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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ce grand moins qui pourrait faire le petit plus...

 

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 Les mérites d'une économie naturelle et endémique

 

Produire plus, ou le mythe de Sisyphe

La seule solution valable, à  moyen terme, pour faire face à l’augmentation croissante de la consommation énergétique algérienne serait, parait-il,   de s’engager à l’aveuglette dans l’exploitation du gaz de schiste. C’est du moins le son de cloche officiel censé sonner le glas de toute opposition à l’utilisation du seul procédé en vigueur pour extraire du gaz et des huiles argileuses : la fracturation hydraulique horizontale.

Il faut produire plus! Répondre à la demande croissante  par une offre  toujours plus abondante. Surtout ne pas changer une recette qui a fait ses preuves, apparemment pour certains, et qui revient à limiter la nature de l’économie algérienne à la seule rente relative à ses gisements de gaz  et de pétrole. Produire plus pour importer plus, donc consommer plus. Produire plus pour ne rien produire d’autre. Avouez  qu’il faut beaucoup d’amour pour mon pays pour ne pas trouver cela seulement risible. Mais je ne me permettrais jamais de rire du malheur de mon pays d'origine. Seulement de le déplorer et de m'engager à mon modeste niveau pour participer à son évolution heureuse. 

Consommer plus pour produire moins!

Consommer plus, de surcroit des produits ainsi que des services exotiques, tandis que le chômage et le « naviguage » sont devenus presque des fléaux endémiques. Consommer plus, toujours plus loin et participer ainsi indirectement , mais activement, au réchauffement climatique. L’Algérie qui se dédouane de toute responsabilité en matière d’émission carbone me fait penser à cette Europe écologique qui montre du doigt la Chine, à ce propos, tandis qu’une grande partie de son industrie  y est basée,  et que ses importations proviennent largement de cette république populaire  industrielle émergente…

Consommer plus, peu importe si la facture  nationale augmente. Cela est bon pour la croissance globale qui doit demeurer continue, ou durable tant qu’elle œuvre dans le sens du développement, et donc de l’expansion. Mais de qui au fond? à peine un pour cent du monde qui fait croire à 20 pour cent d'égoistes aveugles de leur complicité qu'il sont du bon côté de la barrière d'injustice qui sépare le Nord du Sud, de la même planète, du même peuple Humanité...

Cela n’est pas mauvais également, consommer plus,  pour le citoyen lambda qui profite d’une énergie largement subventionnée et donc peu chère dans l’absolu. Je dis bien dans l’absolu car j’ai vu bien des gens à travers le pays, consacrer une part assez pesante de leur budget à l’énergie domestique ainsi que l’eau courante. C’est à se demander si on ne devrait pas plutôt subventionner les salaires locaux  que les denrées importées, l’électricité ainsi que l’eau. Mais c’est un autre sujet dont la portée échappe de très loin à mes modestes compétences…

Le contraire serait plus naturel pour l'Algérie qui m'a éduquée

Pour en revenir, à propos du sujet intitial  de ce billet, c’est qu’il n’y a rien qui me rappelle ici le bon sens algérien dont je pense avoir hérité de mes ancêtres, ainsi qu’à mon éducation rurale que je dois en grande partie aux bons enseignements de ma grand-tante Nouara. Consommer plus, et de plus en plus égoistement; pour produire de moins en moins de bien-être collectif, n’importe quel douari, beldi, sahraoui, jbeïli d’il n’y a pas si longtemps de cela, vous aurait ri au nez tant le postulat le plus contraire leur paraîtra évident : consommer moins et produire mieux. Faire du gâchis un vice à proscrire systématiquement à l’échelle collective. De même, l’efficacité énergétique est une phase importante à atteindre pour évoluer vers une économie énergique et non  seulement d’énergie.

Consommer local, saisonnier, vierge en chimie serait l’idéal. Mais c’est un objectif qui me parait long à atteindre. On ne change pas ses habitudes, surtout quand elles sont aussi délicieuses que mauvaises.

Mais, chaque petite victoire  au quotidien contre un système de vie très peu propice à une prise conscience écologique sincère est un petit pas en avant. 

Consommer local, saisonnier, vierge en chimie serait l’idéal. Mais c’est un objectif qui me parait long à atteindre. On ne change pas ses habitudes, surtout quand elles sont aussi délicieuses que mauvaises. Remplacer votre lessive avec des noix de lavage ne fera pas de vous un éco citoyen accompli, . Imaginez  seulement  qu’avec un kilo de ces dernières, un peu d’huile essentielle naturelle, vous pourrez faire plus d’une centaine de machine à plus de 40 degré (seul inconvénient) pour seulement 11 euros ; de même que produire des eaux grises nettement  moins polluées.

 

Plus loin que les mirages verts

Mais, en Algérie, il faudrait  aller beaucoup  plus loin que la midinette "bobiocéphale" - pardonnez mon barbarisme taquin- qui oublie que pour cela il faut importer en masse des noix venues d’Inde. Ce serait en cherchant à développer des espèces végétales  locales  capables du même exploit. Je suis convaincu, et j’admets que c’est une opinion, d’une probable piste parmi toute la richesse ainsi que la biodiversité de la biosphère algérienne ou,  par défaut à l’échelle de la biodiversité méditerranéenne. On produit des savons végétaux depuis fort longtemps en Algérie et, Nedroma, par exemple, en son temps, fut  une sorte de  Grasse algérienne, capitale française des huiles essentielles et  des grands parfumeurs. Il n’est pas impossible de développer une gamme de produits ménagers ainsi que de beauté d’origine à la fois algérienne et naturelle.

Consommer mieux, c’est forcément chercher d’abord des solutions locales à des problématiques nationales qui ne peuvent que s’ inscrire dans une réalité écologique et économique mondiale provoquant elle-même  des impacts globaux sur les environnements  intimes et collectifs de nombre de gens comme nous. Consommer les choses à leur juste valeur ; bien au-delà de leur prix en monnaie sonnante. On n’a jamais rempli du vide avec du vide, ni du vent avec du vent…

 

Negawatt, les mérites  d'une énergie qui se compte à l'envers

Il y  au moins 15% pour cent, apparemment,  d’économie d’énergie à faire en gérant ce pays comme l’aurait fait un bon père et une bonne mère de famille algérienne qui se doit.

Consommer moins pourrait être une plus-value et un savoir-faire  tout ce qu’il y a de compatible avec la nature originelle des Algériens. Imaginez que le consommer moins devienne l’énergie atomique d’une part non négligeable de notre économie ? Produire, concevoir des services ainsi que des appareils et machines capables d’une grande efficacité énergétique et remettant  également en cause la nécessité économique d’une obsolescence programmée  des produits manufacturés en Algérie.

Impossible ? Souvenez-vous de l’exemple de la Chine et de l’Europe que j’évoquais au début de ce billet qui s’achèvera sur cette note d’espoir dont je n’arrive jamais à exclure de toutes mes partitions, même les plus noires…

 

Ce grand moins qui nous manque, et si c'était  est un petit plus qui a fait ses preuves hors du pays

Les cerveaux algériens actifs dans le sens de l’efficacité, de la sobriété, ainsi que tant d’autres domaines relatifs à la nouvelle économie écologique qui se profile comme un salut à travers le monde, ne sont-ils pas légions à travers  cette même planète que nous habitons aussi? Tandis que notre pays est classé parmi les moins innovants, certes. Mais avec des moyens, ainsi qu’une population assez jeune, donc encore perméables aux changements qui s’imposent, tout devrait être possible. Cependant, sans remettre totalement  en question bien des acquis de la culture et société algérienne qui ont heureusement persisté  dans notre pays, malgré toutes les épreuves subies pour la dénaturer…

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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