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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Visage de la baie d’Alger : Oued El Harrach fait sa mue

Par : Makhlouf Aït ZIANE

La pollution des ressources hydriques, la santé des citoyens mise en danger, le changement climatique qui influe négativement sur la biodiversité... autant de problèmes qui se posent avec acuité à l’échelle planétaire.

A vec l’accélération du réchauffement climatique, la préservation et la protection de l’environnement sont devenus une nécessité impérieuse. En Algérie, cette question cruciale est prise au sérieux. Plusieurs projets sont soigneusement élaborés, d’autres en cours de réalisation. L’aménagement de la baie d’Alger en est l’illustration parfaite.

Le futur sous verre

Les Sablettes, oued El-Harrach, pourtant il n’y a pas si longtemps repoussants, sont devenus ou sont en passe d’être des pôles d’attraction pour des milliers d’Algérois en quête d’endroits de détente. Plus de tessons de bouteilles d’alcool, de déchets en tout genre, de fanges, encore moins d’odeurs nauséabondes... La promenade des Sablettes dans son nouvel accoutrement ouvre ses bras aux visiteurs.
Il est 8h00... Les premiers rayons de soleil lèchent délicatement le blanc des écumes des vaguelettes que la mer repousse vers la rive. Sommes-nous au bord de la baie d’Alger ? Envoûter par la beauté du site, nous n’osons point bouger afin de ne pas rompre le charme.
Nos yeux, en prise avec le manque de civisme pendant des décennies, balaient la baie de l’Amirauté à Tamentfoust... ils sont soudain happés par une pancarte géante illustrant la projection du site en 2030. Des circuits pour des promenades paisibles, un centre-ville réaménagé, un port de pêche, des endroits pour les férus de pêche à la ligne... ces projets, mis un à côté de l’autre, vont transformer la capitale en une ‘‘éco-métropole de la Méditerranée’’. De quoi laisser rêveur. Une nouvelle capitale est pensée...
Des projets, programmés par différents secteurs (tourisme, aménagement de territoire, habitat, industrie, éducation, etc.), sont cogités dans différents bureaux d’études afin d’améliorer notre quotidien, de nous garantir une vie meilleure, un bien-être, un bonheur social, ce sont les nouveaux leitmotivs des pouvoirs publics. Effectivement, plusieurs régions d’Algérie, en particulier la capitale, sont en train de muer. Des chantiers à ciel ouvert sont là pour nous faire toucher du doigt cette volonté de bien faire. Créer, construire, agrandir, développer et... dépolluer deviennent les maîtres mots d’une politique avant-gardiste. Un signe fort, une grande ambition de devenir un pays moderne, de faire d’Alger la perle de cette coquille qu’est la baie. Une stratégie de réhabilitation qui, à l’horizon de 2030, rendra à Alger son lustre.

L’oued El-Harrach respirable

Des travaux d’aménagement à perte de vue... L’oued El-Harrach, autrefois stagnant, sort de sa léthargie et commence à se trémousser à la faveur des travaux d’aménagement entamés en juin 2012. Avec une enveloppe financière estimée à 380 millions d'euros, le projet de réhabilitation, confié au groupement algéro-coréen Cosider-Daewoo, consiste à traiter les eaux de l'oued sur près de 18,2 km et aménager des aires de loisirs sur les deux rives, sérieusement polluées depuis plusieurs décennies par les rejets domestiques et des unités industrielles situées en amont.
Sur le pont qui enjambe l’embouchure de l’oued pour nous déposer aux Sablettes, un système de  brumisation est mis en place. L’air y est devenu enfin respirable au grand bonheur des riverains. Le projet « Jasmin » porte désormais bien son nom. Sur le terrain, les bulldozers sont en action pour déblayer les zones marécageuses. Les opérations de dragage de l’oued doivent démarrer après l’achèvement des travaux de l’aménagement des surfaces. Selon Kamel Boukricha, de la direction des ressources en eau d’Alger, le responsable du projet de dragage, consiste à nettoyer 2.600.000 m3 de produits. A la fin de cette opération de dragage, l’odeur insoutenable sera complètement éliminée. À quelques centaines de mètres du pont, des bordures en béton et des pistes pour les piétons sont déjà réalisées. Se promener sur les berges de l’oued deviendra un moment de pur plaisir. Pour Ahmed 50 ans, conducteur d’engins : « Dans un futur proche les Algérois pourront de nouveau se baigner et pêcher à cet endroit de l’embouchure. Une fois ce projet achevé, il va drainer la foule. Ce sera une source de bonheur et de bien-être.»
Pour prouver le potentiel que recèle cet endroit, certaines sources bien informées évoquent déjà l’intérêt qu’affichent certains investisseurs... aussi bien nationaux qu’étrangers.  

Retrouver la quiétude d’antan

De retour vers la promenade des Sablettes, on croise des familles venants de différentes régions d’Algérie (Sud, Est et Ouest), qui se baladent en discutant sans être déranger, faisant un plein de joie et de bonheur. Sur les lieux, on croise Da’ Djamel, un sexagénaire : « Il y a quelques années les Algérois préféraient quitter Alger pour se rendre à une trentaine de kilomètres plus à l’ouest. Les stations balnéaires de Sidi Fredj et Zéralda faisaient office de lieu de décompression pour les amoureux, forts nombreux, du grand air, fuyant la morosité de la capitale. Depuis le lancement du projet d’aménagement de la capitale, l’évasion est à un jet de pierre et bientôt à portée d’un simple ticket de métro. Les moyens de transport modernes ont ranimé la capitale. Le côté spirituel n’est d’ailleurs pas en reste : l’édifice religieux de « la grande mosquée d'Alger », et son imposant minaret qui s’élève majestueusement comme un doigt vers le ciel pour rappeler l’unicité divine. Un peu plus loin et comme pour conjuguer spiritualité avec relaxation, un port de plaisance est en cours de travaux, des plages artificielles, des palmiers, des stades (de foots, de basket), des restaurants, et autant de structures qui viennent combler un vide, jadis, sidéral. L’aménagement de cette langue de terre constitue un tournant majeur dans notre perception de l’environnement. Le temps de quitter, les futures perles, est arrivé. L’oued El-Harrach, la promenade des Sablettes, des exemples vivants, confirmant qu’en faisant les bons choix, la préservation de l'environnement est la clé du bien-être et du bonheur social.
La citation du célèbre sculpteur et plasticien français, Nicolas Schöffer, est là pour nous éclairer : «Plus notre environnement est sculpté, plus son efficience augmente et plus il est logique d'envisager que tout ce qui est bâti et construit par l'homme doit être sculpté.»
M. A. Z.

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Source de bien-être

L’aménagement de l’oued El Harrach va réellement constituer une source de bien-être et de bonheur social pour les riverains. Depuis le début des travaux nous avons constaté, la réduction des odeurs nauséabondes, la purification des eaux usées rejetés par les différentes usines installées dans les alentours, grâce à l’installation de stations de purification, notamment celle de Baraki.
Cette opération d’aménagement, il convient de le reconnaître, a entraîné des actions sociales remarquables à travers le relogement de plus de 6.000 familles des bidonvilles construits sur les rives de l’oued, à titre d’exemple le bidonville d’El Ramli, réputé pour être le plus grand de la wilaya d’Alger. Ensuite, les grands espaces occupés par des constructions de fortunes et récupérés ont été totalement transformés en pôles écologiques.
Les amoureux de navigation vont aussi profiter d’une partie de l’oued qui sera navigable. Cette portion s’étendra sur 6 km à partir de l’embouchure des Sablettes.
M. A. Z.

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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