Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« De l’urgence de créer un banque de données environnementale en Algérie ». Par Karim Tedjani

L’Information est la ressource la plus précieuse dont dispose une société démocratique pour assurer sa pérennité. Sans cette dernière, il n’y a pas de Connaissance. Sans la Connaissance il ne peut y avoir également de Science et, sans l’Information, encore moins de Conscience. La Science dénudée de Conscience ne peut être au service de l’Humanité ; elle devient alors un outil d’oppression des peuples, une arme dont l’utilité ne se limite alors qu’à protéger les intérêts égoïstes d’un « Happy Few » rejetant l’idée que le Bien-être est un droit universel.

Pour apprendre il est nécessaire de s’informer, pour comprendre encore plus. « Apprendre sans comprendre c’est avancer dans les ténèbres », c’est ce que M. Chigot, mon professeur d’Histoire au collège Pailleron, dans le 19ème arrondissement de Paris obligeait tous ses élèves à inscrire en première page de leurs cahiers. Cet homme avisé a été d’ailleurs un de ces Français qui ont participé à la libération des Algériens de l’abîme du colonialisme, véritable insulte et déni de tout ce que la République Française porte en elle de Lumières depuis sa propre libération de la monarchie inégalitaire et absolue. J’ai toujours gardé à l’esprit cet adage inspiré que m’avait enseigné un homme qui avait consacré sa vie à informer ainsi qu’à lutter contre l’ignorance, l’intolérance et donc l’injustice.

Sans l’Information, bien évidemment celle qui ne diffuse pas des erreurs ou pire encore, des mensonges ou de la propagande, il n’est pas possible de trouver des solutions vertueuses aux périls qui menacent l’Homme et son environnement, physique, social, économique et politique , de gagner de combats contre l’Ignorance et son pire corollaire, la Tyrannie.

La plus dangereuse épée de Damoclès qui pèse sur l’avenir des Algériens, c’est la dégradation de l’environnement en Algérie. Il n’est plus question de débattre sur la pertinence d’une telle affirmation, mais bien d’œuvrer à endiguer irrémédiablement cette menace que tous les chercheurs et associations écologiques algériennes ne cessent d’annoncer. Dégradation de la Santé Publique, de la Biodiversité, des ressources hydriques, des sols, de la qualité de l’air, la pollution est partout dans un pays pourtant peu industrialisé de même que le désert menace d’engloutir tout sur son passage en Algérie.

Il est impossible d’éluder ce triste état de fait, ni pour la société civile dont certains membres ont pris le parti de se mobiliser pour combattre tant bien que mal tous ces fléaux, ni pour l’Etat Algérien qui s’est officiellement engagé à lutter contre tous ces périls environnementaux aux multiples conséquences néfastes pour la société algérienne. Mais cette prise de Conscience souffre d’un terrible défaut : il n’existe pas de véritable base de donnée environnementale commune à la disposition de tous ceux et celles qui ont décidé de s’activer pour la préservation de l’environnement en Algérie. Cette défaillance est déplorée non seulement parmi la communauté scientifique, la sphère associative, les médias et au sein même de notre gouvernement ; j’ai été témoin de cela en bien des situations et dans chacune de ces parties concernées par l’Ecologie et l’Environnement en Algérie.

A quoi bon dépenser de l’énergie à panser seulement les plaies quand on ne fait rien pour guérir ? Que peut-il bien résulter d’un combat où l’Information n’est pas partagée entre tous ses acteurs livrés à eux-mêmes face à l’adversité? Peut-on se contenter de gagner des batailles alors que la guerre est perdue d’avance sans une sincère émulation de toutes les forces en présence? La source de cette victoire salutaire réside essentiellement dans l’effort qui sera fourni par toute la société algérienne pour identifier les dangers environnementaux qui menacent l’Algérie. Pour cela, il faudra étudier, identifier, innover, progresser et développer un langage commun, une base collective, un référent national au service d’actions locales coordonnées. Le plus étrange paradoxe à ce propos réside dans le fait que la plupart des informations et données environnementales concernant l’Algérie résident à l’Etranger, que les études scientifiques les plus sérieuses à ce propos sont commanditées par des corps de recherches « exotiques » et que ces résultats profitent avant tout à la science des pays développés ! Il faudra dans un premier temps remédier à cela et, très rapidement investir dans la recherche endémique. Vous seriez étonné de savoir combiens de jeunes chercheuses et chercheurs algériens auto financent leurs travaux et ne peuvent compter sur aucun soutien de nos institutions ni reconnaissance de la part de notre société alors qu’ils œuvrent pour le bien de tous. Pour les femmes, il faut malheureusement ajouter la difficulté d’aller seule sur le terrain à cause de certains tabous qui persistent dans la société algérienne. Je profite d’ailleurs de cet article pour rendre hommage à tous ces scientifiques algériens qui n’ont pas baissé les bras…

Bien entendu les choses ne sont pas si simples à appréhender...      

Comment expliquer que notre pays soit équipé de laboratoires de recherches nucléaires parmi les plus performants au monde quand l’Algérie n’aurait qu’à investir que quelques dizaines de milliers d’euros pour créer un laboratoire d’analyse génétique de sa faune et de sa flore accusant un taux d’endémisme de 12,6 pour cent ? Il en existe bien un dédié à la faune à l'USTHB de Bab Ezzouar, mais est-ce vraiment suffisant? Qui pourra remettre en question le fait que le territoire algérien est un terrain de recherche envié par les chercheurs du monde entier parce que de nombreuses espèces rares y résident encore à l’état sauvage. Au regard de la pédologie, de la biologie et de tant d’autres sciences naturelles, l’Algérie est un champ d’étude exceptionnel du fait sa géomorphologie et de ses climats si variés ; en ce qui concerne les phénomènes de pollution et de dégradations liées à l’activité anthropique elle n’est malheureusement pas en reste.

Mais il serait apparement, aux dires de certains chercheurs consciencieux,  injuste de limiter cette pénurie de données à de simples moyens financiers. Il semblerait que la ressource humaine, dans le secteur de la collecte de ces dernières fasse sérieusement défaut autant d'un point de vue quantitatif que qualitatif. Est-ce une des nombreuses conséquences de la décennie noire, les chercheurs et les étudiants ont déserté "le terrain" qui est pourtant  la base de toute prospection scientifique digne de ce nom. Il semblerait également que la nouvelle génération de chercheurs algériens n'ont pas cette culture et ne maîtrisent pas forcemment de simple gestes et outils qui pourraient pourtant permettre de faire avancer les choses sans dépenser beaucoup d'argent. Quant à la qualité de l'enseignement scientifique et le certain laxisme qui s'est installé dans de nombreuses universités, beaucoup de choses pourraient être écrites malheureusement...

La grande superficie du térritoire est un facteur aussi  très pénalisant, quand on sait que l'Algérie fait au moins cinq fois la superficie de la France, que sa diversité de biotopes et microclimats impose un nombre incalculables d'études et d'actions à coordonner dans un pays où le "travailler ensemble" n'est vraiment  pas une valeure nationale acquise.

Un jour, un haut fonctionnaire algérien m’a demandé pourquoi mon portail abordait autant de sujets différents  et m’a même reproché de ne pas me concentrer sur l’avancée du désert en Algérie domaine qui le concernait intimement. « Ton site ne sert à rien, il ne fait que de donner des informations et ne propose pas de solutions… » M’a-t-il également « balancé ». Je lui ai expliqué que la Nature Algérienne était un écosystème à percevoir dans sa globalité et que l’avancée du désert était corollaire à la déforestation, à la gestion de l’Eau, à la santé de nos sols, à la préservation de la faune et de la flore, à la pollution et à vrai dire tous les domaines de l’environnement, que l’Information était la source de l’action et je n’avais pas la prétention d’être à même de proposer des solutions car je suis de formation littéraire. J’ai crée Nouara pour remédier avec mes humbles moyens à la disparité des informations à la disposition des internautes concernés par l’Ecologie en Algérie. Comme ce dernier était un homme intelligent et capable de se remettre en question et qu’il a pu ce jour-là voir la rédactrice en chef de l’émission « Uni vert » dédiée à l’environnement sur Canal Algérie me féliciter pour , mon travail de compilation d’articles et de publications scientifiques concernant l’Ecologie en Algérie qui lui était utile dans son travail , il a pris le temps de m’écouter et m’a proposé son soutien…

Si je vous fais part d’un de ses nombreux épisodes de mon « aventure » écologique en Algérie, ce n’est bien entendu pour m’en onorgueillir car Nouara n’est qu’une goutte dans l’océan, une ébauche incomplète de ce que devrait être un site à la disposition des actruers de l'environnement en Algérie. Bien que cet outil m'a  permis, à titre personnel d'explorer sur le terrain la réalité de la situation environnementale en Algérie  et de faire de nombreuses rencontres très instructives, je ne peux me satisfaire de cela. Non, c’est avant tout pour déplorer le fait qu’un simple citoyen, peu qualifié dans ce domaine et pauvre en moyens financiers ne pourra pas relever le défi de mettre en place une banque de données environnementale digne de ce nom. C’est au gouvernement, à la communauté scientifique, aux associations écologiques, aux médias réunis autour du Chef de l’Etat que revient cette noble et salutaire entreprise !

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
Voir le profil de Karim Tedjani sur le portail Overblog

Commenter cet article