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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Contribution provisoire de l'Algérie à la COP21 (analyse) #3

L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...
L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...

L'Algérie de demain ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui...

#3 Le bon èlève...

 

2. Cadre de préparation de la CPDN  

« A l’issue de l’adoption de la décision 1/CP20 en décembre 2014 qui a défini le cadre de soumission des contributions prévues et déterminées au niveau national, l’Algérie a entamé la révision de son cadre institutionnel et réglementaire en matière d’efficacité énergique ; ainsi que de la promotion des énergies nouvelles et renouvelables adopté en 2011. »

La première partie de cette phrase inscrit clairement le processus de cette contribution nationale dans un cadre plus global. On y apprend que l’Algérie a bien respectées toutes les procédures internationales qui sont établies et revissées à chaque COP. La seconde, quant à elle, laisse à penser que si l’Algérie plaide en faveur de l’adaptation, elle ne lésinera pas non plus sur les efforts d’atténuation. Ce qui n’est pas innocent, il me semble.

Rappelons-le, un long débat à ce propos aura longtemps persisté entre pays développés et pays en développement ; quant à la pertinence de mettre ces deux approches climatiques au même niveau de pertinence. La tendance centrée sur l’atténuation des dérèglements climatiques, régulièrement mise en avant par les pays du Nord, se voulait trop contraignante pour le développement des pays du Sud. Ces derniers ont âprement lutté pour que leurs efforts d’adaptation soient reconnus et encouragés dans le cadre du régime climatique mondial. Adaptation à un changement de climat dont ils refusent, comme l’Algérie, de se reconnaitre « historiquement responsable ».

En montrant son volontarisme dans le volet de l’atténuation, la diplomatie algérienne peut ainsi suggérer que si notre pays plaide pour une meilleure prise en charge du volet « adaptation » , il participera tout de même activement à l’effort mondial de « stabilisation » de la température globale. Déjà en 2005, une agence nationale sur le climat (ANC) a été crée dans l'optique de permettre à l'Algérie d'affiner sa politique climatique. Puis, comme indiqué dans la suite de ce texte, dès février 2015, une séries de modifications ont été apportées au « Programme Algérien des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique » de 2011. On a entendu parler notamment dans la presse de "la réalisation du projet de captage et de séquestration de carbone, au niveau du gisement de Krechba (In Salah), qui a permis la récupération d’environ 4 millions de tonnes de CO2 entre 2004 et 2012, soit l’équivalent d’un gain réalisé par la forestation de 50 km2"

Dans un article du Dr Hocine Bensaad, Expert/Consultant en gestion et prévention des risques de catastrophe (Le soir d’Algérie) on peut cependant lire la remarque suivante:" L’Algérie semble ne pas mesurer l’impact catastrophique à très long terme du choix de la séquestration géologique du dioxyde de carbone. Aucun pays développé, parmi les rares qui la pratiquent, ne peut prétendre avoir un retour d’expérience."

Il faudrait également rappeler que, en 2013, les émissions de GES de l'Algérie étaient en hausse de 16%, et cela en trois ans. Une augmentation apparemment due à la combustion de l’énergie fossile, à la production de ciment, l’exploitation des gisements miniers et l’extraction des hydrocarbures. La production électrique, à elle seule, génère 547.8543g/kWhel (grammes par kiloWatt heure électrique).

Dans l’introduction de la nouvelle mouture de ce programme algérien sur les ENR, on y apprend, entre autre, que la « révision du programme national porte essentiellement sur le développement du photovoltaïque et de l’éolien à grande échelle, sur l’introduction des filières de la biomasse (valorisation des déchets), de la cogénération et de la géothermie, et également sur le report, à 2021, du développement du solaire thermique (CSP) [...] Conformément à la réglementation en vigueur, la réalisation de ce programme national est ouverte aux investisseurs du secteur public et privé nationaux et étrangers. »

Puis, ces mises à jour ont été validées par le Conseil des Ministres. À ce même moment un groupe de travail, institutionnel, sera mis en place pour concevoir cette contribution provisoire. Un Comité National sur le Climat (CNC) a été institué. Dans cette structure, la société civile est apparemment représentée par le CNES, un « think-thank d’état » dont la pertinence des travaux ne fait pas toujours l’unanimité en Algérie. Mais je ne suis pas expert pour me prononcer à ce propos. Etrange, seulement, qu’à cette date précise d’aujourd’hui, le site officiel du CNES ne soit qu’une coquille vide. En effet, chercher, par exemple, la composition de ses membres, ou tout autre information précises le concernant, c’est tomber inexorablement sur un message indiquant que ce site est encore en construction...

Ce qui compte, pour la forme, et peut-être pour mériter quelques bons points auprès des bailleurs de fonds étrangers, c’est que l’Algérie peut affirmer dans sa contribution provisoire qu’elle s’est dotée d’un outil institutionnel climatique (CNC). Qu’il a été constitué d’un panel assez large de compétences et de statuts sociaux. Que cet outil est notamment porté par un partenaire d’état assez ancien (CNES), qui dispose apparemment d’une certaine expérience en matière de développement durable.

Dans cette partie de la contribution algérienne sur le climat, on insiste aussi sur le fait qu’elle est le produit d’une émulation intersectorielle et multilatérale. Ce qui laisserait à penser que l’Algérie reconnait que la question climatique est une prérogative de société, voire de civilisation. Elle ne concerne en Algérie pas moins de 14 ministères ainsi qu’une flopée de cadres et concerne la gouvernance algérienne au plus haut niveau de l’état...

Assez tardivement (juillet 2015) une « Conférence de Concertation sur le Climat » a été organisée afin de notamment prendre acte des doléances et proposition de la société civile algérienne à travers ses diverses représentations, corporatives, socio-professionnelles et associatives. A signaler que l’évocation d’une expertise universitaire ne figure qu’à ce seul endroit du texte. Je n’ai eu que quelques échos sur le déroulement de cet événement. Je ne pourrais donc pas en commenter valablement la portée sur la nature de cette contribution. Reste à noter que le terme « concertation » indique qu’il n’y a pas eu négociation entre toutes les parties, mais que les avis des uns et des autres ont été pris en compte. Sans aucune obligation de figurer dans le texte officiel relatif aux projections de l’Algérie en matière de lutte et d’adaptation climatique.

« Cette rencontre qui a regroupé plus de 500 participants et qui est la première du genre en Algérie, a également vu la participation des représentants des medias dans le cadre du volet éducation et sensibilisation du public. Sur la base de cette large consultation, une mouture révisée de la CPDN de l’Algérie a été soumise pour adoption au Conseil Interministériel, présidé par Monsieur le Premier Ministre, lors de sa réunion du 03 septembre 2015. »

La consultation a donc été certes nationale. Du moins symboliquement, le temps d’un atelier, il me semble. J’espère que cette réunion aura permis également d’ouvrir les portes du CNC à de nouvelles compétences civiles qui auraient pu être identifiées lors de cette conférence. Qui a choisi la liste de ces 500 personnes conviées à ces travaux? Quelle place l’antithèse, les acteurs les moins conciliants avec l’administration, l’opposition, ont-ils pu avoir dans cette modélisation de la société algérienne ? Ce serait mal connaitre le système Algérie, notamment en matière de gouvernance environnementale que de se dédouaner d’une telle défiance....

La deuxième partie de cette contribution provisoire algérienne expose donc avant tout le cadre ainsi que le processus à l’origine de sa rédaction. Elle n’a pas vraiment d’intérêt, si ce n’est d’informer que l’Algérie a fait les choses dans les règles, et que ce texte reflète bien un projet de société.

Pour qui sait lire entre les lignes, elle affiche surtout une volonté exacerbée de faire apparaitre l’Algérie comme un modèle de démocratie climatique ; ainsi qu’un acteur volontaire et responsable dans la lutte globale contre les dérèglements climatiques. C’est un argument supplémentaire, pour la diplomatie algérienne, afin de se placer dans les meilleures conditions, en vue d’accéder aux fonds verts préconisés pour assister les pays en développement dans cette entreprise...

i

Annexe:

Contribution provisoire de l'Algérie à la COP21 (analyse) #3

Lorsque sa contribution provisoire devient définitive en 2020, l’Algérie entend s’asseoir avec ses partenaires (FMI, Green climat fund, les Etats, etc.), pour discuter des accords stratégiques sur leur contribution dans ses projets pour la période 2020-2030 », a-t-il expliqué. Ainsi, un groupe d’ «amis de l’Algérie» sera créé pour la réduction du gaz à effet de serre et la lutte contre les changements climatiques.

Ahmed Djoghlaf, co-président du processus de négociation de la COP21

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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