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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Qu’est-ce que la modernité au 21éme siècle? (Et pourquoi elle se cultive d’abord dans nos assiettes...)#2

Cultivons la santé dans nos assiettes !

Pourtant,  manger local et saisonnier, avec sobriété,   assure  naturellement  à tout être vivant une alimentation parfaitement  adaptée à son milieu d’existence. Chaque saison, dans chaque environnement,  lui offre une nourriture suffisamment riche et équilibrée ;  qui lui  permet d’y exister  durablement ainsi qu’en bonne santé.

De même que la consommation abusive  de certains produits, hors de leur milieu de production, peut s’avérer  fort pernicieuse pour la santé publique.  Prenons le cas de la datte et du lait de chamelle. Pour un habitant  du Sahara   cette nourriture quotidienne  offrira  dans un contexte désertique  presque tous les nutriments nécessaires à son corps ; où le climat ne permet pas  toujours une grande variété d’aliments.  Son corps, lui-même,   s’est adapté  à  ce régime alimentaire. Appliquez maintenant   ce même  menu quotidiennement  à un   consommateur  Algérois,  et fort est à parier que son estomac ainsi que les courbes   de sa silhouette  en pâtiront sérieusement !

Changer de régime alimentaire,  une fois que la conscience et la bonne volonté sont  là ; puis  réaliser que c’est bouleverser  de ce fait toute une éducation, changer d’environnement, se réinventer un monde.  Que cela  n’est pas chose anecdotique  à réaliser dans le contexte actuel de l’économie de marché toute puissante sur toute autre prérogative  et pédagogie sociale.

 

De l’évolution intime à la  vraie révolution naturelle

Je suis le premier à  éprouver toute la difficulté d’un tel exercice salutaire.  Je dois pour cela constamment me forcer à réinventer mon alimentation. Avec des progrès, certes, mais aussi  des rechutes. On ne change pas de mauvaises habitudes enseignées depuis sa plus tendre enfance sans lutter contre sa propre éducation.   

D’autant que, pour ma part,  je suis né dans un pays où la nourriture est encore plus artificielle qu’en Algérie. Une nation qui a été embrigadée  dès l’après deuxième guerre mondiale par  l’agriculture industrielle, « à l’américaine ».   Pour demeurer  certes un des principaux greniers de l’Europe moderne. Mais à quel prix ? C’est toute une nature matérielle et immatérielle que l’on aura offerts en pâture à la dernière grande « révolution verte » ; qui porte bien son nom.  Dès lors que l’on sait que  le vert est une couleur que l’on ne peut fixer industriellement que  par des procédés chimiques, on comprend toute le machiavélisme du terme

Autre résultat néfaste  de cette course au « progrès », une population rurale de plus en plus malade d’avoir épandus des tonnes de pesticides sur leurs champs. La progressive  disparition des abeilles, aussi, pourtant  garantes de la plupart des pollinisations des végétaux dont nous nous nourrissons. Des sols rincés de leurs substances fertiles ; un paysage défiguré qui ne permet plus d’éviter inondations et éboulements de terrains. Et surtout, l’apparition du cancer dans le quotidien de millions  de Français.

« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger », la sentence fut  lancée par Molière dans la bouche émerveillée de son « Avare »,  certes comme un tableau se raillant   de l’austérité. Pourtant, quand on l’appréhende avec beaucoup moins d’absolutisme que cette caricature  hédoniste  de l’avarice, on pourrait  associer  plutôt cette devise à   une   sobriété responsable.

Pour moi, et tant d’autres, la  clef d’une agriculture saine pour l’être humain et son milieu naturel ne réside que partiellement  dans les entrailles de la terre...mais bien  plus au fond de nos assiettes ! Car les agriculteurs, de nos jours, ne sont plus vraiment maîtres de ce qu’ils cultivent. Ils sont devenus des exploitants agricoles. Leur activité n’est plus vivrière ; ils ne vendent plus seulement  leur surplus afin  d’arrondir leur fin de mois. L’agriculture, aujourd’hui, même en Algérie, répond avant tout aux lois de l’offre et de la demande. Ce sont les consommateurs, ainsi que les intermédiaires  qui font la pluie et le beau temps. Le choix de leurs cultures, de la saison où ils vont les semer, n’est plus seulement dépendant de conditions climatiques ou bien de la nature de leurs terroirs ; l’environnement du fellah est devenu d’abord un milieu professionnel totalement à la solde d’une économie de masse. 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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