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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Climat en Algérie: "RESPONSABILITE HISTORIQUE ET CULPABILITE CONTEMPORAINE"

Climat en Algérie: "RESPONSABILITE HISTORIQUE ET CULPABILITE CONTEMPORAINE"

Il n’existe pas de bilans écologiques précis des guerres passées. Les seules données connues sont des constatations faites pendant ou après les conflits : forêts déboisées, fleuves et littoraux pollués, milieux naturels détruits…

A la fin de la Guerre du Golfe, en 1991, les eaux du Golfe Persique ont connues une pollution majeure, ainsi que l’atmosphère. En se retirant, les troupes irakiennes incendièrent volontairement un millier de puits de pétrole, rejetant un million de tonnes de brut dans l’atmosphère.

"Les conséquences climatiques de la guerre"

 

Que penser de la responsabilté historique et contemporaine  des guerres  dans la dégradation du climat mondial? Pourquoi  celle de la colonisation française, dans la dégradation du climat algérien, ne sera-t-elle jamais abordée par l'Algérie  lors de la prochaine COP21? Que penser de la destruction de 1/5ème de la couverture végétale algérienne en 132 ans de guerre d'occupation? Pourquoi tous les pays qui ont  subis  ces colonisations  ou ces guerres ne font pas  de tels  calculs "historiques"  dans leur bilan climatique? Appréhendent-ils toujours vraiment  la notion de responsabilité climatique sous un angle capable  de l'envisager hors du cadre étriqué  des émissions de gaz à effet de serre? 

 

On ne parle pas ici en terme de millénaires, ni de siécles, mais bien de demi-siécles, de générations, pour remonter à la fin de ces atteintes écologiques et écocidaires de l'ensemble des colonisations européennes ; dont les conséquences sont directes et historiques sur la nature des climats locaux de nos nations, à présent indépendantes. Il s'agit bien de la période dite " de révolution industrielle", qui semble être le point de départ historique des négociations climatiques mondiales. A-t-on  aussi mesuré l'impact climatique des derniers grands conflts internationaux? Qui en payerait la dette, si ils étaient enfin identifiés?

Pour revenir à la forêt algérienne, plus qu'un immense puits de carbone dévasté, c'est tout un territoire que l'on a plongé inéxorablement dans l'abîme de la desertification et du rechauffement climatique, de l'appauvrissement des sols. Depuis, certes notre régime écologique n'a pas réussit à combler ce vide, et ce malgré de nombreuses opérations massives de reboisement. Cette responsabilité  est bien endémique; comment le nier? Mais la blessure du passé est belle et bien là; persistante. Elle a forcement influé sur l'écosystème Algérie de manière prégnante.

Pourra-t-on vraiment quantifier en CO2  la contribution durable de la France coloniale aux "déréglement climatique" algérien? Et de tant d'autres pays africains? Responsable, oui, au regard d'un passé qui sent encore l'odeur âcre des feux et des grottes où l'on enfumait des innoncents.Non, cela ne peut se compter en indice carbone ou tout autre mesure virtuelle; mais on peut le faire avec des données concrètes...historique...cet impact est identifiable avec précision. Cela est valable pour bien d'autres cas que celui de l'Algérie. 

La décennie noire aura également sa part  importante dans cette déforestation historique, et plus particulièrement l'armée algérienne qui aura brûlé des milliers d'hectares de forêts dans sa lutte contre le terrorisme. Cette période d'atrocités   aura aussi  généré  comme une phobie  des forêts  denses et opaques ; et  au sein de toute la société algérienne. En a découlé tout un rapport vicié entre la population et ses espaces sauvages.Notre gouvernance environnementale n'a pas sû pallier à cette perte massive de forêts; encore moins elle n'arrive à l'endiguer. Les incendies de forêts ne sont pas les seuls fleaux pour les arbres algériens. 

Pourra-t-on repprocher à l'Algérie contemporaine ses graves manquements à l'égard de son environnement? Et plus particulièrement de sa couverture végétale? Pas dans le cadre de la Convention sur les changements climatiques, en tous cas...Souveraineté des états-nations oblige. Ce qui est louable d'un point de vue  de l'ethique, mais pas obligatoirement de celui de l'opérationnel. Sans intervenir dans les politiques nationales, ces fonds verts devraient pénaliser les mauvaises politiques environnementales, autant que les émissions de GES. Mais qui  fixerait les critères de ces audits? La question est forcement épineuse...4

 

Quand on parle de "responsabilité commune et différenciée" il faudrait également inclure l'impact climatique des guerres passées et de celles qui font encore rage sur Terre.  Celles qui profitent à tous les pays marchands d'armes et de technologies destructrices pour l'environnement. Car elles sont parmi les plus dévastratrices pour l'environnement; d'autant qu'avec les nouvelles technologies de morts, leurs effets sont rémanants; parfois pendant des siécles, comme pour l'uranium appauvri. 

Cette réponsabilité, passée et présente doit être différenciée pour être mise sur la table des négociations. La guerre doit avoir son coût climatique; il doit être négocié pour d'éventuelles réparations ou programmes de reconstruction; l'incompétence doit  également être identifiée et sanctionnée..

 

Pourquoi ce silence?

Eh bien peut-être parce que certains pays en développement, comme l'Algérie, taisent leur responsabilité actuelle quant à leurs véritables émissions de gaz à effet de serre (globales) et encore plus à cause de leur calamiteuse gestion environnementale.Ils préfèrent sûremment jouer la carte du néo Tiers-mondisme et se positionner en pays innocent de sa  culpabilité. En échange de fermer les yeux sur celles des autres...Et tendre ainsi la main vers les habituels bailleurs de fonds multilatéraux qui font de plus en plus la pluie et beau temps  au Sud  parmi les PED (pays en développement). De main étrangère ne les offusque que celle qui n'est pas tendue en leur direction...

Tout importer siginifie aussi exporter toutes ses émissions GES  ailleurs Comme le fait d'ailleurs l'Europe (hypocritement) en délocalisant son industrie polluante vers la Chine. Il s'agit, en ce qui concerne notre pays, d'un des plus gros importateurs africains; un marché non négligeable pour de nombreux pays considérés comme de gros émétteurs de GES...

Complice, au moins si non responsable...De se développer sans rien développer...

De plus , avoir laissé notre environnement en pâture à des affairistes, d'ici ou d'ailleurs, sans la moindre éthique environnementale, cela est encore plus criminel et incombe une responsabilité climatique.

Certes, celle là ne concerne pas vraiment l'Algérie dans son ensemble, mais des algériens en particuliers. Ceux-là même qui , peut-être, seront tentés de détourner une partie de ses fonds verts; qui seront récoltés au nom d'une Algérie "vulnérable"; là où son statut de grand importateur africain aurait dû lui donner du poids pour négocier. Et non seulement de disposer d'une influence qui est peut-être à la solde d'une diplomatie dont le cadre dépasse celui de nos ambassades algériennes...

Dans l'échiquier climatique (qui est surtout une négociation géopolitique où le climat n'est qu'un prétexte pour poser les fondations d'un nouvel équilibre mondial ), seuls les pays responsables et conscients de leurs actes ont du poids. D'autant qu'aucun accord contraignant n'a jamais touché ces nations et que cela ne sera jamais vraiment une réalité...

 

En jouant la carte de l'irresponsabilité climatique, l'Algérie(diplomatique) se comporte, il me semble, comme un petit pays...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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