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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Changements climatiques en Algérie: "Un défi ou une fatalité" #3

La principale valeur d'un climat, n'est-elle pas d'abord  celle du bien-être humain?

La principale valeur d'un climat, n'est-elle pas d'abord celle du bien-être humain?

#3 Une intelligence artificielle  et politique du Climat

 

Dans le précédent billet, nous avons tenté de mettre en évidence le caractère « inhumain » d’une perception globale du Climat. Le terme ici évoque plus une défaillance physique, qu’elle pourrait cependant suggérer en toile de fond l’idée d’une approche  du Climat plus scientiste et politique que réellement morale. Nous nous appliquerons cette fois-ci à rappeler l’origine de cette perception, de sa nature même et enfin nous reviendrons sur le côté peut-être un peu trop « technocratique » de ce que les auteurs du très détaillé « Gouverner le Climat ?» ont qualifié de « régime climatique ». C’est-à-dire une grille sémantique, un canevas de concepts fondateurs,  ainsi qu’une sphère d’influences ; le fondement même du discours  d’un projet politique...

 

L’Origine d’une perception

Replaçons-nous tout d’abord dans le contexte de la fin de la seconde guerre mondiale et du début de la guerre froide. A des fins surtouts militaires, une toile immense d’outils de mesures et de collectes d’informations météorologiques a été tissée à travers une grande partie du monde.  Dans cette course aux  « datas », les Etats Unis et l’Union Soviétique se livrent une bataille encore plus féroce, après avoir vaincu de concert  leur ennemi commun « du moment », Hitler.  En 1945,  John Von Neumann, un informaticien américain,  dispose  à  présent dans cette émulation musclée  d’un atout de taille pour son pays.   Il propose de mettre son tout dernier  méga-calculateur, un ordinateur, pour traiter les quantités énormes de données qui sont fournies par  le réseau météorologique américain. Il  viendra naturellement proposer son idée aux militaires, sûrement parce qu’il avait besoin de leurs infrastructures, en leur faisant miroiter également de formidables opportunités de développer des armes  d’un genre totalement nouveau.

Ainsi, point de vue stratégique, l’objectif  et l’origine de cette expérience  est de certes renforcer la conscience totale que doit avoir l’armée américaine du monde, mais encore plus de maîtriser ce Climat pour la guerre. La perspective d’étudier la météo avec pour ambition  de « sauver la planète »  n’est ni à l’ordre du jour, ni une  préoccupation  du « Siècle ».

Pour John Van Newman, l’enjeu est également de taille. Il peut enfin disposer d’une plateforme de collecte d’information à la démesure des formidables capacités de calculs et de traitement de l’information de son « Johnniac En 1946, sous la houlette de Jules Charney, un des plus influents climatologues de l’histoire du « régime climatique » mondial, lance à Princeton une étude qui doit aboutir en 1954 aux premières prévisions nationales pour les Etats Unis. La modélisation  informatique de l’Atmosphère semble avoir tenu ses promesses et, en 1955, on parle des premiers GCM (Global Circulation Models). Mais il n’est pas encore question de parler  vraiment de changements climatiques, bien qu’en 1957,  la courbe de Keeling viendra  dans la même foulée  attester d’une relation entre l’effet de serre et la concentration de CO2 dans l’atmosphère. L’idée d’un réchauffement climatique global  germe, prend racine, mais le temps de la récolte est encore bien loin de porter ses fruits. Pour l’instant ce sont surtout les flux de circulation atmosphériques qui sont étudiés. En 1960, les Etats Unis possèdent un laboratoire du Climat parmi les plus performants au monde, le GFLD.

Puis, avec les années soixante-dix, des mouvements écologiques se développent  parmi la société civiles et on commence à montrer dans les médias des images « concrètes » de phénomènes climatiques extrêmes. On parle « enfin » de Climat global sans tabou et, la climatologie  se démarque plus nettement de ma météorologie. L’opinion publique de beaucoup de pays industrialisés commence à s’inquiéter pour l’avenir écologique  de  notre espèce, de la planète même. Du coup, comme par un étrange renversement, les  militaires  américains décident de stopper officiellement leurs recherches sur les armes climatiques et favorisent l’approche d’un changement climatique contre lequel le monde libre devrait lutter....

 L’air  de rien, nous  avons assisté,  avec les débuts de la science climatique, également  à  celle de l’ère du Big Data. « The Big Mother », la Terre-mère,   enfin révélée à notre conscience par la cybernétique, accouchera  de ce fait du Big Brother  qui a  quasiment et « ludique-ment »,   pris le contrôle, depuis,  de nos quotidiens. L’idée même de Climat mondial, ou de changements climatiques globaux appelle donc à une perception cybernétique, une intelligence artificielle, basée sur des mesures et des calculs savants. Mais aussi à  de gros investissements, et donc des interventions politiques et politiquement privées...

 

Politique et Science, une union sacrée   pour faire la pluie et le beau temps ?

Les sciences du Climat, ou climatologie ont connues un essor qui a été dès ses premières heures encadré et financé largement  par l’ONU; notamment  à travers ses diverses officines dont l’OMM est la plus connue mais loin d’être la seule. Les Etats Unis également joueront un grand rôle dans l’émergence de cette discipline pluri disciplinaire. Son histoire est celle d’un rapprochement encore plus serré entre la sphère scientifique et politique. Chacun ayant besoin, depuis que le couple Eglise et Pouvoir a disparu, de la légitimité de l’autre pour exercer son influence sur nos sociétés.

En 1988, Margaret Thatcher, la « Dame de fer » du gouvernement  britannique plantera définitivement ce clou ;  en infléchissant ma résistance des syndicats charbonniers à l’abandon de cette ressource comme matrice énergétique de l’économie anglaise.  Le Climat, sujet d’étude  scientifique    entame de plus en plus surement sa  métamorphose vers une vision politique.

 

Quel est le langage politique des COP ?

On pourrait  affirmer sans trop de doute que la posture du  consensus climatique  global  des COP  s’inscrit  dans la droite ligne de la politique de Conservation,  plutôt que dans celle de la Préservation. Sachant que l’une aspire à conserver la biodiversité (et non la nature)  essentiellement  comme une plateforme  de ressources naturelles  quantifiables par l’économie humaine. L’autre  vision semble nuancer cette approche purement matérialiste  en attribuant cette fois-ci à « la nature » une valeur humaine, c’est-à-dire sociale (art, éducation, valeur morales etc.) qui n’est en rien inférieure à sa prétendue valeur marchande. Mais il me semble qu’elle sont néanmoins toute deux animées par l’idée d’une certaine toute puissance de notre espèce sur son milieu naturel.

La cause des « dérèglements » climatique, un basculement sémantique majeur dans la dialectique onusienne,  semblent  ainsi  largement appréhendées   au sein   des  COP  comme convergents vers une   résultante   qui fait du  système  économique  mondial  un cercle qui n’est pas assez vertueux ; pas tant d’un point de vue de l’Ethique, mais surtout au regard des nombreux dégâts  et coûts matériels que ces impacts négatifs pourraient  faire supporter à l’économie mondiale. 

La prétendue valeur de « solidarité  climatique », vis-à-vis des  « hordes » d’« éco-réfugiés » à venir,  parait même  inféodée à une peur bien plus matérialiste et politique :   elles menacent la paix et la sécurité du Monde développé. Tel péril  est régulièrement associé  dans les discours officiels comme corollaire à celle du Terrorisme mondial qui pourrait profiter de ce  « chaos » globalisé pour consolider ses réseaux d’actions et gonfler ses rangs avec des millions de pauvres en détresse.  Cette épée de Damoclès agitée sur nos têtes, insinue également une possible déstabilisation de nos nations par des vagues migratoires que certains n’ont pas hésité à comparer à celle des hordes barbares qui précipitèrent l’effondrement de la civilisation romaine...

Tout cela résulte peut-être de la nature même du processus qui a mené à ce « régime climatique » qui accuse à présent toute forme de scepticisme  à son égard  de complétement irresponsable ou immature. Il a été créé à des fins qui dépassent largement le cadre de l’écologie, de l’environnent et de la cause « Planète »...

A suivre...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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