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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Cadre de vie : la chute aux enfers

Amar Nait Messaoud/ Impact 24 info/  21.03.2017 11:00

 

Le cadre de vie continue à se dégrader, aussi bien dans les villes que dans les zones rurales. Les communes, auxquelles on fait incomber toutes les défaillances dans ce domaine, paraissent dépassées par l’ampleur du phénomène. Les journées de volontariat organisées par les wilayas et les services techniques ne peuvent guère suffire à faire régner hygiène, propreté, tranquillité et détente dans les quartiers des villes ou dans les hameaux des villages, d’autant plus que le cadre de vie ne se limite pas au ramassage des ordures ménagères et autre déchets domestiques et urbains.

 

Qu’il s’agisse des décharges sauvages fumantes au bord des routes nationales, des cloaques d’eaux usées envahissant même certaines plages, voire des dispensaires et des hôpitaux, des moustiques et autres bestioles qui portent atteinte au confort et à la santé des habitants, ou bien encore des incendies de forêts qui dévorent chaque années notre patrimoine végétal, le décor hideux et malsain est malheureusement planté chaque année dans les différentes villes et bourgades d’Algérie. Les gestionnaires ou les instances élues donnent l’impression d’être franchement dépassés, aussi bien à l’ombre de l’aisance financière qui a prévalu jusqu’à la fin de 2014, qu’aujourd’hui, à l’ère de l’austérité avancée comme argument-massue par les structures en question.

 

Décors laids et putrides

 

En ce début du 21e siècle, et avec les avancées technologiques que connaissent les activités de ramassage des ordures, de recyclage des déchets, de gestion urbaine, de traitement des effluents domestiques et industriels, il est pour le moins absurde et inconcevable que de tels décors putrides et enlaidissant le décor et les paysages, continuent à meubler le quotidien des Algériens et à menacer leur santé. De quel tourisme parle-t-on, lorsqu’un minimum d’environnement sain n’est pas assuré, lorsque l’esprit civique n’est pas toujours au rendez-vous et lorsque les structures d’accueil pâtissent des mêmes défaillances que l’ensemble des cités et quartiers?

 

Comment compte-t-on favoriser et développer l’activité touristique, que les pouvoirs publics présentent comme une des clefs de la diversification économique, dans un contexte d’un cadre de vie voué à une myriade d’aléas ? Pratiquement aucun lieu ayant intrinsèquement cette vocation et cette potentialité touristique n’échappe aux griffes d’un environnement qui se dégrade et se lézarde un peu plus chaque jour. Outre les classiques ordures ménagères qui jonchent les trottoirs, les fossés de routes et les places publiques, le nouveau phénomène réside dans ces gravats issus de travaux de démolition de bâtisses, et que l’on retrouve partout, y compris à l’orée des forêts, dans des talwegs, au bas des bâtiments,…etc.

 

Suite aux chutes de pluies automnales, ces gravats ont été à l’origine de graves inondations. L’eau, dans sa furie, emporte les morceaux de plâtre, de carrelage, de faïence, de béton et de briques, et elle dépose sur les regards des conduites d’évacuation des eaux de pluies ou d’assainissement. La ville de Constantine en a connu un dur épisode lors de la réalisation des travaux de restauration des sites culturels et historiques, pendant la manifestation de « Constantine, capitale de la culture arabe ».

 

Le nouveau « décor » des paysages algériens

Il se trouve que même les sites montagneux, les forêts récréatives, les abords des grandes routes nationales, n’échappent pas à la dégradation de leur milieu physique et biotique. Es bouteilles et canettes de bière qui jonchent les accotements et les abords immédiats de barrages hydrauliques forment le nouveau décor de la campagne algérienne qui rebute aussi bien les familles, qui auraient l’intention de passer un week-end de détente au bord des ces nouveaux plans d’eau, que d’éventuels touristes étrangers.

 

Les efforts de sensibilisation ne semblent pas être couronnés de succès. Le prêche donné à la mosquée par l’imam, et portant sur la valeur de l’hygiène et de la propreté, voit son effet s’arrêter aux portes de cet édifice. Juste à la sortie, des amoncellements de détritus de toutes sortes s’offrent à la vue. Il en est de même des écoles et des universités. Très peu de quartiers sont organisés en associations pour défendre les espaces verts et s’associer aux initiatives de l’administration à l’occasion de la Journée de l’arbre, des zones humides, de la lutte contre la désertification, de la protection des zones de montagne,…etc.

 

Défaillance du monde associatif et retard dans l’industrie de recyclage

 

Aux défaillances avérées des services publics chargés de l’hygiène et de la gestion urbaine dans sa globalité, se greffent immanquablement l’indolence et la démission de la société civile. Cette dernière, avec les limites qu’il faut assigner à ce concept de « société civile », se trouve souvent happée par les intérêts immédiats des personnes qui la composent, à commencer, par exemple, par les échéances électorales qui se rapprochent. On préfère apparemment proférer ou écouter des boniments et des promesses oiseuses, que de s’impliquer dans la gestion de son environnement immédiat.

 

Sur un autre plan, une partie des déficiences liées à la gestion des déchets est à attribuer aux retards dont souffre l’Algérie dans l’industrie du recyclage. On ne peut pas, par exemple, inviter les ménages à procéder au tri des ordures ménagères si, à l’aval, il n’y a pas de débouché industriel. Car, ce dernier, lorsqu’il est crée, induit automatiquement la création d’un réseau de collecte de produits recyclables. Ce réseau se doit de s’organiser pour procéder à la collecte, à commencer par le moyen du tri. Dans le cadre de l’aide apportée par l’Etat à la création de micro-entreprises, il serait plus que souhaitable d’orienter les investissements vers ces créneaux (collecte de déchets ménagers et industriels et activité de recyclage). La diversification de l’économie nationale, c’est aussi cela.

A.N.M

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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