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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Douar des Temps Modernes (pour une écologie locale dans un monde global)#3

Douar des Temps Modernes (pour une écologie locale dans un monde global)#3

Du Nord au Sud, rien de vraiment  nouveau...

 

L’écologie, l’environnement, le développement durable, l’économie verte,  comme  la question des changements climatiques sont des concepts qui me paraissent appartenir au même régime mondial  d’idées et d’actions.  Je qualifierais  ce dernier  de « régime vert », non au sens seulement  d’écologie politique, mais aussi  d’écologie politisée. Je l’affilerais surtout à un processus global  dans lequel l’ONU et L’Europe, en tant que communauté  politique, sont des acteurs  très influents et impliqués dans sa réalisation passée, présente et  surement future.  

Je ne parle pas seulement des  partis « Verts »,  ou de toutes les   autres mouvances  « écolo » qui se sont t installées dans le paysage social, politique et économique de bien des pays industrialisés de ce début de millénaire.  Il me semblerait fort naïf de croire que ce genre d’écologisme dit « politique » ou « citoyen »   soit  la seule voix qui s’exprime officiellement au nom du respect de l’environnement. Le mythe d’une écologie  en opposition naturelle  avec le capitalisme féroce de notre Temps,  ou bien qui soit uniquement imprégnée  par des idées « rouges » remises au parfum des verts printemps  ne devrait pas nous induire en erreur sur la véritable dimension du « régime vert » qui est en train de s’imposer à  notre époque ;  au même titre que toutes les religions ou courants de pensée qui ont façonnées les grandes transitions de la civilisation « humanité ». Vers de nouveaux caps d’évolutions; et cette fois-ci, ce sera celle d’une économie brune vers un capitalisme  supposé vert.

Ce régime écologique, comme on a pu encore le constater lors de la dernière COP21 de Paris, semble avoir tendance à développer une diplomatie  au service du maintien d’un ordre  mondial établi  dont il nous propose  surtout d’en changer seulement la forme;  par le biais d’une révolution énergétique ainsi qu’une  prétendue nouvelle façon d’être citoyen. Mais il parait aussi, notamment,  dans son langage le plus quotidien,  séparer la Terre en deux mondes tout  en prônant un consensus « gagnant-gagnant »  entre le « Nord » et le « Sud »  notre planète pourtant de plus en plus commune.

Il est à noter que,  par ces deux mots,  on parle de moins en moins d’hémisphères ; que cela soit  dans les médias ou bien  au premier plan des discours politiques sur l’économie verte ainsi que le climat. On signale plutôt ainsi  une sorte de relation très complexe entre pays dits développés et ceux  considérés parmi les plus pauvres.  Les seconds sont censés être  généralement  situés plus au Sud de la planète, tandis que les premiers généralement   évoluent au Nord. Certes, mais cette classification semble être de moins en moins pertinente  à accepter, à  mesure que de nouvelles puissances dites du  Sud n’ont de cesse de rattraper leur  retard économique. A moins que l’on considère qu’il existe une véritable culture du Nord,  qui ne serait pas propre à  la plupart des pays émergents...

On évoque souvent, subtilement ou ouvertement,   la liberté d’expression, la démocratie ainsi que les Droits de l’Homme  pour différencier ces deux pôles. De ce fait,   ils m’ont tout l’air d’être sous-entendus comme étant  deux mondes ethniques. Il semblerait que le respect de l’environnement, dans sa forme « éco-citoyenne » soit en passe d’être  affichée par ce régime vert comme une valeur soutenue par le Nord et si peu importante pour le Sud, qui aspire à se développer au même titre que la face la plus riche du Monde, du moins la plus prospère.   

Une des choses étranges dans cette affaire est que  des  pays comme la Chine, l’Inde  ou bien  l’Algérie  sont le plus souvent affiliés  par le régime « vert »  comme des pays du  Sud ;  alors que leurs territoires s’étalent  sur l’Hémisphère  Nord de notre globe. Cette notion me parait donc trop vague pour être acceptée avec une totale confiance. On pourrait  même, au passage,  s’inquiéter d’une telle tendance dans les  rapports latéraux et  multilatéraux des pays membres des Nations Unies.   A mon sens,  elle me parait d’une nature encore plus encline à favoriser les antagonismes, bien au-delà de la simple question climatique ou économique. Pendant des siècles  nous avons assisté à une guerre à température variable entre   l’Orient (l’Est) et l’Occident (l’Ouest) ;  de la naissance de Rome, aux croisades, en passant par  à la chute du mur de Berlin.

En exagérant à peine,  je dirais que cette  vision  bipolaire d’un  Monde divisé du Nord au Sud  me fait penser malheureusement  à  une vieille idée occidentale : Celle  d’un monde sous la responsabilité des   hommes du Nord , puissants et naturellement dignitaires  du destin de la Civilisation humaine.  Tandis que   les races inférieures, celle des peuples du Sud, latins compris, doivent être gouvernés par les des surhommes . Il est clair que  dans la dialectique verte le Nord incarne généralement  le développement, la richesse ainsi que des valeurs démocratiques, tandis que le Sud, même émergent, semble surgir à peine de l’abîme du Tiers-mondisme et des tyrannies populistes. Il ne s’agirait pas de voir le Mal incarné en tout, mais de ne pas oublier les dérives du passé pour veiller au présent à ce qu’elles ne viennent hanter le futur.

De plus, si l’on s’en réfère aux travaux d’un des ethnologues et historiens de l’environnement   les plus  en vue de notre temps, Jared Diamond, les relations entre les sociétés établies sous la même latitude climatique,  sont beaucoup  moins conflictuelles  et  plus naturelles  qu’entre  les nations   dont les échanges  se font de manière verticale. Le contraste climatique entre ces deux points cardinaux engendrerait un inévitable conflit de cultures. L’épisode sanglant de la guerre de sécession entre « Nordistes » et « Sudistes » américains en est un des plus flagrants exemples.

De plus, cet auteur, dont je ne partage d’ailleurs  pas toutes les positions, émet le postulat que les contrastes imposés par la géographie  entre le Nord et le Sud demandent encore plus de technologies  pour être atténuées. En Amérique, continent vertical, il affirme que c’est la technologie Européenne qui a permis de combler les retards très sensibles de son développement  avant l’arrivée des premiers colons. De même,  selon ce dernier, parmi les nombreux atouts environnementaux dont a disposé l’Eurasie, sur les autres continents, sa forme horizontale est un facteur important de ses avancées sur le reste du Monde.

L’économie verte ne prône-t-elle pas en bien des points une telle vision manichéenne de notre planète ? Le destin écologique, et donc primordial de notre espèce doit-il vraiment reposer sur cette idée ? Nord, Sud, Est, Ouest, à l’heure où les distances s’atténuent à la vitesse d’un clic, doit-on encore avoir une vision en deux dimensions de l’écosystème Humanité ?

Cette longue parenthèse étant fermée,  je me dois de revenir au thème central de cet article.  Pour moi, l’écologisme « écologisme vert »   est un ensemble aussi éclectique qu’homogène qui a fait de la science écologie un dogme  dont le cadre dépasse de loin celui de son  champ de réflexions et d’action originel, celui d’une  science de la vie.  

C’est  à propos de  ce cadre premier, qui donna naissance à une véritable idéologie, au sens large du terme, que j’aimerais à présent  m’exprimer. Car j’ai l’impression que rares sont, en Algérie, comme ailleurs,  à se remémorer une des plus lointaines connivences entre l’écologie et la politique. Un lien intime que j’oserais même considérer comme fondateur de l’écologisme contemporain que nous appelons encore pour la plupart et naïvement « écologie ».

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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