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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Céréaliculture : Un secteur dépendant entièrement de la pluviosité

Les effets du réchauffement climatique sont bien là, et le manque de pluie, ces deux derniers mois, a fait naître des craintes. La campagne agricole suscite d’ores et déjà des inquiétudes en Algérie.

La diminution des pluies et l’augmentation des températures ont ainsi impacté sur de nombreux secteurs liés à l’agriculture. Les agriculteurs s’inquiètent, les céréaliers des régions à vocation céréalière (l’est et l’ouest) restent dans l’expectative, ceci d’autant que ce sont des régions où tout est lié aux précipitations. Les experts savent bien que ce secteur des céréales est presque entièrement dépendant de la pluviosité, mais ils savent également qu’il est impossible de commander la pluie.

Ainsi, le temps entre deux épisodes pluvieux varie parfois de quelques jours à plusieurs mois. Une période de sécheresse a sévi pendant plusieurs semaines. Si quelques agriculteurs ont pu bénéficier d'un peu de pluie, pour d'autres producteurs, il n'en n’est rien. Ils sont tous affectés différemment. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, il y a eu des pluies légères ou modérées, et ne sont pas encore à même d’humidifier la superficie cultivée pour les travaux de préparation des terres et les semis des cultures d’hiver.

Ce constat a été bien relevé par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslam Chelghoum, en précisant que «même si les régions du centre et de l'est du pays ont été un peu arrosées, ces derniers temps, pour les wilayas de l'ouest, j'ai un peu peur», s’est-il exprimé, en ajoutant : «Nous comptons beaucoup sur les wilayas de Tiaret et de Sidi Bel-Abbès pour une bonne production de céréales.

Mais, jusqu'à présent, les pluies tardent à arriver, et si les choses ne s'améliorent pas, il y a vraiment de quoi s'inquiéter», a révélé le ministre. Interrogé sur l'introduction de techniques d'irrigation pour pallier justement des situations pareilles, le ministre a précisé que «l'irrigation d'appoint, comme son nom l'indique, intervient en complément. Mais pour ce qui est du cas actuel, il faudrait que les pluies arrivent pour bien arroser les sols et permettre de labourer», rappelant que les mauvaises récoltes enregistrées lors de la précédente campagne sont dues essentiellement à la sécheresse et au gel qui ont sévi dans les régions à vocation céréalière.

Baisse de la production céréalière Par ailleurs, la production céréalière de l'Algérie a baissé à 3,41 millions de tonnes en 2015/2016, contre 3,7 millions de tonnes l'année précédente, avait indiqué le directeur de la régulation et du développement de la production céréalière au ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la pêche, Chérif Oumari.

Une production record de 6,12 millions de tonnes avait été enregistrée en 2009. Pour expliquer ce recul, le responsable au ministère a évoqué plusieurs facteurs, notamment météorologiques, dont le gel, la grêle et la sécheresse qui se sont successivement abattus sur les Hauts Plateaux, une région à vocation céréalière.

Fournissant plus de détails, Oumari avait précisé que les quantités de céréales collectées sont réparties entre plus de 2 millions de tonnes de blé dur, 0,5 million de tonnes de blé tendre, plus de 0,9 million de tonnes d'orge et 0,075 million de tonnes d'avoine. La moyenne de rentabilité pour la saison 2015-2016 est estimée à 1,6 tonne par hectare.

En Algérie, la farine extraite à partir de blé tendre destinée à la fabrication du pain (farine panifiable) est subventionnée par l'État, le pain étant considéré comme un produit de première nécessité, au même titre que le lait. En 2015, le montant des importations de céréales a baissé à 3,43 milliards de dollars, contre 3,54 milliards en 2014, le gouvernement algérien souhaitant réduire la facture alimentaire, notamment celle des céréales, en prenant des mesures en faveur des agriculteurs locaux. Cependant, la courbe de production est en dents de scie, car à défaut d'utiliser les techniques de l’irrigation, la culture céréalière reste tributaire des précipitations.

Les besoins de l'Algérie en céréales sont estimés à environ 10 millions de tonnes par an. La production locale n'en fournit que la moitié, voire le tiers. Donc, l’urgence, c’est de sortir des cycles traditionnels devenus ingérables. Les céréales non irriguées, l’agriculture dans les zones à stress hydrique, l’irrigation avec l’utilisation massive d’eau… tout doit être revu de manière rationnelle. Kafia Ait Allouache

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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