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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Du bio en Algérie?" par Karim Tedjani

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Photo: Karim Tedjani (Tous droits reservés 2011)

Tout d’abord, il apparaît important de définir ce terme qui, s’il est largement utilisé en Europe, n’est pas un concept qui intéresse la majorité des Algériens.

Dans la théorie, la certification Bio correspond à un code d'éthique de production, pour la santé des sols et des animaux, et donc  pour celle de l’espèce humaine. En France, par exemple, elle est défendue par l'Union paysanne, qui se définit comme un syndicat citoyen. Dans une réalité plus consumériste, le « bio » est un label très vendeur, au point que parfois  il s’affiche sur des produits qui ne répondent pas toujours totalement à cette norme.
Le bio touche des secteurs de production et de consommation  tels que l’agro-alimentaire, le textile, la papèterie, la cuisine, l’architecture, l'énergie,  les modes de transport;  et la liste pourrait s’étaler ainsi sur toute cette  page….

Le terme ainsi  brièvement défini, tentons de faire  un succinct  état des lieux du "Bio" en Algérie.

Dans un premier temps, il faut se poser la question de savoir de quelle manière les producteurs de denrées agricoles  procèdent en Algérie. On parle souvent, pour ce pays,  d'un secteur  agricole encore "traditionnel", faiblement  équipé et d'une productivité qui n’est pas aux normes de l’agriculture moderne. Cela pourrait laisser à penser que la production nationale  est biologique puisque peu industrialisée.

Ce n’est pas si évident  de nos jours,  puisqu’il faut préciser, qu'au fil du temps, beaucoup d' agriculteurs algériens se sont laissé séduire par la biochimie. Nombres d'entre eux ne jurent que par les engrais et les pesticides chimiques. Pour les exploitants de cette génération, il parait même inconcevable d'obtenir des résultats satisfaisants sans investir largement dans ce domaine.

Les semences locales ont été, lors de ces deux dernières décennies, abandonnées pour des spécimens « hybrides » importés d’Europe. Ces variétés, certes très productives sur le sol européen, ont du mal à s’adapter au climat très particulier de cet immense pays où la verdoyance du printemps contraste avec l’extrême aridité de la saison estivale. Elles nécessitent beaucoup d’apports biochimiques pour pouvoir s’acclimater à l’environnement algérien. De plus, la provenance de  ces intrants  est parfois douteuse. Ces produits importés  ne répondent  pas toujours aux normes d’une Europe qui n’hésite pourtant  pas à les vendre sur le marché algérien. Enfin,  en Algérie, peu  d’agriculteurs ont reçu  une vraie formation quant à la posologie de ces traitements. Cette agriculture scientifique est pratiquée ici de manière  empirique, ce qui ne peut être que de mauvais augure pour la santé des sols, mais aussi celle du consommateur Algérien. Les produits du terroir tendent à disparaître. La monoculture s’installe un peu partout, ce qui est fort néfaste à la biodiversité ainsi qu’à la qualité des produits.

Aussi, pour ces raisons, et sûrement  pour d’autres, il est difficile d’accepter le fait que les fruits et légumes cultivés actuellement en Algérie sont dignes d’être  labélisés « Bio ».  

Certes, il y a certaines exceptions.  Le plus souvent, ces produits sont destinés à l’exportation. Nous citerons la datte et le vin qui disposent  même d’un label de contrôle. Certaines huiles d’olives, bien que rares, répondent  aux exigences du bio et sont , elles aussi,  largement  destinées aux marchés étrangers.

Il existe en Algérie, un savoir faire et une matrice de variétés locales qui, s’ils semblent appartenir au passé pour nombres d’algériens, pourraient assurer un fructueux avenir à l’agriculture bio en Algérie. J’ai eu l’occasion de rencontrer, lors de mes déplacements, des agriculteurs qui continuent, à titre personnel, de cultiver selon les modes ancestraux et  à cultiver  des semences locales avec des engrais biologiques.

De plus, la faible superficie des exploitations, le caractère encore saisonnier du marché des fruits et légumes dans ce pays,  laissent penser qu’il ne serait pas difficile de travailler sur le concept d’une agriculture bio algérienne.

Il faudrait pour cela se réapproprier les savoirs ancestraux de nos paysans. Une banque de donnée nationale doit être mise en place afin de récolter un maximum d’informations auprès des « anciens » ; un travail devra alors s’effectuer afin de moderniser ces savoirs.

Il serait possible de consacrer tout un ouvrage au sujet de l’agriculture en Algérie, cependant ce n’est pas la finalité de cet exposé . Aussi, je m’excuse d’avance pour les impasses qui auront été faites à ce sujet...

Abordons, pour conclure,  une catégorie de produits « Bio »  où « El Djazair »  a de bonne chance d’être  dors et déjà très compétitive : la médecine des plantes  ainsi que les produits de beauté naturels. 

Toute maison qui se respecte en Algérie, se doit d’avoir en réserve de l’huile d’olive ou , mieux, de lentisque,  de même  que du miel pur. Ce sont les ingrédients phares de la médecine traditionnelle Algérienne. Surtout dans sa zone Tellienne (c’est à dire aux bordures des côtes) où  la biodiversité méditerranéenne est riche en plantes médicinales. Pour exemple, on a répertorié plus de 170 espèces dans le seul secteur du massif forestier de l’Akfadou (Kabylie).  Au fil des  siècles,  une vraie science des plantes s’est véhiculée de façon orale parmi les gens du Douar (campagne). Cette médecine est surtout efficace,  à mon sens, de manière préventive. Elle évite de tomber malade, peut apaiser les douleurs et parfois même guérir. Nombre de chercheurs algériens acceptent le fait que cette médecine fait appel de façon intuitive et naturelle aux mêmes molécules qui sont synthétisées dans les laboratoires pharmaceutiques modernes.

 Il suffit de voir la longévité de nos grands parents pour comprendre qu'il y a une véritable mine d'or à mettre en valeur. 

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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walid mabrouk 25/06/2016 12:58

bonjour, je suis tunisien...je veut promovoire mon produit sosmetic-bio en algerie, co



mment faire et merciii

nadir 08/02/2016 12:01

Bonjour , je cherche les coordonnées de producteurs de légumes bio en Algérie ci c'est possible de m'aider sur ce sujet .merci

karim tedjani 24/06/2016 10:58

Bonjour, contactez l'association "Torba" pour cela : http://agroecologie-algerie.org/. Merci d'avoir consulté ce blog....

Filali 24/06/2016 06:16

Bonjour monsieur . vous cherchez sur les légumes pour usage personel ou autre chose . ?