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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"Il ne faut pas tout voir en vert..." par Karim Tedjani.

Arbre, bleu, ombre

                                      Photo: karim Tedjani (Tous droits reservés 2011)

 

Une vague "verte" a déferlé sur notre planète fatiguée  par un siècle, au moins, d'une industrialisation outrancière de la vie sur Terre.

 "La planète est polluée...Nous sommes tous responsables... il faut changer le monde..." crient  à tue tête les écologistes du monde entier .

Face à l'ennemi commun,  la pollution, le seul capable de réunir toute l'Humanité autour d'un projet mondial, il paraîtrait  même indigne de refuser la communion universelle promise par le développement durable, pur produit des laboratoires onusiens.

"Pensez global, agissez local..." nous martèle-t-on, à nous les simples amoureux de la Nature qu'on voudrait, au fond, transformer en de vrais  militants politiques ou bien  des écocitoyens du monde. 

Penser "global"? Je dois avouer qu'au début, j'ai trouvé l'idée séduisante...

Pour moi, cela voulait dire " Voyez grands, pensez national, mettez en commun les informations et les énergies  autour d'un plan que chacun devra respecter dans sa région". Je  me suis dit, qu'à l'échelle d'un continent, d'une zone précise du globe, ne serait-ce qu'entre des pays qui partagent des particularités géographiques et culturelles, cela pouvait être encore  viable.  

Mais à l'échelle mondiale? Peut-on penser l'écologie de la même façon partout dans le Monde?Qui a posé les bases de cette Ecologie? Les sommets de la Terre ont-ils été vraiment ceux de tous les pays du monde? Les grands théoriciens de ce mouvement vert ne sont-ils pas majoritairement Européens ou Américains?

Il y a des choses qui paraissent évidentes aux vieux consommateurs de masse que nous sommes, par exemple ici en France, et qui ne le sont pas pour un jeune algérien, marocain ou tunisien qui découvrent  les "joies" de la consommation de masse qu'ils n'avaient fait  jusque là  que contempler  sur leur  petit écran...

Ne pas se soucier du devenir des  déchets  qu'ils produisent quotidiennement leur parait aussi normal que pour la majorité des gens en France,  jusqu'au moins les années quatre vingt dix. J'en sais quelque chose, croyez moi.  

Pendant un temps, dans l'Hlm où mes parents m'ont élevé, il y avait un vieux mur érigé, on ne sait pourquoi,  juste à quelques mètres de notre balcon. Nous vivions au rez de chaussée, et, ce mur s'élevait jusqu'au quatrième étage. Tous nos voisins des 13 étages, avaient pris l'habitude de se débarrasser de tout un tas de choses en les balançant par leur fenêtre. Il fallait voir tout ce qui s'accumulait devant notre balcon au rez de chaussé et parfois je devais même jeter moi-même toutes ces ordures.  Et puis, les années ont passé, ce mur a été démoli, des espaces verts ont été crées, et il n'y a plus jamais eut de déchets devant notre balcon. A la télé, on commençait à peine de  parler d'écologie...

Et bien,  imaginez vous qu'en Algérie, par exemple, on en soit  presque  là... Il faut accepter ce retard qui peut devenir une avancée;  mais  cela c'est un autre sujet...

 

Peut-il y avoir , par exemple un mouvement "vert" en Algérie? Ou du moins un mouvement écologique politique peut-il garder cette appellation dans ce pays? 

Ce terme, "Les verts", n'est-il pas déjà celui qui qualifie l'équipe nationale de football? Le vert n'est-il pas déjà , dans ce  pays du Maghreb, la couleur de la communauté musulmane? C'est un simple exemple des  nombreuses différences qu'il faut assimiler entre, par exemple ,  l'écologie des  militants "verts" d'Europe et  celle de ceux qui, au Maghreb, en sont tout simplement  à vouloir protéger la nature . 

Les Maghrebins, comme d'ailleurs tous les autres peuples du monde qui ne sont pas de culture judéo-chrétienne et  n'habitent pas des  pays  dit "développés", doivent apprendre à produire leur propre conception de l'évolution salutaire que doit prendre leur société pour  vivre leur jeune modernité en bon voisinage  avec la Nature et le reste du  vieux monde. Leur environnement culturel et géographique sont tellement interdépendants. Comment ne pas influer sur l'un sans transormer l'autre. 

Cela ne veut surtout pas dire que les "écologistes" algériens, entendons par là comme on appelle déjà dans la presse  ceux qui veulent réeelemnt s'investir dans la protection de la nature, doivent s'interdire de collaborer et de s'inspirer des "verts" à travers le monde. Et encore moins que leur croyance religieuse  ne doit  pas les rendre  totalement hermétiques à des concepts venus d'autres cultures.  

Mais pour cela, les Européens doivent  également faire l'effort de comprendre la nature d'un pays comme l'Algérie. Les Algériens, bien qu'ils ne partagent pas la même culture que ces derniers, ont toujours été curieux et respectueux de comprendre l' Europe. Certains même   ont appris ses langues, assimilés ses nombreuses  coutumes et  choisit ce continent pour  y résider. Les algériens savent apprendre des Européens, parfois mieux que d'eux même...

Tout étranger qui veut participer à améliorer la vie des Algériens, doit composer avec  les contraintes ainsi que les particularités de leur culture.  S'il veulent obtenir de vrais résultats durables. C'est  d'ailleurs ce que tous les Algériens qui viennent travailler en Europe font le plus normalement du monde.

Aux Algériens, je souhaite d'être ouverts aux changements ainsi qu'aux conseils venus d'ailleurs ; mais  toujours de rester vigilants à ne pas se perdre à trop douter de leurs propres capacités à trouver des solutions endémiques aux problèmes écologiques qui sévissent en Algérie. L'Algérie doit apprendre à recevoir pour être capable de donner. En écologie, le transfert des compétences est indissociable d'une bonne gestion. 

Les limites d'un mouvement "écologique" en Algérie sont  liées au contexte général  de ce pays, pas à l'incapacité de ses habitants à développer une conscience environnementale.

Pour influer sur  ce contexte, il n'est pas obligé d'être un parti politique.  On peut être une force sociale qui influe sur les politiques d'un pays...

Le but d'un parti  politique est d'un jour prendre le pouvoir ; peut-on le prendre en Algérie seulement au nom de la protection de la Nature et du développement durable?

Qui voterait aujourd'hui  en Algérie pour un parti "vert"  ?

Alors que  ceux qui, parmi la société civile  algérienne, veulent particper aux grands débats écologiques du pays, doivent  pouvoir influer sur les décisions et les actions  gouvernementales en matière de ce qui les concerne surtout: l'environnement.

En étant issus de divers horizons  politiques ou apolitiques, il me semble que leur sphère d'influence serait beaucoup  plus étendue si elle était citoyenne avant d'être politique. 

La dégradation de l'environnement physique de notre pays est le symptôme d'une pollution bien plus incidieuse et profonde... La meilleure écologie pour  Algérie  est  sociale et non politique parce qu'elle ne peut  se contenter d'exister seulement à travers  des  discours. Sa légitimité  c'est le terrain , des actions initièes au quotidien , souvent par de  simples citoyens. 

Il ne faut pas tout voir en "vert", ni par la politique...

La Nature rayonne de tant de  couleurs . Souvent, j' entends dire que le vert doit être la couleur de tous les écologistes du monde parce qu'il est la couleur de la Nature. Pourtant, à ce qu'il me semble,  celle qui est vraiment   présente sur les quatres coins du globe, celle du ciel,  c'est bien le bleu non? 

 

St Denis, le 21 Octobre 2011

Karim Tedjani pour "Nouara, le portail de la Nature et de l'écologie en Algérie"

 

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                                                  Photo: Karim Tedjani (Tous droits réservés 2011)

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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Picard Dominique 24/03/2015 22:51

Bonjour Karim, j'ignore si c'est le bon moyen de reprendre contact via ce blog, mais je n'en ai pas d'autre, vu que je ne suis pas fan des réseaux sociaux. Nous avons fait connaissance début mars dans un restaurant d'Alger, Lalamina (pas sûr de l'orthographe). Tu étais avec une amie, directrice d'une agence de communication et j'étais avec mon collègue Mohamed Khodja. Nos avons parlé de beaucoup de choses, et cela me ferait plaisir de te revoir lors de mon prochain voyage en Algérie entre le 18 et le 23 avril prochain, pour un autre dîner, si cela te dit et si tu es disponible. Bien à toi. Dominique Picard dominique_picard@hotmail.fr