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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« Doit-on forcement parler « d’écologistes » en Algérie ? » Par Karim Tedjani.

                                Un garçon semble avoir adopté ce lapinou...

       Les Algériens sont sensibles de plus en plus tôt à la préservation et la protection de l'environnement...

 

Il n’y a pas de cela si longtemps, en Algérie, il était encore de bon ton de souligner à quel point les questions environnementales n’étaient pas dignes d’intérêt pour la majeure partie de la population. L’écologie était perçue par beaucoup d’intellectuels et d’hommes politiques comme un concept exotique n’ayant que peu de chance d’imprégner une société algérienne avide surtout d’un développement économique plus rapide que durable.

Pourtant, depuis 2006, le nombre des associations activant pour la protection de l’environnement, ainsi que la sensibilisation de la population dans ce domaine, n’a fait qu’augmenter. Il y a aussi ces gens qui ont toujours préféré agir loin des tracasseries administratives et des pressions politiques dont est régulièrement victime au quotidien le monde associatif algérien. Leurs actions, si elles sont isolées, ont permis néanmoins de limiter, ici et là à travers le pays, les impacts nocifs du développement algérien sur son environnement.

Doit-on pour autant parler d'écologistes algériens?

Les dégradations de l’environnement et des milieux naturels perturbent chaque jour un peu plus le quotidien et la santé de millions d’Algériens. En 2013, la protection de l’environnement et des milieux naturels n’est plus un luxe pour l’Algérie, c’est un défi national.

L’Etat algérien a crée depuis l'an 2000 un ministère dédié à l’aménagement du territoire ainsi qu’à l’environnement. Une politique de sensibilisation et de planification nationale a été mise progressivement en place. En 2003, le concept de développement durable vient même s’inscrire officiellement dans la gestion de l’économie et de l’environnement en Algérie. De nombreuses lois ont été votées dans ce sens. Sa pérennité au sein du gouvernement, son influence croissante est incontestablement le signe d'une volonté de la part de la sphère politique de prendre la gestion de l'environnement comme un aspect important de la bonne gourvernence de ce pays.

Mais ce ministère, bien qu'il ait opté globalement pour des mesures pertinentes dans ce domaine, a tardé à identifier et impliquer dans ses programmes les membres de la société civile capables de favoriser leurs applications à l’échelle locale. Notamment pour contribuer à pallier aux lacunes de nombreux organismes étatiques locaux en moyens techniques et humains pour appliquer correctement ces mesures prises à l'échelle nationale.

Cette prise de conscience environnementale au sein de la société civile est longtemps passée inaperçue; c'est peut-être pour cela que les citoyens n'ont pas été assez sollicités par l'Etat . C’est sûrement aussi parce que les médias et la sphère politique n'ont pas été diligents à accorder de l’intérêt aux initiatives bénévoles des acteurs civils de la protection de l’environnement en Algérie.

De plus, beaucoup de ces citoyennes et citoyens ont longtemps pris l’habitude d’éviter d’attirer l’attention sur leurs initiatives pour ne pas être « dérangés » par les autorités locales qui n’ont eut de cesse les percevoir plus comme concurrentes alors qu’elles avaient la plupart du temps vocation à être surtout complémentaires. Je ne parle pas ici par médisance mais bien d'après les nombreux témoignages que j'ai pu récolter à travers le pays. Pendant de nombreuses années ces militants se sont d’abord appliqué à obtenir des résultats sur le terrain avant de chercher à avoir une existence médiatique ou politique dans la société algérienne.

Il faut également admettre que l’absence d’un mouvement fédérateur au sein de cette communauté de bonnes volontés très disparate, aux actions de ce fait souvent diffuses, n’a pas facilité les choses pour quantifier et qualifier tous ceux et celles qui ont en commun le souci d’un environnement algérien plus sain.

Internet, en offrant une tribune alternative aux défenseurs de l’environnement du monde entier , en connectant chaque jour un peu plus d’Algériens avec le reste de la planète ,a largement contribué à diffuser la culture environnementale en Algérie. Cette prise de conscience écologique qui s’est d’abord faite en marge des médias et des discours officiels ne peut plus être ignorée ni par la presse, ni par les politiques tant elle a pris de l’ampleur aujourd’hui.

Mais, parce qu’on n’a pas vraiment vu venir cette petite « révolution » suffisamment à temps, qu’on ne dispose pas de référents endémiques pour la qualifier, beaucoup trop de gens en Algérie veulent la comparer à quelque chose qui n’existe pas vraiment dans ce pays.

A chaque fois qu’un groupe de ces citoyens ou bien encore qu’une de ces associations exprime son désaccord sur un sujet touchant l’environnement, on parle régulèrement « écologistes ».

Est-ce vraiment justifié et bénéfique pour eux ?

Au sens premier, un écologiste est un chercheur, un scientifique. Il étudie la nature et ses fonctionnements ainsi que les phénomènes provoqués par ses interactions avec l’environnement des humains. Sa science s’appelle l’écologie. Puis le terme plus précis est devenu écologue

Dans un tout autre champ de définition, écologiste est devenu un terme générique pour qualifier les adeptes de l’écologisme, un mouvement politique international aux multiples ramifications. De nombreux partis écologiques et ONG ont été crées depuis à travers toute la planète. Cette dimension politique, au sens de parti politique, n’a pas de véritable existence en Algérie.

Les « écologistes » dont on parle dans la presse régulièrement n’existent pas vraiment ; notamment quand il s’agit de ceux qui s’opposent actuellement à l’utilisation en Algérie de la fraction hydraulique horizontale pour l’exploitation des gisements de gaz et pétroles non conventionnels présents dans le Sahara. Ils ne sont pas tous des scientifiques et peu d’entre eux militent pour le parti écologique algérien.

Le sens, "sympathisant de la protection de la nature" est devenu trop facilement matière à être confondu avec écologiste, militant politique pour qualifier sans préjugés de simples amoureux de la nature, même impliqués socialement dans ce noble combat.

 

Tous les Algériens, qu’ils soient politisés ou non, doivent assimiler la protection de l’environnement comme un élément essentiel de leur bien-être. Voilà pourquoi ses défenseurs doivent s’organiser, mutualiser leurs discours, leurs actions, leurs connaissances et, surtout, leurs influences au sein de la société algérienne. Un réseau de bonnes volonté plus qu'une sphère d'intérêts politiques...

 

Il ne doit pas y avoir « les écologistes » algériens et le reste de la société algérienne dans ce combat qui nous lie tous contre la dégradation de l'environnement en Algérie !

 

Un tel clivage serait, à mon humble avis, néfaste sur l’influence que pourraient prendre les contingences environnementales dans les débats publiques. En ce qui concerne le gaz de schiste, il me parait évident que ce sujet concerne tous les Algériens ; et non seulement d’hypothétiques « écologistes » animés, comme outre-mer, par des ambitions avant tout politiques.

 

Il serait donc temps d’inventer l’écologie algérienne; cette fois ci non comme un sujet d’experts; mais bien comme une éthique citoyenne de vivre ensemble l’environnement en Algérie.

Tous les Algériens, qu’ils soient politisés ou non, doivent assimiler la protection de l’environnement comme un élément essentiel de leur bien-être. Voilà pourquoi ses défenseurs doivent s’organiser, mutualiser leurs discours, leurs actions, leurs connaissances et, surtout, leurs influences au sein de la société algérienne. Un réseau de bonnes volonté plus qu'une sphère d'intérêts politiques...

Il ne doit pas y avoir « les écologistes » algériens et le reste de la société algérienne dans ce combat qui nous lie tous contre la dégradation de l'environnement en Algérie !

Un tel clivage serait, à mon humble avis, néfaste sur l’influence que pourraient prendre les contingences environnementales dans les débats publiques. En ce qui concerne le gaz de schiste il me parait évident que ce sujet concerne tous les algériens et non seulement d’hypothétiques « écologistes » animés, comme outre-mer, par des ambitions politiques.

Il serait donc temps d’inventer l’écologie algérienne, cette fois ci non comme un sujet d’experts mais bien comme une éthique de vivre ensemble l’environnement en Algérie.

La question n’est pas d’être ou non « écologiste », la réponse n’est pas forcement celle de la création d’une mouvance politique écologiste en Algérie . Il n’est pas non plus question d’avoir un train de retard en voulant ressembler ici à ceux qui ont déjà commencé à montrer leurs limites dans ce domaine ailleurs, mais bien d’avoir un train d’avance et de chercher des formules endémiques pour que s’opère une vraie et durable « révolution » environnementale en Algérie.

Il vaudrait mieux éviter de parler « d’écologistes » quand il s’agit de citoyens militants pour la préservation et la protection de la nature et de leur environnement. C’est de la société civile algérienne dont il s’agit surtout, de sa prise de conscience environnementale croissante.

Car tous ces gens activent pour l’environnement avant tout parce ce sont des citoyens conscients et responsables vis-à-vis des générations algériennes passées, présentes et à venir.

 

 

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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