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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ce qui rend déjà le climat la COP de Paris détestable...

"Coppula"  (Photo: Tedjani K)

"Coppula" (Photo: Tedjani K)

« Redoutable est la tentation d’être bon ».

Bertolt Brecht (dramaturge allemand)

Le contexte résolument  martial  de la Cop de Paris risque de prendre malheureusement  le pas sur la nature  écologique  qui devrait rester l’âme du régime climatique engagé depuis vingt-cinq ans déjà. Deux notions jusque-là antagonistes, mais cependant  dans la seule  mémoire des citoyens du siècle dernier. Ecologie et guerre,  ne semblent en effet ne faire que  reprendre le vieil ensemble qui fit  les « beaux jours » des écologues et des colons européens ;  et cela dès le 17ème siècle, il me semble. Etrange Renaissance que celle de la transition verte.21...

 

C’est une inquiétude qui a plus de fondements  tout à fait justifiables,  qu’elle ne pourrait inspirer les fantasmes de certains  néo-prédicateurs notoires  et aux illustres illumitateurs de la scène des grandes Théories du Complot. Dont les adeptes sont le plus souvent  légions de doux agneaux rendus loups solitaires féroces dans leurs convictions, à force de céder à l’appel sauvage des loups  organisés en meutes savantes, tapis au fond  de forêts  impénétrables à l’œil nu. Leur cerveau rendu comme un ordinateur épris dans la toile  neurolinguistique d’un virus  qui les programme  à voir la logique du Mal en toute chose.

Un mensonge gris, qui n’est donc pas tout à fait faux, mais juste assez vrai pour  leur intimer de comprendre tout en noir et blanc. Comble du machiavélisme ? Ou de la stupidité  servile ? Libre à chacun de placer cette pathologie  entre ces deux échelles  de leurs extrêmes. Il n’est pas question ici d’œuvrer dans cette voie sans autre issue que de conditionner des terroristes ou des terrorisés de la pensée. Je pourrais cependant  accuser l’intelligence artificielle qui régit internet  d’avoir favorisé surtout la bêtise humaine parmi bon nombre  d’internautes;  orphelins  d'un contre-virus intellectuel suffisamment sophistiqué pour échapper à  telle ingénierie de la Haine...

 

Avoir l’information n’a d’utilité que pour ceux qui, il me semble, gardent la capacité de  la synthétiser ; pour cela il faut disposer d’un certain recul, pour ne pas sombrer dans les abîmes d’une réalité tronquée par des mots piégés par les émotions extrêmes qu’ils véhiculent. Un mot associé à une dizaine d’images  choquantes peut faire de n’importe quel pacifiste un véritable petit nazillon mental ,conditionné à croire qu’il a découvert l’alpha, l’oméga et l’Euréka de ce Monde en cliquant  tout simplement sur quelques liens fournis par un omniscient moteur de recherches...

 

Reste tout de même  que la convergence entre la question du climat et  celle de la menace terroriste, qui va  forcément habiter ce prochain sommet mondial,  ne peut que lui donner un caractère hautement politique et sécuritaire qui  a des chances de friser l’absolutisme, pour ne pas oser le terme totalitaire. C’est-à-dire qui agit pour rendre toute opposition subsidiaire à une urgence d’un instant  « T » (comme terreur). Qu’il semble même entretenir comme un climat propice à son développement durable.

 

« Sécurité climatique », la formule médiatique  a été lancée  comme un mot clef ouvrant la porte sur un  autre monde, jusque-là fantasmé par  la littérature d’anticipation des plus pessimistes sur la nature humaine. Une expression  dont la sémantique est la parfaite illustration du danger potentiel. Celui d’une dérive sécuritaire globale, instaurant un climat de terreur permanente sur l’ensemble des  populations  des nations industrielles  ainsi que  leurs satellites.

 

« Sauver la planète » ne devient plus seulement une affaire de  protéger des  bébés phoques aux blanches fourrures immaculées, des baleines bleues comme l’espoir de jours meilleurs, des flamands roses couleur paix, disparaissant de la surface d’une terre à des milliers de vols d’oiseaux de notre petit « nid douillet urbain ». A Paris, en ces temps de COP (police en anglais) c’est à présent aussi survivre aux bombes, aux massacres de rues, à la peur de sa propre ombre, aux ennemis intimes, aux « appartements conspiratifs »...L’Epoque s’est installée dans la ville du Siècle des Lumières, comme une nuit sans autre lune qu’une peur grosse comme une immense lanterne , fut-elle en LED...

 

La  dernière bataille d’Alger s’est  apparemment exportée à Paris,  en passant logiquement par les ruines  d’une  Gaza rincée par les bombes  de ses bourreaux intimes et salie par l’indifférence internationale. Petite illustration de ma diatribe sur les mots piéges, au passage, quand j'écris "Gaza", mon camp a déjà été identifié et les voiles sémantiques de certains activités.  Pourtant, loin d'être un homme de camps, mais un modeste explorateur de champs, je voudrais juste par cette évocation "sensationnelle" . Dénoncer le fruit pourri d’avance des effets pourtant avérés en toute chose  boomerang  de la stratégie de l’autruche. Il est devenu beaucoup plus amer ; mais pas pour ceux qui en ont toujours fait  leur confiture quotidienne.

Même le « petit bourgeois-bobo-parisien », comme le décrivent ses plus zélés délateurs, même le   « touche-pas-à-mon-potéiste », pour user de la verve qui les conspue comme jadis le bolchevik hurlait au pogrom contre le facho  en  haut de forme, même ce petit monde qui se croyait somme toute plus  libre   que le reste du monde, d'un extrême gauche à droite , ne pourra plus  jamais crier  innocemment à la paix dans le monde, à l’amour aveugle pour son prochain ;  dès lors qu’il ne restera plus bien sagement derrière l’écran  « édulcoloré »  de  son ordinateur de poche ou domestique...

Pour ma part, il n'y a ni déréglement climatique à combattre ni lutte de classes à mener; mais seulement un déséquilibre social colossal à endiguer. Une harmonie des classes, où les identités seraient d'abord intimes, avant d'être assujetties à des clichés.

Et ceux qui ont prêché pour la colère...c'est malheureusement  peut-être déjà leur heure...ultime...Résultat malheureux:  le Monde parait divisé en des myriades de "deux camps"...Comme dans l'esprit du Truand dans la tragédie cinématographique qui l'associe au Bon et à la Brute..."Dans ce monde, il  y a  deux sorte de gens, ceux qui creusent et ceux qui ont un revolver à la main..." Il oublie ainsi toujours de regarder là où son ennemi se situe vraiment, à la troisième personne invisible pour lui du verbe qui l'oppresse; celle du scénariste dont il est l'acteur...

 

D’autant que les dérèglements qui affectent le Monde, depuis l’avènement de ce régime global  ne sont plus seulement  annoncés  comme étant d’ordre météorologique, mais plutôt de nature  climatique mondiale. Ainsi le mot climat devient plus large que le terme environnement. Un climat englobe tout un processus dont la logique est cependant déterminée par des caractéristiques fondatrices. Un climat subtropical sera, par exemple, toujours de la même nature, impliquera un environnement et des protagonistes vivants d’espèces bien déterminées par ce dernier. Il est plus difficile de se défaire de l’emprise d’un climat que de se bâtir un nouvel environnement. Ce climat qui s'impose ici  est celui de la peur de l'autre, du denie de la nature humaine, et de la nature tout court. La technologie  en est la nouvelle réligion...

 

Le  débat sur le climat, quand vient s’y mêler celui de la sécurité  mondiale  n’est  plus vraiment une question écologique mais plutôt  de transition verte d'un capitalisme sauvage qui se donne les airs angéliques des  verts printemps.  Il me semble, de ce fait ,  porter en lui bien d’autres questionnements;  dont les réponses me paraissent produites à l’avance, dès lors qu’elles se basent  sur une conception si peu humaine de la gouvernance mondiale. Une étrange absurdité semble même être couvée par tous ces remues méninges autour du prix du Carbone : jadis, c’était le climat qui semblait réguler le Marché Mondial.  A présent, il semblerait que ce soit cette dernière entité, convaincue d’être elle aussi une force de la Nature, qui aspire à réguler le Climat. Philosophiquement parlant, et au delà de la simple sphère des idées,  cela est très inquiétant...

 

Cette COP21 n’est donc plus un sujet intéressant du point de vue qui m’a toujours le plus concerné en premier lieu. Il est tronqué d’avance et me parait m’éloigner du but principal de ce blog. Voilà pourquoi je vais suspendre toutes mes publications à ce sujet et me recentrer sur l’Ecologie Algérienne et notamment la notion de « Douar des Temps Modernes » que j’aimerais y insuffler, ne serait-ce  que par la force des idées mise en forme...

 

Car à mon sens, pour ne plus demeurer consommateurs de clichés, il faut s’appliquer, tant bien que mal, à produire des idées qui pourront inspirer par des mots justes et des définitions mesurées  à des actions mûres et durables;  qui évoluent  au fil d'un temps naturel... celui de la pulsation d'un coeur qui souffle  comme une colonne d'air relie un corps au ciel. 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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