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"Nouara Algérie", un réseau algérien de bonnes volontés écologistes

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Nouara est un blog totalement dédié aux questions d'environnement, d'écologie en Algérie.

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Plus de  5000 ressources web compilées et classées en catégories ( articles de presse,  vidéos, études scientifiques, tutoriels, éditos ect...)

Des centaines d'articles éditoriaux  de Karim Tedjani, créateur de cet outil web de sensibilisation, d'information  et de réflexion.

Ce dernier est un militant écologiste indépendant et conférencier

Des dossiers écologiques qui ne concernent pas seulement l'Algérie, mais aussi le reste du Maghreb, de l'Afrique et bien entendu de la Planète.

 


 

 

A propos de Karim Tedjani

 

Tedjani Karim est un militant écologiste algérien,  bloggeur indépendant qui active sur le web autant que sur le terrain algérien  depuis 2009.

C'est  un amoureux  fou de l'Algérie, de ses paysages, de sa biodiversité,  autant que de sa grande variété de manières d'être Algériens et Algériennes. 

Ecologiste algérien, il place l'écologie algérienne  dans sa réflexion, son discours ainsi que ses actions, comme un véritable projet de société et de modernité

Karim Tedjani est le créateur du concept de "DAROLOGIA"  une approche à la fois locale et universelle de l'écologie algérienne.

Auteur, photographe, conférencier, animateur d'ateliers, il publie de nombreux articles et photos inspirés par tous ses  voyages en Algérie à travers plus d'une quarantaine  de wilayas.

Il aura ainsi pu rencontrer et collaborer avec beaucoup de celles et de ceux qui activent pour l'écologie et l'environnement en Algérie,  à l'échelle tant locale, nationale, qu'internationale.  

 

Contactez Karim Tedjani via "FACEBOOK"

 

Publié par Revue de web écologie en Algérie

En moins d’un mois, au cours de cet été 2020, la terre a tremblé plus d’une dizaine de fois en Algérie, trois fois en Tunisie et le Maroc a lui aussi été secoué. Simple coïncidence ou signes annonciateurs d’une catastrophe sismique au Maghreb? Analyse avec des spécialistes interrogés par Sputnik.

La terre bouge ces jours-ci sous les pieds des Maghrébins. Depuis la commune de Grarem-Gouga au nord de l’Algérie jusqu’au gouvernorat de Jendouba au nord-ouest de la Tunisie, en passant par la province de Tétouan au nord du Maroc, une série de tremblements de terre a été enregistrée entre le 7 août et le 6 septembre 2020. Rien qu’en Algérie, le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag) affirme avoir recensé pas moins de 15 secousses telluriques au cours du mois d’août.

Celle qui a le plus frappé les esprits est survenue le 7 août, dans la wilaya de Mila. Ce jour-là, à moins de 380 km d’Alger, un séisme de 4,9 degrés sur l’échelle de Richter a causé l’effondrement total de trois immeubles et en a ébranlé ou lézardé une trentaine d’autres, selon des médias locaux. Depuis, les Algériens craignent le pire, mais ils ne sont pas les seuls à s’alarmer.

Alors que des agents étaient en train d’éloigner la foule de quelques habitations fissurées au quartier al-Kharba à Mila (nord-est de l’Algérie) à cause du séisme du 7 août, un immeuble s’est tout à coup effondré, provoquant la panique générale.

Risques de séisme et même de tsunami

Il ne fait aucun doute que la terre risque encore de trembler au Maghreb, s’accordent à affirmer des spécialistes maghrébins et internationaux que Sputnik a interrogés. Se référant à la «sismicité historique» de la région, le géologue et physicien à l’Institut de physique du globe de Strasbourg, Mustapha Meghraoui, énumère les zones les plus menacées.

«Agadir, Al Hoceima, Tanger, Taza, Fès et Meknès sont les régions à fort risque sismique au Maroc», précise le spécialiste des tremblements de terre.

En Algérie, c’est Alger, Oran, Constantine, Béjaïa et Jijel qui sont les plus exposées à ce risque. Tunis et Kairouan le sont à un degré moindre en Tunisie.

Mustapha Meghraoui sait de quoi il parle. Membre de l’académie algérienne des sciences et technologies (AAST) et président de la commission africaine de sismologie, il est une référence dans le domaine.

Son confrère Taj-Eddine Cherkaoui abonde dans le même sens. Ce géophysicien et sismologue marocain justifie le risque sismique, réel, qui menace le Maghreb par sa position géographique. Comme Mustapha Meghraoui et d’autres experts, il explique que la région est située à proximité de la limite entre deux plaques tectoniques Afrique-Eurasie.

«Celles-ci se rapprochent à une vitesse qui va de 4 mm par an au niveau du détroit de Gibraltar, proche du nord du Maroc, à 8 mm par an en Tunisie. Ce mouvement engendre une importante activité sismique», détaille le spécialiste marocain, soulignant que la sismicité ainsi provoquée touche toute la côte méditerranéenne.

«La déformation de la terre est continue et lorsqu’il y a un bout de terre qui ne peut résister, il craque et provoque des tremblements», schématise Mustapha Meghraoui, pour bien montrer le caractère aléatoire du risque sismique.

Du ton direct propre aux scientifiques, Taj-Eddine Cherkaoui va plus loin et alerte sur un autre péril, autrement plus dévastateur:

«Il y a aussi le risque des tsunamis qui pourraient être engendrés par les violents séismes sous-marins. Les principales sources sismiques tsunamigènes se trouvent en océan Atlantique au sud-ouest du cap Saint-Vincent et dans le golfe de Cadix, tandis qu’en Méditerranée, le risque est inférieur. Le Maroc, de par sa position géographique, reste donc le pays le plus exposé à ce risque.»

L’expert marocain rappelle que le tsunami engendré par le séisme de 1755, dit de Lisbonne, avait ravagé toute la côte ouest du Maroc, de Tanger jusqu’au nord d’Agadir. En 1522, toute la côte située entre Al Hoceima et Cala Iris avait également été frappée par un tsunami après le violent séisme qui s’était produit au large d’Almeria.

Sans être aussi alarmiste, Nacer Jabour, autre spécialiste marocain, chef de division à l’Institut national de géophysique (ING), souligne la difficulté pour les experts du monde entier de savoir exactement où et quand pourrait avoir lieu une catastrophe sismique, sans parler d’un tsunami.

«Toutefois, les catalogues sismiques, récents ou historiques, indiquent clairement les zones à surveiller de près à cause de leur activité sismique plus élevée par rapport à leur voisinage», ajoute-t-il.

Sur cette base, il constate à son tour que le littoral algérien est particulièrement signalé sur les cartes sismiques et que la Tunisie conserve un risque plus modéré. «Toutes ces observations ne doivent pas nous pousser à négliger les zones calmes. La littérature scientifique abonde d’exemples de séismes destructeurs dans des zones qui étaient considérées comme calmes», nuance-t-il.

Il y a péril en la demeure!

Faute de pouvoir prévoir les séismes, Taj-Eddine Cherkaoui recommande «de renforcer les mesures de protection contre les tremblements de terre par la délimitation des zones sujettes aux séismes (zonage sismique) et par l’évaluation du danger sismique dans ces zones et l’application stricte du Règlement de construction parasismique (RPS)».

«Le principal problème au Maghreb, c’est le non-respect des normes parasismiques, c’est pour cela que d’importants dégâts sont à déplorer à chaque secousse tellurique même de faible magnitude, comme c’était le cas à Mila récemment, et à de plus fortes magnitudes à Boumerdès en 2003 ou encore à Al Hoceima en 2004», confirme Mustapha Meghraoui.

Vue de l’extérieur, l’extrême vulnérabilité des pays maghrébins face aux aléas sismiques est une certitude. «Même si l’on peut dire que le risque sismique est modéré au Maghreb, la vulnérabilité est loin de l’être. C’est justement là que réside le problème», affirme John Schneider, secrétaire général de la Global Earthquake Model Foundation, à Sputnik. Il poursuit: «Si nous prenons en compte la densité de la population dans les zones les plus sismiques, où se trouve d’ailleurs la majeure partie de la richesse, et si on y ajoute la concentration de bâtiments vulnérables dans la région, nous obtenons un risque élevé de dégâts humains et matériels qui peuvent déstabiliser l’économie des pays maghrébins.»

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Lancée en mars 2009 à l’initiative du Forum mondial de la science de l’OCDE, l’organisation à but non lucratif pour laquelle travaille Schneider est une référence en matière d’estimation des dégâts potentiels (humains, sociaux, économiques, financiers...) des secousses sismiques. Ses calculs sont effectués sur la base des indicateurs sociaux de chaque pays, de la sismicité historique et de la vulnérabilité des bâtiments et des infrastructures. «Ce qui ressort de notre analyse de la région du Maghreb, c’est qu’elle est particulièrement vulnérable. D’où l’importance d’avoir une stratégie de prévention», insiste l’expert américano-australien en répondant aux questions de Sputnik depuis la ville italienne de Pavie en Lombardie où siège la fondation.

«De forts séismes vont se produire d’un jour à l’autre au Maghreb, c’est inévitable. Maintenant, il faut anticiper pour réduire les pertes, notamment en implémentant des normes parasismiques strictes et en veillant à ce qu’elles soient respectées. Je rappelle qu’on ne meurt pas d’un tremblement de terre, mais de l’effondrement des bâtiments qu’il provoque», souligne John Schneider.

Lui aussi confirme qu’au Maghreb, c’est en Algérie que le risque est, et de loin, le plus élevé, à cause de la vulnérabilité endémique de ce pays et de sa forte exposition aux séismes. «C’est la zone où un séisme ferait le plus de dégâts s’il venait à se produire, le Maroc suit, puis la Tunisie», constate ce même expert. Il prévient d’ailleurs de l’effet dévastateur d’un séisme de forte magnitude dans le contexte actuel de la pandémie de Covid-19. «Les dégâts humains seraient désastreux», poursuit-il.

Il vaut mieux prévenir… qu’ensevelir

Au Maghreb, chaque pays s’est doté d’un code de construction parasismique. Au Maroc, un premier règlement a été imposé dans le périmètre urbain d’Agadir après le séisme de 1960, mais le code national n’a vu le jour qu’en 2002. Celui-ci a été révisé et amélioré en 2011 pour une meilleure applicabilité. Un deuxième plan de prévention contre les risques naturels a été lancé par le royaume après le séisme d’Al Hoceima en 2004, explique Taj-Eddine Cherkaoui.

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«Toutefois, dans son rapport de synthèse sur l’évaluation de la gestion des catastrophes naturelles au Maroc publié en 2016, la Cour des comptes a notamment insisté sur l’implication de la société civile et des médias dans la stratégie de prévention pour améliorer la prise de conscience collective, chose que nous n’avons malheureusement pas encore réussi à faire», note l’expert. «Il faut rester prudent et être conscient qu’à tout moment, un tremblement de terre peut survenir», conclut-il.

«Chaque dirham investi dans la prévention nous éloignera davantage des situations catastrophiques», ajoute Nacer Jabour.

Ces appels doivent interpeller les responsables concernés. Surtout qu’en ce moment, la terre bouge un peu partout dans le monde. Dimanche 6 septembre 2020, un séisme de magnitude 6,7 sur l’échelle de Richter a secoué la province de la Sulawesi du Nord, dans le centre de l’Indonésie, sans déclencher une alerte au tsunami ni faire de victime.

Le lendemain, une autre secousse de magnitude 5,1 a frappé le comté de Ramian, dans la province du Golestan au nord-est de l’Iran, faisant au moins 34 blessés. Cinq jours auparavant, la terre a tremblé à la côte nord du Chili après des secousses telluriques de 6,8 sur l’échelle de Richter. À qui le tour?

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