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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"COMMUNE DE BÉNI MAOUCHE (BÉJAÏA): Des potentialités inexploitées" par La gazette "Amdoune n'Seddouk"

20 février 2010 6 20 /02 /2010

Née du découpage administratif de 1985, la commune de Béni Maouche était rattachée à Beni Chebana, avant d’accéder au rang de daïra en 1990. Une région magique, qui fait rêver. Ses collines, ses sources d’eau, ses villages, ses forêts, ses régiments d’oliviers, ses figuiers sont de toute splendeur. Et le chef-lieu, Trouna, n’est pas seulement une ville musée au passé glorieux. C’est aussi une du présent, dont l’essor a été fulgurant ces dix dernières années. Les visiteurs qualifient l’endroit d’éden de haute montagne. Cette région recèle des potentialités touristiques qui ne demandent qu’à être développées. La montagne d’Achtoug, qui s’élève à quelque 1 300 mètres d’altitude, est la destination privilégiée. La neige y recouvre une épaisse végétation. Cette montagne sauvage d’où jaillissent une multitude de sources naturelles renferme des grottes dont les parois intérieures, truffées de stalactites et de stalagmites, subliment le regard des visiteurs. Sur le pic de la montagne, un vieux chalet centenaire s’accroche à un éperon rocheux. C’est la cabane de Sidi Ali Ouachtoug, un saint vénéré par la population. Ici, la vue sur la haute vallée de la Soummam et le flanc est du Djurdjura est imprenable. On n’en finit pas d’y admirer les ruines de l’ancien village de Trouna. Haut perché sur la montagne, un autre vestige historique, le village mythique d’Ath Khiar, portant encore les stigmates des bombardements de l’armée française. Il révèle tout l’acharnement de l’armée française sur des populations sans défense. Le village d’Ath Khiar ne cesse d’attirer les cinéastes à la recherche de vestiges datant de la grande révolution de Novembre 54. Entre ces deux villages martyrs et aux abords de la RN 74, se dresse le cimetière des Martyrs, qui rappelle l’endurance d’une région qui a donné 1 014 chouhada, dont le commandant Si Hamimi Oufadhel, compagnon et ami du colonel Amirouche, surnomme le Tigre des djebels. Un musée construit récemment se veut un repère pour les générations postindépendance avides de connaître l’histoire glorieuse de leur patrie. Si pour le visiteur, Beni Maouche est un havre de paix, il n’en demeure pas moins que les populations qui y vivent donnent de leur commune une autre vision. De l’amertume se lit sur les visages des montagnards, qui mènent une rude vie. Beaucoup de familles ont fui cette région à l’indépendance pour s’installer dans les grandes villes, notamment Alger. LE RETOUR AU BERCAIL Depuis peu, c’est le retour vers la terre nourricière. La commune de Béni Maouche cultive ces dernières années un esprit d’ouverture, conjugué à un développement qui fait revenir de leur exil bon nombre de familles. D’autres, las de la ville, viennent le temps d’un weekend ou pour les vacances d’été, nostalgie oblige. A Beni Maouche, le relief est très accidenté, et les routes, sinueuses, n’en finissent pas de monter. La RN 74, la plus fréquentée. Au détour d’un virage anodin, apparaît Trouna, entourée d’austères villages disséminés sur les crêtes. Ici, la plupart des habitants vivent dans le dénuement. La commune Beni Maouche, d’une superficie de près de 100 km2, est située à 100 km de Béjaïa, sur le versant est de la vallée de la Soummam. Elle compte 27 villages, dont les 3 principaux sont Aguemoune, Aït Adjissa et Trouna. Des villages qui souffrent énormément de l’éloignement des structures administratives, sanitaires et socioculturelles. Le manque de moyens est criant. Certaines routes autrefois goudronnées sont actuellement dans un piètre état, sans compter les pistes revêtues de tout-venant, ce qui explique le manque de transport. Le manque de centres de soins oblige les patients à se rendre à la polyclinique de Trouna, qui souffre de l’absence de plusieurs services. Elle a néanmoins été dotée tout récemment d’un service de radiologie. Mais ce qui préoccupe le plus les autorités locales, c’est la création d’un bloc des urgences, pour éviter les transferts vers l’hôpital d’Akbou, distante de 40 kilomètres. Des sources crédibles informent qu’un projet d’hôpital de 60 lits aurait été accordé à cette commune rurale, au titre du quinquennat 2009/2014. Le chef-lieu communal a connu une ascension fulgurante qui lui a permis de se tailler une réputation de plaque tournante du commerce. A la faveur de sa situation géographique, elle voit les routes de plusieurs localités converger vers la RN 74. Un des labels est le marché hebdomadaire, réputé pour ses produits agricoles locaux commercialisés par les fellahs de la région, notamment ceux de Tansaout. Chaque mardi, les visiteurs affluent de partout sur les deux placettes réservées à ce marché. Beni Maouche, c’est aussi la fête de la figue, qu’elle organise chaque année en fin de saison. Ces dernières années, une petite industrie commence à se développer, à l’image de quatre PME qui résorbent un tant soi peu le chômage endémique qui se situe à un taux d’environ 50 %. Il s’agit de fabriques de chaussettes, de matelas, de détergents et d’aliments du bétail. A ces entreprises, s’ajoute une ferme agricole privée spécialisée dans l’élevage de vaches laitières et la production de fromage. La commune compte aussi deux stations-service de carburant. Pour les loisirs des jeunes, la ville possède une voûte communale utilisée pour les activités sportives, une aire de jeux de proximité, des cybercafés et un terrain de football. Les jeunes se rabattent également sur la maison de Jeunes où, à longueur d’année, des activités culturelles sont organisées. La commune a aussi bénéficié d’un projet de bibliothèque, dont les travaux ont été lancés. Mais cela ne suffit pas à répondre aux besoins des jeunes, désoeuvrés. Par manque de perspective d’emploi et insuffisance de structures de loisirs, les jeunes de Beni Maouche ne pensent qu’à s’exiler, fuir vers la ville ou à l’étranger. En raison de ses hivers rigoureux, les villageois ont pris, cette année, leur devant en stockant du bois de chauffage, car ne comptant plus sur la bonbonne de gaz, qui se raréfie en cette période de l’année. En 2005, ils étaient restés cloîtrés chez eux durant plusieurs jours, à cause de couches de neige de plus de 80 cm d’épaisseur en certains endroits, obstruant routes et ruelles. La commune a besoin d’un chasse-neige, qui tarde à lui être accordé. L’HABITAT : UN LÉGER MIEUX Le secteur de l’habitat semble être mieux maîtrisé. Cette commune a bénéficié d’une centaine de logements collectifs. Mais les citoyens préfèrent les logements individuels acquis dans le cadre de l’habitat rural. Le certificat de possession toujours en vigueur dans cette commune a favorisé cette option. Une commune qui a bénéficié aussi de 200 locaux commerciaux pour jeunes. Les travaux de construction vont bon train. Les calamités naturelles n’ont pas épargné cette commune. Plusieurs villages ont été sérieusement touchés par le violent séisme qui a ébranlé la région en novembre 2000, où des milliers de sinistrés ont été recensés. 1 646 ont bénéficié des aides de l’Etat pour la construction ou la rénovation de logements. Les bénéficiaires du plan collectif, au nombre de 207, sont toujours dans la tourmente. Les travaux sont arrêtés depuis 10 ans, après achèvement des murs et des toitures. Il est à déplorer le fait que certains ont habité ces logements dans des conditions de précarité, avec l’absence de commodités des plus élémentaires. L’année dernière, les sinistrés ont été informés d’une subvention de 400 000 DA de l’Etat pour la finition des travaux de leurs logements. Mais ils ne voient toujours rien venir. Et un malheur ne vient jamais seul. L’agriculture a été sérieusement touchée par les chutes de neige en 2005. 80 % des terres ont été endommagées. Et les blessures des fellahs n’étaient pas encore pansées quand en août 2008, deux incendies ont ravagé des milliers d’oliviers, de figuiers et autres arbres fruitiers. Les pouvoirs publics ont accordé, en guise d’indemnisation, 11 PPDRI. Mais les fellahs se plaignent de la bureaucratie à laquelle ils sont confrontés. On les rencontre, dossier en main, le plus souvent ne sachant pas à quelle porte frapper. Pour plus d’attrait, la ville a bénéficié, cette année, d’un projet grandiose d’aménagement urbain, qui consiste en la pose de bordures de trottoirs et le bétonnage des trottoirs. Les travaux débuteront incessamment, nous dit-on. Cette commune est confrontée aux problèmes de décharge publique. Délocalisée d’un endroit qui culminait à plus de 1 000 m, la nouvelle décharge a été implantée trop loin de la ville et de la route. Les propriétaires des parcelles de terre se trouvant aux alentours multiplient les démarches pour sa délocalisation vers un autre site. L’autre point réside dans le fait que personne ne sait si cette commune sera alimentée en eau du barrage de Tichy Haft, situé à proximité. Même avec les trois forages réalisés au niveau de l’oued Bousselam, la bataille de l’eau n’est toujours pas gagnée. Les populations souffrent de pénurie d’eau, malgré les efforts déployés par les autorités locales. Divers projets infrastructurels sont en cours. Le siège de la sûreté urbaine est fin prêt et les travaux inhérents à la construction d’une caserne de la garde communale se poursuivent, outre un projet de crèche communale, dont les travaux ont été également lancés. Larbi Beddar
Par La gazette
Source: Blog : La gazette "Amdoune n'Seddouk"  http://seddouk.over-blog.com/article-commune-de-beni-maouche-bejaia-des-potentialites-inexploitees-45302149.html
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Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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