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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Ecologie en Méditérannée :"Quel climat en 2100 pour la Haute-Garonne ?"

Publié le 25/08/2013 à 07:48 | 18

Météo-fiction

Le comportement des Toulousains devra changer pour s'adapter aux fortes chaleurs./Photo DDM, archives

Toulouse, 5 août 2100. À l’aube du XXIIe siècle, les efforts déployés pour réduire les émissions de gaz à effets de serre n’ont pas payé. Du moins pas suffisamment. Dans la campagne voisine, des champs de figuiers à perte de vue. Les dattiers ont remplacé les vignes dans le Frontonnais. L’entrée dans la Ville rose se fait par de larges allées bordées de palmiers. «La région de Toulouse connaîtra un climat méditerranéen comparable à celui de l’Algérie, de la Tunisie ou de l’Andalousie aujourd’hui», explique Michel Déqué, responsable d’une équipe de recherche sur le changement climatique à Météo France. L’atmosphère est difficilement respirable. Tous les après-midis, le thermomètre affiche près de 35° depuis déjà douze jours. Il fait chaud. Trop chaud. «En moyenne, les températures maximales durant l’été seront supérieures de 6° aux valeurs actuelles de référence. Cela équivaut à 4° supplémentaires par rapport à la canicule de 2003», poursuit le chercheur.

Les pompiers s’activent, les médias sont en route : un incendie s’est déclaré dans la forêt de Bouconne. «Comme ceux qui ont lieu de nos jours sur la Côte d’Azur ou en Corse», estime Michel Déqué. Assis sur les quais, deux amoureux contemplent le mouvement paisible de la Garonne. Le mot «fleuve» semble aujourd’hui bien prétentieux pour qualifier ce qu’est devenu le cours d’eau. Par rapport à 2013, le débit a diminué de 50 % en moyenne. «L’été, la baisse sera encore plus marquée. Avec la chaleur, l’évaporation sera forte. Le manque de neige en montagne durant l’hiver aura également des conséquences néfastes sur le niveau des rivières», prévoit Éric Martin, météorologue spécialisé en hydrologie. Quant à la pluie, elle est rare à Toulouse, en 2 100. Toutefois, les précipitations sont souvent violentes. «L’été 2013 est humide par rapport à ceux que l’on peut imaginer pour la fin du siècle. L’eau va manquer dans les nappes», considère Michel Déqué.

Luchon, 10 février 2101. Les terrasses de cafés ne désemplissent pas. Le soleil est là. La température plafonne à 11° cet après-midi. C’est assez fréquent. Il y a bien sûr des journées froides, en ce début de siècle, mais les hivers sont plutôt doux. À Peyragudes, l’affluence est monstre aujourd’hui. «Il faudra que les stations de ski s’adaptent. Elles vont devoir ouvrir plus tard et fermer plus tôt dans l’année, assure Michel Déqué. D’ailleurs dès 2050, une forte baisse du nombre de jours de neige semble hélas inévitable», souligne-t-il. La solution : tâter la poudreuse sur la piste noire de «Pène Nère» ou la rouge des «Marmottes», côté Agudes. Gagner les plus hauts sommets skiables sera l’unique occasion de retrouver les neiges d’antan. Qui vivra verra ? Paul Carcenac


Températures : «pour 2050, quoi qu'on fasse, il est déjà trop tard»

Le scénario ci-contre reste pessimiste. «Mais il a de bonnes chances de se réaliser si, comme depuis 1850, le taux d’émission de gaz carbonique augmente de 1 % chaque année. Le principe de cet exercice n’est pas de lire l’avenir comme une voyante, mais de raconter des histoires plausibles», pointe Michel Déqué, le climatologue de Météo France. Il a participé à un projet de simulation de températures à un horizon lointain : 2080-2100. Au niveau mondial, les scientifiques travaillent sur des scénarios plus ou moins noirs depuis 1999. «Désormais, nos certitudes sont plus nombreuses», assure le chercheur. Pour 2100, il reste de l’espoir. «On peut encore faire quelque chose», estime-t-il. Par contre, pour 2050, c’est raté. «Quoi que l’on fasse, il est déjà trop tard. Même en circulant tous à vélo et en s’éclairant à la bougie, les températures augmenteront quand même de deux à trois degrés d’ici là», confie le météorologue. Le 5e rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), organe majeur de la prévision des changements climatiques, va être rendu public fin septembre. En attendant, les scientifiques redoublent d’efforts. «Nous examinons les éventualités : continuer d’émettre des gaz a effets de serre ou faire autre chose», conclut Michel Déqué. L’heure du choix est venue.

La Dépêche du Midi

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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