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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Dar, Douar, Dénia...Ou les potentiels fondamentaux d'une maana écologique algérienne moderne

Photo: Tedjani Karim

Photo: Tedjani Karim

Chapitre 11 

"Soyons des Arbres sur Terre!"

(Et non seulement  des petits hommes et femmes verts)

 

Il parait qu’il vaut mieux planter de  jeunes arbustes dans le  plus proche entourage possible  d’un vieil arbre centenaire. Ainsi, apparemment, ces arbrisseaux auront beaucoup plus de chance d’arriver à l’âge adulte,  que s’ils avaient dû évoluer sans cette précieuse assistance. Celle d’un  sage mentor, expérimenté, aguerri par toutes les épreuves d’une  vie  aussi modeste que rayonnante,  il me semble. Cela est bien plus que l’héritage imposé  d’un autoritaire patriarche ou bien roi de la Jungle auto-proclamé selon l'ordre des quantités ou des forces amassées.

 

C’est peut-être  et d’ailleurs  une des  plus belles choses qui pourrait nous rapprocher de ces êtres vivants.  Dont l’existence aura survécu à toutes les nuits des temps,  comme elle aura également annoncées   chaque  renaissance  de la Vie sur Terre. Une telle réalité, qui n’est pas seulement une poésie,  me fait personnellement  toujours repenser à ces hommes, ces femmes,  qui  ont été les  plus précieux arbres de ma vie ; et sûrement de bien des arbrisseaux  qui ont comme moi poussé autour d’eux. Peu importe le nombre de rides qui s’accumulaient sur leur peau, tels  les sillons d’un tronc  grandissant au fil des cycles du Temps tellurique.

Pour ma part, je n’ai  vraiment que faire  d’être considéré comme un militant écologiste algérien, et je ne me connais aucun héros dans la mythologie de l’écologisme. Ce que je respecte avant tout  dans la nature de notre Planète, comme celle de l’Humanité, dans notre pays, comme celle de notre nature algérienne,  n’est en rien mieux incarné  que par la simple vie d’un arbre. Voilà mon écologie, mon idéologie comme ma science personnelle qui me relie à tout ce qui m’entoure et m’influence. Vivre comme un arbre mon humanité sur Terre. Mon idéal  de vie, mon économie intime est aussi simple qu’ardue à réaliser. Je constate de jours en jour à quel point la tâche est  dessus des forces d’une génération, pourquoi  tous ces adultes ont pris le temps de faire de moi leurs pairs. A quel point le tempo du sang et de la sève ne sont égaux qu’à l’échelle des générations, pas d’une simple vie. C’est la plus cruelle des humilités que tout aspirant Arbre doit admettre pour faire cependant battre son cœur au  rythme du sang nouveau, celui des générations d’adultes à venir.

Trop peu d’entre nous  savent ou se souviennent   à quel point les végétaux sont eux aussi  capables de langage et donc de société. Aussi,   tel un vieux  survivant, master es  Sylvicus,  un vénérable arbre adulte  montera naturellement  à de plus jeunes  comment se développer en toute sérénité ;  et donc   comment collaborer avec leur environnement, plus que de travailler à le conquérir.  Mais aussi, il s’agira de leur enseigner  comment survivre à tous les périls que pourra leur imposer la nature,  autant que le climat. Changer de forme, en fonction des périls ou bien des périodes fastes, mais toujours rester arbre, fidèle aux principes primordiaux de son espèce ; respecter le pacte que ses ancêtres ont passé avec le Ciel et donc la Terre, pour y mériter leur place en toute légitimité et non la force d’une maitrise plus que chimérique. L’Arbre, par exemple, sais  percevoir des variations de pressions atmosphériques ou de champs telluriques qui lui permettent d’anticiper des catastrophes naturelles sans le moindre ordinateur oui bien d'autre technologie que son corps munis de ses sens...

Cet apprentissage leur sera utile durant toute  leur longue existence, où végéter ne  doit  surtout pas dire stagner, mais prendre le temps de faire bien les choses, en profondeur.  Parce que l’on a une presque éternité devant soi  pour se réaliser...

Mais ce noble et dur à cuir pédagogue  n’est immortel  que dans le principe ; notamment parce qu’une certaine Humanité existe autour de lui avec   une aussi farouche que croissante  virulence. Incapable d’avoir  résolu le paradigme ultime des espèces dont les sociétés sont les plus durables,  et donc les plus évoluées ; depuis que la Terre est habitat de  la Vie : Bien entendu le  climat n’est pas  lui non toujours des plus tendres avec ce grand Peuple  des peuples forestiers.  Mais il me semble que ce n’est pas pour rien que, le plus souvent, derrière un désert, se cache aussi  cette main que celle, complice,  de l’Homme  vénérant la  Quantité.  Tous les écosystèmes humains  qu’il fait subir à son environnement  sont le résultat  funeste de ce principe contraire à la notion de qualité, dès lors que la quantité devient agent du  poison et non d’un remède ou d’un bien-être.

Notre vieil arbre, lui, projettera lentement vers ces jeunes voisins,   toute l’étendue de sa  mûre toile,  de  filaments et fils au grain amidonné, si  habile à se  faufiler dans les sols, à nourrir et se nourrir de la terre. Elle viendra progressivement t  s’entremêler aux frêles  racines  de ces cadets à la peau d’écorce ; créant ainsi  entre eux un véritable  réseau social.  Où se partagent de générations en générations  autant l’information que les ressources naturelles  nécessaires au développement de l’ensemble de la forêt.  

A leur tour, quand ils seront suffisamment  avertis des réalités de la Vie, alors, ils prendront le temps de prendre  quelques arbustes sous leur ombre à la fois protectrice des ardeurs du ciel, que des  déversements  du Ciel ; sans jamais nous éloigner de la vraie lumière ; celle qui  existe même là où la matière ne sait pas encore la révéler à nos yeux humains.

Oui, les arbres, comme bon nombre d’êtres végétaux, peuvent  eux aussi apprendre, enseigner,  et même prodiguer de nombreux soins à leurs congénères. En  cas de maladie, ou bien pour résister aux  changements climatiques, par exemple. Ils savent également  rendre leur existence conviviale et utile pour bien d’autres espèces à qui ils assurent habitat et nourriture, de manière durable ou occasionnelle. Qu’aurions nous fait sans le bois, les fruits, le charbon, les feuilles et tant d’autres choses tirés des arbres ?

Leur économie semble basée sur un principe aussi simple qu’il  est à des années lumières  paraissant  régir notre existence humaine actuelle. Vivre, et laisser vivre, être capable de collaborer avec des êtres dont l’espace-temps, comme la nature génétique, lui sont opposés en presque tout. Mettre du mouvement là où les autres ne voient que de l’inertie, nourrir la sienne du mouvement d’autrui. Donner un fruit gorgé de sucs et de graines. Allier l’agréable à l’utile, voilà, il me semble, le paradigme fondateurs de l’économie du peuple des arbres.

Non que tous les arbres soient des anges de la Terre, certes  dépourvus  de jambes  et d’ailes,  mais toujours  et  cependant illuminés  de la lumière céleste.  Bien entendu,  leur monde n’est pas  innocent  de comportements  qui pourraient nous paraitre fort cruels, selon notre conception  humaine de la moralité. Ce qui nous différencie fondamentalement des arbres, c’est qu’ils ne sont pas des individus, au sens littéral du terme. Ils sont  de nature divisible, presque  à l’infini d’ailleurs. Coupez donc- un quelconque  membre de votre corps ; je doute qu’il repoussera de ce dernier un autre vous-même !

Mais être  ou ne pas être un arbre,  pour moi, en matière d’écologie, telle n’est pas la question, mais  bien la différence qui nous sépare pourtant de notre nature humaine la plus saine. Les arbres sont capables de stratégies de vie  beaucoup plus empathiques et sociales que notre paradigme d’humanité contemporain. Et je pense que leur économie, si elle ne devait pas subir la nôtre, à l’échelle globale, est durable à l’infini. Non que les arbres soient les plus puissants, ou bien les plus  féroces prédateurs  sur Terre, mais ils disposent d’un atout sublime sur notre espèce : la nature ne pourra pas se passer d’eux... tandis que de l’être humain... si. L’Histoire nous rappelle sans cesse que, aux quatre pôles cardinaux de ce  globe terrestre, quand  toute société ou civilisation  fini par avoir raison de ses forêts locales, elle s’engage alors  dans un processus d’effondrement.

Les arbres, ne cultivent pas seulement leur propre corps, ne se  nourrissent  pas uniquement  de la lumière et des poussières de l’univers que a des find d'intérêts  avant tout individuels. Il me semble que  ce peuple, car pour moi il s’agit bien de cela,  a fait perduré  sur notre planète commune ses propres traditions, ses cultures ancestrale, ses Piliers de la Terre, et cela de générations en génération de forêts, comme nous de sociétés. 

 

Voici donc mes premiers héros de l’écologie algérienne, mais aussi les gardiens les plus anciens d’une tradition humaine que tous les personnages qui vont suivre m’auront, bon gré ou mal gré, transmis à travers leur propre manière d’être arbre de Vie,  pour le jeune adulte en fleur  que j’étais quand je les côtoyais...

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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