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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Habitat en Algérie. Un espace collectif intime à réinventer 1/5

Habitat en Algérie. Un espace collectif intime à réinventer 1/5

Faut-il inventer l'Habitat moderne algérien? 

L’Algérie peut-elle vraiment accéder à la modernité sans une culture moderne de l’Habitat ? C’est-à-dire une vision de son environnement capable de l’inscrire sereinement dans un projet de civilisation universel...

Moderne, en 2016, ne veut pas forcément dire se développer industriellement, consommer tout à l’échelle de la masse. Certes,  selon sa définition historique, être moderne siginifie  vivre un moyen-âge, une époque transitoire entre un Age d'or et une Rennaissance. La modernité, c’est aussi et surtout avoir pour projet de franchir une nouvelle étape de civilisation, il me semble .A notre époque cela revient donc  également à cultiver un milieu de bien-être individuel et de bien-vivre en-commun...être moderne.

Il y a tant de grandes puissances économiques qui n’ont apparemment pas encore atteint ce nouveau degré de modernité. Imposé au monde entier par l’urgence d’une planète rendue malade d’accueillir notre espèce en son sein. Dans le nouvel échiquier mondial, comme le chaos a toujours été le meilleur prétexte d’un ordre nouveau, l’âge du perturbateur semble progressivement céder la place à celui du régulateur. L’économie verte risque d’imposer de nouvelles stratégies qui feront ou confirmeront les leaders de la géopolitique de demain...

Pour parler plus simplement, les nations qui n’ont ou n’auront pas développée très vite une culture écologique à la fois universelle et originale ne pourront aspirer à une véritable indépendance économique. Elles doivent également, pour cela, cultiver des technologies ainsi qu’une intelligence de l’environnement à la hauteur des défis écologiques que leur imposent leurs territoires. La responsabilité environnementale, et plus particulièrement dans sa dimension climatique, est  à ce titre en passe de devenir un des critères incontournables de la nouvelle gouvernance mondiale.

Vaste sujet qui englobe une foule de concepts et de matières scientifiques, l’Habitat est sans aucun doute un des terrains les plus sûrs et valables où se développent de tels outils de modernité. L’économie, n’est-ce pas littéralement la « gestion de la maison » ? De même, il ne suffira jamais de planter la bonne graine pour en récolter un jour le fruit mûr de l’arbre  que l’on aura ainsi semé. Nous savons tous et toutes à quel point la nature du terreau où elle aura poussé, de l’eau et de l’air ambiants, que tout cela et bien plus garantiront le développement de cette semence.

Il me parait évident qu’il en va de même pour un peuple et sa nation. L’Habitat est ce cadre qui inspirera leur économie, formulera également dans l’espace et le temps l’âme d’un pays. Qui l’habitent, ou qu’il les habite, ce pays natal ou d’origine peut être pensé par les Algériens comme une grande maison collective ; qui ne serait pas entourée de nature, mais qui l’engloberait ; qui aurait même cultivée sa nature propre, à la fois matérielle et immatérielle.Une maison ouverte sur le Monde, bien entendu, mais avec son style à part entière, son charme...

L’Habitat n’est pas uniquement l’ensemble des conditions de logement et d’habitation de l’être humain. Il ne peut être seulement défini par la statistique et les programmes d’urbanisations. C’est également la manière de penser, d’organiser l’endroit où nous vivons. Elle ne peut être uniquement culture d’état ; l’Habitat est à la fois individuel, collectif , presque un aménagement du territoire. Mais c’est aussi le terme qui définit le lieu d’habitation d’une espèce animale ou végétale. Un Habitat moderne devrait intégrer ces trois dimensions, car notre époque est censée être celle qui aspire à réconcilier l’économique, le social et l’environnemental.

Habiter un endroit, une localité, un pays, un continent, le monde, ça n’est pas seulement y vivre. Ce mot a un sens bien plus profond. Habiter quelque chose, ou quelqu’un, c’est lui transmettre une part de soi. Habiter ce n’est pas seulement subir un environnement, c’est bien plus lui inspirer une âme, afin que cette dernière perdure à travers les générations. Habiter une culture ce n’est pas lui faire porter l’habit qui ne fait pas le moine, mais préserver du passé ce qui pourra inspirer le futur.

De nos jours, un Habitat se doit d’être à la fois un environnement de confort individuel, de convivialité sociale, mais aussi de sobriété écologique. Ce qui n’est pas, il faut le reconnaitre, une mince affaire à réaliser. Seule une nation moderne pourrait développer une telle civilité. Et, dans ce sens, l’Algérie est loin d’être le seul pays qui souffre d’un tel archaïsme. Mon Habitat parisien me le confirme d’ailleurs chaque jour ; de manière certes plus sophistiquée, mais le fond reste le même. Aujourd’hui, dans un sens, le « sauvage » de Nouvelle Guinée est plus moderne que la plupart d’entre nous ! Nous lui devons cette humilité...

Une fois les notions d’Habitat et de modernité un peu plus clarifiées entre nous, les prochaines questions deviennent ainsi évidentes à formuler.

Peut-on vraiment parler d’une manière algérienne de l’Habitat ? Et si oui, aspire-t-elle  actuellement  à cette modernité ?

Quels sont les atouts et les entraves qui persistent Algérie pour ce faire ?

Peut-on identifier un climax historique, une période où cet Habitat algérien passé qui  aurait pu nous sembler idéal ? Qui pourra ainsi nous inspirer les bases d’un Habitat moderne algérien ?

Toutes ces questions sont loin d’être anecdotiques. Elles exigent au contraire des connaissances qui échappent, pour beaucoup, à mes modestes compétences. A vrai-dire, mon expérience sur le terrain algérien me laisse envisager surtout de répondre à la première, ainsi qu’en partie à la seconde de ces interrogations. Mais, en ce qui concerne la dernière, elle ne pourra être totalement éludée que par le travail de vrais scientifiques. Si je me suis permis de l’énoncer, je ne voudrais pour rien au monde me risquer à y répondre. J’espère plutôt que certains et certaines d’entre vous me feront l’honneur de leurs avis éclairés sur ce sujet...

Je suis donc bien conscient de partir dans cette recherche avec un handicap de taille. Dois-je pour autant abandonner toute volonté de réfléchir par moi-même sur la question ? N’est-il pas possible, déjà, avec quelques moyens à ma disposition, accompagné de surcroît par votre lecture pertinente, de tenter au moins de chercher quelques pistes pour aller au-delà des premiers abords  de la fatalité ?

De plus, dans cette aventure, certes un peu ambitieuse et donc fort périlleuse, il y a sûrement quelques trésors inconnus à la clef. Et peut-être, qui sait, certaines clefs qui ouvriront des portes encore fermées à mon entendement. On ne perd jamais vraiment son temps à chercher des réponses aux questions que l’on formule. Sinon à quoi bon prendre la parole...seulement pour dire ce que tout le monde sait déjà depuis belles lurettes... ?!

Une chose me parait d’emblée des plus sûre et juste à m’encourager  dans ma persévérance à vouloir au moins comprendre : Si cette culture de l’Habitat moderne algérien n’avait jamais vraiment existé, il faudrait alors de ce pas s’atteler à l’inventer. Comme on donne naissance à un arbre nouveau ;  à partir de la greffe d’un autre ; beaucoup plus ancien, et qui aura fait noblement son temps ; l’aura ainsi sublimé...en transmettant un héritage à ceux qui lui survivront. Parfois il est même possible que l’on greffe plusieurs souches d’arbres différents pour cultiver une nouvelle espèce. Cet Habitat algérien doit forcément avoir une ou des traditions qui pourraient inspirer sa modernité.

Voici donc les premiers pas de cette réflexion accomplis. Nous allons peut-être enfin pouvoir entrer un tant soit peu dans le vif de notre sujet. Mais ce ne sera sûrement pas avec des réponses toutes faites!  Plutôt en approfondissant le champ de nos questionnements.

Ainsi, une question devient inévitable ; malgré toute la difficulté à y répondre. C’est un sujet très sensible qu’il va nous falloir aborder ensemble, mais il est impossible de ne pas en emprunter le sentier tortueux pour nous rendre là où toutes ces interrogations doivent nous mener. 

Qu'est-ce qu'une culture algérienne? 

 

A suivre...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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