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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Sac plastiques en Algérie: Il faudrait traiter la maladie et non seulement ses symptômes...

Le  déchet plastique est  malheureusement devenu un des éléments incontournables  de la nature algérienne...(Photo: Karim Tedjani)
Le  déchet plastique est  malheureusement devenu un des éléments incontournables  de la nature algérienne...(Photo: Karim Tedjani)
Le  déchet plastique est  malheureusement devenu un des éléments incontournables  de la nature algérienne...(Photo: Karim Tedjani)

Le déchet plastique est malheureusement devenu un des éléments incontournables de la nature algérienne...(Photo: Karim Tedjani)

En réalisant cette transition verte, du sac en plastique « conventionnel » vers des produits à « haute valeur écologique », des pays comme la France, qui ont eu l’intelligence de se positionner en pionniers dans ce domaine, pourraient absorber une bonne partie de la clientèle des Chinois...

Chapitre 2

"Quand le  plastique "vert"  tend  vers le  bleu "Euro"...

 

Imaginez qu’à chaque seconde qui succède à une autre, pas moins de 16 000 sacs en plastique seront distribués à travers le Monde...

A des consommateurs, dont un nombre  encore trop préoccupant les jettent n'importe où autour d’eux; sitôt qu'ils  paraissent inutiles à leurs bons petits plaisirs du moment. Cette sinistre manie d'"usage unique"   à provoqués et provoquera de profonds bouleversements écologiques d’envergure planétaire. Il serait donc  irresponsable de continuer à les prendre à la légère. Mais, comme nous le rappelle si souvent  la sagesse chinoise, toute crise  pour les uns couve en son sein des conditions d’opportunités pour qui sait les identifier avant les autres. Ne dit-on pas également que, souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres?

Il faut dire que, depuis la veille des années  1960, le sac plastique à usage unique n’a cessé de s’installer massivement  dans l’environnement des sociétés modernes. Créant de fait un marché international dont la Chine et l’Europe se partagent  apparemment les plus belles parts du gâteau. Il est à noter,  au passage,  que ces deux pôles leaders du marché ne sont pas de grands producteurs de pétrole, matière première essentielle à la fabrication de ce produit. Mais  leurs industries se révèlent  néanmoins très avancées en matière de pétrochimie. Ce qui les rend aussi bien placés dans la pyramide des profits, dans ce domaine, que ne l’est le diamantaire dans son domaine, vis-à-vis des prospecteurs  de diamants.

Véritable secteur économique mondial, c’est un business qui représente tout de même une bagatelle de 500 milliards de sacs à produire et  à diffuser chaque année. On peut  ainsi dire que, si le sachet est si fin et léger, au point de chevaucher les quatre vents  sur des distances  que l’on ne soupçonne pas toujours, son commerce n’est pas du tout une mince affaire à prendre à la légère. Il pèse tout le poids d’un marché de très gros sous.

Pour leurs producteurs, en premiers lieux, cela va de soi. Cependant, depuis,  l’idée de ne plus les distribuer gratuitement dans tous les commerces a fait son bonhomme de croisade internationale. C’est déjà le cas  dans bon nombre de pays industrialisés. Il semblerait que ce secteur économique pourrait devenir quelque peu rentable pour les distributeurs. Non qu’ils ne l’étaient pas déjà indirectement ; en nous offrant une immense facilité d’achat grâce à ses sachets. Il me semble utopique de croire que des sacs, qui seront obligatoirement vendus chers, ne fassent pas l’objet d’une petite marge au passage. Et comme une fois de plus nous le dirait  la pensée asiatique, il vaut mieux parfois faire de petits bénéfices sur de très grandes quantités que le contraire.

Le contexte de l’économie verte semble propice à faire changer  bien des  mentalités nationales, jusque-là récalcitrantes ou hermétiques à toute considération  liée aux notions de responsabilité ainsi que de sobriété écologiques. Et puis au fond, après avoir conditionné plusieurs générations d’être humain à consommer des produits  de manière impulsive, à quoi bon continuer de donner le sucre au chien qui a  définitivement appris à obéir au doigt et à l’œil ?  À grands renforts de sucreries  et de choc émotionnels, il aura été conditionné pour être le chien que l’on attendait qu’il devienne. La consommation à usage unique, l’obsolescence programmée sont à présent principes  de vivre. Les sacs en plastique à usage unique ont donc déjà  remplis leur mission la plus durable et subtile : nous éduquer à consommer comme il se doit pour que ce monde demeure « éternellement » le même, dans sa substance, en ne changeant juste que de forme ou de visage. Il n’est donc plus utile à la grande distribution d’investir encore de l’argent à « offrir » ces sacs à leurs clients. Ces derniers guillemets suggèrent que leurs prix devaient déjà être amortis dans celui des produits achetés par les consommateurs.

Revenons-en à notre pays, l'Algérie, où la question des sacs plastiques est un sujet à la fois très sensible et régulièrement d’actualité. Il concerne, je pense, de près  comme de loin, bien des pans de  son économie et affecte de ce fait  nombre de nos habitudes sociales. Il y a incontestablement une Algérie d’avant et d’après cette introduction massive d’un objet qui, sous ses airs de rien, ne doit surtout nous apparaitre uniquement comme un accessoire de vente ou bien d’achat. Sinon, comment pourrions-nous combattre la maladie dont il n’est au fond que le symptôme?

Cette invasion aura avant tout servi à donner à notre société toutes les conditions d’un environnement où tout ce que l’on consomme est jetable à l’envie. Il faudrait accuser également l’apparition des bouteilles, les couches, les rasoirs en plastique, ainsi que toute une flopée de produits qui n’étaient jusque-là pas encore  « à usage unique ». Cela transformera totalement les habitudes de consommation de la société algérienne ; comme ce fut d’ailleurs le cas pour la plupart des populations qui prirent le train  en marche de la super-consommation des ressources naturelles de l’écosystème Terre.

En ce sens, « le sachet-plastique »   devient un des outils de propagande les plus quotidiens d’une certaine façon de concevoir la réalité. C’est bien plus qu’un sac dont on ne se sert qu’à des fins plus ou moins utiles et éphémères. C’est également une empreinte qui témoigne de la manière la plus incontestable des cuisants paradoxes qui habitent notre époque. Mais c’est encore plus l’indice d’une perte de quelque chose de fort précieux que l’on aura échangé contre des miroirs ou des breloques en verre.

S’ils n’étaient pas jetés n’importe où et n’importe comment, si on tachait d’inscrire tant leur production que leur consommation dans un cercle vertueux de recyclage, ainsi que de réutilisation, nous n’aurions alors accompli qu’une partie du chemin, je pense, qui doit nous mener à une Algérie, pas seulement propre en apparence, mais saine, jusque dans ses profondeurs.

Il faudra veiller peut-être également à permettre aux consommateurs algériens de  profiter de la manne financière qu’ils ont générée en abandonnant dans la nature quelque chose qui garde une certaine valeur, même une fois vidé de son contenu. Un or « vert » importé massivement par des pays comme la Norvège, pour produire notamment de l’énergie.

Reste qu’aujourd’hui encore, ce problème, ainsi que ses enjeux, dépassent de loin les frontière de notre pourtant si vaste pays ; même quand ils nous concernent plus particulièrement. Les sacs en plastique, c’est un marché mondial déjà très bankable, nous l’avons déjà fait remarquer. Tandis que la transformation « verte » de ce produit, sous toutes ses formes possibles et imaginables, représente aussi  des centaines de milliards de bénéfices. Mais bien entendu pour la même caste industrielle qui a fait fortune, en modifiant systématiquement certains de nos comportements  à la guise de leurs intérêts hégémoniques. Pour faire converger  toutes nos attentions, nos aspirations, vers un seul centre, une sorte de temple, que l’on dit « commercial ». C’est, en quelque sorte la cathédrale d’un moyen-âge renié, où la coutume ici  est de penser que la quantité de masse doit toujours primer sur la qualité d’âme et d’esprit de l’individu.

En réalisant cette transition verte, de sacs en plastique « conventionnel » vers des produits à « haute valeur écologique », des pays comme la France, qui ont eu l’intelligence de se positionner en pionniers dans ce domaine, pourraient absorber une bonne partie de la clientèle des Chinois. Ce sera également de nouvelles débouchées pour l’agriculture, les secteurs des encres bio et bien des domaines corollaires à la technologie des plastiques « bio-ressourcés ».Mais ces sachets ont un coût qui peut dépasser de plus de deux fois celui du sac plastique non biodégradable. Qui en fera les frais ?

En attendant que de véritables mesures soient misent en branle pour commencer déjà à endiguer ce fléau, combien  d'écosystèmes  naturels ou non,  d'êtres vivants, souffrent de la présence de ces déchets?  En Algérie,  ce sont presque les  millions de cailloux d'un petit poucet encore plus vorace que l'Ogre qui aspire à le dévorer;  dont il croit  cependant avoir volé les bottes de sept lieux,  tandis qu’il ne porte à ses pieds  qu'une paire  sandallette ornée seulement d'une virgule. Il existe  chez nous, en effet une catégorie si  nombreuse d'individus  que l'on pourrait suivre à la trace rien qu’en ramassant les ordures qu'ils laissent autour d'eux, et particulièrement quand ils piquent-niquent en pleine nature.

Ramasser ses ordures après son passage à la campagne ; ramener ses miettes de villes dans la corbeille à poubelles de nos maisons. Est-ce vraiment un geste qui demande le secours d’une technologie de pointe étrangère ? Ne jamais rien jeter sur la voie publique, garder dans sa poche ou une petite pochette  prévue à cet effet, tous  nos déchets de consommation "à usage unique",  et les mettre à la poubelle dès que possible. Certes, cela est un peu plus compliqué, mais ce serait en attendant d’exiger  des services ainsi que des infrastructures de propreté publique à la hauteur du défi que cette pollution nous a lancé; avec une sérieuse longueur d’avance...

N'allons pas  non plus nous précipiter d'accuser seulement ceux qui, comme vous et moi, consomment plus qu'ils ne produisent de choses matérielles. Nous devons réaliser qu'un tel succès, comme ses plus néfastes conséquences, ne sont que le prolongement d'une logique globale qui régit quasiment chaque instant de notre vie. Le poids de cette "manière de vivre" est comparable à un énorme boulet accroché aux chevilles de l'être industrialisé que nous sommes devenus, à peine sortis du ventre de nos mères. Cet être  finira sûrement transhumain,  pour s'éteindre peut-être translucide. Alors qu'il ferait bien mieux, dès à présent, de redevenir  tout simplement humain;  avant tout,  et voire surtout. 

Nous sommes tous, au féminin, comme au masculin, conscients des limites de notre modernité actuelle, ainsi que des frontières qu'elle nous impose  entre un monde meilleur et celui que nous subissons à bien trop d'égards.  Comme le meilleur des mondes d'une clique funeste de bêtes humaines aux crocs et tentacules invisibles. Telle  la main  invisible qui brandit l'épée de Damoclès sur la plèbe aveuglée par son bouclier  illuminant  d’images et de mots hypnotisants.  Qui dit boulet, dit forcément  prison...ici c'est un supplice de Sysiphe! 

Dans le meilleur des cas, il ne faudrait pas seulement chercher à élargir la sphère de notre cellule;  quand nous nous révoltons  uniquement contre les gardiens de notre geôle; alors que c'est l'acceptation même de cette incarcération perfide qu'il faudrait avant tout tuer en nous. 

Nous avons si peu de moyens matériels de changer la réalité, au fond, nous les  « lambda »  des quatre coins de la même Terre. Certes...

Mais quand on aborde cette fatalité avec un regard moins matérialiste, on se dit que, peut-être, -notre marge de progression est de nature à au moins nous redonner  le goût de l'espoir. Et si, au fond, c'était cela le vrai progrès humain? Celui du cœur, de la pensée, de l'émotion, du sentiment d’une certaine proximité entre nous. Malgré le vaste océan  qui nous sépare mais nous contient également ; de  forces vitales  qui se succèdent  et se mêlent en vagues parfois hurlantes, souvent fracassantes que l’on nomme Humanité.

Nous sommes pourtant capables, par d’autres voies,  aussi d’un bourdon vibrant  de sereines intentions, de solidarités et d’indignations justifiées ; il est   des plus  apaisant et bénéfique à sentir murmurer en chacun d'entre nous. Tant pis, au fond, si toutes ces ondes d'existence finiront forcément un jour où l'autre par s'échouer dans la terre ferme, comme on retourne dans le creux d’un ventre mère; pour mourir, et renaître dans le Ciel ou six pieds en dessous des nôtres, qui sait?

Quant au confort, non moderne, mais l’industriel, il  est devenu non pas une norme mondiale, mais un fantasme  planétaire, dont la réalisation à l’échelle internationale  ne fait que nous précipiter pourtant vers une terrible impasse. Car  rien n’est gratuit en ce bas monde, même pour la nature, qui ne dispense ses bienfaits que dans la mesure où on ne la perturbe pas trop.  Tout nouveau, un droit individuel  acquis incombe des devoirs collectifs acceptés par celles et ceux qui en usent. Jusque-là, c'était à peu près l’ordre des choses. Chaque festin a son addition, qu’elle nous soit présenté dès la fin des festivités ou sous forme de dette  qu’on ne pourra que forcément régler un jour où l’autre. 

Le citoyen  des temps modernes,  lui, grâce à ce nouveau  petit « prodige »  de la pétrochimie, a pu accéder à  toutes les libertés de consommer. Tout cela  en considérant qu’il n’avait d’autre engagement  personnel  à céder en contrepartie que d’acheter quelque chose. Libre « enfin »;  de laisser ses pulsions de consommer s’exprimer à tout moment de la journée, mais aussi partout dans l’espace.  Aux lendemains encore  si peu lointains d’un second conflit d’envergure mondiale,  traumatisant, affamant, et oppressant,  cette mutation ne put faire que l’effet d’une manne offerte après un long exil dans le désert.

L’abondance avait bien déjà coulé à flots de dollars pour celles et ceux qui surent voir dans ces deux conflits de masse un laboratoire qui fut lucratif, bien au-delà de leurs espérances. Mais ce fut également un tremplin de choc pour  de nouvelles idées. Après deux secousses d'envergure mondiale, le mot « liberté » devra dès lors  l’emporter sur toutes formes de contraintes. C’est une liberté  cependant toute calculée en monnaie sonnante. Elle impose, depuis,  une totale soumission aux principes négatifs de l’empire du « toujours plus ». Fini le temps du « toujours moins » de la sobriété forcée et de l’emprise de la force publique  sur l’individu. Pour peu,  bien entendu  et cependant,  que l’on soit citoyen d’un pays « développé ». Il est d’ailleurs assez intriguant de constater qu’en Algérie, cette  même liberté aura elle aussi  succédé à deux terribles guerres qui auront éloigné notre société de certaines de ses plus belles natures, au sens propre comme au figuré. 

Entre ces deux extrêmes, il y a forcément un équilibre à rétablir. Mais il est clair qu’en attendant les privations d’une génération se transforment souvent en soif de dévorer la vie pour celles qui les précéderont.

C’est surtout  l’obscur avènement de   l’ère du « tout jetable »,  qu’il faudrait reconnaitre  et dénoncer de nos jours.  Le sac en plastique n’est au fond qu’un de ses plus efficaces outils de propagande. Un horrible tentacule qui nous entoure à la manière d'un cercle de vie;  mais  ce n'est pas l'Hydre pour autant. Celle d’un monde qui célèbre et encourage tous les superlatifs; fait passer nos responsabilités pour des devoirs utopiques  et l’égoïsme  pour un droit évident. Tous les marchés deviennent « hyper », « super », aussi vastes  que des « galaxies ». Il  faudra dorénavant consommer les choses en grand, avec largeur, plus dans la dépense, d’ailleurs,  que dans l’esprit de la mesure. Qui veux le plus aura le plus et à moindre prix. Quantité...

 

Dans le prochain article, pour conclure ce dossier, nous nous pencherons donc sur les  potentiels principes, et non seulement sa forme. Ceux  qui produisent la goufa, un outil traditionnel dont il faudrait s'inspirer à bien des égards. Mais pas forcément pour entretenir certaines images d'Epinales de nos ancestres, en tout,   "écolos" dans l'âme; il s'agira de voir les avantages  autant que les limites de faire de cet objet le symbole de la lutte maghrebine contre le sac en plastique...

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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