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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

L'Algérie championne de la lutte contre la désertification? #1

Même dans les terres les plus fertiles d'Algérie, comme celle de Oued Zenati (Guelma),  les sols ont tendance à s'appauvrir...Les raisons sont multiples et les conséquences avérées: la desertification de notre territoire

Même dans les terres les plus fertiles d'Algérie, comme celle de Oued Zenati (Guelma), les sols ont tendance à s'appauvrir...Les raisons sont multiples et les conséquences avérées: la desertification de notre territoire

 

#1 Ce Climat qui englobe toutes les problématiques environnementales...

 

Introduction

 

Au début de juin dernier, à Bonn, la  dernière conférence  officielle sur le climat a fait figure de  dernier tour de chauffe avant l’imminente  COP21. L’Algérie   s’y est apparemment illustrée comme un des champions  les plus volontaires dans la lutte contre la  désertification  ainsi que  la sécheresse.  Au point même de solliciter un rendez-vous auprès du  SBSTA, afin  d’organiser un atelier  totalement dédié aux relations entre le changement climatique  global et de tels phénomènes locaux.

 

 

Quelles pourraient  être les finalités et conséquences  d’une telle posture diplomatique ?

Dans le contexte historique et actuel  du déroulement des COP, quelle est vraiment  la dimension d’une telle doléance? Le facteur climatique est-il seulement  le seul impliqué dans cette crise écologique ? Une chose demeure sûre et difficile à remettre en question :   la désertification  menace  très sérieusement notre territoire ainsi que  la plupart des pays les plus proches et voisins du notre. Elle sera peut-être la principale cause de guerres de l’eau à venir dans la région Maghreb. Elles se profilent, selon certains experts, aux alentours de 2030...Demain donc...

 

Pourquoi vouloir insister sur  un lien entre sécheresse et changement climatique?

Avant d’aborder  toutes ces questions, rappelons tout d’abord que  le SBSTA est un organisme multilatéral et indépendant qui   fait office de principal lien entre les scientifiques et les experts du Climat et les Parties membres de la « convention cadre ».Notons à ce sujet que sa conception  du débat climatique est  en grande partie affiliée aux rapports et travaux du  GIEC ; mais aussi  assujettie à la  très  forte prédominance   de la recherche américaine en matière de climatologie mondiale.

Le SBSTA   permet à chaque pays  ou bloc régional de venir débattre « en Off »  sur la nature de ces résultats. D’émettre  éventuellement des réserves ou bien d’encourager telle ou telle recherche  ou vision scientifique propres à ses intérêts. Le SBSTA fixe donc  ainsi  et indirectement les principales lignes directrices   du processus politique  des COP. C’est en quelque sorte un des laboratoires institutionnels du régime climatique mondial encadré par l’ONU.  Il permet également de  faire perdurer les débats hors du cadre plus  solennel  des « Conférence des Parties ».

C’est à ce titre  un des organes névralgiques de la longue pédagogie engagée par le régime climatique mondial pour aller vers un consensus climatique  international. Voilà pourquoi, pour un pays comme l’Algérie, orphelin d’une compétence climatique suffisante,  il est essentiel de collaborer étroitement avec cette instance multilatérale.  Pour appuyer sa requête politiquement, elle ne saurait se passer d’un tel soutien ou cadre de négociation. Sinon, ses ambitions seront vouées à l’échec.  Tant elle ne s’est pas donné, au fond, les moyens de peser autrement que symboliquement dans ce débat de civilisation qu’est la gouvernance climatique.

 

Dans le même sens, et pour les même raisons logistiques et structurelles,  la diplomatie algérienne réitérera  à Bonn une requête qui lui tient particulièrement à cœur.  Cette fois-ci en direction du GIEC, autre  pôle stratégique du régime climatique mondial. C’est  en effet « Le »  groupe d’experts  internationaux chargé de produire les rapports de synthèses scientifiques qui servent de bases à chaque négociation climatique.

Notre pays  sollicite logiquement   la création par le GIEC  d’un  prochain atelier. Il devra être  totalement  dédié à discuter du lien très probable entre les changements climatiques et la sécheresse.  Sans cette validation scientifique, qui fait office de référent incontestable pour l’ensemble des Parties, là aussi, notre pays souffrira d’une incapacité à produire par ses propres moyens une telle expertise.

 

Mettre la desertification au rang de déréglement climatique...

A l’instar de l’Inde, puissance émergente fortement  impliquée sur le volet « désertification », l’Algérie a voulu donc insister sur le caractère systémique de la vaste et complexe problématique d’un Climat mondial, ce "bien commun global"  statué par une Convention internationale. Ce qui impliquera peut-être , dans un soucis  d’équité mondiale, d’intégrer de nouveaux indices pour évaluer  et traiter la question des dérèglements climatiques. Telles, par exemple,  que la recrudescence des sécheresses et des inondations dans certaines régions du monde qui en sont fortement affectées. Peut-être même de reviser totalement cette structure tripartite de la politique environnementale mondiale. 

Il fallait donc relancer ce débat. C’est  d'autant pour la diplomatie algérienne une occasion évidente, il ne faudrait pas l’ignorer, de lever des fonds verts et de mobiliser la solidarité internationale, autant en matière de transfert de technologies et que  de compétences. Car si cette dimension venait  à être  intègrée  plus activement  dans le processus des négociations climatiques, alors la désertification et ses corollaires entreront  plus en vigueur dans les critères d’éligibilité au fonds verts sur le climat.

Avec une toute autre approche, le Brésil, la Russie et même les Etats Unis, grands états forestiers, veulent  renforcer le statut de puits de carbone de leurs vastes et riches couvertures végétales. Cette fois-ci c'est le volet "biodiversité" associé à la notion "d'indice carbone" qui sont associées.Le Congo, lui, plus timide, est tout de même un des grands  pays africains forestiers  à se positionner à  l’avant-garde de la question de la « déforestation »  ainsi que de la compensation carbone. Le premier est fort corollaire au phénomène de désertification ;  le second s'avère anecdotique dès lors que ce phénomène  n’est  régulé par aucune contrainte nationale vraiment sincère et efficace. 

L'Algérie se positionne donc dans ce volet aux premières lignes du débat. C'est une attitude de leader climatique  continental, mais encore plus du Sud. Reste à savoir pourquoi et encore plus comment cela s'illustre hors du cadre seul des annonces politiques.Chacun doit se faire son propre avis sur la question...ceux qui connaissent bien la matrice du système Algérie doivent déjà avoir la puce à l'oreille... Passons...

 

Ces Conventions "orphelines" que l'Algérie et d'autres pays  voudraient réactiver au nom du principe d'équité...

 

Lors de ce préambule à la COP21, la délégation algérienne a donc  voulu ainsi  mettre le doigt sur un sujet qui la concerne au premier plan.  Il s’agissait de ce fait  de rappeler à l’audience  de cette conférence que la  Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques  ne devrait pas  mobiliser autant d’attention et de fonds. Quand d’autres  textes fondateurs  du sommet de la Terre de Rio, en 1992,  tardent à inspirer un tel engouement parmi la communauté internationale.  Ces deux  conventions  ont pourtant  identifiées deux autres prérogatives  écologiques globales incontournables  pour le  premier « Siècle » du deuxième millénaire.

 

En effet, lors de ce premier grand  forum mondial sur la question environnementale,  fut également ratifiée la « Convention sur la diversité biologique » ainsi qu’une « Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification ». Penchons-nous brièvement sur la première, et abordons celle qui nous intéresse plus particulièrement  avec une approche moins superficielle.

La Convention relative à la biodiversité  valide trois objectifs cadres en matière de gestion globale de l’environnement : la conservation de la biodiversité, l'utilisation durable de ses éléments, ainsi que le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques.  Nous ajouterons, au passage, que cette  dernière semble fortement imprégnée  par une vision de Conservation. Crédo  de protection de la nature qui la place dans une logique où, avant tout,  elle fait avant figure de  valeur matérielle. Une source de ressources naturelles, de services écologiques, mais aussi d’informations qu’il faut essentiellement conserver à des buts d’exploitation économique  durable. Cette tendance rappel l’état d’esprit qui semble animer le débat climatique, de plus en plus enclin à laisser le marché financier réguler celui des émissions carbones mondiales.  

Ce qui n’est pas vraiment le postulat des adeptes de la Préservation qui, eux, reconnaissent aussi  à la biodiversité, ainsi que ses productions, une dimension immatérielle, culturelle, esthétique, sanitaire, identitaire même. Et non, seulement, une valeur matérielle ou fonctionnelle.  Selon cette approche, elle n’en demeure pas moins une plus-value essentielle dans le développement humain ; mais  dans un sens  bien plus large du terme.

Depuis ce texte,  il est cependant  incontestable que l’état de la biodiversité biologique est en phase d’effondrement. Les mesures pour remédier à cette extinction massive d’espèces ont été fort timides de la part de la communauté internationale. Si peu contraignantes et convaincantes à l’échelle locale, nationale, et internationale. Comme d’ailleurs le bilan des négociations climatiques est fortement entaché par le fait que, ces dernières années,  jamais les émissions globales  de GES n’ont été si importantes. Nous devons  cependant poursuivre ensemble  le fil de cet article. Il me sera impossible de m'éttendre à ce sujet dans ce premier volet ce dossier. Disons, en substance, que le débat climatique me parait de moins en moins concerner des préroragtives écologiques. C'est un jeu d'échec géopolitique, une nouvelle façon d'aborder la gouvernance mondiale, un laboratoire unique en son genre...Pour  sauver la Planète? Pas si sûr...à mon humble avis...peut-être effectuer une transition qui permettra de perdurer durablement en changeant la forme du capitalisme, mais en rien son fond...

Donc, en  1994, deux ans après le Sommet de Rio et cette convention, à Paris, une autre  vient parachever les grands contours de l’Agenda mondial  du développement durable. Il est cette fois-ci question de désertification. Son processus s’est opéré en deux grandes phases. Tout d’abord celle de sa rédaction initiale succédant à celle en 1977 du "Plan d’action pour lutter contre la désertification" de l'ONU. Puis, en 2007, à Madrid, cette politique à été remise à jour. La convention est portée par des concepts et  des visions qu’il nous faudra examiner plus en détail lors d’un prochain article. Puis nous analyserons la position de l'Algérie dans ce domaine...

A suivre...

  

 

Annexe: 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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