscutable . Il s’agissait alors  de légitimer   l’arrêt des mines de charbons  auprès des mineurs anglais. Le charbon est dénoncé par « la dame de fer »   comme une source d’énergie qui favorise les émissions carbones et donc le changement du climat.

La théorie du réchauffement climatique devient alors   un discours politique.   La statistique vient au secours de cette théorie  et  met en évidence le lien entre augmentation des émissions de CO2 et le réchauffement de la planète.  1988 : à  la demande du G7, l’ONU crée le GIEC : Groupement intergouvernemental d’experts sur le changement climatique. Cet organisme confirmera cette tendance. En 1992,  le premier « Sommet de la Terre » de Rio   propose la rédaction d’une convention internationale qui sera ratifié par 50 pays.

L’Algérie, un pays aligné climatiquement ?

Pour sa part, L’Algérie a  signé   cette Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques en 1993, le Protocole de Kyoto en 2004, la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique en 1995 et la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification dans les pays les plus gravement touchés par la Sècheresse et/ou la Désertification en 1996.

La suite est connue de tous et  de toutes, je pense. C’est  celle qui nous amène aujourd’hui à ce prochain sommet du Climat à Paris. Celle qui prône  comme irréfutable l’implication des activités économiques humaines au centre de ces changements.  

Bien d’autres évènements ont marqué cette  longue et complexe histoire de la question du climat.  Mais je n’ai pas le temps ici de toutes les évoquer. D’autant  je ne suis pas sûr de toutes les connaitre. Je suis   cependant convaincu   que,  parmi cet auditoire, d’autres  dates et étapes seront citées. Cependant, il me semble,  que les grandes lignes de ce processus historique ont été évoquées dans ce bref exposé.

J’ai voulu juste, par ce tour d’horizon de la chronologie  officielle  du Climat, évoquer le fait    que cette notion n’est pas nouvelle et qu’elle a  beaucoup évolué avant d’arriver à celle qui est devenu universelle en 2015.

Une terminologie du climat  changeante

On pourrait aussi faire la chronologie  sémantique qui mènera ce débat international  à parler tantôt de  « réchauffement  du climat »,  de  « réchauffement  climatique », puis   de  « changement (au singulier) climatiques (au pluriel) »  et enfin de « changements climatiques », le  tout  au pluriel  .  Aujourd’hui,  évoquer  le  Climat n’est plus aussi pertinent. L’idée d’un Climat mondial, n’est-ce pas  d’abord une idée politique et géopolitique ?  Dans le monde concret, un individu lambda, sans une armada d’outils technologiques, peut-il vraiment en éprouver la sensation ? Pour la plupart d’entre nous, le climat, au quotidien, est   surtout une  préoccupation locale, régionale, nationale... Rarement à l’échelle du globe. Nous ne percevons pas le climat de la même manière en France, en Algérie, ou au  Pôle Nord.

Les inégalités climatiques, mythes ou réalité ?

Dans son essai « De l’origine des inégalités parmi les sociétés », un des plus célèbres ethnologues et historien  contemporain de l’environnement, Jared Diamond,  un américain, soutient l’idée  que ce que nous appelons la civilisation, ou le progrès, s’est le plus souvent développé  en fonction d’une certaine unité climatique.   Entre l’Est et l’Ouest d’un  territoire et non du Nord  au  Sud.

Cette tendance, selon lui et tant d’autres, viendrait  qu’il est plus facile d’évoluer ensemble sous une même  latitude climatique. Le contraste climatique entre le Nord et le Sud, à l’échelle d’un pays ou d’un continent  rendrait ce développement horizontal  plus difficile, et donc plus long. A ce titre il explique pourquoi l’Amérique des Indiens,  continent  très vertical,   aurait  tardé à se développer, contrairement à l’Asie  qui est plus horizontal. Il évoque ici la notion d’inégalité climatique comme un des  facteurs naturels  d’inégalité de développement entre les sociétés humaines. Ce serait, selon lui,   notamment grâce à une supériorité technologique, rendue écrasante par leur révolution industrielle,   que les Européens auraient comblé ce retard en débarquant sur le « nouveau continent ».

Ce postulat  revient à dire que, non seulement le climat est source d’inégalité parmi les  sociétés, mais aussi que la technologie européenne est historiquement  capable de remédier à cette fatalité climatique. Cela semble confirmer la fameuse thèse des inégalités que vont provoquer ces changements climatiques.

 Le malheur des uns ?

On ne nous dit d’ailleurs  pas assez, il me semble, que les pays Nordiques, la Russie, le Canada et même les Etats Unis, attendent avec impatience que l’Antarctique se dégèle pour leur livrer ses gisements de minéraux,  d’énergies fossiles ;  qui sont  immenses et totalement vierges. Un nouveau détroit pourrait apparaitre aussi dans cette région et offrir de formidables opportunités commerciales et géopolitiques.  Une diplomatie très virulente a déjà été engagée par ces pays, en prévision de ce réchauffement ainsi rendu « heureux ».

On préfère insister sur la vulnérabilité des plus démunis face à ces grands bouleversements.  Elle-elle  forcément celle des plus pauvres et des moins développées ? Je dirais, pour ma part, que ce handicap est surtout celui  des moins adaptés.  J’aimerais juste rappeler  à cet auditoire que ma grande tante Nouara,  vielle dame qui a toujours vécu  confortablement  sans eau courante, ni électricité, dans un cycle des saisons   qui alterne  sécheresse et grande pluies, supportera plus facilement un bouleversement de son climat  que  nombre de jeunes citadins algériens qui dépendent à présent totalement d’un  confort  industriel pour subsister.

 

L’idéologie du Climat victime de l’Homme

A mon humble avis, si la notion de Climat reste encore évoquée au singulier dans certains discours politiques, c’est  peut-être qu’elle porte en elle l’idée que le monde entier doit s’unir autour de ce problème planétaire. C’est un radical commun qui pourrait selon ses instigateurs  favoriser la transition vers un « nouvel équilibre mondial » ; une expression  déjà  largement  prononcée  dans bien des discours, lors des éléments organisés à Paris, en préambule  de la prochaine  COP21.

Force est de constater, après cet exposé chronologique,  que le changement climatique, comme problématique, semble être d’abord  une « idée » typiquement   « moderne » et réunit    autant le capitalisme présent   que le  communisme passé  autour d’un des postulats philosophique  les plus   fondateur du siècle dernier. Cette conception d’une toute puissance de l’Homme découle en grande partie de la fameuse sentence  du Philosophe Nietzche allemand  qui  marquera au fer rouge  la pensée occidentale moderne de  son « Crépuscule des Idoles » : « Dieu est mort ». C’est à la science d’enfin le remplacer ! Pourtant, si Nietzche est bien mort à présent ; Dieu  lui, existe toujours  dans le cœur de milliards d’êtres humains ...Autre débat à éluder ici, faute de temps...

En effet, dans beaucoup d’autres cultures  du monde, notamment  en Orient, en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen Orient, tous les changements de la nature sont encore  inscrits dans un cycle de saisons et d’ères dont le déroulement échappe totalement à l’action des êtres humains. L’être humain n’est pas l’Homme et l’Univers n’est pas centré autour de lui. Bien au contraire, c’est à chaque individu, homme ou femme,  de se  rapprocher de l’Unicité  de cet univers  en réalisant que sa variabilité infinie suit une logique qui dépasse totalement les dessins ainsi que la conscience de l’être humain. L’universalité occidentale n’est pas  si universelle, encore moins planétaire. Il est important d’insister en Algérie sur cette réalité.

C’est peut-être,  il me semble, inconsciemment,  un des facteurs  qui rend beaucoup de pays en voie de développement assez imperméables à cette idée qu’il est possible d’influer sur le  climat  à l’échelle mondiale. Pour l’instant, au fond, ce sont les Européens les plus actifs et convaincus par cette cause. Peu de véritables mesures préconisés lors des précédents sommets sur le sujet ont sû mettre d’accord les majorités des nations engagées dans les négociations. Qu’ils soient développés, émergents ou bien en voie de développement comme on qualifie ainsi les pays comme l’Algérie.

Une irresponsabilité historique ?

Bien entendu, il y a des réalités, mais aussi des lieux-communs biens plus flagrants qui semblent inspirer cette défiance à des pays comme l’Algérie, ou la Chine,  par exemple.

L’argument le plus récurent est la responsabilité historique des pays développés dans la diffusion de masses considérables de Co2 dans l’atmosphère. Elle ne concerne pas vraiment   les pays dit  « du tiers-monde ». L’Algérie n’a pas vraiment d’industrie et la Chine n’a connu d’essor industriel que depuis peu. 

Cependant,  à raison,  la Chine revendique le fait que, si elle est un des grands champion dans ce domaine, c’est que l’Occident a  fait migrer  beaucoup de  son industrie polluante vers ce pays fraichement industrialisé. Mais qui a  permis cette vague migratoire de Co2 ? Si ce n’est le gouvernement Chinois et ses partenaires étrangers...

En ce qui concerne l’Algérie,  c’est le contraire.  Il serait bon de réaliser qu’en important quasiment tout, sa responsabilité n’est certes pas locale.  Mais, comme pour l’Europe, elle  est devenue globale.  Tout pays qui est inscrit dans une démarche de production ou de consommation  industrielle  est forcément responsable des changements climatiques ; du moins  selon la théorie du CO2.  Et, avec la nouvelle société de consommation algérienne, nous sommes entré de plein pied dans cette responsabilité. Elle n’est pas encore historique, mais elle le deviendra dans quelques décennies...

Prenons un  simple exemple concret  pour dénoncer  toute l’aberration d’une telle posture : transplanter des milliers de palmiers du Sahara ou de l’étranger vers Alger, revient à émettre des quantités faramineuses de CO2 ;  et cela à chaque étape de ce processus (extraction, transport, transplantation, entretient).  Ces palmiers sont-ils vraiment adaptés au climat de la capitale ? Pourquoi ne pas avoir planté des espèces locales et beaucoup moins consommatrices d’eau que ces arbres du désert ? A moins que notre pays mise sur une approche basée sur l’adaptation, plus que sur l’atténuation. Il est vrai que, à la mesure où l’Algérie se développe sans compter, certains experts prédisent un climat algérois très proche de celui d’EL Oued ...dès 2030 !

 

Des questions qui doivent trouver leur réponse  tout d’abord en Algérie 

Il ne me reste à présent  qu’à poser quelques questions qui me paraissent essentielles à soulever lors d’une conférence algérienne sur le Climat :

Notre  pays est très engagé diplomatiquement dans ce prochain sommet. Peut-on considérer que ce sera la vision du peuple algérien qui y sera défendue ? Quelle est-elle ? Comment  la société civile algérienne, dans son ensemble, semble-t-elle aborder ce thème ? Qui, parmi vous, a été consulté par le gouvernement algérien à propos de cette question ? Que savez-vous du programme proposé par notre pays pour gérer cette problématique ? Quels seront ou sont déjà les conséquences de ces changements climatiques en Algérie ? Sont-ils tous négatifs ?

Est-ce que  l’économie verte, ou le capitalisme vert, ou l’écologie industrielle sont vraiment  les clefs de notre salut ?

Energies renouvelables  et propres? Sans  terres rares, pétrochimie pour fabriquer les outils qui les captent, comment  allons-nous puiser  pour l’instant cette énergie ? N e faut-il pas émettre beaucoup de Co2 pour les produire et distribuer en masse ? Quelle est la nature des déchets de cette industrie ?

TIC ? La plupart d’entre elles, dont  celles de vos IPhone, ne sont-elles pas remplies  « de terres rares » ? Des minerais   dont l’exploitation est hautement nocive pour l’environnement et si peu éthique socialement  quand on veut  l’exploiter et les distribuer à très bas prix ?

Développement durable ?  Certes, mais seul le développement humain est illimité, pas celui des exploitations de ressources naturelles sur une planète finie...

Enfin, pourquoi seulement 24 pays pourront décider de l’attribution des fonds pour le climat qui seront dès 2020  à hauteur de 100 milliards annuels ?  Imaginez, je  suis un pays ultra développé ; je vends la technologie politiquement correcte à un pays pauvre que j’aurais fait nommer pour une subvention de ce fond mondial. Puis je récupère cet argent en lui facturant mes services écologiques. Un système déjà bien huilé entre Bruxelles, Paris  et Alger, par exemple...

Penser local, contribuer global, agir national

Enfin,   pour conclure cette modeste  contribution, je dirais que je ne suis ni  "un climato sceptique", ni  un "réchauffiste", ni d’aucun  de ces sobriquets médiatiques  dont écologiste est celui qui m’exaspère le plus.

Je suis tout simplement un Algérien qui a pris l’habitude de ses ancêtres : j’aspire au juste milieu, je suis de l’école algérienne du  douar, de  l’économie du  cercle et non du « tourner en rond » des révolutions à l’occidentale. Je suis  tout simplement un Douari  algérien, né à Paris,  certes, mais qui a tant appris en observant la nature de son pays d’origine ; par exemple  qu’un olivier peut pousser sur la plus abrupte des falaises et que  tant d’Algériens ont vécu  pendant de millénaires le Sahara, en toute sérénité et harmonie, sans la moindre technologie de pointe ; mais armé d’une culture et de traditions adaptées à leur environnement. Un des plus arides et hostile   milieu humain  au monde...

Si, bien entendu, il ne  fait pas être réactionnaire et se défier de tout ce que porte en elle la COP21, personnellement  j’irais aussi  dans mes traditions  chercher des solutions pour apprivoiser cette nature   et non  uniquement des armes  étrangères pour lutter contre elle. N’oublions pas que « chaleur humaine », cela veut dire  aussi  hospitalité, fraternité, bien-être en commun ; des valeurs qu’aucun Algérien ou Algérienne  dignes de ce nom ne devrait  oublier avant de se rendre à Paris pour accuser l’humanité d’un excès de  cette chaleur là ! 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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Bouhedli Mohamed Nassim 07/12/2015 12:05

Excellent article merci signé Bouhedli Mohamed Nassim

Tedjani 07/12/2015 12:22

Merci beaucoup pour votre soutien et vos encouragements cher M.