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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« A qui profite vraiment la dégradation de l’environnement? »

 

La question de l’Environnement est un sujet des plus vaste et passionnant à étudier, même quand  on n’est pas écologue ou biologiste.

En observant de plus près, « tout ce qui nous entoure et nous influence », on en arrive  souvent à  en tirer quelques  bonnes leçons, pour ne pas dire d'utiles  algorithmes  de vie. Un  peu comme le faisaient déjà  les Algériens d’antan  très prolixes et friands  en  proverbes  tant qu’en paraboles inspirées  par des observations de la nature  ainsi que  des comportements  et environnements  humains.

Ils ne furent d’ailleurs vraiment pas les seuls à concevoir les choses de la sorte; ni à travers le monde, encore moins au fil   des âges. Il suffit, par exemple  de constater à quel point les théories darwinistes ont toujours eu  le vent en poupe  auprès des grands  "gourous" de la finance mondiale. La principale conviction des  adeptes de la « main invisible » d’Adam Smith, est qu’il faut libéraliser  totalement les marchés mondiaux afin de  leur permettre de s’autoréguler. Comme  on laisse  agir la  Nature qui a toujours «  bien  fait les choses »,  plus particulièrement en matière de compétition…

Aussi, quand il s’agit de chercher des explications, avec bien entendu pour finalité de proposer des solutions valables, il ne faut jamais, il me semble, s’interdire d’élargir son champ de vision à propos d’un sujet, surtout s’il est aussi vaste que celui de l’Environnement.

Fort de mes nombreux   questionnements, constats sur le terrain  et réflexions plus métaphysiques  sur la chose, je suis à présent convaincu qu’il ne   suffit plus de constater que, dans notre pays,  cette dégradation va en croissant. Non plus, on ne peut se satisfaire  de tenter de l’expliquer comme, avant tout,  la  conséquence du  seul et flagrant esprit   d’incivisme qui anime la société Algérienne post décennie noire. Il faut se demander également à qui elle pourrait bien profiter, au point de se commettre la plupart du temps dans la plus  injustifiable des impunités.

Pour justifier ce postulat, j’aimerais revenir à l’observation des lois qui régissent la Nature de manière universelle. En effet,  pour qu’un écosystème soit vertueux, il faut que tous les êtres qui évoluent en son sein soient  en parfaite et juste symbiose. Cela est valable autant à l’échelle d’une espèce qu’à celle de l’ensemble de la biodiversité ayant un environnement commun pour habitat et théâtre de leurs interactions.

Cette symbiose, pour ne pas être de nature  parasitaire, doit inévitablement supposer un deal « gagnant-gagnant » entre tous les protagonistes d’un  même environnement. L’abeille pollenise  les fleurs et les arbres qui lui fournissent en retour de la nourriture et un habitat. L’homme a son tour prend soin de l’abeille et en récolte le miel qui a pour lui des vertus autant culinaires que médicinales. De plus, on sait que  sans l’assistance chirurgicale de  ces industrieux   insectes, pas moins de soixante dix pour cent des fruits et légumes que nous consommons ne pourraient se reproduire.

Si l’homme se met à puiser tout leur miel sans leur laisser de quoi survivre, ou à dégrader l’environnement des abeilles,  alors c’est toute une chaine anthropique qui s’effondre. Plus assez d’abeilles, cela  veut dire ainsi une couverture végétale trop peu suffisante ou saine. De ce fait, cela suppose également une perte  en denrées alimentaires et médicales conséquentes pour l’Humanité, dont  nombres de médicaments et d’aliments  sont encore produits avec des molécules ou des huiles essentielles d’origine  naturelle.

Si il n’y a plus de verdure en quantité respectable, fort est à parier que la biodiversité s’en trouvera elle aussi fortement amoindrie, faute de nourriture et d’habitat.  Parfois même le bouleversement sera tel qu’une espèce pourra s’avérer devenir  nuisible pour son environnement; notamment à cause de la disparition de ses principaux prédateurs où de conditions climatiques exeptionnellement favorables à  son developpement démographique. 

Pour finir, le Climat se verra déréglé et aura tendance à se comporter comme la chaleur augmente dans un corps qui lutte contre une maladie afin d'atteindre la température la plus léthale pour le virus ou la bactérie  qui en a corrompu l'intégrité physique. 

Seule une approche kleptocrate l’environnement, celle du  parasite,  peut trouver son compte dans une  telle  crise écologique.

Ce dernier, lui,  ne trouve d’intérêt à occuper un espace ou un corps   qui lui est étranger que dans la logique de le quitter  une fois  qu’il l’aura vidé de toutes les ressources naturelles dont il a besoin ou envie pour assurer son  propre développement. Ce n’est qu’un hôte forcé, un fléau de passage, incapable de liens intime avec l’environnement qu’il occupe.

Cette dialectique du   parasite est, à l’échelle humaine,  une  des plus  vile caricature de la nature de l’Homme. Relayé, pour survivre,  à ne plus user que de son cerveau reptilien. Se développer sans évoluer. Une humanité qui a oublié que son rôle écologique le plus viscéral à sa survie  est d’être un régulateur au sein de son environnement.  Un prédateur, même ultime, ne peut  se dégager de cette obligation sans devenir une espèce nuisible pour le reste de l’écosystème dont il s’est fait le maître. Par systémie, en détruisant sa source principale de nourriture et d'habitats, il se condamne lui aussi à disparaître un jour. N'oublions pas que pour faire du béton, il faut obligatoirement du sable et de l'eau, ce qu'aucune industrie n'est encore capable de produire par la seule voie de la chimie...

Dans une Algérie qui a soif de construire à grands coûts, de donner dans le sensationnel, de gaspiller sans compter, on brûle des forêts pour transformer des espaces forestiers en terres agricoles qui seront elles aussi, plus tard,  dénaturées en surfaces immobilières. Il parait même que l’on construit certains  C.E.T  et  usines  dans des communes rurales dans le sombre dessein  d’en déloger plus tard   leurs  habitants  et de faire main basse,  à des prix dérisoires, sur tout le  patrimoine foncier  local.

A force d’importer des semences hybrides  et des espèces exotiques inadaptées à notre environnement, on a favorisé  une agriculture, qui, même si elle n’est pas encore vraiment intensive, n’en demeure pas moins  vorace en terres, en intrants et surtout en eau. Celle du court terme, une machine à polluer et tuer les sols arables à moyen terme, et cela souvent définitivement.  

A l’heure de l’Economie verte,  la technologie a été auto proclamée  comme seule option  pour remplacer les  services écologiques  que notre environnement naturel nous rendait efficacement et gracieusement; avant d’être pollué par  le même  développement industriel qui nous vend à présent le remède à la maladie qu’il a engendré de toute pièce. La pollution et la dégradation de l'environnement   s'avèrent être  à présent  des niches  d'affaires très rentables. Pour exemples l'industrie du traitement des déchets et  celles des eaux usées...

Oui, il faut absolument, quand on veut œuvrer pour une évolution positive de la situation écologique en Algérie, se demander à qui profite tout cela.

Qui vend  d’une main le remède de la peste et  d’une autre vous  transmet le virus Ebola ? Qui se nourrit de crises écologiques  volontairement orchestrées afin de mener tout un peuple, tel une horde de moutons de Panurge, vers la solution anticipée par leurs propres auteurs? Qui n’a pas ou plus d’attache patriotique et passionnelle avec ce territoire, encore moins ses habitants ? Qui laisse tout crime contre la nature le plus souvent impuni alors que notre pays est un des plus prolixes en lois environnementales? A qui profite toute cette anarchie, ces brouillards administratifs, cette piètre conscience écologique parmi la majorité des citoyens?

Sûrement  à des parasites endémiques et exotiques...

 Aux Algériennes et aux Algériens, qui sont pourtant en grand nombre les complices actifs ou passifs de cette dégradation? Il faudrait être l'avocat du Diable pour oser soutenir  un tel postulat..

 


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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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