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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

 MAROC COP22 Maroc : le retour des sacs plastiques?

MAROC , COP22 PUBLIÉ LE 19/10/2016 À 08H30

Importations d’Espagne et d’Algérie, mais aussi reprise de l’informel, au Maroc les sacs plastiques interdits en juillet réapparaissent pourtant depuis la rentrée. Pendant ce temps, les entreprises qui fabriquaient les sacs attendent toujours les aides promises par le gouvernement pour leur reconversion.

"Ici, non, c’est pas zéro mika !", lance, tout sourire, un vendeur ambulant de fruits et légumes en glissant un kilo de tomates dans un magnifique sac en plastique, rue Mustapha El Maani, à Casablanca. Disparus totalement en août, suite à leur interdiction, les sacs plastiques, les "mika" dans le langage familier des marocains, réapparaissent depuis un mois auprès des commerçants les moins formalisés.

"Avec l’interdiction, on peut dire que l’on a fait un grand pas malgré des tentatives fortes d’importation de sacs plastiques en provenance de pays pas très lointains [comprendre l’Algérie, ndlr] avec un peu de réussite, a déclaré Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie, le lundi 10 octobre 2016, à Skhirat, lors du Sommet international pour la valorisation des déchets et le climat. "Certains disent que ça y est, ça a repris. Non, j’ai fait passer un texte, pour serrer davantage. Le pari n’est pas encore gagné. On a tendance à penser qu’on va s’essouffler et que les mauvaises habitudes vont reprendre le dessus. Je pense et j’espère que non.

C’est un combat qui est à moitié gagné", a assuré le ministre. sacs plastiques de contrebande "Les sacs de contrebande arrivent d’Algérie et d’Espagne. Auparavant, les sacs se vendaient 18 dirhams le kilo [1,65 euro] , ils se vendent aujourd’hui à 60 dirhams le kilo", révèle un membre de la Fédération marocaine de plasturgie (FMP) qui a requis l’anonymat. Le secteur informel marocain "a été bloqué au départ, mais il a repris des forces, alors que les entreprises en règle sont, elles, bloquées par l’application de la loi", regrette-il. Le chiffre d’affaire du secteur formel des sacs plastiques - 2,3 millions de dirhams en 2014 - va nécessairement souffrir de l’interdiction, en dépit des 200 millions de dirhams d’aide à la reconversion promis par le ministère de l’Industrie.

Pour les entreprises déclarées qui font plus de 30% de leur chiffre d’affaires dans cette activité, l’État devrait notamment apporter 50% de l’investissement industriel lié au projet de reconversion. "72 sur 84 entreprises candidates aux aides de l’État pour la transformation de leur activité ont été sélectionnées", a rassuré le ministre. "Des dossiers de demandes de subventions ont été déposés mais aucune aide n’a encore été déboursée. Aujourd’hui, pour être conforme à la loi, il faut faire des investissements mais rares sont les entreprises qui en ont la capacité surtout avec une production à l’arrêt. Au total, une quarantaine d’entreprises a fermé depuis la promulgation de la loi. Il y a des licenciements, des faillites, des cessations de paiement", déplore le membre de la FMP. Bref, pour le Maroc qui avait voulu interdire les sacs plastiques en amont de la COP22 qui se tient à Marralkech à partir du 7 novembre, l'affaire n'est pas si simple que prévu.

Julie Chaudier, à Casablanca

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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