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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ilots de chaleur : premières pistes pour ré-inventer la ville (2/6)

Ilots de chaleur : premières pistes...  |    |  Chapitre 2 / 6

Intégrer l'adaptation à la planification urbaine...

 


Actu-Environnement.com - Publié le 04/07/2016

C'est à l'échelle de la ville ou de l'agglomération qu'il est le plus facile d'agir sur les îlots de chaleur urbains. Mais d'autres échelons se saisissent de ce sujet afin de mieux partager les connaissances, les expériences et sensibiliser les élus.

 
 

(En France) A l'échelle nationale, une stratégie d'adaptation a été définie et est déclinée dans un Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), adopté en 2011 et en cours de révision. L'îlot de chaleur y est identifié comme un enjeu à venir pour les villes. Le plan préconise de faire de la sensibilisation et d'organiser le partage des bonnes pratiques. Mais c'est à l'échelle des territoires que les mesures sont réellement prises pour atténuer ce phénomène. L'aménagement du territoire est en effet une compétence relevant des communes ou de leurs groupements. Cependant, les autres échelons territoriaux se saisissent de l'enjeu, afin de financer des études, partager les connaissances, faire de la sensibilisation…

Régions : diagnostic et partage des connaissances

Les schémas régionaux climat air énergie (SRCAE) comportent ainsi un volet adaptation, qui diagnostique la vulnérabilité du territoire au changement climatique et définit les actions à mener pour atténuer ces impacts. L'une des orientations du SRCAE Nord-Pas de Calais vise par exemple à prévenir les phénomènes d'îlots de chaleur urbains dans les projets d'aménagement urbain, "en favorisant l'accès de la nature en ville et en s'appuyant sur la mise en œuvre du plan canicule". Ce document stratégique fait en effet le constat que la population régionale est amenée à vieillir, donc à être plus sensible aux périodes de forte chaleur, et que l'urbanisme local est propice à amplifier le phénomène d'îlot de chaleur (logements mal isolés, sols imperméabilisés et très artificialisés…). "Des éléments participant de la lutte contre les îlots de chaleur en ville doivent être intégrés dans les documents d'urbanisme et dans les projets d'aménagement : la réintroduction de l'eau et de la végétation en ville (…), la végétalisation des toits, la création d'itinéraires bis pour les transports, le remplacement progressif des matériaux des routes et voies ferrées par des matériaux adaptés à la chaleur", préconise le document. Pour passer de la parole aux actes, la région a commandé une étude sur le rôle de l'arbre en ville, et prévoit des sessions de formation pour les élus locaux afin de les sensibiliser à cette question.

Le Plan régional climat Ile-de-France consacre lui aussi un chantier à la lutte contre les îlots de chaleur urbains. Des études ont été commandées à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) afin d'évaluer ce phénomène dans le territoire, de le cartographier et d'identifier des mesures d'action concrètes (végétalisation…).

Pour aider les territoires dans cette analyse, l'Ademe a lancé un outil de pré-diagnostic de l'impact du changement climatique sur un territoire, "Impact climat". Il doit permettre d'identifier les principaux aléas climatiques grâce à une analyse des aléas passés, l'étude de projections climatiques et des vulnérabilités sur le territoire. Plusieurs régions, comme Rhône-Alpes, l'Aquitaine ou Midi-Pyrénées, se sont elles-mêmes dotées d'un observatoire des effets du changement climatique. Ces organismes permettent de réunir toutes les connaissances accumulées sur ce sujet, notamment sur le phénomène d'ICU, et de capitaliser sur les retours d'expériences des différentes collectivités.

PCET, Agenda 21, PLU : des fiches actions aux règles d'urbanisme

Les communes et leurs groupements ont, quant à elles, les réelles compétences (urbanisme, transport, cycle de l'eau…) qui leur permettent d'agir sur l'adaptation des territoires. Les différents documents de planification et d'urbanisme (plan climat énergie territoriaux - PCET, Agenda 21, schéma de cohérence territoriale - Scot, plan local d'urbanisme - PLU…) sont autant d'occasions d'intégrer la question de l'adaptation du territoire, et notamment celle des îlots de chaleur, de manière transversale.

Le plan climat et l'Agenda 21 définissent le projet d'un territoire et une stratégie d'actions, tandis que les documents d'urbanisme permettent de préciser les objectifs et orientations pour les futurs aménagements. L'Ademe Languedoc Roussillon a publié des fiches actions pour éclairer les collectivités sur les mesures à déployer, le cadre dans lequel elles doivent être définies et le service qui doit porter leur mise en œuvre. La thématique adaptation apparaît peu à peu dans ces documents, certaines communes ou communautés étant particulièrement pionnières.

Ainsi, le Scot de la région urbaine grenobloise identifie comme un enjeu fort le phénomène d'îlot de chaleur urbain (ICU), notamment pour le cœur de l'agglomération. Ce document recommande donc aux communes d'intégrer dans leur PLU des préconisations pour végétaliser la ville, limiter l'imperméabilisation des sols, préserver et développer des points d'eau en ville, privilégier les matériaux réfléchissant la chaleur solaire et prendre en compte le confort thermique pour tout nouvel aménagement.

L'Eurométropole de Strasbourg (67) a, quant à elle, choisi d'élaborer une orientation d'aménagement et de programmation thématique (OAP) dans son PLU intercommunal. L'idée première est de faire de la pédagogie sur les apports des continuités écologiques (microcirculation d'air, épandage des crues, îlots de fraîcheur…) et de préconiser de bonnes pratiques d'aménagement (limitation de l'imperméabilisation, végétalisation des espaces…). L'objectif : "Expliquer comment chacun contribue à une démarche commune, et faire comprendre un certain nombre de règles qui ne sont pas punitives, mais de bon sens", explique Alain Jund, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de l'Eurométropole de Strasbourg.

Les communes peuvent également utiliser le volet réglementaire du PLU, afin de fixer des règles en matière d'emprise au sol (article 9), d'aires de stationnement (article 12), de plantations (article 13), et des obligations en matière de performances énergétiques et environnementales (article 15). "Il serait intéressant de pouvoir imposer une surface minimum de végétalisation (autour de 20%), quand on construit de nouvelles zones. Cet objectif est souvent inscrit dans les PLU comme une recommandation, mais rarement comme une obligation. Or, sans contrainte, il est difficile d'obtenir des résultats : le foncier a, dans l'esprit de nombreux acteurs, une valeur économique que les espaces verts n'ont pas encore acquis", analyse Catherine Muller, présidente de l'Union des entreprises du paysage (Unep).

Sophie Fabrégat

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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