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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

LIVRÉES À L'ABANDON Les îles Habibas en attente d'aménagement

L'Expression - Le Quotidien

Par 

Dans leur argumentaire, ils diront, sans rougir, que le développement de l'archipel ouvrira grandes les portes du tourisme.

C'est une veritable machine à sous qui est livrée à l'abandon total: les îles Habibas! Cet archipel et les défenseurs du cadre environnemental sont en attente permanente des projets tant promis. En attendant ce sont des écologistes qui agissent et réagissent pour mieux...voir. En effet, une vingtaine d'associations inscrites dans la protection de l'environnement et de l'écologie, guidée par l'association des amis de la mer, a effectué hier une descente dans les très riches et îles philanthropes des Habibas, archipel situé dans l'extrême nord-ouest du large d'Oran.

Cette initiative louable porte dans ses dimensions la mise en valeur desdites îles en vue de leur exploration scientifique et leur exploitation dans le secteur du tourisme. Pourquoi pas, tant que ça peut rapporter comme on a fait d'ailleurs dans l'île de Djerba en Tunisie ou encore en Espagne? Comme première action qui a été menée, les visiteurs ont eu la lourde mission de nettoyer l'archipel abandonné par les autorités hiérarchiques et locales n'ayant pas jugé utile de mettre en valeur la richesse naturelle desdites îles.

Livrées à l'abandon, les îles Habibas, connues pour la richesse de leur faune et flore marines, sont devenues des réceptacles de déchets lambda, alors qu'elles sont classées en tant que réserves naturelles à protéger nécessairement, vu qu'elles regorgent d'importantes espèces animalières rares. Certaines espèces sont à même frappées par le spectre de la disparition à jamais. Les projets, devant redorer le blason de l'archipel, ne manquent pas. Plus d'un chantier a été annoncé auparavant. Que des paroles en l'air! Dans un passé récent, l'aménagement de cet archipel a constitué l'essentiel des débats des responsables locaux. Dans leur argumentaire, ils diront, sans rougir, que le développement de l'archipel ouvrira grandes les portes du tourisme. Que nenni!

Une île classée par l'Unesco
Que des parlotes et paroles en l'air sans pour juger utile la concrétisation des idées que l'on échange dans les somptueux bureaux. Aucun aménagement n'a été fait. Mieux, aucune suite n'a été donnée par ces autorités. Pis encore, aucune de celles-ci ne sait à quel saint se vouer, vu qu'aucun organigramme devant prendre en main la gestion des îles n'a été mis en place, hormis quelques égratignures sur papier sans lendemain, des esquisses et schémas crayonnés sur des papiers avant de les enfouir dans les poussiéreuses boîtes à archives. La direction de l'environnement ne sait pas par où commencer vu l'absence totale d'une vision futuriste. Pourtant, cette réserve est classée par l'Unesco. Elle est située à une trentaine de kilomètres au large du littoral ouest oranais, à cheval entre les wilayas d'Oran et de Aïn Témouchent. Les travaux établis dans un cahier des charges par la direction de wilaya de l'environnement et du Commissariat national de la protection du littoral portaient initialement sur des opérations d'aménagement, de réhabilitation et de protection de cette île et ses environs qui disposent d'une riche flore et faune sont en voie de disparition, face à la pollution et aux agressions par la présence d'individus qui n'ont aucune relation avec la science ou la recherche. Tel que prévu dans l'esquisse, le projet comprenait la construction en urgence d'un quai devant permettre l'accostage sur le site des petites embarcations pour le transport des chercheurs scientifiques munis d'une autorisation, sans oublier des infrastructures légères pour leur accueil et l'hébergement durant leur séjour sur l'île. Autrement dit, les îles Habibas devaient accueillir des missions d'explorations scientifiques de plusieurs pays du Bassin méditerranéen pour examiner l'état et les mesures de protection et de prévention quant à ce site de renom. D'autant que ledit archipel recèle des espèces végétales uniques au monde. Selon les premières prévisions, il a été décidé un programme ambitieux devant transmuter lesdits lieux en une plus belle réserve naturelle de la Méditerranée et une destination éco-touristique des plus captivantes.

Attend-on Nicolas Hulot?
Les îles Habiba constituent une succession de massifs montagneux cernés par l'étendue de l'eau. Dans un passé plus ou moins récent, elles ont fait l'objet d'une visite d'un groupe de scientifiques français et espagnols. Les chercheurs étaient embarqués à bord du voilier appartenant à la fondation Nicolas Hulot. Leur mission consistait à mettre en oeuvre le projet intitulé «La préservation et la promotion de la réserve des îles Habibas», entrant dans le cadre de la mission scientifique «Petites îles de Méditerranée 2008», confié au Commissariat algérien du littoral et son homologue français. Un projet cofinancé par l'Etat algérien et le Fonds français pour l'environnement mondial qui a accordé une contribution de 3 millions d'euros. Concrètement, le projet vise à concevoir un plan de gestion des îles Habibas. Un jumelage entre les îles d'Oran et celles de Marseille avait alors vu le jour. L'objectif est de faire partager l'expérience marseillaise dans la gestion des îles. Deux ingénieurs gestionnaires algériens des îles et deux écogardiens sont formés. Un plan et un comité de gestion ont été mis en place. 

Où est la valeur touristique?
Quelques années plus tard, d'autres experts sont arrivés au port d'Oran à bord du voilier «Leur de Lampaul», de la fondation Nicolas Hulot. Ils ont été ralliés par un groupe d'experts algériens composé de docteurs en biologie marine et en conservation des cétacés.
Il s'agit d'une mission scientifique française composée de cinq océanographes, accompagnée de deux experts espagnols devant explorer toutes les espèces végétales et marines que recèlent ces deux îles. En tout, les îles ont fait l'objet de cinq autres expéditions scientifiques menées par des docteurs en biologie marine et en conservation des cétacés, en écoaménagement et en écobiologie ainsi que de cinq écogardes des Iles Habibas, dépendant du Commissariat national du littoral, organisme nouvellement créé par le ministère de l'Environnement et des Energies renouvelables et du Tourisme. L'enjeu est de taille. Aussitôt arrivés, les experts algériens, en compagnie de leurs homologues européens, ont entamé des recherches sur les espèces à protéger. Comme ils ont évalué les conditions à réunir pour un éventuel aménagement d'abris pour estivants et recenseront toutes les espèces végétales et animales que recèlent ces îles. La finalité recherchée est de mettre en place le musée du littoral ainsi que le commissariat national du littoral. Un tel idéal a été retenu. La mission algérienne profitera de la présence des experts français et espagnols pour aider les stagiaires en écogardiennage à se réorganiser et se recycler dans leur nouveau métier, consistant en la préservation des sites naturels et à guider les touristes désireux de rendre visite ou encore de séjourner dans les îles. Jusque-là aucun touriste n'a été guidé, vu que le projet a été enfoui dans les fins fonds des tiroirs sans avoir vu le jour. Ne dit-on pas que le tourisme peut constituer une alternative à la dépendance de l'Algérie aux hydrocarbures? De telles questions sont toujours posées, mais restent sans réponses! Un véritable traquenard est posé par nos politiciens ayant empli des fascicules entiers de recommandations, sans juger utile de voir les choses telles qu'elles sont et décider des suites à donner en investissant dans un secteur qui rentabilise ses factures en argent comptant, payées rubis sur l'onglet!

A quand la prise de conscience?
Où sont donc passées ces autorités et ces «tchatcheurs» des salons feutrés, ainsi que ces présidents des associations fantoches attendant à longueur d'années les subventions de l'Etat sans plus? Pourtant, ils ne cessent d'orner leurs discours en s'adossant sur des somptueux sièges des prétoires lors des séminaires et colloques dédiés à la valorisation et la rentabilisation des sites touristiques algériens. «Ils font apparition lors des séances des banquets pour déguster des mets succulents qu'ils ne goûtent guère chez eux, avant de rentrer le soir, tenant en main un cartable portant la date du séminaire», ironise un journaliste. C'est devenu une telle maxime qui trouve son terrain d'application dans une wilaya où la défense des causes lambda est tributaire de beaux costumes et des salons. Là est toute la problématique posée: hormis les coups de colmatage justifiant les dépenses des budgets, l'environnement est renvoyé aux calendes grecques. Peu d'écologistes et associations prennent le taureau par ses cornes, en se mettant en tenue de travail sans juger utile d'être récompensés ni invités dans les spectacles. Ceux-là se comptent sur les doigts d'une seule main! C'est déjà un acquis tant que la société civile, malgré qu'elle soit peu nombreuse, prend les choses en main et de manière concluante dans son activisme. Pour peu que ses recommandations soient prises en compte.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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