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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Algérie: Restauration et sauvegarde des biens culturels à Béjaïa" par Kamel Amghar (La tribune.com)

La Tribune (Algiers)

 


 

La conservation et la restauration des biens culturels posent un sérieux problème en Algérie. Le pays dispose d'un riche patrimoine archéologique et culturel. Spécialistes et universitaires sont unanimes pour souligner son importance et l'intérêt qu'il représente aux yeux des chercheurs et des étudiants. Mais de par son ampleur, un tel héritage nécessite beaucoup de soins pour son entretien et son maintien en bon état.

Journalistes et culturalistes ne cessent de relever la dégradation, voire l'abandon, de ces oeuvres faute d'une prise en charge adéquate. Les conditions de préservation optimales ne répondent que rarement aux standards internationaux définis par l'Unesco.

Nos musées et nos salles d'exposition peinent encore à maîtriser des facteurs extérieurs comme la température, le taux d'humidité, la lumière et la compatibilité des matériaux en contact.

Tous ces paramètres sont évidemment essentiels pour garantir une meilleure conservation des oeuvres d'art et des objets archéologiques.Et quand l'usure commence à faire ses premiers ravages, on constate le manque de spécialistes dans la restauration pour réparer les dégâts occasionnés.

Sous d'autres cieux, ce sont généralement les scientifiques et les artisans qui interviennent en pareil cas pour «soigner» les ouvrages affectés. L'absence de compétences dans ce domaine se justifie par la restriction de l'offre de formation dans ces disciplines.

Les établissements de la formation professionnelle, les instituts de l'enseignement supérieur et l'université n'accordent pas beaucoup d'importance aux filières artistiques. Au manque de formateurs s'ajoute le peu d'engouement des étudiants pour ce genre de métiers peu demandés sur le marché du travail.

Les artisans qualifiés sont également rares. Les «anciens» ont pris leur retraite sans laisser de relève. L'artisanat en Algérie a toujours été une préoccupation familiale. Quelque chose d'élémentaire qu'on transmet de père en fils ou de mère en fille.

A un moment donné, les nouvelles générations, aspirant à des carrières autrement plus alléchantes, se sont désintéressées des petits métiers de leurs parents. Et tous ces savoirs populaires ont été, dès lors, livrés aux quatre vents. Il aurait peut-être fallu introduire toutes ces filières dans le système de la formation professionnelle pour garantir leur survie.

Conséquence : on compte aujourd'hui très peu d'artisans suffisamment expérimentés pour leur confier une mission aussi délicate. On se rend compte, après coup, de cette carence et on s'emploie, dans l'urgence, à reprendre les choses à zéro en formant de nouveaux ouvriers qualifiés et en préparant des académiciens pour les encadrer.

En collaboration avec des associations étrangères (Espagne, Italie, France), quelques initiatives ont été déjà lancées çà et là pour redonner vie aux petits métiers, mais ces efforts n'ont qu'un impact partiel et limité, l'artisanat algérien, ayant ses propres spécificités qui le distinguent dans certains domaines de ce qui se fait sur la rive nord de la Méditerranée.

Pour réparer un monument de l'époque hammadide ou un ustensile datant de la présence turque, on doit déterrer des savoirs ancestraux souvent enfouis et oubliés. Le vol et le trafic constituent aussi un autre phénomène dangereux qui menace le patrimoine culturel et artistique dans son existence.

Et les observateurs étrangers ne manquent pas de rappeler que l'Algérie demeure un terrain de chasse pour la contrebande des oeuvres d'art. Les pilleurs profitent aussi de cette indifférence quasi générale à l'art et à ses oeuvres pour se servir.

Il s'agit, donc, de redonner à l'art et à la culture toute leur dimension. Ce rôle n'incombe pas au seul ministère de la Culture, mais relève de toutes les institutions publiques et privées.

Les secteurs de l'éducation, de la formation, de la jeunesse, de l'enseignement supérieur, les différents corps de sécurité (police, gendarmerie, douanes), le mouvement associatif et les organisations de la société civile doivent aussi contribuer à la sauvegarde et à la restauration de ce précieux héritage.

 

Kamel Amghar

28 Avril 2011

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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