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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Farid Ighilahriz. Directeur de l’Office du parc national de l’Ahaggar : « Le guépard saharien est menacé " Par Fayçal Métaoui

 Source photo:http://www.timesonline.co.uk/multimedia/archive/00492/cheetah_02_492420a.jpg

http://www.timesonline.co.uk/multimedia/archive/00492/cheetah_02_492420a.jpg 



Farid Ighilahriz. Directeur de l’Office du parc national de l’Ahaggar : « Le guépard saharien est menacé »

L’accueil se fait par un poème : « Ce désert que sillonnent les chèvres et que parcourt la vieille au dos courbé ne constitue point un obstacle pour l’étalon, encore moins pour le porteur du voile. » Le musée de L’Office du Parc national de l’Ahaggar (OPNA) est désormais accessible au public à Tamanrasset. Cela permet au moins de se faire une idée précise sur les richesses d’un parc national qui fait presque dix fois la surface de la Suisse, soit 450 000 km2, et dont le patrimoine, autant naturel que culturel, remonte parfois à plus de 3 milliards d’années, à l’aube de l’humanité ! L’OPNA, qui existe depuis 1987, est également un vaste terrain de recherches scientifiques dans plusieurs disciplines comme la préhistoire, la géologie et l’archéologie. Farid Ighilahriz, directeur de l’OPNA, revient sur les menaces qui pèsent sur certaines espèces et sur les mesures prises pour lutter contre le braconnage et le pillage.

Tamanrasset

A quand remonte l’ouverture du musée de l’Office du Parc national de l’Ahaggar (OPNA) ?

Le musée est ouvert depuis le 11 décembre 2009. C’est un musée dédié d’une manière générale au patrimoine du Sahara. Il y a un projet d’un autre musée de dimension nationale dont l’infrastructure a été réalisée sur la route de l’Assekrem. Une étude d’aménagement est en cours d’exécution pour cette structure. On l’appellera probablement Musée national du Sahara. On préfère être large et ne pas se limiter à l’Ahaggar seulement. L’aménagement pourrait durer deux ans. Il y aura des maquettes et des reconstitutions. Il sera un musée thématique et didactique avec une scénographie particulière qui permettra une bonne accessibilité des informations au grand public. Cela dit, le parc national est un lieu de pratique du tourisme culturel et scientifique.

Mais, c’est également un important terrain de recherche scientifique dans tous les domaines : géologie, archéologie, anthropologie socio-culturelle, zoologie, botanique, etc. Il y aune forte demande de la part d’institutions, de centres de recherche, d’universités, de laboratoires algériens et étrangers. Nous invitons les étrangers à passer par une institution nationale. La recherche se fait par le biais d’une convention établie avec cette institution. Nous participons à la recherche sur le terrain.

Et comment procédez-vous pour engager vos recherches ?

Nous utilisons le système d’informations géographiques qui nous permet d’avoir des données et de les traiter avec les moyens informatiques et avec beaucoup de précision. Le parc est habité. Le défi est de lier les exigences du progrès avec les impératifs de conservation du patrimoine. Ce n’est pas facile. Cela dit, nous sommes à chaque fois associés par les autorités locales à toutes les décisions relatives au développement. Nous avons reçu beaucoup de moyens matériels depuis 2003, mais nous avons un manque en matière d’encadrement.

Justement, où se situe le besoin en matière d’encadrement ?

Nous avons besoin immédiatement de spécialistes en écologie, zoologie, botanique, archéologie et en anthropologie. Il n’y a pas de mesures incitatives. Considérant les salaires, la cherté du billet d’avion et l’éloignement, les diplômés ne sont pas intéressés pour venir à Tamanrasset. Au niveau local, on ne trouve pas ces personnes qualifiées. On commence à ressentir les conséquences du manque d’encadrement. Toutes les institutions ici, souffrent de cette carence. Ceux qui sont venus, il y a dix ou quinze ans, commencent à partir. Je tire la sonnette d’alarme donc. Le parc emploie actuellement 500 salariés dont 97 % sont des locaux. Le parc est le plus grand employeur de la région. Nous avons besoin de gens qui ont une connaissance particulière du terrain. Nous avons une bonne collaboration avec le Parc national du Tassili. Nous avons des programmes annuels communs liés à des missions de terrain ou d’inventaires. Le parc recèle beaucoup de richesses en faune et en flore et des vestiges archéologiques.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur ce patrimoine ?

Le parc lui-même est une mesure de protection. Au sein de sa superficie, il y a des monuments, des vestiges archéologiques, des éléments de la faune et de la flore ayant une grande importance sur le plan scientifique, qui sont rares et qui sont menacés de disparition ou d’extinction. Les sites archéologiques le sont également. La particularité des vestiges archéologiques du Sahara est qu’ils se trouvent en surface. Il n’y a pas de sédimentation par rapport au Nord où il faut creuser. Ici, les vestiges et les outils préhistoriques sont au ras du sol. Il suffit de connaître, de se baisser et de ramasser. D’où ce caractère fragile des vestiges sahariens. Les plantes et les animaux vivent dans un milieu aux conditions climatiques extrêmes. Ils sont dans de petites niches écologiques. Il suffit de perturber ces niches et c’est toute la chaîne qui est déstabilisée. Le guépard, qui a fait sa réapparition dans l’Ahaggar, est fortement menacé également.

Le guépard est donc menacé ?

Absolument. C’est un prédateur qui se trouve à la tête de la chaîne trophique. Il est vrai qu’il n’a pas de concurrent, mais il est menacé par l’homme. L’homme pense que le guépard est un danger pour son cheptel de chèvres ou de chameaux. Une recherche effectuée par un étudiant algérien fait ressortir l’existence d’une trentaine de guépards dans l’Ahaggar. Il peut y en avoir plus. Nous n’avons pas de chiffres précis. Le guépard saharien vit dans un territoire isolé des autres bêtes, du reste de l’Afrique, comme celles du Niger ou de la Namibie. Cette situation est due à la barrière saharienne. Le guépard de l’Ahaggar n’a pas subi de croisement. C’est ce qui fait son importance.

C’est une souche pure qui vient de loin. Il y a aussi cette pratique du braconnage et de la chasse à l’aide de projecteurs qui menacent les espèces même si elle a baissé en intensité du fait d’une sensibilisation continue des autorités et de la population. Il y a deux types de braconnage : à l’arme à feu et au projecteur et aux pièges. Il y a une quantité considérable de pièges. La chasse traditionnelle est toujours tolérée. Cette chasse sélective participe à la préservation. Les jeunes bêtes et les femelles ne sont pas chassées.

Faut-il adopter une loi sévère contre le braconnage ?

La loi nationale existe et protège différentes espèces menacées. Les animaux sont répertoriés sur une liste. L’amendement de la loi 83/251 en 1996 a autorisé le rajout de certaines espèces comme les chauves-souris. Il y a aussi les lois universelles. Il y a un projet de loi pour la protection de toutes les espèces qui existent en Algérie, au Sahara, dans les montagnes et dans la mer. Ce texte, qui est en préparation, portera une liste complète dressée par le ministère de l’Environnement. Le braconnage n’est pas propre à l’Algérie. Il faut penser peut-être à d’autres moyens par exemple des chasses organisées quand c’est possible. Il faut que les autorités, à tous les niveaux, s’impliquent davantage dans l’application de cette loi et dans la sensibilisation.

On ne protège pas contre la population mais avec. Sans l’aide de la population, on ne peut pas couvrir un territoire de 500.000 km2. Cette aide permet de limiter le phénomène du braconnage et l’atteinte aux végétaux. Il y a un abattage des arbres qui touche surtout les acacias. Cet arbre n’est pas menacé, mais sa destruction est massive. Nous avons l’avantage, ici dans l’Ahaggar, d’avoir des forêts d’acacia. Il y a des endroits où il n’y a aucune atteinte grâce à l’implication de la population. Il ne suffit pas d’avoir des lois ou des agents de surveillance.

Le pillage des œuvres a-t-il baissé ?

Les touristes tendent, il est vrai, à ramasser des objets. La plupart des visiteurs du parc passent par l’aérogare de Tamanrasset. A la sortie, il y a un contrôle des bagages par les policiers et les douaniers. Ils sont assistés par des agents de l’OPNA. Nous avons installé depuis trois ans un poste où nos agents sont omniprésents. On récupère tous les objets. Il s’agit souvent de cailloux ayant des formes ou des couleurs particulières prises comme des souvenirs. Il est vrai que ce n’est pas méchant, mais nous sommes obligés d’être un peu extrêmes pour préserver le patrimoine. Nous ne tolérons pas à ce qu’un grain de sable sorte du parc.

La première année de l’installation du poste, nous avons récupéré énormément d’objets. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je suppose que cela est dû à la sensibilisation. Il faut que les agences de tourisme s’impliquent dans la sensibilisation des touristes qu’elles ramènent en visite au parc. Nous ne cessons pas de mener des actions. Il existe des agences de voyages qui respectent l’environnement et qui récupèrent ou détruisent les déchets laissés après les bivouacs. Malheureusement, ce n’est pas la cas de toutes les agences. Et là, nous sommes obligés d’organiser, avec la collaboration de certaines agences, des campagnes de nettoyage du site.

Par Fayçal Métaoui

Source : El WATAN http://www.elwatan.com/Farid-Ighilahriz-Directeur-de-l,150517

Annexe: Le guépard du Sahara

Acinonyx jubatus subsp. hecki (Hilzeimer, 1913)

Exceptionnellement pâle, on le trouve  dans le désert du Sahara. Il a des taches mais plus espacées que celles des guépards des savanes. C'est une sous espèce, appelée communément guépard du Sahara. Elle a été photographiée pour la première fois le 23 février 2009, en Algérie[9].

Source: wikipédia

-  Statut : Classé en danger par l’UICN - Fait l’objet d’un EEP - Annexe I de la CITES

-  Lieu : Afrique du Nord, Sahara, Niger
Organisme soutenu : Société zoologique de Paris

-  Action : Mission d’étude, au Niger, de la distribution et du statut de cet animal très rare.

 


Source: http://www.zoo-des-sables.com/sommaire.php3


Jamais nous n’aurions imaginé avoir autant de photos ! » L’émotion de Farid Belbachir, chercheur à l’université de Béjaïa et doctorant à la société zoologique de Londres, est encore intacte. Son étude-pilote – la première en Algérie – menée d’août à octobre 2008 dans le parc national de l’Ahaggar a permis de réunir 300 clichés du guépard saharien, grâce à un dispositif d’une quarantaine de pièges photographiques répartis dans une zone de 2800 km2.




C’est exceptionnel, car ces animaux sont insaisissables ! Sur certaines photos, nous ne voyons que des parties du corps du guépard, précise-t-il. Malgré cela, nous avons pu identifier trois mâles différents sur la base de l’arrangement des taches du pelage, unique à chaque individu, et un quatrième animal qui pourrait être une femelle. » Présent dans le désert saharien mais aussi dans les savanes d’Afrique occidentale – Niger, Mali, Bénin, Burkina Faso et Togo –, le guépard du nord-ouest de l’Afrique (acinonyx jubatus hecki) est encore méconnu. Considéré comme l’un des mammifères les plus menacés d’Afrique du Nord, son statut a été revu de « en danger » à « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge des espèces menacées publiée en octobre dernier. « Les populations de cette sous-espèce sont réduites et très fragmentées, mais il est probable que l’Algérie abrite la plus grande population, estimée à 250 adultes, précise M. Belbachir.

Voilà pourquoi cette étude va nous fournir les données de base capitales qui, plus tard, mises en comparaison avec de nouvelles études, permettront de dire si l’espèce est en progression ou en régression. » La recherche comprend, en plus de l’analyse des photos, celle des excréments collectés sur le site, nécessaire pour déterminer le régime alimentaire des guépards. Enfin, un troisième volet est consacré à une enquête auprès des pasteurs touareg afin d’évaluer la perception des prédateurs par la population locale. Après ce premier test, le chercheur, soutenu par la Wildlife Conservation Society (WCS) Panthera, l’Office du parc national de l’Ahaggar, la Société zoologique de Londres et la faculté des sciences de la nature et de la vie de l’université de Béjaïa, reviendra l’été prochain pour placer de nouveaux pièges photographiques.
L’utilisation de ces appareils a par ailleurs apporté de précieuses informations sur… les mammifères locaux. « Plusieurs clichés confirment la présence du très secret chat des sables, s’enthousiasme Farid. Les appareils ont aussi saisi le passage de fennec, renard de Rüppell, chacal, mouflon, gazelle, hérisson du désert ou encore goundi. Encore plus fabuleux, nous avons trouvé sur la zone d’étude une corne d’oryx algazelle, grande antilope éteinte à l’état sauvage. » Une découverte d’une grande importance compte tenu de l’absence d’observations historiques relatives à l’espèce dans cette région. « S’agit-il d’une vieille corne ou trahit-elle la présence de l’oryx ? Rien ne permet de le dire », ajoute-t-il. La corne est conservée au musée de l’Office du parc national de l’Ahaggar.

El Watan,
28 février 2009

Guépards : la course à la survie

Le 22 août 2005 par Sylvie CARDONA

 

On parle trop peu hélas de ce superbe félin, menacé d’extinction, et dont la population actuelle (moins de 13 000 individus) se répartit sur 25 pays - dont la plus grosse population en Namibie est de 2 500 félins, et la plus petite comprend une centaine de bêtes en Iran. Par ailleurs, on estime à 1 000 environ le nombre d’individus détenus en captivité, dont 300 en Amérique du Nord.

Voici les 5 sous-espèces :
 Acinonyx jubatus jubatus : Afrique du Sud, Namibie, Bostwana, Zimbabwe, Malawi
 Acinonyx jubatus raineyi : Kenya, Ouganda, Somalie
 Acinonyx jubatus soemmeringii : Ethiopie, Tchad, Soudan, Cameroun, sud Niger
 Acinonyx jubatus hecki : Sénégal, Ghana, Burkina-Faso, Mali du sud, nord Bénin
 Acinonyx jubatus venaticus : Afrique du nord (Maroc, Egypte, Algérie, nord Niger, nord Mali, nord Mauritanie), Asie et Inde.

Le guépard est classé en annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction), qui interdit totalement son commerce et figure sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Le guépard Indien a disparu en 1948, décimé principalement à cause de la chasse. A ce propos, des scientifiques indiens ont le projet de cloner l’animal afin de lui redonner sa place sur le continent, et les fonds ont déjà été alloués. Cependant, le guépard le plus génétiquement proche est celui d’Iran dont il ne reste plus qu’une centaine d’individus à l’état sauvage. Il est donc hors de question de capturer un sujet iranien. De plus, ce mécanisme de reproduction, encore mal maîtrisé, reste très aléatoire. Enfin, le plus grand obstacle réside certainement dans le fait que le guépard indien risque fort de ne pas retrouver son habitat originel, ni les proies qui constituent son régime alimentaire, compromettant ainsi ses chances de survie. Il est donc fort probable que ce projet ne voie jamais le jour. Du reste, il est navrant de constater que ce type de projet peut être financé, alors que les organismes oeuvrant à la protection et à la conservation des populations existantes ont des difficultés à rassembler des fonds.

Le guépard du Sahara, quant à lui, est la sous-espèce la plus menacée et fait actuellement l’objet d’un programme d’étude. Il était temps car cette sous-espèce n’a jamais vraiment intéressé les scientifiques de sorte que l’on ne dispose d’aucune donnée récente sur l’animal. La disparition de son biotope, la réduction de ses territoires de chasse et la pratique incontrôlée de la chasse au guépard sont en revanche des causes bien identifiées de sa raréfaction.

Quelles sont les menaces qui pèsent actuellement sur le guépard ?

En Afrique, le guépard se heurte à la diminution de son habitat, provoquée par l’augmentation de la population humaine et l’extension des cultures. Or ce félin a besoin d’immenses territoires. De plus, il est victime d’un appauvrissement génétique qui le rend fragile et plus sensible aux maladies, ce qui entraîne une diminution des naissances.

Il subit également une forte concurrence de la part des lions et des hyènes, surtout dans les parcs africains où ces deux dernières espèces sont en surnombre. Le guépard n’est pas un félin particulièrement féroce. Il compense son manque de force par sa rapidité et ne peut donc pas disputer ses proies à un lion ou une hyène qui s’en prennent également à sa progéniture. Comme pour n’importe quel autre félin, le braconnage constitue un problème sérieux qui n’est pas à négliger. Le guépard est aussi victime des ranchers africains, des blancs pour la plupart, propriétaires d’immenses domaines où ils élèvent du bétail. Des clôtures et des barbelés sont installés, empêchant la migration des herbivores, principales proies du guépard. Celui-ci est en outre considéré comme un concurrent par les ranchers, qui lui imputent, à tort, les attaques sur le bétail. Il est donc tiré, empoisonné, trappé.

Peu à peu les mentalités évoluent. Des organismes de protection de la faune sauvage tentent de sensibiliser les populations africaines et surtout, essaient de persuader les ranchers qu’un guépard vivant peut rapporter plus qu’un guépard mort. Cependant, ces ONG n’excluent pas des tirs sélectifs, très réglementés et donc soumis à autorisation, et dont le coût (l’idée est de faire payer assez cher ce permis de chasse temporaire) permettrait de financer un programme de conservation. Donner une valeur commerciale à une espèce animale est une idée dangereuse et néfaste mais il semble malheureusement que de nombreuses ONG se résignent à adopter de plus en plus fréquemment cette solution à défaut de trouver d’autres idées, ou de miser sur le tourisme vert.

Quoi qu’il en soit, les jours du guépard sont comptés. Les gouvernements africains et les instances mondiales de protection de la faune sauvage auront-ils suffisamment de volonté pour se donner les moyens de préserver le félin le plus rapide de la création ?

ps:

Sources : Cheetah Conservation Fund - Wildlife Conservation Network.

Source Web: http://www.aves.asso.fr/spip.php
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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