Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Est-il vraiment responsable d'affirmer que "l'exploitation du gaz de schiste n'aura aucun effet négatif sur l'environnement " ?


La fracturation hydraulique  horizontale doit-elle  être utilisée pour l'exploitation du gaz de schiste en Algérie ?  

C'est un  vaste sujet qui soulève de légitimes  questionnements à la fois  d'ordre écologique, social et encore plus économique. Nombre d'experts nationaux et internationaux  ont mis en évidence tout ce qui pourrait faire de ce procédé l'objet de préoccupantes inquiétudes.
D'un autre côté,  les partisans de l'exploitation rapide  du gaz de schiste en Algérie  sont convaincus que toutes ces réserves n'ont pas lieu d'inquiéter. Pour eux la fracturation hydraulique horizontale est inévitable, autant que la rente du gaz et pétrole de schiste indispensable.
 
Il y a  beaucoup de discussions, mais  pas de débat

Il semblerait  pourtant que le débat national  engagé-en ombre chinoise-  entre la société civile et la gouvernance algérienne  n'arrive pas à dépasser le stade d'un dialogue de sourd, pour ne pas dire un monologue totalement hermétique à la moindre remise en question, fut-elle pertinente ou non.
Il est encore plus déplorable de constater à quel point la classe politique algérienne semble frileuse à s'engager clairement dans ce débat. On pourrait même s'aventurer à penser que le sujet parait tabou dans cette sphère, supposée pourtant être le principal outil et espace  d'expression démocratique de la voix du Peuple algérien. Débattre sur une telle question ne semble pas être une option politiquement correcte pour nombre de partis algériens, même de l'opposition...

A qui la faute? 
Car défaillance  incontestable  il y a  dans un tel processus pourtant  des plus sain et pédagogique pour une jeune République Démocratique et Populaire  officielement soucieuse de s'engager dans la modernité de ce nouveaux millénaire: le dévellopement durable.

Il semble difficle de stygmatiser à ce propos les oppositions citoyennes qui ont adopté dans leur majorité une posture  seulement axée sur l'argumentation scientifique ainsi que la mise en évidence des nombreuses dérives  qui ont été relevées  aux USA, la seule nation qui dispose d'une  réelle expérience dans ce domaine. Que dire également, par exemple, du refus catégorique du Maire de New-York, de celui de la France, ainsi que du peu de cas que la Russie fait d'une telle supposée manne présente dans ses sous-sols?
 
Certes, concernant l'attitude de l'Héxagone à ce propos, elle  n'est pas tout à fait claire, voire schizophrénique, puisque que ce pays , à maintes occasions officielles ou "officieuses",a déclaré faire de l'exploitation du gaz de schiste un des fers de lance de sa collaboration avec l'Algérie pour les années à venir. Personne, dans notre pays, ne peut oublier que notre Sahara a déjà été un laboratoire français,  tant  pour le nucléaire que pour de nombreuses armes chimiques testées sur notre territoire, il n'y a pas si longtemps de cela...

Une assurance qui frise la mauvaise foi, d'autant plus dangereuse, donc
Depuis déjà presque deux ans que l'exploration ainsi que l'exploitation  du gaz de schiste ont  été décidées  par l'Etat algérien, sans la moindre consultation populaire, la réponse de sa part à toute forme de doléance  dans ce domaine demeure étrangement monocorde: "L'exploitation du gaz de schiste  n'aura  aucun effet négatif sur l'environnement"; au point même que, il serait quasiment contre patriotique de s'y opposer!

Avant même de remettre en question plus en profondeur  les arguments opposés par ce dernier à la  juste défiance de millions d'Algériens, et  pas  seulement  celles des patriotes d'In Salah ainsi que du reste des zones du Sahara où s'ébranle encore  actuellement l'expérimentation de la fracturation hydraulique horizontale, avant cela, il suffirait d'analayser tout simplement  cette phrase martelée dans la presse nationale, afin de démontrer  à  quel point elle a  surtout les atours d'un slogan publicitaire plus  qu'elle n'est  une  vraie réponse, fruit d'une mûre et responsable réflexion quant à l'avenir  énergétique, géopolitique,  et environnementale de l'Algérie,  et donc relatif à son économie de manière  implicitement globale.

Depuis quand une entreprise industrielle est-elle totalement sûre d'un point de vue écologique?  
Le mot "aucun" insiste pourtant sur le risque zéro supposé de la fracturaction hydraulique horizontale qui sera pratiquée, soulignons-le, dans une proportion jamais atteinte dans notre pays. L'exploitation, même  conventionnelle,  du pétrole et du gaz naturel a depuis toujours été coupable d'incidents qui ont été fort dommageables pour l'environnement ainsi que la santé publique. 

De plus, au regard de la grande porosité de notre réseau de canalisations hydraulique, qui  le rend souvent très peu efficient, comment admettre une  soit disant totale maîtrise du système algérien en matière de risques écologiques ou même de fuites. On sait, par ailleurs que même les Etats Unis d'Amérique n'ont pas été capables d'un tel exploit; les exemples d'une telle réalité ne sont malheuresement plus à compter, ni à démontrer.

Le danger est économique, avant tout

Enfin, il faut rappeller que ce n'est pas les énormes quantité de  gaz ni le pétrole  annoncés qui font l'objet d'une opposition, mais bien de la fracturation hydraulique horizontale,  un procédé "non conventionnel" si peu enclin  à la sobrité énergétique et hydraulique pourtant de rigueur dans le contexte géographique et écologique de l'Algérie, un pays en  préocupant stress hydrique.

Les risques, aussi moindres que l'on voudrait les admettre dans le camp des "pro gaz de schiste"  sont identifiés depuis longtemps, et ils incombent forcement  des impacts négatifs sur l'environnement. Le péril est de taille car  il s'agit de l'intégrité de la formidable manne écologique  que représente la nappe phréatique de l'Albien. Qu'il soit du à l'inconscience, la mauvaise fois ou bien, pis,  inspiré par d'obscurs intérêts  d'ordre uniquement mercantiles, un tel aveuglement représente à lui seul un  danger...

Mais, ce qui ma parait le plus dérangeant, voire insidieux dans cette affaire, c'est que tout ce "beau monde", souvent peu objectif,  peut-être au regard des alléchantes  opportunités d'enrichissement personnels à la clef pour nombre d'entre eux, c'est que l'on s'entête à vouloir focaliser le débat sur la thématique environnementale, certes, cruciale, pour mieux éluder le fait que la fracturation hydraulique est avant tout préssentie comme une bulle économique, un non sens énergétique, ainsi que l'incapacité du système algérien à envisager notre avenir hors d'une économie uniquement supportée par ses exportations énergétiques.Toute l'Algérie réclame, à juste titre, un changement de fond, si ce n'est au moins de forme, ne serait-ce qu'en matière de gestion économique.

Une mutation salutaire  qui tarde a être engagée 
Pourquoi condamner systématiquement  à l'inertie rentière  le dynamisme de cette jeune société qui a soif de pouvoir enfin dévellopper ses formidables potentiels grâce à une diversification plus que salutaire de l'économie Algérie?
 Quel patriote, doté ne serait-ce que d'un soupçon de raison pourrait accepter que l'on investisses des sommes colossales, consommer autant d'énergie et d'eau, pour une exploitation qui en est encore à ses balbutiements et ne fait vraiment pas l'unanimité à l'échelle mondiale?
L'eau est plus précieuse que le pétrole, d'autant qu'il en faut pour en produire
L'eau, et  cela plus particulièrement au Maghreb, est déjà la nouvelle valeur talon, tant elle se fait rare et de plus en plus coûteuse à extraire. D'autant qu'aucune activité industrielle, touristique ou agricole n'est envisageable sans un patrimoine, ainsi qu'un savoir faire hydrique conséquent et efficient. 

A ce propos, les risques de pollutions sont autant à déplorer et identifier, notamment si notre pays persiste à penser "vieux" quand il dispose de la jeunesse comme un atout, une mine d'energie renouvelable intarissable, pour peu que notre système éducatif soit  à la hauteur du talent de nos jeunes, pour innover dans le sens du respect de notre environnement, clef de voûte de la souveraineté d'une nation, autant sur son territoire que vis-à-vis de sa destinée.
Ainsi, les dangers avérés qui planent sur l'Algérie, quand elle se rêve un cauchemar de schiste, sont d'abord économiques, partant du fait que toute dégradation de l'environnement coûte  aussi cher autant en argent, en temps de dévellopement qu'en bien-être social. Dans une économie patriote, ce dernier indice devrait être même plus important que le PIB, indicateur bientôt obsolète pour nombre de pays vraiment modernes, c'est à dire qui aspirent à un Progrès soutenable pour la Planète ainsi que l'ensemble de ses habitants, humains ou non.

L'Algérie "d'en bas"  bouge,  évolue tandis que  celle "d'en haut", elle,  est réactionnaire
Il ne faudrait pas se laisser abuser par l'abus de confiance de certains, surtout quand il s'exprime de la manière la plus abusive et malhonnête possible;  quand il n'a pas été capable de reconnaitre que la société algérienne est en train d'évoluer, de se profiler une nouvelle conscience où l'écologie citoyenne  ne jouera  plus un rôle figuratif que pour certains vieux fossiles ou dinosaures, totalement déconnectés de cette Algérie nouvelle que nous sommes des millions à espérer, où que nous vivons, nous le Peuple Algérie, porteur  et semeur de la société algérienne telle qu'elle mérite enfin de s'épanouir au grand jour, et non plus à l'ombre de ses anciens oppresseurs. 

Je pense être un des témoins priviligiés  de cette émergence progressive, ne serait-ce qu'au regard de mes nombreux voyages et reportages à travers mon pays d'origine, et ce depuis plus de cinq ans. Elle n'est pas une vue de l'esprit, mais bien une réalité bien établie au sein de la société algérienne contemporaine.

Il serait temps pour certains, de se montrer enfin dignes de la société civile qu'ils ont à présent en face d'eux. Elle n'est pas seulement dotée  que d'un cerveau reptilien;  elle ne soucie pas uniquement que du prix du pain, de l'huile ou du sucre.  Les plus  aveuglément voraces et  gloutons, ne sont à chercher  non plus dans   leur camp!

Il y a toute une frange   de l'Algérie, chaque jour grandissant,  qui est  de plus en plus  alerte et informée que jamais, et s'opposera toujours à des décisions qui n'auront pas été animées par un soucis de faire de l'Algérie non plus un pays qui suit, qui consomme, mais bien une nation qui propose, produit et se construit un avenir propre à ses particularités ainsi que ses formidables richesses, d'abord humaines...
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
Voir le profil de Karim Tedjani sur le portail Overblog

Commenter cet article