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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"12 millions d’hectares de terres agricoles perdues chaque année" par Terre éthique

TerrEthique


Contrairement à ce que l’on croit, la désertification et la dégradation des sols ne touchent pas uniquement les pays africains et ceux de l’Amérique Latine. Ce sont des phénomènes qui mettent en danger toute la planète.

« En fait, des terres agricoles dépend la sécurité alimentaire, que ce soit en Afrique ou ailleurs. Donc, c’est une question de survie. Car il faut savoir que, chaque année, nous perdons d’une façon irrémédiable 12 millions hectares de terres productives à cause de ces phénomènes, soit l’équivalent de 20 millions de tonnes de céréales qui peuvent nourrir de 1,5 milliard de personnes », a souligné hier à Alger Rachid Benaïssa, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, à l’occasion d’un atelier régional d’information des journalistes spécialisés des médias africains sur la dégradation des terres. D’où la nécessité de porter ce combat contre la dégradation et la désertification, poursuit-il, au niveau mondial, tout en faisant entendre haut et fort la voix de l’Afrique. C’est le but, notamment de cet atelier de trois jours organisé en collaboration avec le secrétariat général de l’UNCCD (Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification). « Cet atelier vise à informer les journalistes africains sur la lutte que nous menons sur le continent contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, à leur permettre de porter haut et fort le message de l’Afrique à la Conférence mondiale sur le développement durable Rio+20, prévue au mois de juin au Brésil », assure le ministre. Mais surtout, souligne-t-il, à contribuer à élever le traitement de la problématique de la lutte contre la désertification au même niveau d’intérêt mondial que celui qui est accordé à la diversité biologique et à la question du changement climatique. Pour sa part, le ministre de la Communication, Nacer Mahel, a insisté sur le rôle des médias dans la sensibilisation de la population autour de l’environnement. Dans ce contexte, le secrétaire exécutif de l’UNCCD, Luc Cnacadja, a déploré que la problématique de la désertification et la dégradation des sols ne soit que très rarement à la une des médias alors qu’elle cause la pauvreté à 80% de la population dans le milieu rural. « Toutes ces tentatives pour attirer l’attention sur cette problématique ne visent pas à décrocher des aides au point d’en devenir dépendants. Mais à apprendre par nous-mêmes à mieux gérer les sols. Nous avons toutes les capacités et potentiels qu’il faut pour faire de l’Afrique un moteur de développement d’ici 2030, à l’horizon duquel la dynamique de restauration des sols devra atteindre un taux nul de dégradation », explique-t-il. C’est au continent noir, donc, signalent les intervenants, à donner l’exemple. La démarche algérienne justement, estime le ministre de l’Agriculture, avec ses succès et ses échecs, peut servir d’expérience pour les autres pays africains. Surtout que cette démarche va dans le sens envisagé pour le développement durable dans le continent noir, à savoir l’implication de la population dans l’effort, afin qu’elle valorise, préserve et exploite au mieux ses ressources.

Source : Horizons, 29 mai 2012

 

 

Les clés pour comprendre

 

Qu’est-ce que la dégradation des sols ?

Les sols sont faits de minéraux (sables, limon, argile) et de matière organique vivante (vers de terre et autres animaux) comme inerte (humus) qui interagissent en permanence. A l’état naturel,minéraux, végétaux et animaux jouent des rôles complémentaires, ce qui permet à la vie de croître et de prospérer ! Mais lorsque l’un (ou plusieurs) de ces constituant s’abîme, s’altère ou disparait, l’équilibre général du sol est rompu, et la petite usine qu’est le sol ne fonctionne plus correctement ! C’est alors que le sol se “dégrade”. Souvent, un sol dégradé se reconnaît à l’absence de couvert végétal : les plantes ne peuvent plus y pousser.

Plusieurs raisons peuvent expliquer la dégradation d’un sol : une agriculture trop intensive, la sécheresse, la destruction de l’argile et une modification des argiles du sol par les labours, l’acidification, la salinisation, l’érosion ou encore la pollution (par des métaux lourds par exemple).

 

Quels sont ses effets ?

L’impact le plus important de la dégradation des sols est, à long terme,  la perte de productivité du sol. Des sols abîmés une mauvaise nouvelle pour nous les hommes, puisqu’il est impossible de cultiver quoi que ce soit sur un sol dégradé ! C’est donc la sécurité alimentaire de toute une région qui peut être menacée par ce phénomène. De plus,  le phénomène de dégradation est très difficile à inverser.  A l’échelle de générations humaines, il peut même être considéré comme quasi irréversible… 

 

Pourquoi est-il important de ne pas éclipser la question des sols du débat public ?

Lorsqu’on parle de dégradation des sols, on pense souvent à la « désertification » de régions africaines ou d’Amérique Latine. Or, ce phénomène est également très préoccupant dans d’autres régions du monde comme l’Asie ou l’Europe. L’exemple le plus marquant est sans doute celui de la mer d’Aral en Ouzbékistan, où la culture intensive de coton a entraîné l’assèchement d’une mer intérieure et la dégradation sévère des sols alentours.

La question de la dégradation des sols  concerne donc l’ensemble des sociétés humaines, d’autant plus qu’elle serait responsable de 80% de la pauvreté rurale. Dans bien des cas en effet, les capacités de production d’une région donnée sont tellement amoindries par l’état des sols que la population quitte la campagne, souvent pour la périphérie des villes.

12 millions d’hectares sont dégradés chaque année. Cela représente un peu plus de la superficie du Portugal ! Il apparaît donc essentiel de dialoguer et d’informer autour ce phénomène afin qu’il soit intégré dans les discussions politiques au plus haut niveau, au même titre que la biodiversité ou le changement climatique. La première étape est le sommet de Rio+20 qui se tiendra dans les prochains jours.

 

Que met en place l’Algérie dans ce domaine ?

L’Algérie, comme le Maroc, sont directement concernés par ce phénomène (notamment dans les régions les plus au sud). Le ministère de l’agriculture souhaite donc mener une véritable lutte contre la désertification avec l’appui d’un programme de l’ONU spécifiquement dédié à cette problématique : la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. L’Algérie souhaite endiguer complètement le phénomène de dégradation des sols d’ici 2030. La première étape du processus fût la conférence de presse évoquée dans l’article, destinée à sensibiliser les journalistes à cette question. En espérant que société civile et instances politiques y portent une oreille attentive au-delà de la Méditerranée !

 

Pour aller plus loin :

Le site de la convention des Nations Unies sur la désertification 

Le site du Comité Français sur la désertification 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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