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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

« Environnement en Algérie : pourra-t-on se voiler la face encore longtemps ? » par Karim Tedjani.

L’Algérie, notre pays, est un joyau de la Nature.

Qui pourra dire le contraire ?  Sûrement pas moi qui a parcouru des milliers de kilomètres à travers toute la zone tellienne de notre territoire afin d’explorer la magnificence de cette jeune nation dont le berceau est une terre millénaire qui a hébergé souvent de force  parmi les plus grandes civilisations du Monde.

Bien que je sois né hors de frontières de mon pays d’origine, ses oueds coulent dans mes veines, ses forêts, ses montagnes, ses hauts plateaux, ses zones humides d’importance internationales, son immense désert ainsi que ses côtes luxuriantes, je les porte comme chacun d’entre vous jusqu’au plus profond de mon être et ce depuis mon premier souffle. Etre algérien, ce n’est pas être forcement né en Algérie, c’est avant tout avoir  l’Algérie dans la peau . La Nature de notre mère patrie est une extension de la nature d’un peuple, tantôt appelé « barbares », « hommes libres », « indigènes », « arabes » et enfin « algériens ».

Mon Algérie, notre Algérie, celle qui est un bout du Monde est plus qu’une vaste étendue que la divine Providence a dotée de tant de richesses naturelles ainsi que d’une population parmi les plus jeunes de la planète pourtant si mal exploitées. L’Algérie, c’est notre cœur commun, notre seconde peau, notre troisième poumon, nos couleurs, nos odeurs et bien plus encore… C’est notre présent, notre passé et notre futur que nous y résidions ou non car elle réside tout d’abord en chacun de nous.

Cependant, à l’instar du profond malaise qui hante actuellement notre société, l’écologie de notre pays souffre de ne pas être considérée à sa juste mesure.

L’Algérie brûle ses forêts, pollue ses oueds, gaspille son eau, étouffe ses paysages sous des montagnes d’immondice… A quoi bon le répéter, tous ceux qui aiment ce pays le savent…

L’Algérie, parce qu’elle a soif de « progrès », quand il s’agit d’environnement, ignore les combats de ses héros et maquille les crimes de ses bourreaux. Elle fait la sourde oreille aux cris d’alarmes de ceux et celles qui ne s’évertuent à l’avertir des périls qui la menacent tandis qu’elle n’a de cesse de vouloir régler ces problèmes avec des solutions venues d’ailleurs dont les auteurs sont parfois ceux là mêmes à l’origine des dérèglements qui perturbent un équilibre que nos ancêtres ont mis tant de temps et d’énergie à apprendre à maitriser.

Que dire de l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales dont trop peu de journalistes se font l’écho, obnubilés par la pollution et l’envie de promouvoir les énergies renouvelables ? Que penser du sable de nos cordons dunaires que l’on sacrifie à la fièvre compulsive du béton ? Où sont passé nos jardins, nos parcs publiques, nos champs jadis si luxuriants ?

« Forte » de son économie mono rentière, l’Algérie se contente de consommer plus qu’elle ne produit. C’est sa faiblesse, son pêché. De cette mauvaise habitude découle une crise aigue des savoir faire ainsi que des compétences. En matière d’environnement, cette lacune est criante et nous place dans une situation de dépendance qui bafoue tous les sacrifices de nos prédécesseurs qui sont morts pour une Algérie libre et indépendante seule véritable maitresse de sa destinée.

Notre pays est riche de jeunesse, mais ne forme pas suffisamment ses jeunes à l’innovation alors que le pétrole s’épuise et que les bonnes idées, elles, peuvent se renouveler indéfiniment grâce à l’éducation et la culture. L’Algérie qui se glorifie d’être le pays le plus écologique d’Afrique et du Monde arabe, annonce sur la scène internationale, à grands coup d’impostures plus ou moins volontaires , des mesures dont les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain, seul véritable témoin de la légitimité des actions entreprises par ce pays. Aimer l’Algérie, est-ce se mentir « global » pour laisser se dégrader « local » ? A quoi sert de signer toutes les conventions internationales, de légiférer en permanence alors que les applications pertinentes et surtout efficientes n’ont pas encore trouvé leur place dans la politique environnementale de notre pays ?

Beaucoup d’algériens veulent plus de droits mais ignorent que cela incombe encore plus de devoirs. Ils rêvent d’une démocratie sincère et intègre alors qu’au quotidien, ils se complaisent dans l’incivisme et l’individualisme improductif pour la collectivité. Combien d’entre nous pourraient changer la donne environnementales juste en changeant seulement leur façon de consommer, de vivre la communauté avec plus d’intégrité et de conscience écologique ? Combien d’algériens se posent la question de savoir ce qu’il arrivera quand plus un seul arbre ne poussera dans notre pays, quand plus un seul animal sauvage ne pourra trouver abri dans une nature alors réduite à néant par l’appétit gargantuesque de notre société de consommation naissante, quand le désert aura tout englouti à cause de celui, intérieur qui rogne chaque jour un peu plus notre conscience collective ?

J’aime mon pays, mais parce que je lui voue un amour sans limite, je ne peux m’empêcher de poser toutes ces questions dérangeantes à toute la société algérienne du 21ème siècle. Car aimer, ce n’est pas être aveugle, bien au contraire, c’est exiger et s’imposer la sincérité.

J’aime mon pays, et, malgré tous les défauts qui éloignent la pluparts d’entre eux de la vraie nature du peuple algérien, malgré mes propres limites « d’algérien d’ailleurs », je me sens lié à chacun de ses habitant par l’amour inconditionnel qu’ils et elles portent à l’Algérie.

J’aime mon pays, je ne le répèterais jamais assez , mais je n’aime pas ce qu’il risque de devenir si nous continuions à être les témoins passifs et silencieux d’un génocide écologique global qui menace l’intégrité physique et donc morale de notre nation. Car de même qu’un esprit sain a besoin de s’exprimer dans un corps sain, un peuple vertueux veille à ce que son environnement le soit d’avantage sinon il est condamné au déclin.

Je n’accuse personne, car accuser ne fait pas avancer les choses, je ne m’exclue pas non plus de la responsabilité d’un tel désastre...

Heureusement il ya des milliers de gens, dans ce pays, quelque soit leur statut social, qui agissent pour tenter d’endiguer la dégradation environnementale qui affecte tout le territoire. De ma propre expérience, on peut trouver ces « combattants de la lumière » aussi bien au sein de la société civile que, n’en déplaise à certains, dans certaines administrations. Oui, de même que la corruption a infectée toute les strates de la société algérienne, la lumière peut jaillir de partout, et même d’où on s’attend le moins. Seulement, pour l’instant, cette lumière a l’éclat éparpillé de milliers d’étincelles…

Plutôt que d’accuser, disais-je, je souhaite lancer un message d’espoir, une supplique à toute la société algérienne : si vous aimez vraiment votre pays, cessez de vous voiler la face, le défi que nous a lancé notre développement est l’affaire de toute une nation. Beaucoup de nos problèmes environnementaux résident dans le fait que le pacte social entre le gouvernement et la société civile a complètement explosé. A quoi bon se cacher derrière le fait que le peuple n’est pas mûr pour comprendre et appliquer les mesures prises en haut lieux ? Est-ce vraiment totalement la faute de nos dirigeants ? Sont-ils tous aussi incompétents et malhonnêtes que l’on voudrait bien le croire pour se dédouaner systématiquement d’agir et donc de se prendre en main ?

Il est temps de créer un pont entre tous les gens de bonne volonté quelque soient la place qu’ils occupent dans la société. Algériens et algériennes du monde entier, êtes vous vraiment incapables de vous unir autour d’une table, que vous soyez des hommes ou des femmes politiques, des médias, des scientifiques ou bien de simples citoyens ? Les solutions existent, elles n’attendent qu’à être identifiées et surtout appliquées par une société harmonieuse qui n’a pas peur d’admettre qu’elle est pour l’instant dans l’erreur. Admettre qu’on est dans le faux, c’est comprendre qu’il faut changer de réalité.

Si vous aimez vraiment l’Algérie, il faut certes oublier les utopies, démasquer les faux semblants, se détourner des discours dont la seule finalité est la cosmétique. Il est temps également de se guérir du fatalisme même si il y a malheureusement des milliers de raisons dans ce pays pour s’y embourber. Car le défaitisme c’est la mort de la Victoire du Bien sur le Mal.

Il faut choisir l’action portée par une réflexion pertinente et démocratique, faire face à la réalité afin de la faire évoluer dans le seul sens digne d’intérêt : la Vérité.

Seule une chartre nationale appliquée à l’échelle de tous un pays, fruit de l’émulation de toute une société unie par l’envie préserver la beauté de son territoire pourra nous faire avancer d’un pied sur les sentiers du Progrès et demain qui sait, nous marcheront tous ensemble sur le chemin de l’Evolution Durable. La Nature de l’Algérie, au sens propre comme au figuré, celle d’un pays destiné à être une grande nation est malheureusement en grave danger, il est inutile de se mentir au quotidien. Il est temps de se l’avouer et de s’unir enfin… K.T

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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