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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Algérie : Les abeilles déserteraient les ruches par mal-être" Par Liberté (Archive 2009)

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lundi 3 août 2009 

Comparée aux autres pays arabes, l’Algérie est semble-t-il, mieux organisée, selon le Dr Lakehal, président de la Fédération des apiculteurs algériens. Avec 23 associations de wilaya, 17 coopératives apicoles nationales, 250 pépinières de production d’essaims et de reines, 1 400 000 ruches depuis 2005 (grâce au programme national de développement de l’agriculture) et 70 000 apiculteurs dont 60% de pluriactifs - L’Algérie compte seulement 10% de professionnels ayant des exploitations apicoles – l’Algérie reste un petit pays producteur de miel. Au-delà de la nécessité de mieux organiser le secteur, les apiculteurs ont pour deal de faire toute la lumière sur le phénomène de désertion qui leur porte préjudice.

Que dire de l’impact négatif des pesticides sur les abeilles ? Dans notre profession, nous nous divisons en deux : Il y a des apiculteurs dont la principale préoccupation est la récolte et la production du miel. Il ya ceux qui font de la pollinisation des champs et des arbres fruitiers. Il faut savoir aussi que les essaims sauvages existent partout (dans les roues, les parois,…) mais il sont parfois, vecteurs de maladies comme le varroi,.. Pour revenir au problème que nous avons pris en charge, qu’on sous-estime et qui nous concerne dans le concept agricole, c’est la pollinisation. Einstein a dit que si l’abeille venait à disparaître un jour, de la surface de la terre, l’homme serait menacé. L’abeille pérennise l’espèce. L’amélioration des semences se fait par elles. Quand un agriculteur utilise un traitement, il tue les insectes nuisibles. Il agresse les abeilles, parce qu’il n’informe pas l’apiculteur, et ne lui demande pas d’éloigner ses ruches ou de fermer ces dernières. Si l’agriculteur tue tous les insectes qui concourent à la pollinisation, il ne reste que cette abeille qui a été protégée. C’est là, qu’il fait appel aux apiculteurs ! Il faut qu’il y ait synergie. Il faut que l’agriculteur fasse attention, qu’il soit conscient que ses arbres ne peuvent pas être pollinisés sans les abeilles.

Quel est le procédé en vigueur ? Soit nous éloignons les ruchers quand c’est un traitement aérien – à l’époque la Direction des services agricoles nous envoyait des bulletins par radio, par voie de presse en disant que les apiculteurs sont priés d’éloigner leurs ruchers à quelques 500 m des vergers – sinon, quand il s’agit d’un agriculteur que nous connaissons, nous fermons les ruches jusqu’à 3 jours, sans aucun problème, surtout quand il s’agit d’un traitement biodégradable. Toutefois, ils ne le sont pas tous.

Actuellement les scientifiques sont entrain de parler d’un pesticide particulièrement nuisible aux abeilles. Effectivement il s’agit du fameux Gaucho, j’ai eu à me pencher sur ce pesticide lors de rencontres organisées en France. Il n’existe pas chez nous et n’est donc pas utilisé. Le Gaucho s’utilise par voie transgénique. C’est une molécule qu’on introduit dans les graines ce qui permet à ces dernières de lutter contre le puceron de l’intérieur, conventionnellement appelé OGM, et que se passe-t-il ? Dans la molécule du Colza, le pesticide est transmis à l’abeille lorsque cette dernière butine et prend le nectar et c’est ainsi que celui-ci efface la carte mémoire de l’abeille. C’est ainsi que toutes les abeilles qui sortent butiner ne retournent pas dans la ruche. Les apiculteurs se sont donc rendus compte qu’il y avait une déperdition d’abeilles.

Comment ce phénomène de désertion a-t-il pu se reproduire en Algérie ? C’est le sujet qu’on avait abordé en France en 2002, mais en Algérie il s’agit d’un phénomène différent. Les avis des apiculteurs étaient divergents. Il fallait impérativement localiser le phénomène par région. Cette année là, les éleveurs d’abeilles me contactaient pour poser le problème du dépeuplement des ruches : des abeilles qui quittent le domicile en laissant leurs petits, du miel et la ruche très propre. Le deuxième phénomène était apparu au mois d’octobre. Les apiculteurs trouvaient des essaims accrochés aux troncs d’arbres et demandaient à acheter des ruches. Or, en hiver c’est l’hivernage ! À l’époque nous avions incriminé la cire que nous avions fait analyser sans résultats. Finalement, l’hypothèse tend vers le fait, que notre abeille est passée à l’étape contraire de ce qui a été fait, il y a mille ans en reprenant le chemin de la forêt. C’est peut-être, un mal-être de la colonie. En tout cas, ce n’est pas par disette, car en quittant la ruche, la reine laissait des abeilles, du miel et du pollen : les trois paramètres principaux qui font qu’une colonie reste dans une ruche. Par ailleurs dans l’essaim retrouvé par les apiculteurs, la reine n’est pas jeune (quand il y a beaucoup de faux bourdons - les mâles fécondent la reine et il est un indicateur majeur d’une nouvelle colonie- on parle d’une jeune colonie) il ne s’agit donc pas d’une nouvelle colonie ! Il faut, par ailleurs, dire que nous avons pollué génétiquement notre souche qui est l’inter misa. Il y a un chercheur français qui s’intéresse, dans le cadre de la préservation et du développement de cette souche, à l’abeille du Sahara surnommée la déesse du désert (sahariasis, l’abeille jaune). Cette souche résiste à la chaleur et au froid, voire aux variations de températures.

À combien estimez-vous la production nationale de miel ? Quelques 30 000 tonnes de miel par an. Elle est à peu près de 80 gr par habitant et par an contre 450 gr pour un français et 750 gr pour un américain ! Cela est inhérent à deux principaux facteurs. Et d’une, notre production est faible (nombre de kilos par ruches parce que les techniques n’ont pas évolué. On arrive à avoir entre 3 kg et 8 kg par ruche ce qui est en deçà de la moyenne, car il faut avoir au moins 10 kg par ruche et si on augmente la production, il est de fait que la consommation suive). Deuxio, le problème qui se pose c’est que des opportunistes importent le miel de mauvaise qualité (miels bas de gamme comme le miel de tournesol et le miel de colza dont les graines sont cultivées pour faire de l’huile !) et ce qui nous gêne, c’est que ces miels n’ont aucune valeur nutritive et qu’ils dévalorisent les miels national

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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