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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Feux d’artifice sur la mer : pollution de l’environnement et risques pour la santé" par Surf prévention blog

Tous les ans pour le 15 août, nous avons droit à un grand feu d’artifice à Biarritz. Le problème est que ce feu d’artifice est tiré au-dessus de la mer, avec pour conséquence une pollution que nous avions déjà dénoncée. Des études démontrent que les feux d’artifice ne sont pas sans conséquence pour l’environnement et peuvent également avoir des effets néfastes pour la santé des personnes fragiles.

Les feux d’artifice tirés au-dessus de la mer se multiplient dans les stations balnéaires ; rien qu’à Biarritz, pas moins de 5 feux d’artifices sont tirés au-dessus de la mer en été, pour un budget estival avoisinant les 110.000 euros (65.000 € rien que pour le feu du 15 août) . Pour une ville qui prétend vouloir préserver l’océan, cela fait beaucoup d’argent pour amuser la galerie sans même se poser la question de la pollution engendrée, ni mettre en place de mesures pour limiter l’impact environnemental et sanitaire.

Ce qui compte avant tout, c’est d’avoir un beau feu d’artifice pour satisfaire les 150.000 personnes qui font le déplacement et le gotha présent dans les hôtels de luxe du front de mer.

Mais plus un feu d’artifice est coloré, plus il fait du bruit, plus il dure longtemps et plus il risque de polluer l’environnement…et nos voies respiratoires.

Quand on assiste à un feu d’artifice, mieux vaut se munir d’un masque, au cas où le vent ramènerait les fumées toxiques vers vous (ce qui n’est pas rare en bord de mer). Ces fumées contiennent des particules très fines qui peuvent pénétrer loin dans les voies respiratoires et déclencher des crises d’asthme chez les personnes sensibles comme les asthmatiques ou les personnes présentant des pathologies pulmonaires ou cardiaques. Il est surprenant de ne pas avoir accès à la nature des produits chimiques utilisés dans un feu d’artifice pour prévenir les risques liés à leur exposition.

Les métaux lourds utilisés dans les feux d’artifice pour produire les couleurs (plomb, chrome, cadmium, strontium, manganèse, nickel…) posent problème car ils persistent dans l’environnement. Certains produits utilisés dans les explosifs comme le perchlorate peuvent voir leur concentration dans l’eaumultipliée par plus de 1000 et engendrer des effets délétères sur la santé, notamment des problèmes thyroïdiensUne étude réalisée sur l’impact des feux d’artifice à Hawaii ces 8 dernières années confirme que l’on retrouve des particules cancérigènes à des taux anormalement élevés dans l’air après un feu d’artifice, et que ces polluants peuvent contaminer l’eau, les plages et la terre quand ils retombent.

Les feux d’artifice sont tirés au-dessus de l’eau pour limiter les risques d’incendie (ce qui n’empêche pas la végétation fragile du rocher du Basta à Biarritz de prendre feu régulièrement). Mais peut-on continuer d’accepter de tirer des feux d’artifice polluants au-dessus d’un milieu naturel comme l’océan déjà menacé par différentes sources de pollution ?

Pour le moment, cela se pratique dans l’indifférence du grand public qui n’a même pas conscience du problème, et avec la bénédiction des associations environnementales qui ne sont encore jamais intervenues sur le sujet des feux d’artifice tirés sur la mer en France.

Dans d’autres pays, les feux d’artifice sont beaucoup plus encadrés. Aux Etats-Unis, depuis l’année dernière, Laguna Beach en Californie doit obtenir une autorisation du « San Diego Regional Water Quality Board » pour tirer ses feux d’artifice du 4 Juillet sur la mer, suite à une action en justice d’un groupe de défense des droits du littoral. Pour les feux organisés par les municipalités de San Diego et Orange County, les artificiers doivent rendre compte des moyens pyrotechniques utilisés et desquantités de débris qui retombent dans l’Océan et le type de nettoyage prévu. Ils veulent également s’assurer que les entreprises pyrotechniques utilisent bien les meilleures pratiques pour limiter au maximum l’impact environnemental et protéger la qualité de l’eau de mer.

Pour les feux d’artifice tirés en France, le strict minimum serait au moins de tenter de limiter la pollution engendrée. Y a-t-il une embarcation pour récupérer les débris des feux d’artifice qui s’échouent dans l’eau de mer, comme cela devrait se faire ? NON.

Y a-t-il des analyses de la qualité de l’eau et de l’air ? NON. On tire un feu d’artifice en utilisant des produits toxiques, mais on ne se pose même pas la question de l’impact environnemental et sanitaire…

Comme à chaque fois que l’on pollue le milieu marin, on mise sur le pouvoir de dispersion de la mer par le biais des marées, des courants et des vents. Mais on ne contamine pas moins l’océan. Ce n’est pas parce que la pollution est diluée que cela la rend acceptable ; c’est le même type de raisonnement qui a amené à diluer la liqueur noire dans la mer via le Wharf de La Salie.

Est-il tolérable de continuer à polluer ainsi la mer pour le fun et pour l’amusement éphémère du public ? Surtout à une époque où il y aurait des investissements autrement plus urgents à faire dans une ville comme Biarritz…

Et quel signe envoie-t-on à des touristes qui ne respectent déjà pas la mer et qui n’hésitent pas à jeter leurs détritus sur la plage ? Car à la pollution générée par le feu d’artifice, s’ajoutent toutes les pollutions indirectes engendrées par les spectateurs avec leurs déplacements et rejets de déchets sur la plage (mégots, canettes, plastiques…)

Pour toutes ces raisons, il serait important :

- d‘arrêter de tirer des feux d’artifice sur la mer ou sur les étendues d’eaux sensibles (ou au moins les limiter et les encadrer de manière stricte) ;
- d’informer le public sur les produits utilisés et leurs effets nocifs (actuellement c’est l’opacité totale) ;
- de réaliser un monitoring de la pollution occasionnée pendant et après le feu avec des analyses de la qualité de l’air et de l’eau.

Les feux d’artifice ne sont pas, loin s’en faut, la première source de pollution de l’environnement marin,mais ils en sont la manifestation la plus visible. Pour l’exemple et pour l’éducation du public, il serait important de faire comprendre qu’ils constituent une source de pollution du milieu marin, qui vient s’ajouter à toutes les autres…

Il faut se méfier tout particulièrement des feux d’artifices importés, ainsi que des feux d’artifices utilisés par des particuliers (avec les risques de blessures graves surajoutés) qui viennent s’aditionner aux feux d’artifice « officiels ».

On évoquera également la très mauvaise tolérance des animaux (chiens, chats, oiseaux mais aussi poissons…) au bruit des explosions qui provoquent un stress important chez eux et parfois même des lésions auditives ; chaque année des chiens se font écraser sur la route pendant un feu d’artifice. Les oiseaux peuvent être désorientés, gravement blessés ou tués par les feux d’artifice.

Tout cela pour quelques minutes de distraction…

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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