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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Agro écologie en Algérie: "Torba prend de la graine..."

Agro écologie en Algérie: "Torba prend de la graine..."

 

Torba est   une jeune association algéroise   qui active pour  une autre  agriculture algérienne. Une culture nourricière  responsable,   tant vis-à-vis de l’environnement que de  la  santé  du consommateur.  Mais  qui se soucie  aussi  de celle  des sols, véritables écosystèmes  vivants qu’il est impératif de  préserver ; d’autant plus dans un pays aussi  dépourvu en  terres arables disponibles que  le nôtre...

Il est clair que nous sommes ici  à des années lumiére  des visions d’une agroéconomie de masse qui  s’est  installée progressivement  en Algérie,  depuis au moins  trois  générations. Mais sommes nous vraiment  si  éloignés  du bon sens?  Dans un pays où les fellahs ont pris  la fâcheuse habitude d’appeler les pesticides « doua », c’est  à dire  des « médicaments », on  ne peut  qu’espérer  que  le crédo  agro écologique  de Torba porte en lui les semences d’une véritable  révolution comportementale. Cela n’est que mon avis, je dois surement exagérer un peu en écrivant cela ; mais je reste  tout de même convaincu que derrière chaque acte, il y a des sommes d’idées, dont certaines échappent à  la conscience  de celles et  ceux qui agissent en leur nom.

Cela fait depuis  près de trois ans que  je suis  de  très près l’aventure « Torba ». A  vrai dire, j’ai été un témoin privilégié  de l’évolution de ce « beau bébé » algérien, devenu à présent  plus qu’un jeune enfant, mais  bien un adolescent au destin des plus prometteurs. Mieux,  l’âge  des fruits   mûrs,  comme un bon pain pétrit  d’amour,  le temps des récoltes sereines et des surplus partagés, tout cela  me parait tout à fait  envisageable à présent ; dans un futur assez proche, d'ailleurs. 

Oui, il n’est plus aussi   lointain qu’il y  a seulement hier, ce rêve qui se noyait jadis  dans  un horizon saharien,  drapé  de nuages d’incertitudes.  A Torba, il me semble,  on s’est attelé avant tout à se donner les moyens de pallier  aux  obstacles, un par un,   à soigner la terre, plutôt  que de rester à  contempler le ciel  tandis que le  désert  avance lentement mais suremment en votre direction. Sans pour autant se prendre la tête, juste en  partageant  dans la convivialité quelques idées pleines d’un bon sens universel.

Le printemps algérien, sans l’odeur de la poudre, des chairs souillées par leur propre sang ; des mouvements de foules qui  dénature l’équilibre des milieux urbains rendus ainsi  sauvages et vice versa... Rien de tout  cela pour changer son pays, juste le parfum d’une terre qui respire la vie, les senteurs des beaux jours d’espoir. Le plaisir de « cultiver la santé » ;  autant physique que mentale ; la sienne, mais aussi celle des autres. C’est aussi simple que cela à écrire, mais quel défi de taille à relever au quotidien !

Puisque que l’on accuse  régulièrement le peuple  algérien de n’être qu’un  ventre sans cervelle, eh bien redonnons  un esprit à son estomac ! C’est  lui réapprendre  ainsi le bon goût, l’esthétique,  même, au fond. Remettre au goût du jour la saveur des terroirs, et donc promouvoir la préservation de nombreuses cultures locales. Unir  aussi l’identité « Algérie »   dans  le mélange des saveurs, la curiosité culinaire, l’envie de partager les bonnes choses,   de découvrir d’autres régions, de nouvelles façons  de s'alimenter. Mais également prévenir  naturellement les maladies au lieu d’attendre systématiquement qu’elles apparaissent pour les guérir à grands renforts d’artifices chimiques. Agro écologie, permaculture, agronomie urbaine, agroforesterie...  Ces mots,  pour une fois, au fond,  importent peu pour moi...

Il me semble que  ce sont des variantes d’une même et  simple  idée: cultiver  plus au lieu de produire plus. Cultiver la variété et non produire la diversité d’une même chose. Tous ces chemins  mènent à relever un  même défi : réconcilier  les contingences de l’agronomie  avec les impératifs  de l’écologie ; un même paradigme  de vie : le bien-être  comme  un bien vivre ensemble. Un engagement à la fois personnel, citoyen et écologique.  Dont la portée dépasse, à mon humble avis, le choix de consommer seulement  des produits « bios » ; histoire d’être à la mode de chez  ceux qui plantent des choux...

Au fil de leurs acquis sur le terrain algérien,  le programme des membres  de  Torba    semble se   profiler  à mes yeux d’une manière de plus en plus précise.  Se prouver à eux-mêmes, tout  d’abord,   qu’il est possible de produire et de consommer sa nourriture autrement.   Et donc de vivre différemment. Soigner cette  fièvre de consommer, tout et  n’importe quoi, n’importe comment.  Une confiance aveugle  installée en chacun de nous comme un virus comportemental.  Qui produit quoi  et avec quels moyens ne nous importe plus vraiment, depuis que nous avons l’impression d’être satisfaits en tout par la technologie et la chimie. 

Mais,  que vaut  un  milieu humain, certes confortable,  rendu ultra chimique, aseptisé au point de générer le contraire de sa finalité?   On dirait qu’il ne  sait  plus à présent semer que des morts  lentes au pied de toutes les pyramides  alimentaires d'un  Darwinisme social mondial tant chéri par une  frange non négligeable de la société algérienne, elle même  en phase avec l'esprit d'un monde gloablisé à outrance. 

Là où l’on devrait cultiver  d’abord la vie rayonnante, on plante le plus souvent  un tout autre décor. Ici  ce sont les sols qui se meurent, des arbres que l’on coupe, sous  le silence  mortifère des oiseaux et des insectes   en exil.  Certes, ce  sont également des tonnes de  billets verts qui s’entassent dans des comptes en banques,  invisibles comme des îles au trésor. Mais sommes-nous vraiment les véritables bénéficiaires d’un tel système pour continuer à le soutenir, ne serait-ce  que par notre inertie à en défier les règles immuables.

Naïveté que d’espérer encore  voire  le contraire s’accomplir ? Qui sait... N’est-il pas  plutôt  encore plus naïf de penser que ce sera la peste qui nous guérira du choléra ? Peut-on vraiment laisser le monde de l’industrie et de l’intelligence artificielle prendre en charge ce qui demeure l’essentiel ? Ce que nous  consommons, melons à notre sang, incrustons dans notre chair, imprégnons dans aussi  notre cerveau. A chaque fois que nous cherchons les clefs de notre réalité dans le reflet multicolore d’un écran plat, c’est une partie de nous que projetons inconsciemment ou non  hors de notre corps.

Les gens de Torba, pour ma part, ne m’intéressent  pas seulement parce qu’ils  croient  qu'ils et activent  au nom de l’agro écologie. Comme l’a si bien exprimé  le philosophe Malek Bennabi,  si nous importons seulement   la « chose », sans jamais chercher à en comprendre « l’idée », nous  resterons d’éternels « colonisables ».  Voilà  une sentence bien cruelle, certes, mais d’une vérité qui résume à elle seule une grande partie du drame algérien postcolonial. Non que je partage ou comprennes tous les postulats de cet illustre auteur algérien, mais je ne peux qu’acquiescer  à cette  formule  d’une lucidité aussi fluide que la pédagogie  qui émane de  son style littéraire impeccable.

En ce qui me concerne,  le message de Torba est  aussi, à plus long terme, une   invitation à ne plus  se contenter d’être seulement   des consommateurs  passifs.  Prendre son destin en main,   sur le terrain le plus simple, mais aussi  le moins évident à changer. La matrice de toutes nos sociétés humaines, leur  reflet le plus fidèle également, ils  se  trouvent  en grande partie  dans l’assiette en plastique, le bol en terre cuite, la gamelle en bois. Changer de nourriture, n’est-ce pas aussi  changer d’environnement ? 

Le régime alimentaire d’un peuple forge son  milieu, comment peut-on encore  en douter ? Sinon la pomme de terre serait restée en Amérique du Sud ; on ne la cultiverait pas à Oued Souf, par exemple. Et l’Algérie devrait faire face à la pollution des lisiers de porcs produits en batterie. Ne dit-on pas que c’est l‘Agriculture qui engendra l’écriture et l’état qui sont comme les deux mamelles  nourricières   de tout  développement humain moderne,   depuis que le chasseur cueilleur a  pris le parti de l’agriculteur éleveur?  

Mais, ce berger d’antan, ce jardinier amateur, cet arboriculteur d’hier, cet éleveur d’abeilles, en industrialisant leurs activités, n’ont-t-ils pas oublié  ainsi les fondements de  leurs  devoirs envers la nature ?  Ceux   d’un gardien sage et  bienveillant, d’un paysagiste éclairé des lois fondamentales de la  vie, de la conscience d’un Créateur. L’être humain a les devoirs d’un régulateur et c’est pour cela qu’il a  les droits d’être un perturbateur. Mais jamais il n’aura de légitimité sur Terre, à devenir  un  affamé écocidaire...

Au lieu de fantasmer, comme bien d’entre nous, devant notre écran,  sur les exploits réalisés hors de chez nous, des gens comme  ceux de  Torba, et bien d’autres, heureusement, veulent éprouver tout cela sous le regard de la réalité algérienne. En ce sens, Torba est un laboratoire, un potager d’essai des temps modernes algériens. Cela va bien plus loin que la nostalgie des pâturages  ou bien  un  retour idéalisé à la terre.

Une des membres, Nejma, lors de ma dernière visite à Djan Bouchaoui,  me confia d’ailleurs,  en toute sincérité : «  Je comprends  surtout à présent tout ce que nous devons aux agriculteurs, pourquoi  ils se mettent à détester  leur  vie, à quel point leur besogne quotidienne  est éprouvante. Moi,  je n’ai que quelques  dizaines de mètres carrés à cultiver  à mon rythme, et je trouve cela très fatigant, et j’ai le luxe de prendre cela comme un immense plaisir ! ».

Selon moi, elle avait mis un doigt énorme sur un point essentiel : plus nos fellah vivront la campagne comme un lieu d’épanouissement social et économique, plus  elles  redeviendront à nouveau  sûres et saines ;  et nos villes aussi.  Nous n’aurons pas à cultiver nos légumes et nos fruits nous-même ;  parce que nous n’avons plus confiance en la morale de nos agriculteurs ; que nous forêts nous inquiètent ; que nos montagnes et nos déserts couvent en leur sein bien des dangers.

Le développement durable, l’économie verte, en Algérie, n’échapperont  pas à cet algorithme historique auquel a si souvent fait allusion Bennabi et,  je pense,  bien d’autres penseurs également , pas seulement d'origine  algérienne.

En Algérie, nous devons faire  l’expérience de la « chose »  par nous-même, certes. Mais  tout en faisant également la critique constructive de « l’idée » dont elle découle. Par exemple,  de ce nouveau paradigme vert chanté par les écologistes européens, autant que par  l’ONU, et même à présent   par une  part grandissante  de l’écosystème industriel mondial.

En ombre chinoise,  rayonnant derrière les voiles  d’un  fatalisme local et  ambiant,  il y a donc pour moi  quelque chose de très métaphysique  dans l’existence même, ainsi que  le développement de Torba en Algérie. Je sais   que la plupart de ses membres   et  adhérents  trouverons que je vais un peu loin en affirmant cela. Connaissant le pragmatisme et le sérieux de Karim Rahal, sa tendance à focaliser sur les résultats concrets, je le vois déjà sourire en lisant ces quelques lignes qui ne sont  pourtant que  si  peu hors  mon  sujet.

Torba est une association algérienne comme les autres, à bien des égards. Mais, derrière cette agitation passionnée, ces petits écueils  d’un projet  encore adolescent,  il y a aussi les perspectives d’une  belle maturité en devenir.  Pour peu que  Torba garde le cap dans lequel  elle  s’est engagée  depuis ses  toutes premières heures.  Avancer à petits pas,  mais ne jamais reculer d’un mètre, si ce n’est pour en franchir beaucoup plus ultérieurement.  Se corriger, mais ne  jamais trop s’égarer longtemps  dans les constats stériles. C’est du moins la politique que j’ai  vue appliquée,  jusque-là,  sur champ d’action préféré de Torba, à savoir  le terrain.  

Depuis  sa gestation,  dans l’esprit  de Karim Rahal, principal instigateur du projet,  que j’ai rencontré pour la première fois, à El Harrach,  lors d’un séminaire  organisé dans les locaux de l’INRAA.  Jusqu’à  son accouchement,   quand la première page Facebook sera créée par mes soins et que Karim Rahal commencera  à organiser les choses sur le terrain, à réunir des gens motivés autour de cette idée. Puis, ce fut le temps de l’enfance, des premiers pas, des balbutiements, mais aussi des premières réussites.  Celui aussi des  parrains précieux, comme le directeur du Parc national de Chréa,  de M. Bensellem du club « Filaha », d’un soutien timide, mais néanmoins de principe  de Pierre Rabhi, d’un partenariat avec Terre et Humanisme.

Mais, surtout, il y aura  des agriculteurs et des consommateurs algériens prêts à jouer le jeu, à tenter l’expérience de l’AMAP, des jardins partagés, et des potagers urbains  dans la région d’Alger. De modestes  producteurs,  aussi,  des petits distributeurs, des connaisseurs, des gastronomes, des Algériens vivant à l’étranger qui ont déjà expérimenté ce genre d’agriculture hors de nos frontières... Cela fait un bien joli monde, qui gravite  autour de cette ONG algérienne   à la taille  et aux ambitions très humaines.  Il est   un peu anarchique parfois, je ne peux l’ignorer,  mais ce n’est qu’un petit défaut de forme, car  les intentions, dans le fond,  sont sincères. La volonté de progresser est là, sans le moindre doute et c'est ce qui compte. Non qu’ils soient les seuls à  faire de l’agro écologie en Algérie, mais il faut bien admettre que  peu  d’entre nous auraient réalisé mieux en si peu de temps.

Mes dernières visites parmi eux, m’ont fait réaliser à quel point « Torba » a  grandi en à peine deux ans. J’ai pu apprécier en leur compagnie les progrès réalisés ; mettre  aussi le doigt sur quelques détails à améliorer ;  et, surtout réfléchir avec eux sur l’avenir de cette association. Car sans être vraiment un « Torbiste » attitré, j’ai souvent l’impression de  parrainer, à ma façon,  ce projet qui fait la part belle à l’agro écologie et l’éco-citoyenneté. Du moins, je sais qu’à Torba, je serais toujours écouté avec beaucoup d’attention et que, sous le filtre de  leur réalité du  terrain, certaines de mes idées seront  parfois retenues par le bureau de cette association. Cela suffit pour me donner envie de continuer un tel échange.

D’autant qu’observer le travail de Torba est une opportunité  des plus précieuses   pour  approfondir mon propre travail. Elle me permet de profiter de l’expérience  d’un  formidable et sincère laboratoire algérien ; où l’on aspire autant à cultiver la santé que le bien-vivre ensemble. C’est une démarche  responsable, qui ne s’interdit pas la convivialité.  Voilà, en fait,  ce qui me plait  vraiment le plus dans ce  que développe Torba en Algérie ; avec une ambition débordante, mais aussi beaucoup de pragmatisme, il me semble.

Un  vrai travail de valeureuses fourmis, un joli rêve de papillons, il y a dans cette petite famille de l’agro écologie algéroise, autant de poètes, que de vrais capitaines de campagnes. L’équilibre n’est  pas encore  totalement celui d’un parfait ensemble, mais,  au fil des mois, des années, j’ai pu constater à quel point cette association suit  un rythme de croisière tout ce qu’il y a de plus algérien ; dans ses plus belles façons.  

Non pas forcément celui de l’inertie stérile. Parfois, bien au contraire,  sous le métronome de cette  temporalité  toute particulière aux peuples  Maghrébins,  qui a  inspiré  tant d’auteurs orientalistes,   cela donne  aussi  à leur travail une dimension  beaucoup plus humaine, poétique,  naïve même, au sens  le plus noble  du terme. Il faut savoir autant l’apprécier  que  toujours se défier de ce temps qui passe au rythme de l’Algérie, même  quand elle  roule à présent  à la vitesse des avions , des tramways et des trains...  qui sont encore trop souvent  en retard !  

Je n’ai pas l’impression que les membres de Torba l’ont oublié, mais plutôt, qu’au contraire,  ils s’en accommodent  sans l’accepter pour autant ; avec une pugnacité qui fait honneur à tous celles et  ceux qui luttent , chacuns à  leur manière,  contre  cette  médiocrité érigée en environnement  qui a gangrénée  une  Algérie pourtant si prometteuse.

Torba agit donc, plus que ne philosophe...

Une AMAP crée à Chréa ; qui commence à ne plus pouvoir répondre  aux demandes de sa clientèle grandissante. Un agriculteur local a  déjà été formé et financé par les membres et adhérents de Torba. Ainsi, chaque vendredi,   au club « Filaha » une production « Bio » de fruits, de légumes, de lait et de volailles vient remplir le panier d’une trentaine de pionniers du « bien-manger »  Algérien. Il est donc question de trouver de nouveaux terrains et partenaires pour augmenter la production, ce qui est bon signe, ma foi. J’ai pu d’ailleurs apprécier par moi-même, et cela plus d’une fois, l’implication de tout le staff du Parc National de Chréa pour les aider dans ce sens.

A Djan Bouachaoui, ce sont les agronomes en herbes  de la bande qui viennent s’essayer ou se perfectionner dans une ferme où Torba prend de plus en plus d’espace. Cette fois-ci, c’est le propriétaire des lieux qui laisse libre cours aux projets de Torba, tout en profitant des plus-values d’une telle expérience sur son terrain. On y élève aussi de la volaille, pour la production d’œuf et le poulailler a été réalisé avec des palettes en bois.

La ferme possède un broyeur pour le BRF et le compost est devenu un geste évident pour tout le monde. Il faut souligner que la grande partie d’entre eux sont des femmes et des jeunes femmes ;  que leur dynamisme, leur sérieux fait honneur à la réputation des Algériennes. Mais cela ne veut pas dire  non plus que  le potager des Karim de Torba n’est pas  à la hauteur du travail de ces dames !

Cette petite ferme informelle est aussi un lieu pour partager de bons plats en pleine nature, laisser  les enfants se défouler dans de grandes étendues vertes ;  discuter de tout et de rien parmi les poules en liberté, les chats, les chiens et le magnifique cheval qui trône sur les lieux de toutes son  majestueux soutien.  « Mine de rien », on cultive ainsi, dans une telle atmosphère,  quelque chose que les dernières décennies ont étouffé dans le cœur de bien d’entre nous...

Il y a bien entendu l’envie d’aller plus loin, de créer de véritables fermes d’accueil pédagogique, de se perfectionner en se formant ; de partager en formant à leur tour. De nombreux pas ont déjà été réalisé à cet effet. Je sais combien les idées fusent dans l’esprit de ses membres les plus impliqués de Torba. Mais je connais également la grande prudence et le réalisme qui anime son président, qui n’est pas le dernier à rêver, mais souvent le premier à agir au sein de son association.

Torba, comme le sol en bonne santé, se constituera  lentement,  certes,  mais sûrement, au fil des générations.  Grâce à l’action quotidienne de petites mains citadines, des gestes   « verts de terre »,  des  racines qui s’ancrent dans leur environnement comme une myriade de petits ruisseaux  d’espoir. Torba c’est un réseau de bonnes volontés constructives. Le  développement de Torba,  dans sa  progression  et son  influence sur son milieu   ressemble beaucoup à  celui  d’un arbre en évolution. Elle propose, à mon humble avis, de revenir aux fondements même de ce que le mot Economie signifie littéralement : une gestion responsable, à la fois individuelle et collective  d’une maison commune.

Mais, je dois tout même apporter un bémol à tous ces sincères encouragements en me posant une question des plus simples. Non pour juger mais pour proposer plutôt de nouvelles pistes de travail. 

Est-il possible d’être un Torbiste quand on n’a pas les moyens de s’acheter une voiture, et celui d’avoir  du temps pour cultiver  un potager qui n'est encore capable de vous rendre auto suffisant ? Non que  soit la responsabilité de  Torba, mais bien de celle de la réalité de la  société algérienne;    il faut à  présent  dépasser le cadre de son propre milieu, élargir son environnement d'action.Ce serait cela aussi, pour moi, la maturité d'une association. 

Les concepts qu’ils développent seraient  d’autant plus avantageux pour les couches les moins favorisées de la société algérienne. Certes, Torba aspire à tisser des liens durables et équitables avec le monde rural algérien ; mais il faudrait également, une fois l’âge de la maturité atteint, que cette association donne une dimension plus sociale à son action. Dans ce sens, les formations  qu'ils entreprennent en matière de potagers urbains me semble la meileure piste...

 On  ne change pas  d’horloge nationale en regardant seulement midi ne plus sonner devant  sa porte. L’agriculture que défend Torba ne pourra être légitime en Algérie que si elle concerne l’ensemble des Algériens, et plus particulièrement les moins fortunés...

Photos: Karim Tedjani
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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