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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ecologie en Algérie:L'association oranaise "Main dans la main" célèbre la journée mondiale de l'environnement" par Karim Tedjani (Troisième partie)

 

 3- « La ferme de tous les espoirs ». Compte rendu de la journée « portes ouvertes » de la ferme des Asphodèles, suivi d’un entretien avec Mr Drief Hadid agriculteur et propriétaire de cette exploitation agricole.

                           La ferme de tous les espoirs...                                                                                 

Vers 11h, notre cortège arrive enfin  à bon port pour la première étape de cette journée idyllique. Nous voici donc au village Bouyacour  (commune de Boutlelis) dans la ferme d’accueil pédagogique des Asphodèles. Cette ancienne exploitation agricole  coloniale est à présent tenue par un homme d’une grande sagesse qui, assisté par toute sa famille, nous accueille  avec le plus grand soin et tous les égards relatifs au sens incomparable de l’hospitalité des algériens. Mme Baba Ahmed, qui est chez elle ici, nous invite à la suivre afin de nous exposer les nombreuses initiatives qui ont été développées dans ce domaine agricole  à la fois  ferme  et  espace d’ateliers pédagogiques.

Notre entrée dans ces lieux, rythmée par les tambours et les carcabous de la compagnie de musiciens Gnawa  « El Bahia » est fracassante ! Elle correspond avec l’arrivée à l’étable des vaches et des moutons de la ferme. Il fallait voir tous ces citadins (plus d’une centaine) débarquer dans cette ferme au moment où le bétail s’apprêtait à regagner ses quartiers. Chacune des parties semblaient à la fois curieuse et un peu inquiétée par cette rencontre pour le moins insolite. Mais, parce que l’organisation de cet événement fut irréprochable, tout rentra assez vite dans l’ordre et débuta la visite.  Un espace d’exposition  avait été prévu afin de nous présenter toutes les activités pédagogiques de la ferme des Asphodèles.

Tout d’abord, sur un panneau on apprend que  les objectifs de l’association « Main dans la main », en ce qui concerne la promotion de la femme rurale , sont les suivants :

Sensibilisation à  l’environnement, favoriser leur  alphabétisation, créer des activités génératrices de revenus,  aide aux soins dentaires, prévention routière, formation à la couture, à la vannerie, au  macramé,  à l’horticulture  et  à l’apiculture, aider les familles en difficulté, notamment celle dont un des membres est handicapé.

Il parait évident qu’à travers ces buts, il se dégage une volonté d’accompagner ces dernières vers la « modernité » tout en préservant leurs particularités traditionnelles. Mme Baba Ahmed, est d’ailleurs, comme je l’ai dit précédemment  le  bon exemple d’une femme rurale qui a su évoluer avec son temps.

Puis, Madame la présidente nous expose  plus en détail certaines activités  de son association. Par exemple, elle nous explique que des femmes rurales, encadrées par « Main dans la main », font la collecte des restes de pains qu’elles recyclent en nourriture pour les animaux de la basse cour. Cette opération leur assure un complément de revenu non négligeable.

Notre guide insiste sur le fait que son organisme ne perçoit pas un centime de ce petit commerce.

On apprend que l’association travaille sur le traitement de la lavande en savon ainsi qu’en bouquets odorants. La ferme d’accueil pédagogique est aussi une école de tissage et Mme Baba Ahmed invite toutes celles parmi les étudiantes présentes à venir se joindre à ces ateliers.

Ensuite, elle nous montre avec fierté  le four à pain  traditionnel de la ferme sous l’œil captivé de son public citadin.

Puis, nous pouvons nous promener à notre gré dans la ferme et voir les nombreux animaux de la basse cour dont des oies, des canards, des perdrix, des pigeons et même un pan. Il y a aussi un élevage de chien « slougi » une race algérienne, des vaches, des moutons, des ânes...On peu voir des ruches modernes et traditionnelles, la pépinière de la ferme.  Pour les invités de l’association habitués à la vie en ville, c’est une fabuleuse occasion de découvrir ou de redécouvrir la campagne. Que dire de l’enchantement des enfants présents !

Les jeunes étudiants de Mme Haroun semblaient  ravis d’être ici et les sourires étaient  sur toutes les lèvres. Rappelons  qu’elle est attachée au ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, et  que c’est  aussi une précieuse collaboratrice pour l’association qu’elle parraine avec beaucoup de conviction 

C’est à présent au tour des musiciens de l’ensemble gnawa « El Bahia » d’entrer en scène pendant que le thé, accompagné de bahrir (crêpes) et de brajs (gâteaux à base de dattes), nous est servi. Une fois de plus c’est un sans faute et tout est succulent. Tout le monde danse et se laisse emporter par l’ambiance extatique de cette musique millénaire. Il est important de préciser que ces musiciens professionnels, dont la renommée dépasse nos frontières, sont venus animer gracieusement cette matinée et qu’ils ont confectionnés des costumes spécialement pour cet événement.

Je profite de cette pause pour m’entretenir avec le maitre des lieux, Mr Drief Habib, qui m’a beaucoup touché par son amour de son métier ainsi que sa motivation à partager sa passion avec les autres.

Cet homme avisé m’explique qu’il a choisi de s’associer aux actions de l’association « Main dans la main » parce qu’il désire faire connaitre aux jeunes citadins la vie des gens du Douar et les sensibiliser sur le rôle essentiel que joue  le  monde rural  pour   la santé alimentaire de tous les algériens. « L’agriculture, c’est la colonne vertébrale de la nation » insiste-t-il. Pour lui, si ce secteur vient à être délaissé, l’Algérie sera à la merci de « gens venus d’ailleurs ».

S’il a décidé d’accueillir des citadins dans sa ferme, c’est afin de leur transmettre le goût de ce métier et pour qu’ils comprennent que pour produire  les fruits, les légumes, le lait qu’ils consomment régulièrement, il y des hommes et des femmes qui vivent dans la nature dont ils sont responsables. Il me dit que s’il a choisi de vivre ici et ainsi c’est par amour de cette nature et que pour rien au monde il ne l’échangerait contre celle des villes. Il a été également séduit par le fait d’offrir  à de jeunes handicapés la possibilité de s’évader à la campagne.

Puis,   notre  discussion  devint forte intéressante quand elle s'orienta  à propos des variétés de semences  locales, notamment  celles de blés durs telles que les « Oued Znati » (du nom d’une commune de Guelma que je connais bien) dont « Sabar » était parmi les meilleures.

Ces blés avaient de bons rendements, rarement en dessous de 15 quintaux par hectares et étaient parfaitement adaptées à la sécheresse. Cependant, dans les années soixante-dix, il m’expliqua que les coopérants techniques ont voulu favoriser l’introduction d’espèces exotiques telles que « Mexicali » ou « Bertrand » en prétextant leurs rendements supérieurs. Pour Mr Drief, la  supériorité en matière de rendement de ces hybrides  n’est valable que pour la première récolte et  ne valent plus rien au bout de trois semences. Il n’y a rien de comparable, selon lui,  avec la régularité de nos espèces endémiques. De plus, ces blés étrangers nécessitent plus d’entretien (dont un apport conséquent en biochimie) et supportent mal l’aridité de nos climats.

La fête continuait à battre son plein quand une équipe de la radio locale d’Oran se joignit à nous afin de couvrir en direct l’événement. Ce fut l’occasion pour moi de parler une fois de plus sur les ondes algériennes de mon portail et de rendre hommage au travail fabuleux de Mme Baba Ahmed ainsi que le soutien de Mme Haroun. Les membres de l’équipe de cette radio, séduits par l’ambiance décidèrent de nous suivre au centre de convalescence des enfants cancéreux afin de rencontrer des enfants trisomiques et de déguster une succulente paëlla que Mme Baba Ahmed nous avait préparé. Il faut préciser que cette dernière s’était levée à trois heures du matin pour la préparer…

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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