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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Climat : des efforts supplémentaires seront nécessaires pour récolter les 100 milliards d'aide promis

Ce travail d'analyse et de projection de l'OCDE permet d'assurer qu'au moins 67 milliards de dollars de financements publics, de sources bilatérales et multilatérales, seront disponibles en 2020

  18 octobre 2016  |   Article rédigé par Guillaume Krempp

Un rapport de l'OCDE sur le financement-climat éclaire la voie à suivre pour parvenir aux 100 milliards de dollars par an d'aide aux pays en développement.

Une transparence appréciable qui dévoile néanmoins que l'objectif n'est pas encore atteint. C'est un enjeu crucial de la lutte contre le changement climatique depuis la COP15 à Copenhague, au Danemark. Si l'Accord de Paris, adopté à la COP21, précise que la somme de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 n'est qu'un plancher appelé à évoluer, l'engagement des pays développés pour une aide financière aux pays en développement souffrait toujours d'un manque de transparence. 

Un rapport de  l'Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE) sur les projections de finances climat vient de clarifier la feuille de route vers ce financement. La nécessité de mobiliser le financement privé.

Ce travail d'analyse et de projection de l'OCDE permet d'assurer qu'au moins 67 milliards de dollars de financements publics, de sources bilatérales et multilatérales, seront disponibles en 2020. En effet, d'après la feuille de route de l'OCDE, les engagements pris par les pays développés lors de la COP21 suffiront pour augmenter de 26 milliards la part des financements publics dans cette aide à l'adaptation au changement climatique.

Une somme qui pourrait atteindre 90 milliards de dollars si les financements privés mobilisés par la finance publique étaient équivalents à ceux de la période 2013-2014.

L'Australie et le Royaume-Uni ont pris les devants en publiant une feuille de route conjointe pour atteindre l'objectif collectif de 100 milliards de dollars. Dans leur document, la mobilisation des financements privés est décrite comme "cruciale non seulement pour atteindre les 100 milliards de dollars, mais aussi pour remplir les objectifs de l'accord de Paris". Un enthousiasme à tempérer.

Saluée par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, et le ministre des Finances, Michel Sapin, comme des "résultats positifs [qui] confortent la dynamique issue de la COP21", la feuille de route de l'OCDE a été accueillie avec précaution par les acteurs de la finance, de la recherche et du monde associatif.

Pour Thomas Spencer, directeur du programme Energie et Climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), l'important n'est pas tant la somme mobilisée que son affectation vers une économie plus durable : "Les 100 milliards sont un engagement politique, qui doit être complété par des efforts visant à réorienter les investissements vers les actifs bas-carbone dans toute l'économie mondiale".

Du côté de la finance, on constate plutôt avec inquiétude le fait que les prévisions de l'OCDE sont inférieures aux engagements pris depuis la COP15. Athena Ronquillo-Ballesteros, directrice des finances climat pour l'Asie au sein du fond d'investissement de la famille Growald, considère que "que les pays développés montrent aujourd'hui leur bonne foi en publiant, de façon plus transparente, les progrès vers les 100 milliards de dollar par an promis pour financer des actions dans des pays plus pauvres. Ceci est un bon signe. Qu'ils ne soient pas encore totalement sur le bon chemin pour atteindre l'objectif l'est moins".

Enfin, Oxfam France exprimait, par voie de communiqué de presse, son insatisfaction face à un financement qui "reste largement insuffisant au regard des besoins sur le terrain. L'ONU estime que les coûts de l'adaptation pourraient atteindre d'ici 2030 entre 140 et 300 milliards de dollars dans les pays en développement". L'accord de Paris pourrait permettre d'augmenter le plafond des aides. Il faudra néanmoins s'assurer en premier lieu de respecter les promesses initiales…

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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