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"Nouara Algérie", un réseau algérien de bonnes volontés écologistes

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Nouara est un blog totalement dédié aux questions d'environnement, d'écologie en Algérie.

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Des centaines d'articles éditoriaux  de Karim Tedjani, créateur de cet outil web de sensibilisation, d'information  et de réflexion.

Ce dernier est un militant écologiste indépendant et conférencier

Des dossiers écologiques qui ne concernent pas seulement l'Algérie, mais aussi le reste du Maghreb, de l'Afrique et bien entendu de la Planète.

 


 

 

A propos de Karim Tedjani

 

Tedjani Karim est un militant écologiste algérien,  bloggeur indépendant qui active sur le web autant que sur le terrain algérien  depuis 2009.

C'est  un amoureux  fou de l'Algérie, de ses paysages, de sa biodiversité,  autant que de sa grande variété de manières d'être Algériens et Algériennes. 

Ecologiste algérien, il place l'écologie algérienne  dans sa réflexion, son discours ainsi que ses actions, comme un véritable projet de société et de modernité

Karim Tedjani est le créateur du concept de "DAROLOGIA"  une approche à la fois locale et universelle de l'écologie algérienne.

Auteur, photographe, conférencier, animateur d'ateliers, il publie de nombreux articles et photos inspirés par tous ses  voyages en Algérie à travers plus d'une quarantaine  de wilayas.

Il aura ainsi pu rencontrer et collaborer avec beaucoup de celles et de ceux qui activent pour l'écologie et l'environnement en Algérie,  à l'échelle tant locale, nationale, qu'internationale.  

 

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Publié par Revue de web écologie en Algérie

Reportage réalisé par : Zouikri Amor

Implanté dans un bout de territoire appartenant à la commune d’El-Milia (wilaya de Jijel), il est pourtant géré à partir de la wilaya de Skikda. Situation abracadabrante pour un coin de paradis sur terre négligé.

La plus longue et plus grande plage de la wilaya de Jijel, s’étendant sur plus de 7 km, est située dans la commune d’El-Milia, plus exactement à Beni Ferguène, tout au long d’une bande côtière qui se prolonge de Beni Belaïd, à l’est, jusqu’à Oued Z’hor, à l’ouest, à la limite administrative de la wilaya de Skikda. Enclavé dans un massif forestier, délimité à son extrême nord par la mer Méditerranée, le territoire est d’une incroyable beauté. Poussée à l’exil sous les coups de boutoir du terrorisme qui avait investi les lieux, la population, restée attachée à ses racines dans ces contrées isolées, tente depuis quelque temps de reprendre le chemin du retour pour reconquérir ce territoire. 
Mais peine perdue, puisque la région est une zone d’ombre à désenclaver. Ne disposant d’aucun moyen d’accès ni de routes, les lieux sont tristement abandonnés depuis que le terrorisme les a renvoyés à la période la plus sombre de leur histoire. Pour cette esquisse de retour, ce sont les estivants, principalement des natifs de la région, qui se sont installés à El-Milia et ailleurs, à Constantine, à Annaba ou à Alger, qui reviennent redécouvrir les lieux à l’occasion de la saison estivale. 
En dépit de l’absence de tout dispositif de surveillance de la baignade, ce sont les familles qui atterrissent, et en grand nombre, à la plage qui redonnent vie à ce bout de territoire d’une tranquillité exceptionnelle. 
Scrutant par leur présence tout mouvement suspect, les soldats de l’ANP qui ont assaini les lieux ne sont pas loin de là et assurent une sécurité retrouvée. Plus à l’ouest, la plage est gorgée de monde, à Aourar, l’autre paradis à sortir de l’ombre.  Le coin est fréquenté beaucoup plus par des jeunes à la recherche de l’aventure et de la fraîcheur, non sans prendre le risque d’escalader un rocher au milieu d’une nature verdoyante à mille lieues des températures suffocantes sévissant à quelques kilomètres plus au sud. Le littoral de Beni Ferguène, célèbre arch de la région nord-est d’El-Milia, se prolonge jusqu’à Oued Z’hor, plus à l’est. Dans ce prolongement, c’est l’autre plage d’Aftissène, une appellation berbère, qui attribue à la région des racines amazighes, qui est à l’accueil. 

L’insalubrité, l’autre point noir
En dépit d’une fréquentation qui n’atteint pas les pics constatés ailleurs, dans les plages surveillées, le sable fin est jonché de détritus. Les mauvais réflexes qui souillent tout sur leur passage rappellent que l’insalubrité n’a pas épargné les portions les plus éloignées d’un littoral désormais pollué par cette fatalité. L’endroit est cependant tranquille. Les squatteurs des espaces de baignade ne risquent pas de s’aventurer dans un tel coin isolé, à la route difficile d’accès. Les hommes qui accompagnant leurs familles veillent à tout et imposent un certain ordre de sécurité. Impeccablement propre et loin d’être polluée, l’eau de mer est d’une limpidité extrême. Elle permet de nager en toute sécurité, notamment pour les enfants, sur une plage peu profonde. Quand la grande bleue est paisible, le plaisir de la baignade loin des tumultes d’ailleurs est un régal pour les estivants dans cet éden de la Méditerrané que l’homme a abandonné. D’abord à cause d’un terrorisme aveugle qui n’a laissé aucune trace de vie dans ce trésor naturel qui n’attend que son exploitation. Ensuite par l’absence de toute volonté de réhabiliter un tel trésor, affichant au grand jour la fertilité de ses plaines agricoles et un littoral à exploiter sur le plan touristique.

La traversée de cette étendue côtière s’achève à Oued Z’hor, à la lisière des localités relevant de la wilaya de Skikda, au lieudit El-Marsa, une contrée des Ouled Djaballah, l’autre arch de Beni Ferguène. Un oued jadis propre et limpide qui déversait ses eaux douces dans la mer.

La plage grouille de monde, mais les lieux ont été investis par des hordes de jeunes délinquants squattant sans état d’âme le pseudo-parking improvisé pour le stationnement des véhicules. En l’absence de toute infrastructure, c’est le projet d’une mosquée qui est à l’ordre du jour. Les fidèles et les bienfaiteurs sont appelés à contribuer à cette œuvre par leurs dons comme s’il ne manque que ce lieu de prière pour insuffler un sang neuf à la région. Privée de la moindre commodité, celle-ci manque pourtant de tout. Mais la mosquée s’impose, telle une priorité absolue aux yeux de ses initiateurs.

Non loin de là, dans les localités avoisinantes, des minarets font signe qu’il y a toujours une mosquée pour prier.

Ainsi va l’ordre des priorités dans cette zone d’ombre, dont la population appelle de tous ses vœux, d’abord à rompre son isolement, ensuite à sa réhabilitation par des projets plus bénéfiques pour son développement. Un important projet de développement a cependant vu le jour à Oued Z’hor, par la réalisation d’un abri de pêche. Implanté dans un bout de territoire appartenant à la commune d’El-Milia, dans la wilaya de Jijel, il est pourtant géré à partir de la wilaya de Skikda.

Depuis, la polémique ne cesse d’enfler de part et d’autre des limites administratives séparant ces deux wilayas sur la paternité de ce bassin. Outrés par l’abandon de leur région marginalisée à l’extrême, les Beni Ferguène se sentent ainsi privés d’un bien implanté sur leur territoire. Malgré son achèvement, cette infrastructure, la seule de cette envergure qui a vu le jour dans ce monde enclavé, demeure fermée aux professionnels de la pêche. 

Des terres fertiles


Il semble même que les patrons de pêche ne se bousculent pas trop dans ce bassin, meublé par quelques embarcations. Pour toute activité de pêche, ce littoral connaît un certain afflux de pêcheurs amateurs, guettant dans un monde de calme et de silence une belle prise de poisson. L’éden de ces lieux n’est pas que la mer et son littoral. Des plaines à la fertilité avérée longeant ce littoral rajoutent à l’étendue de ces contrées une vocation agricole. Aux cultures de divers produits, l’aviculture est l’autre filière qui s’est implantée dans cette région, qui n’attend que sa valorisation.

Exploitée à outrance depuis de longues années, les dunes de sable de Beni Ferguène rendent cependant cette valorisation aléatoire. Au centre d’une grande polémique, l’exploitation de cette sablière, l’autre trésor naturel de cette région, n’en finit pas de soulever moult interrogations. “À qui profite ce sable exploité, si ce n’est à dénaturer un site à vocation touristique et agricole ?”, s’interroge-t-on à juste titre d’ailleurs.

La population locale a beau manifester sa colère et son indignation face à cette irrémédiable atteinte à l’intégrité de l’écosystème de cette bande côtière, elle ne parvient pas à influer sur le cours des événements.

L’effet dévastateur de l’exploitation de cette sablière sur l’agriculture et la plage n’a point alerté les responsables concernés. Pendant que l’extraction du sable continue sans répit dans les lots soigneusement délimités dans cette immense dune, les camions de grand tonnage continuent d’écraser la route sous leur poids. Le ronflement des moteurs des engins affectés à cette sablière n’en finit pas de rompre le silence qui règne dans ces lieux magiques. Sur les réseaux sociaux, les images de l’exploitation de cette sablière défilent sans cesse. 

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