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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Quels pourraient être les enjeux ainsi que les réalités d'une "justice climatique" mondiale?

"Justice et Innocence..." (Photo: Karim Tedjani)

"Justice et Innocence..." (Photo: Karim Tedjani)

 

Chapitre premier

"La juste valeur des mots"

ou 

 Une petite écologie  du monde des idées

 

Pour bien appliquer une formule, s’en réclamer avec justesse,  comme agir dignement en son nom, je pense qu’il faut en premier  lieu s’attacher à en comprendre le sens essentiel ; c’est-à-dire le plus général. Mais, également, on devra  analyser  le système d’idées avec qui elle fait identité ou bien génère naturellement  des  antagonismes de principe.Afin d'en saisir toutes les nuances. Elles sont  comme autant de couleurs qu'elles rendent possibles dans le tableau qui illustre ces idées dans notre esprit. Je pense ne rien inventer en affirmant cela; qu'il est bon de se pencher sur l'idée avant d'en appliquer la chose...

Il en va de la même exigence, il me semble, quand on veut tout simplement comprendre les principes et valeurs qui animent un concept ; d’autant plus quand il  nous parait relativement  nouveau ou étranger. Avant même d’y adhérer ou bien  de le critiquer, cet effort rendra telle ou telle  option de votre part  beaucoup plus légitime à revendiquer, comme à assumer. Car il devrait être toujours meilleur de donner son avis sur un sujet qu’on aura pris le temps d’étudier au préalable.  Ne serait-ce qu’en substance. En ce qui me concerne, à chaque fois que j’ai dérogé à cette  bonne vertu, je me suis le plus souvent égaré dans mes avis et je n’ai pas été le plus juste qu’il  m’aurait été possible d’être ; armé même   des limites de ma nature et de l’environnement qui me sont propres;  aidé également  de  mes expériences personnelles ou collectives de la vie.

Pas besoin donc d’être un grand savant, ou bien un éminent philosophe pour aimer grandement et éminemment  la sagesse,  la connaissance. Au point de vouloir s’en rapprocher  au mieux de ses modestes capacités.Un petit pas  vers le progrès personnel, mine de rien, si ça n'a pas l'air d'être un grand pas pour l'Humanité, cela vous demande souvent d'explorer la Lune; d'éprouver de nouvelles lois de gravité et d'élargir votre foulée..Et puis ne fait-on pas les fleuves, comme les pluies torrentielles ou bien  les déluges, avec des sommes infinies de simples gouttes de pluies? Réunies en  un nuage,  lui même produit d'un climat, d'une atmosphère; d'un paysage, aussi, on l'oublie trop souvent quand on le dénude de ses arbres originels...

Aussi, l'expression "justice climatique" doit être prise comme une sorte de nuage d'idées, de mots, de concepts et, comme d'habitude,  d'intérêts plus ou moins communs.  Si,  plus d'une fois,  j'ai lu  ou entendu parler de "justice climatique", dans mon environnement, et cela plus particulièrement dans le cercle de l'écologie algérienne, je n'avais jamais vraiment réflechis plus que cela   à ce que cette notion pouvait  signifier au fond; autant pour les uns, que pour les autres; et bien évidement pour moi, au final. Puis-je en accepter la nature, la fonction, les bonnes comme les moins bonnes intentions?  

Quelle est  surtout la réalité d'une justice climatique  dans un monde où la  simple notion de Justice est bafouée si souvent  par la loi elle même?  Il y a bien des choses illégitimes, comme la plupart des guerres actuelles,  qui sont  pourtant tout  à fait légales...au regard de la justice internationale en vigeur actuellement.

Il y a aussi tant de choses légitimes que l'on voudrait nous interdire de faire, par la force de la justice d'un état ou les droits judiciaires d'une multinationale capable d'influer toujours la justice en sa faveur;  et en tout illégitimité. Comme d'interdire à des peuples traditionnels d'utiliser les plantes endémiques à  leurs régions. Notament  quand ils veulent soigner leurs  corps  ou  la santé de leurs prochains. Et bafouer ainsi les lois de la propriété intelectuelle de sociétés dont les sièges sociaux résident à des milliers de kilomètres de leurs terres ancestrales...

De telles lois existent bien dans notre monde où le mot "Justice" n'a jamais été  autant assaisonné à toutes les sauces idéologiques; pour le meilleur, parfois; mais beaucoup trop souvent pour le pire, malheureusement. Là aussi, je suis persuadé de ne rien vous apprendre à ce propos. Cette réalité créve même l'univers pourtant ultra édulcoré de nos ces petits  écrans imbélicement machiaveliques;  censés nous ouvrir les portes d'un vaste monde uni par une encore plus immense soif d'atteindre l'Unique pensée en normalisant les esprits. 

Il n'est pas question  ici de voir  stystématiquement le mal en toutes choses. Il faut  d'abord essayer de comprendre si la chose est valable et donc quels principes fondamentaux  son idée  incarne.Dans quel système de valeurs  le mot justice est-il né? Dans quel autre champ lexical politique  aurait-il pu basculer en cours de route; avant de nous parvenir jusque dans cette idéologie à la fois politique et citoyenne. Inscrite dans les fondements même du régime climatique mondial. L'ONU, des ONG "pro" ou "anti" ,des Etats, des peuples, des associations, des experts, des industries, une certaine catégorie de médias, une culture, des textes, des actions ect...

Nous devrions  tous et toutes, immanquablement,   chercher  à comprendre le sens de chaque mot que nous utilisons;  et encore plus cela concerne ceux qui s'invitent dans notre monde sans que l'on se souvienne  encore pourquoi  et comment ils s'y sont installé. Avant de se laisser porter par la vague  d’idées et d’intérêts qui les aura  échoués  jusqu’aux berges de nos esprits ; un peu comme  le pionnier n’est tantôt  qu’un visiteur de passage ; souvent comme il devient colon, envahisseur illégitime, à présent qu’il a décidé d’habiter les lieux, de s’installer de son propre grès  chez nous.

Il n’y a pas de meilleur invité, au fond, que celui que l’on aura désiré, et qui aura gagné  toute notre confiance, notre estime,  au fil de nos observations, à la fois prudentes  mais aussi  bienveillantes au possible. On n’ouvre pas la porte de sa maison à n’importe qui; Il en  va de même pour les idées et les  choses  où elles prennent  formes, il me semble. L’esprit est la maison; le corps est le mur, ainsi que le toit qui entourent  le foyer ;  nos sens en sont les portes ainsi que les  fenêtres. Tandis que les mots et les images,  les sons et les odeurs, sont  en  mille et un aspects des clefs;  qui ouvrent sur nos jardins les plus intimes à ceux qui en usent avec l'art du cambioleur ou du squatteur. 

Sans  la clôture de notre recul, de nos doutes, de notre curiosité, autant  laisser un pot de miel grand ouvert et  à l’air libre;  jeté en pâture à tous les  fourmillements  d’une forêt tropicale.Les mots sèment, et parfois pour ce faire, pour atteindre leur  substrat nourricier, ils crochettent nos défenses mentales pour s'incruster en nous. C'est ce que font le graines avec leurs racines qui s'infiltrent  dans les endroits les plus improbables.  Parfois se sont des cohabitations conviviales, des mots qui vous rendent le sourire ou vous inspirent courage et persévérance, par exemple. Mais, dans d'autres cas, certains mots peuvent avoir l'effet du virus ou du parasite dans votre esprit; tel un cancer habiterait un corps alors malade.

Nous n'en sommes heureusement pas arrivé pour l'instant à un tel diagnostique, quant à cette idée d'une justice qui serait de nature climatique. Il s'agit pour l'instant de réfléchir ensemble sur ce qu'une telle approche du mot "justice" peut engager  nos destinées communes; autant  au regard de  la théorie que dans la réalité où elle cette idée semble se réaliser. 

"A quoi bon  faire un tel effort? Franchement il suffit de lire quelque articles de presse sur le sujet pour se faire un avis assez juste de cette actualité! " J'entends déjà plus d'un d'entre nous déclarer cette solution; car au fond, pourquoi faire compliqué quand le plus simple serait de suivre le  "bon" sens du courant  des évenements. Le fameux "naviguage" algérien illustre très bien cette tendance chez nous. Tanpis si ce courant est d'air, d'eau, de terre ou  même de feu! Pourvu seulement  qu'il mène au "tout électrique", au confort suprême, au luxe le plus mirobolant. Le reste n'est que détail pour ceux là. La Justice ne commence pas par une majuscule, mais par le tout petit "j" de "je". 

Certains diront qu'ils pensent comme le rongeur de laboratoire qui s'agite dans et autour de  la roue de sa cage de luxe; ignorant d'autre façon de compter le temps qu'en parts du gruyère acquises ainsi. Mais je n'aurais pas cette indélicatesse à l'égard de cette fâcheuse nature incrustée chez l'algérien artificiel. La tradition algérienne,  elle, celle de nos chansons, nos poèmes, nos proverbes, nos récitations, qu'ils connaissent d'aileurs sûrement bien mieux que moi,  leur répondront bien mieux que je ne pourrais jamais le faire en une vie. Ne  sont-ils  pas d'éternelles et continuelles invitations à nous délecter des mots?   Tantôt comme d'un spiritueux intangible dont le pouvoir peut  autant vous enivrer pour le meilleur comme pour le pire? Qui n'a pas été habité par le mot Amour, n'aura jamais été hanté pas lui! Parfois, c'est un art de palabrer, de savoir lire entre les lignes sinueuses  des paroles jettés en l'air, tels  des gestes lancès  faussement à la lègère autour de soi. Mais qui portent en eux  tout le poids d'un message, un  non-dit, une suggestion,  qui sera soit un avertissement, un sage conseil, ou même, parfois,  une invitation à peine masquée au combat...

Ne regardez-vous jamais sous le capot d'une voiture d'occasion qu'on vous propose d'acheter? Pour en observer  par vous même l’état réel  de la  mécanique ? Ne demandez-vous pas toujours, ainsi, au moins  de quelle année  est sa date de  fabrication ? Ses papiers sont-ils en règles ? Son ancien propriétaire était-il un automobiliste soigneux  et responsable ? L’état de la voiture est-il bien conforme à l’annonce de vente diffusée ? Ses  mérites  sont-ils  bien ceux affichés  dans le catalogue de la marque que l'on aura choisie avec beaucoup de soins préalables ?  

Car même si elle est neuve, cette voiture, vous chercherez à savoir si elle va durer et quelle est la réputation de son fabriquant ?Est-elle sûre, saura-t-elle nous protéger en cas d'infortune?Sera-t-elle parfaitement adaptée à la nature de votre environnement?   Vous laisserez vous seulement attirer par son design, son prix modique ou bien la mode du moment ?Vous fierez vous uniquement aux publicités?  Tous ces points de détails, je suis persuadé que la plupart de mes compatriotes Algériens leur apportent un très vif intérêt;  dès qu’ils veulent acquérir un véhicule personnel dont l’usage peut également être collectif.

Et vous ne voudriez pas faire autant avec les mots ? Qui sont  eux aussi des véhicules plus ou moins personnels ou  partagés ?! Ils circulent entre nous, parmi nous et même en nous ?  De vos pensées vers l’extérieur ; mais également du monde des idées, en direction de  votre cerveau.  Et, peut-être dans le meilleur des cas,  vous aurez une telle sympathie pour  les mots que  certaines de vos idées auront, qui sait, la chance de devenir un jour  une réalité autour de vous. Je ne parle pas de réalité virtuelle, mais bien de  celle où les rêves d’enfants  se matérialisent en faits  d’adultes accomplis. Ne parle-t-on pas de la bonne conduite d'une phrase, d'un propos, d'une idée? 

En attendant, pour être un brin plus terre à terre, mais pas trop tout de même, je pense que ce petit contrôle  « technique », ce filtre  de l’observation,  est une étape  essentielle dans tout échange. Il suppose que tous les protagonistes de cette transaction ont été responsables de manière juste et égale. Celui qui  utilise un mot, ou des formules de mots, a la responsabilité d’en connaitre le sens et de l’expliquer avec une objectivité qui ne devrait pas être  trop relative à ses propres intérêts de les formuler.

De la même manière, celui ou celle  qui reçoit  un message, quel que soit le moyen  ou le sens qu’il utilise pour le recevoir, dont assumer la responsabilité d’en comprendre le sens;  et  donc d’y avoir décelé les éventuelles « pannes »; un peu comme on répère sur une machine des  dysfonctionnements, des vices cahés, des contrevérités. Et si nous n’avons pas la capacité de cette responsabilité, alors c’est à notre éducation, notre environnement qu’il faudra en partie exiger de nous donner les meilleures conditions pour atteindre cette vertu. Ce qui incombe bien entendu que nous soyons-nous même capables  d’influer sur notre cadre d’existence, notre cercle de vie.

On peut vivre sans exister, comme on peut exister sans vivre dans un monde seulement subi ; consommer la vie sans jamais la produire Un cercle accomplii, une boucle bouclée, un cycle de responsabilité engagé, une ronde vertueuse ou la syncope ne peut-être qu'un subtil contre-temps. L'environnement nous influence, il nous entoure, mais notre plus précieuse liberté devrait être celle de prendre la responsabilité d'influer sur lui sans avoir besoin qu'on nous entoure pour cela de mots plus ou moins valables à nous éléver. Ce n’est pas un luxe réservé à une élite  que de réflechir sur le sens des mots qui nous entourent et nous influencent. C’est un devoir pour toute personne qui aspire à être égale et libre; de quelque côté de la balance où  l'on  tentera de propulser votre "âme et conscience". 

Cette soif d’apprendre, de connaitre, d’observer est une des conditions les plus élémentaires  pour utiliser des mots selon les codes de la bonne conduite ; pour rester dans le champ lexical du transport.  Histoire d’atteindre  toujours  le  bon port sans de  graves  accidents,  de se diriger le plus sûrement possible  vers l’endroit  où vous aviez vraiment envie de vous rendre. Pourquoi ne pas faire la même chose avec les mots et les idées ?  Qu’ils transportent aussi sûrement que vous laissez votre empreinte quelque part,  à chaque fois vous usez des mots. 

Prenons tout d’abord l’expression « justice climatique » pour ce qu’elle est en premier lieu. Un agrégat de mots dont la structure peut déjà nous aguiller sur sa cohérence , mais  son sens profond. Ici « justice » est un nom commun ; climatique un adjectif.  Cela veut donc dire que cette formule désigne  une Justice   qui serait propre au Climat. Cependant remarquons que rien n'indique que cette justice serait exclusive à cet élément réel. Ce n'est pas non plus une "justice climatiste", qui reviendrait à faire des lois du climat une idéologie de justice.  Mais l'expression reste assez difficile à percevoir sous  le prisme d'une signification simple, claire et unique.

En effet,  dans cette construction sémantique,  est-ce la justice qui va légiférer sur les questions de climat ? Est-ce la justice morale qui doit animer l’ensemble du régime climatique mondial ? Ou bien, est-ce le climat qui serait détenteur d’un certain pouvoir de justice ? En gros, cette expression de « justice climatique » pourrait dire tout cela séparément, de manière sélective, ou, bien entendu  exploiter tous  ces potentiels   à la fois.

Il me semble, de plus,  que l’on doit à présent déterminer deux autres  précisions dans cette terminologie. 

De quelle justice s’agit-il au fond ? Et en fonction de quel climat ? Les notions de localité ou d’universalité sont-elles vraiment précisées  d’emblée dans cette conception d’une justice se préoccupant du  climat ? Il me semble que non,  mais d’un premier abord,  cependant; et ce n’est pas le moment de nous pencher sur cette question avec plus d’attention. 

Nous devons d’abord nous inspirer de  la méthode de l’écologie qui est à la fois une approche analytique et holistique du même sujet, il me semble. Etudier l'objet de son étude  d’abord pour ce qu’il est  en dehors de l’écosystème où il évolue; puis de replacer cette nature  avant tout dans le contexte de  son milieu d’existence. Cerner la nature comme le fonctionnement de son habitat, l'espace qu'il habite. Enfin, apprécier les interactions de ce sujet  en fonction de la symbiose qu’il a décidé dans cet environnement Avec un  ou d'autres  qui lui sont  différents mais dont les fonctions sont complémentaires  à leurs évolutions mutuelles et respectives. Il faudra également déterminer et étudier les autres sujets ou facteurs qui seront antagonistes à cette symbiose;  dans un écosystème donné.Là encore, on pourrait faire écologie  des  mots ainsi que des environnements où ils naissent, évoluent et meurent le plus souvent pour se retransformer en autre chose. 

Pour faire plus simple et rester dans notre approche  quelque peu écologique du langage,  on pourrait résumer cette dernière  explication  par quelques simples  et dernières questions Est-ce que la justice  a besoin du climat pour être juste, et donc exister ? Est-ce que le climat  doit être forcément  juste ou porteur de valeur de justice pour exister ? Ou bien est-ce que les injustices que peuvent provoquer le climat ont besoin d’une justice pour être atténuées ? Il ne saurait être déjà question de répondre à tout cela. Et d'autres questions auront peut-être été omises d'être formulées. Commençons déjà par la base...à nous imposer un début solide...

Nous voici donc arrivé au moment où il faudra en tout premier lieu s’attarder sur les notions de Justice, mais aussi de « juste » et d'injustice , avant de parler même de justice climatique...

 

A suivre....

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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