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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Du livre à la forêt": Planter un arbre aujourd'hui pour cultiver les citoyens de demain...

Un jeune planteur du village de Raffour, à Bouira, vient régulièrement prendre des nouvelles de l'arbre qu'il a planté dans un centre de formation local...

Un jeune planteur du village de Raffour, à Bouira, vient régulièrement prendre des nouvelles de l'arbre qu'il a planté dans un centre de formation local...

Chaque année, lors de journées de volontariats et de sensibilisations, de nombreux citoyens Algériens, de tous âges et tout genre, sont régulièrement invités à participer à des opérations collectives de plantation d’arbres. Soit par les autorités, soit par le tissu associatif ou éducatif locaux. Et ce, la plupart du temps, dans des espaces urbains ou bien des sites naturels de leur localité. Ainsi, des évènements tels que les journées mondiales ou nationales de l’arbre sont devenus des rendez-vous quasi incontournables dans l’agenda de nombre d’associations et d’institutions, mais aussi de médias algériens...

En permettant ainsi au citoyen de jouer un rôle actif dans ces opérations écologiques d’utilité publique, il est de ce fait question de veiller à le responsabiliser à propos du respect ainsi que de l’entretien des arbres évoluant dans ces espaces de collectivité. En effet, puisque les participants de ces boisements les auront plantés de leurs propres mains, dans des lieux qu’ils fréquentent régulièrement, n’est-il pas légitime de penser qu’ils devraient naturellement se sentir solidaires de leur sort ?

Cette approche participative, en tout cas  dans l’absolu théorique, ne manque certes pas de bon sens. Cependant, au regard des piètres résultats qu’elle produit sur le terrain algérien, peut-on vraiment la considérer suffisamment pertinente pour ne pas vouloir  s’appliquer à la parfaire ? Pour en avoir observées un grand nombre d’entre elles, sur la durée, ainsi que dans plus d’une trentaine de wilayas, nous affirmons que le caractère trop souvent ponctuel et éphémère de ces actions rend leur portée pédagogique si peu prégnante sur les mentalités locales.Quant à leur rendement écologique, elle  est tout aussi sujette à maintes réserves...

Bien entendu, il y a aussi beaucoup de choses positives à reconnaitre à de telles opérations ; dans bien des cas elles peuvent s’avérer porteuses d’un changement de comportement de la part de certaines collectivités ou populations locales. Mais de tels succès, à l’échelle de notre vaste territoire, ainsi que de la grande diversité de richesses culturelles qu’il héberge, demeurent beaucoup trop anecdotiques.

Dans nombre de cas, ces plantations sont effectuées sans une véritable vision sur le long terme. Et cela tant au niveau de l’entretien de la santé des arbres que celle de l’intérêt des citoyens pour leur condition dans leur environnement. On pourrait même se risquer à penser que de telles insuffisances ont tendance à provoquer un effet tout à fait contraire, pour ne pas dire perverse, sur la mentalité des planteurs volontaires, mais aussi de l’ensemble de la population cohabitant avec ces arbres.

En effet, à force de planter chaque année des arbres sans jamais se soucier de leur devenir, et de constater que si peu d’entre eux survivent à leur première année de plantation, les citoyens en viennent à considérer ces opérations plus symboliques qu’autre chose. Au lieu de les appréhender comme un engagement où leur responsabilité ainsi que leur respect seront sollicités encore bien longtemps après qu’ils aient plantés ces derniers.

D’une manière beaucoup trop récurrente, sitôt mis en terre, ces arbres sont presque toujours livrés à eux-mêmes. A la merci des contraintes climatiques de leur nouvel environnement, comme à celle de la maltraitance volontaire ou passive de trop nombreux citoyens qui les côtoient. Pour beaucoup, ils n’ont malheureusement ni la conscience et encore moins la connaissance suffisante des vertus les plus essentielles de la présence de ces arbres autour d’eux.

D’autant qu’un jeune plant, une fois introduit dans un nouveau sol, pour s’y acclimater, a besoin d’au moins deux ans d’attentions toutes particulières de la part de ses planteurs. Si l’on veut qu’il devienne enfin autonome, et surtout capable de résister aux aléas que son environnement pourrait lui faire subir, bien au-delà  de cette période de prime croissance. Il s’agit ici d’un véritable suivi sanitaire qui nécessite l’acquisition de certaines connaissances de base, ainsi que d’un minimum de savoir-faire.

Il faudrait donc approfondir cette méthode de sensibilisation participative "de l’instant"  en lui insufflant une dimension beaucoup plus pédagogique et durable. Elle devrait s’appliquer tout au long de la croissance d’acclimatation d’un arbre et impliquer les planteurs, mais aussi le reste de la communauté durant tout le cycle de vie de ces êtres végétaux. 

L’éducation à leur biologie, mais aussi à leur écologie doit également occuper une place des plus importante dans le déroulé de ces plantations pédagogiques. Cet enseignement devrait concerner plus particulièrement le jeune public algérien, afin de poser les bases d’une mentalité plus écologiquement responsable de la part des générations futures. A ce titre cette transmission devra être autant théorique que pratique; de même, il s’agira d’apprendre sérieusement tout en n’oubliant pas de s’amuser!

C'est pourquoi notre notre projet « Du livre à la forêt » n’est pas à proprement dit un programme de reboisement comme il en existe beaucoup en Algérie. Non que nous ayons la prétention de faire mieux que les autres ; mais plutôt avec une approche quelque peu différente. En ce qui nous concerne, ce n’est pas tant la quantité d’arbres ou d’espèces plantées qui importe vraiment pour l’instant. Avant toute chose, et pour le moment, c’est la qualité des planteurs, ainsi que des sites de plantation qui est au cœur de nos principales préoccupations. Il en sera d’ailleurs ainsi tout au long de cette première phase d’observation et de mise en place que nous escomptons jusqu’au début de l’année 2018.

Nous aspirons donc, en tout premier lieu, à mettre en place une méthode à la fois théorique et pratique, non pas en appliquant une recette miracle qui aura fait ses preuves dans un autre pays que le nôtre. Celle que nous escomptons d’adopter aura été conçue et expérimentée dans nos sols, avec des partenaires locaux, habitués à travailler avec un public algérien. A travers ce souci d’endémisme, il ne faudrait pas déceler une quelconque forme de chauvinisme.

C’est juste que notre ambition finale soit d’impliquer tous les acteurs de nos partenariats locaux. Ainsi, chacun pourra apporter sa pierre à cet édifice pédagogique, en nous faisant part autant de ses réussites que de ses échecs. Il est question ainsi, en les responsabilisant, de leur permettre non de s’adapter aux outils que nous mettons à leur disposition, mais de les rendre les plus accessibles et conviviaux possible pour  tous nos partenaires.

Ainsi, nous avons tout d’abord agi comme certains jardiniers et maraichers font le pari de semer certaines graines dans la forêt, puis de voir celles qui auront survécus, pour ensuite les retravailler dans leur potager. L’année dernière nous avons laissé six partenaires, dans cinq wilayas différentes mettre eux même en place notre programme dans leur région.

Nous leur avions juste fourni deux outils ; l’un de travail sur le terrain, l’autre beaucoup plus théorique, certes, mais qui n’en reste pas moins utile pour mener à bien cette action dans la durée. Ainsi, le principe de notre programme aura été très simple : nous offrons à des associations environnementales, ou les clubs verts d’établissement scolaires, un plant à planter par élève, et, en parallèle, un livre qui est à la fois un manuel dédié à la biologie et l’écologie des arbres, un cahier d’exercices, mais aussi un carnet de santé.

Puis, après les avoir laissé développer  leur propre méthode de travail, nous revenons vers eux pour faire le point et les aider à atteindre notre objectif commun: semer la responsabilité dans l'esprit de ces enfants planteurs, mais aussi des adultes qui les encadrent, tout en participant à rendre plus verdoyant leur environnement...

KarimTedjani 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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