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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ecologie en Algérie:"La décennie noire*, quelles conséquences sur l'environnement" par Tedjani Karim.

Tout le monde, il me semble , sait que l'Algérie, entre 1989 et 1998, a connu une des période les plus sombre de son histoire.

La nation, est alors sous la constante menace d'attentats et de raids sanguinaires d'une bande de terroristes  (d'autres diront "résistants") qui ont décidé de prendre le maquis afin d'instaurer leur hégémonie par la terreur.

Cette triste décennie a eu, bien entendu, de grandes conséquences sur les comportements socio-économiques des algériens et des algériennes. Aujourd'hui, en 2011, où le monde arabe semble vouloir effectuer   une salutaire mutation vers une démocratie de fond et non seulement de forme, les séquelles qu'ont laissé cette "décennie noire" ont une grande influence dans l'attitude du peuple algérien vis à vis de ce phénomène historique.

Mais, n'étant pas historien ni sociologue, et, de plus, n'ayant pas vécu personnellement  cette période, je ne me permettrais pas d'entrer plus dans le détail à ce sujet.

J'aimerais plutôt, en adéquation avec mes "compétences", vous parler des témoignages ainsi que des observations que j'ai pu récolter ça et là à propos des impacts de cette décennie sur l'environnement de l'Algérie.

Tout d'abord, une des conséquences les plus flagrante de cette période fut sans aucun doute un exode rural massif et précipité.

Répétons le, à cette époque, des bandes sanguinaires choisirent  de s'en prendre aux plus vulnérables, c'est à dire les paysans des villages  souvent isolés.

De ce fait, dans un pays jusque là majoritairement  rural,  plus un seul village d'Algérie n'est en sécurité .

Il faut dire que, au regard de la grande superficie du territoire algérien, beaucoup de ces agglomérations  sont très isolées et donc difficiles à protéger. Progressivement les campagnes se vident et les grandes villes se voient assaillis par de nouveaux arrivants en quête d'une protection plus effective.

Cette urbanisation fut brutale et donc, logiquement, mal organisée. C'est ainsi qu'apparut de nombreux "bidons villes" en Algérie.

Les infrastructures de ces "ghettos" étaient souvent plus que précaires (pas de caniveaux, manque d'eau potable, pas ou peu d'électricité, aucun suivi des déchets). Cela ne facilita pas l'intégration de ses "arrivistes" (comme on les appelle alors) qui, d'ailleurs n'avaient pas forcement les codes sociaux pour vivre de façon harmonieuse dans une ville.Car de même qu'un citadin doit apprendre à vivre en harmonie avec la nature quand il s'installe en campagne,  un "douari" ne sait pas forcément bien se comporter en ville. Beaucoup de comportements néfastes à l'environnement firent leur apparition.

Combien d'oueds ont-ils été souillés, de sites naturels défigurés par une urbanisation complètement anarchique? Combien de nouvelles décharges publiques ont elles vu le jour  avec leurs lots de maladies non seulement pour les humains mais aussi  pour les animaux sauvages et domestiques?Combien d'animaux sauvages se sont-il "domestiqués" de façon perverse, attirés par ces dépôts de déchets alimentaires?

La liste est trop longue pour que nous soyons ici exhaustif. Disons que dans l'ensemble, cet exode rural à fortement dégradé les espaces naturels situés à la périphérie des grandes villes, considérées alors comme plus sûres.

Cette proximité forcée, sans infrastructures sanitaires à la hauteur,  a d'ailleurs fortement influé de manière négative sur la santé des occupants de ces bidonvilles,  de leur animaux domestiques et donc par contagion, sur celui des habitants des villes "envahies".L'environnement c'est aussi la santé des citoyens, il me semble...

 

Il s'opéra, de plus,  un déséquilibre dans le ratio entre  les citadins (jusque là "minoritaires") et les ruraux qui constituaient une large  partie du tissu social algérien. En 1970, soixante pour cent de la population était rurale.Après ces évenement, c'est le contraire et cela tend à s'accentuer. 

Cette mutation influa à mon humble avis sur les comportements des paysans et surtout sur leur modes de production beaucoup plus accès  aujpurd'hui sur le rendement que sur la qualité. Avec l'arrivée de la biochimie, de nombreuses espèces endémiques se mirent à disparaître et les pesticides firent largement leur apparition. Bizarrement de nouvelles maladies et insectes parasites apparurent...

Dans les années 70, le président Ouhari Boumédienne, avait veillé à favoriser le maintien des "fellahs"  dans les zones  rurales  en créant de toute pièces des "quarias"(villages).

Chaque paysan algérien, après plus d'un siècle d'asservissement aux colons ainsi qu'aux grands propriétaires terriens "indigènes" pouvait ainsi disposer d'un logis décent dans un village équipé d'une mosquée, d'une école primaire , d'une structure sanitaire (infirmerie), d'eau potable , d'électricité, d'un bain maure et de toutes les infrastructures nécessaires à rendre leur résidence agréable. Cette décision, visait à préserver ainsi le capital agricole de l'Algérie en aidant les ruraux à rester dans leur campagnes et donc à continuer de travailler la terre . Ce capital avait tout les atouts pour faire de l'Algérie  le grenier de la  méditerranée. 

Ainsi, si l'agriculture en algérie était largement traditionnelle (donc "bio") la grande population agricole permettait, avec des rendements  certes peu conséquents, d'assurer une relative auto suffisance alimentaire à l'Algérie. Même si la "révolution agraire" de Boumédiennene fut pas un franc succès, le fait est que le pays  était resté essentiellement rurale jusque là.

Or, avec cet exode, la main d'oeuvre s'est vue nettement diminuée . Les fermes familiales se mirent à disparaître, puisque beaucoup des membres d'une même famille s'exilèrent en ville. La façon de cultiver s'en trouva nettement bouleversée. Il est évident qu'à présent la mécanisation est devenue nécessairepour pallier à ce manque de main d'oeuvre.De plus, l'Algérie, ne disposant pas d'une industrie agronomique suffisante,  a du s'engager dans une politique d'importation des denrées afin de subvenir aux besoins de cette nouvelle population urbaine grandissante.

Puisque la population urbaine a augmenté, la consommation de produits manufacturés à sensiblement été revue à la hausse. Tout ces paysans qui jadis consommaient essentiellement des produits de leur terroirs, se sont accoutumés à acheter des denrées emballées ainsi que des produits de consommations industriels.Tout cela a eu une grande incidence sur la multiplication des déchets ménagers et industriels qui polluent aujourd'hui nos villes ainsi que nos campagnes.

Enfin, pour répondre à la demande croissante de logements mais aussi transformer ces bidons villes en cités plus décentes, le gouvernement s'est engagé dans une grande opération de construction. Or, le plus souvent, les projets immobiliers se firent et se font toujours sur les terres les plus fertiles. Il faut préciser que c'est un phénomène international...Cela continue d'affaiblir nos chances d'être un jour un pays capable non seulement de s'auto alimenter, mais aussi notre potentiel à  exporter des produits naturels fort prisés notamment en Europe.

Cette augmentation de la construction a aussi joué un grand rôle dans le pillage du sable de nos dunes côtières, très prisé afin d'être mélangé au béton.Ces dunes, jouent pourtant un rôle essentiel pour la santé environnemental de nos côtes. Cette dégradation aura de grave conséquences sur l'équilibibre biotopique ces dernières.

Ainsi, comme conséquence à cet exil rural résultant de ces années de terreur, nous avons cités la défection des zones rurales, une urbanisation anarchique, une pollution croissante, des périls pour la santé des habitants, une modifications des comportements des animaux sauvages ainsi qu'une mutation progressive de l'agriculture qui devient plus "agronomique" que traditionnelle ainsi qu'une atteinte à notre patrimoine dunaire si important à l'équilibre de nos côtes.

 

Penchons nous, à présent sur le cas des incendies de forêts, un des principaux ennemis de la Nature algérienne si luxuriante ,mais aussi si fragile à l'instar de toute la biodiversité méditerranéenne.

L'Algérie est un pays qui à la base dispose d'un patrimoine forestier assez conséquent qui n'a eu de cesse d'être soit sur exploité, soit dégradé.De nombreuses essences, dont le Pin noir, sont soit endémiques, soit fort rares à l'échelle mondial. Que dire du Chêne Liege qui pourrait être exploité de façon raisonnée et apporter ainsi une source de bénéfice non négligeable à la nation.

En effet, déjà du temps des invasions ottomanes, les forêts de ce pays furent très convoitées par ces derniers car elles étaient à même d'assurer leur besoins pour la construction navale. Puis, lors de la colonisation par les français, on sait aujourd'hui qu'a peu près plus d'un millions d'hectares de forêts ont été brûlés notamment pour luttercontre les "résistances" des indigènes qui trouvaient dans ses forêts un refuge idéal.

Dès son indépendance, l'Algérie s'était engagées dans une politique de reboisement qui s'avéra assez efficace et salutaire.

Cependant, avec le retour de nouveaux "maquisards", beaucoup de forêts ont été brûlées par les autoritès afin d'empêcher ces derniers de s'y baser. Même si officiellement rien n'a été avoué, tout le monde en Algérie sait que c'est un secret de Polichinelle. 

La nouvelle vague d'urbanisation joua aussi un rôle néfaste dans cette déforestation. Certains promoteurs cupides, ont eux aussi favorisé ces incendies afin de liberer des terrains pour leur projets immobiliers. Car au regard de loi, en Algérie, un arbre est sacré.Là où il  a suffisamment poussé, il est légalement assez difficile de l'abattre...

Cette dégradation est à déplorer au plus haut point parce que non seulement elle a privé un grand nombre de notre faune de son habitat primordial, mais aussi parce qu'elle a instauré un désiquilibre dans le réseau floristique de notre térritoire. De plus, dans un pays qui ne cesse de céder du terrain au Sahara, ce patrimoine forestier a une fonction de "barrage vert" qu'il est essentiel de préserver afin d'éviter la désertification progressive des terres algériennes.

Bien entendu, des efforts sont réalisés afin de  minimiser cette déforestation, mais il en faudrait beaucoup plus pour réparer les séquelles qu'ont laissé ces incendies effectués notamment  lors de la "décennie noire".

Il est évident qu'il faudrait consacrer un livre entier si l'on voulait vraiment traiter sérieusement des impacts néfastes sur l'environnement de l'Algérie qui resultent de cette "décennie noire". J'ai ici, tenté modestement de vous faire un bref exposé des lignes, diront nous, les plus importantes du problèmes.

J'aimerais finir ce modeste exposé par une note positive, si j'osais m'exprimer ainsi: la défection de nombreux espaces naturels, pour des raisons sécuritaires à permis à bon nombre de sites en Algérie  de se régénérer parce que "débarrassés" pour un temps d'une influence antrophique souvent peu sympathique.

 Il paraitrait même  que certains sites, comme le Lac Noir (Forêt d'Akfadou, wilaya de Tizi Ouzou et Bejaa) ont même atteint leur "climax" depuis, c'est à dire leur état originel...

A présent que les choses semblent s'être bien heureusement  calmées, espérons que le retour des algériens à la campagnes qui semble timidement s'opèrer, se fera cette fois-ci avec un soucis de s'harmoniser avec une des plus belle nature du Monde... On  a toujours le droit de rêver, non?

Tedjani Karim pour "Nouara le portail de l'écologie en Algérie".

 

 

Note:

Mes sources sont essentiellement des entretiens que j'ai eu avec certains écologues ou scientifiques algériens dont : 

 

Mr Messaouden Mohand( directeur des recherches à l'INRF d'Azazgha -Kabylie-)

Mr Kaarali Abdelhouab( ingénieur forestier et écologue à Constantine)

Mlle Derrouiche Fatima(Chercheuse à l'universite de Blida)

Mr Omar Kerja (Historien et écrivain, ,universitaire retraité de l'université de Tizi Ouzou-Kabylie-)

Mr Riad Lemrabet (Membre de Bariq 21, Cadre de l'administration à Skikda)

Mr Akdim Abdel Ghani (Pédologue, géochimiste -Bejaa)

Un grand merci à chacun d'entre eux.

 

 

 

*L'Algérie , entre 1989 et 1999,a connu une période de son histoire fort trouble connue sous l'appellation "décennie noire" .

Voici un bref récapitulatif des évènements qui ont marquées cette sombre décennie:

 

Source web : www.afrique-express.com

1989-1998

Année 1989 : instauration du multipartisme, naissance du Front Islamique du Salut

23 février :la nouvelle constitution mettant fin à l'hégémonie du FLN et qui instaure le multipartisme est approuvée par référendum
10 mars 1989 : création du Front Islamique du Salut (FIS), dirigé par Abassi Madani.
Nuit du 22 au 23 juin : l'affaire de Ouargla.
La maison de Saléha Dekkiche, une femme divorcée, est brûlée à Ouargla et son fils de quatre ans périt dans l'incendie. Les coupables ? Une douzaine d'hommes qui ont monté une expédition punitive contre cette femme accusée d'être une prostituée. L'affaire sera mise en lumière bien plus tard et mise en exergue comme les prémices des méthodes du FIS. En fait, les coupables avaient été "excités" par le mari éconduit de Saléha Dekkiche, mais elle en dit long sur les mœurs en vigueur et les droits des femmes.
23 novembre :des associations de femmes organisent des rassemblements à Alger, Oran et Annaba, pour protester contre "l'escalade de la violence, et de l'intolérance à l'égard des femmes".
16 septembre 1989 : légalisation du FIS par les autorités.

Année 1990 : premier succès électoral du FIS

12 juin : élections locales. Le FIS remporte la majorité et rafle 853 communes sur 1541.
27 septembre : retour de Ben Bella en Algérie.

Année 1991 : le FIS au bord du pouvoir

25 mai : le FIS par la voix de son "syndicat", le SIT (Syndicat Islamique du Travail) appelle à une grève illimitée sur des objectifs politiques : instauration d'une République Islamique.
12 et 13 mars :  l'Uniongénéraledes travailleurs algériens (UGTA), centrale syndicale, dépendante du FLN,  tente de réorienter le mouvement sur des revendications purement sociales et appelle à une grève générale de deux jours.
1eravril :  l'Assemblée Populaire Nationale adopte une nouvelle loi électorale qui institue un scrutin majoritaire uninominal à deux tours.
4 avril :le président Chadli annonce que des élections législatives anticipées auront lieu le 29 juin et le 18 juillet.
26 mai :  environ 20 000 partisans du FIS dans les rues d’Alger
27 mai : cent mille partisans du FIS dans les rues d’Alger.
Les slogans ? "A bas la démocratie ! " "Un Etat islamique sans vote" "Ni charte, ni constitution, parole de Dieu, parole du prophète". "Nous voulons des comptes et non des élections !" "La grève politique est le commencement de l’Etatislamique". "L'armée et le peuple sont avec l'Islam. »
5 juin : proclamation de l'état de siège à la suite d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants du FIS.
30 juin : arrestation d'Abassi Madani et d'Ali Belhadj, le numéro deux du FIS.
26 décembre : 1er tour des premières législatives pluralistes. Le FIS frôle la majorité absolue des sièges dès le premier tour avec 47,5% des voix. Le second tour est annulé.
haut

Année 1992 : assassinat du président Mohamed Boudiaf, dissolution du FIS

11 janvier :le président Chadli Bendjedidestcontraint à démissionner cinq jours avant le second tour des législatives.
12 janvier : les autorités suspendent le processus électoral.
16 janvier : création d'un Haut Comité d'Etat (HCE) sous la présidence de Mohamed Boudiaf, alors âgé de 73 ans, rappelé de son exil du Maroc. Sa nomination à la tête de l'Etat suscite de l'espoir dans l'opinion. Lors de sa première apparition à la télévision, il annonce qu'il parlera «en arabe algérien» pour que tous puissent le comprendre.
9 février :  l'état d'urgence est proclamé, après de violents affrontements entre forces de l'ordre et islamistes. C'est le début des attentats et tueries.
4 mars : le FIS est officiellement dissouspar la chambre d’administration du tribunal d’Alger.
29 juin : assassinat du président Boudiaf, au Palais de la Culture et des Arts d’Annaba, en pleine conférence officielle, par un sous-lieutenant du groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaarafi. Son assassinant a eu lieu en direct à la télévision.
Quinze ans après sa mort, les commanditaires de ce meurtre ne sont toujours pas connus. Bien peu croient à l'acte isolé d'un militaire sympathisant des islamistes.
2 juillet : Ali Kafipréside le HCE. Il était secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidines (anciens combattants) depuis 1990 et membre du Haut Comité d'Etat depuis sa création.
15 juillet : procès des dirigeants du FIS, condamnés à 12 ans de prison
26 août : premier attentat d'envergure à Alger, dans l’aéroport Houari Boumediène : 9 morts et 128 blessés. Les autorités répliquent sans tarder, et font exécuter sept islamistes  reconnus coupables de l'attentat d'Alger.
30 septembre :création des cours spéciales antiterroristes

Année 1994 : Liamine Zéroual, nouveau chef d'Etat

25 janvier 1994 : début d'une "Conférence nationale de consensus", boycottée par les principales formations politiques. Bouteflika refuse la présidence de l'Etat.
30 janvier : le général en retraite Liamine Zéroual, ministre de la Défense, devient chef de l'Etat, désigné par l'armée (le Haut Conseil de Sécurité - HCS), lors de cette "Conférence nationale de consensus". Liamine Zéroualétait candidat unique au poste de "président de l'État", Bouteflika ayant décliné l'offre.
18 mai : mise en place du Conseil national de transition (CNT).
31 octobre :Liamine Zeroual annonce l’échec du « dialogue » avec les partis d’opposition et annonce des élections » présidentielles pour l'année suivante.

Année 1995 : première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance

13 janvier :réunis à Rome en Italiesous l'égide de la communauté catholique de Sant 'Egidio, des partis politiques algériens dont le FIS, le FFS et le FLN (au pouvoir), ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme signent un Contrat National de sortie de crise et demandent dans leur déclaration la création d'une commission d'enquête sur les violences.
"Aujourd'hui le peuple algérien vit un climat de terreur jamais égalé, aggravé par des conditions sociales et économiques intolérables. Dans cette guerre sans images : séquestrations, disparitions, assassinats, torture systématisée, mutilations et représailles sont devenus le lot quotidien des Algériennes et des Algériens. Les conséquences des événements de juin 1991 et du coup d'Etatdu 11 janvier1992, l'interruption du processus électoral, la fermeture du champ politique, la dissolution du FIS, l'instauration de l'état d'urgence et les mesures répressives et les réactions qu'elles ont suscitées, ont engendré une logique d'affrontement.", écrivent-ils en préambule de leur déclaration qui restera lettre morte.
25 février :promulgation par Liamine Zéroual de laloi sur la "Rahma" (la clémence) pour "les actes de subversion et de terrorisme."
11 juillet : cheikh Abdelbaki Sahraoui, co-fondateur du FIS (Front Islamique du salut, dissous) est assassiné à Paris.
16 novembre 1995 : élection présidentielle
Après plus de trois ans de terribles violences, le premier scrutin présidentiel pluralistea lieu. Pour la première fois depuis l'indépendance, les 14 millions d'Algériens appelés aux urnes ont le choix entre plusieurs candidats qui sont :

- Liamine Zéroual, chef de l’Etat "désigné" depuis janvier 1994
- Cheikh Mahfoud Nahnah, candidat islamiste, chef du Mouvement de la Société pour la paix (MSP, ex-Hamas), qui prône un islam "tolérant et moderne"
- Saïd Sadi, leader du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, surtout implanté en Kabylie)
- Noureddine Boukrouh, du Parti du Renouveau Algérien (PRA considéré comme "l'outsider").

Liamine Zéroual est éludès le premier tour, avec 61,34% des suffrages exprimés, au terme d'un scrutin marqué par un taux de participation record (75,69%), en dépit de l'appel au boycott de sept partis d'opposition alliés au FIS et des menaces des groupes islamistes armés. Cheikh Mahfoud Nahnah, arrive en deuxième position, avec tout de même 25% des suffrages.

Année 1996 : nouvelle constitution

27 mars : sept religieux français, enlevés par le GIA, sont retrouvés décapités le 30 mai au sud d'Alger.
28 novembre : nouvelle Constitution adoptée par référendum (84,60% de oui) renforçant les pouvoirs du président et interdisant les partis religieux. (Art. 42. Le droit de créer des partis politiques est reconnu et garanti (…) Dans le respect des dispositions de la présente Constitution, les partis politiques ne peuvent être fondés sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale.). Elle consacre aussi l'Islam comme religion d'Etat.

Année 1997 : apparition du Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), basé à Londres

Année 1998  : assassiant de Lounes Matoub

25 juin : Lounes Matoub, chanteur berbère, est assassiné au sommet d'une montagne surplombant Tizi Ouzou de plusieurs balles.
11 septembre : LiamineZeroualannoncesa volonté de démissionner et la tenue d’une élection présidentielle anticipée pour l'année suivante. La lutte des clans au sein du pouvoir éclate au grand jour. Il aurait démissionné sous la pression des généraux, notamment à cause de sa politique de "dialogue" tenté avec les islamistes.

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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