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Nouara Algérie.com

Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

Je suis un arbre (et l'oiseau)

 

Oiseau migrateur
   
"Je suis un arbre (et l'oiseau)" est avant tout un postulat, mon pari et celui de nombreux amoureux de la nature, pose surtout par cette affirmation  une question qui me parait essentielle à soulever avant toute autre investigation ou spéculation   concernant l'écologie, l'environnement ainsi que la protection de  cette dernière, en Algérie, comme n'importe où ailleurs à travers la planète Terre.
C'est un "Je" plurielle qui s'exprime au singulier; celui, je l'espère, d'un nombre grandissants d'amoureux  de la nature Algérienne désirant lui redonner un peu de son éclat passé tout en regardant vers l'horizon, toujours soucieux de son devenir...
La nature de l'être humain  est-elle  si différente de celle des autres espèces mouvantes  et inertes avec qui nous partageons la vie sur  cet être vivant que l'on nomme Terre ? Il semblerait que le  terme environnement, pur produit d'une logique où la mise est à présent  de  "penser global",  place l'Humanité au centre de cet  ensemble  comme un corps, certes interactif, mais cependant  presque étranger à "tout ce qui nous entoure et nous influence". 

Pour moi, et tant d'autres humains, je l'espère,  cette conception  ultra anthropocentriste est à considérer  comme un voile, au sens spirituel du terme, c'est à dire une illusion qui s'incarne dans la réalité, à force de persister dans nos esprits. L'Homme et la Nature,  sont deux inventions sémantiques aussi vagues, floues, qu'incidieuses, à mon humble avis. Depuis quand la forme est-elle suffisante à diférencier  le fond d'une réalité capable de s'exprimer par d'infinies variations,  qui ne font que dévelloper toujours  le même thème? Naitre, évoluer, décliner et puis renaître, tel le cycle sans fin d'une saison universelle inféodant tous les autres à ce suprême état de fait. En cela, qu'est-ce qui nous éloigne de la nature d'une étoile, d'un microbe, ou bien tout simplement d'un arbre?

Diviser pour mieux régner. Dissocier à dessein de dénaturer plus en profondeur. L'Art et le nerf de la guerre aura dit  l'antique Sun Tzu, illustre stratège chinois qui fit de la maîtrise de l'environnement de ses ennemis la pierre angulaire d'une stratégie considérée encore aujourd'hui comme presque sans faille. Darwin, lui, servira largement de caution éminente à une conception de l'Evolution basée sur la compétivité, parfois même la coopération, l'échange de services, pour parler le langage  de ceux qui considèrent l'économie mondiale comme un écosystème aussi parfait que cette Nature dont ils se sont accaparés les mannes et  nous les redistribuent  les miettes moyennant argent comptant ou prêté.

La révolution industrielle, par l'entremise du célébre philosophe allemand  Nietzche, s'est aventuré à annoncer que "Dieu est mort".  Tandis que quelques siècles auparavant, Robespierre, un des pères fondateurs de la Révolution Française, après  la même oeuvre de dissidence, se résolu à lui substituer plus tard  le culte de la Nature, comme un opium  du Peuple générique plus compatible avec l'esprit républicain si cher à nos démocraties modernes. Plus tard, Adam Smith s'attela à redéfinir Dieu, avec certes, beaucoup plus de succès parmi ses paires, en parlant d'une "main invisible", seule infaillible à réguler l'environnement de l'économie mondiale; une jungle impitoyable où, au fond, l'Homme, Le prédateur Alpha,  comme la nature, ferait  toujours bien les choses. 

Le Ciel et la Terre ainsi deconnectés dans la psyché de "l'Homme moderne" , l'unicité de notre monde devient presque  une croyance obsolète et, ses frontières qui devraient être sans autres limites qu'un Univers infini, se réduisent alors au pas de notre porte, de  notre égo, intime, surtout,collectif quand cela est utile à l'échelle des marchés mondiaux. Nous voici devenus presque  uniquement humains parce que d'essence, dichotomiques à la Nature.
De Création, voilà que notre monde est devenu un produit; et la nature, une ressource, un consommable, puisque l'Homme est son seul  maître de guerre,  et non plus  l'Humanité un de ses  plus beaux miracles. La liberté des uns s'arrête là où  celle des autres commence; voilà le droit fondateur de cet Homme. Mais pas pour tout le monde, encore moins quand il s'agit de tout ce qui n'est pas humain.  Liberté se confond avec  Libéralisme, Justice avec lois des marchés  et le nombre   est seulement chiffres, statistiques.  équations mathématiques, sommes, accumalations. La norme devient normale et on tend à oublier que seules les espèces utiles  où originales  dans l'Evolution survivent durablement , et non les plus fortes ou supposées puissantes.
Difficile d'envisager  autrement ce qui nous entoure, dans une Eokos (Maison) dont la Nomia (gestion) est totament obédiente aux lois du commerce et de la libre entreprise, alors qu'elle devrait plutôt faire du bien-être et de l'harmonie  des  valeurs talon bien plus légitimes et louables que le P.I.B?

Il n'y  a rien de vraiment  communiste, ni d'anti-capitalisme dans cette observation; d'autant que l'on ne peut juger la Lune et le Soleil antagonistes, parce que diffusant  la même lumière, si ce n'est que ces deux astres le font d'une  manière  totalement différente. La seule idéologie qui domine à présent est celle de l'industrie, c'est l'unique et véritable révolution encore en vigueur depuis son avénement;  dont aucune autre, ni le communisme, ni le capitalisme, n'ont su se dédouaner. Marx en révelant la nature et les fonctionnements du Capital, comme un pathologie fondatrice de notre ère industrielle,  n'a-t-il pas inspiré autant de prétendus  remèdes que  ses plus avérés facteurs de contagion?  "Tout est remède. Tout est poison. C'est la dose qui fait le poison", Paracelse me semble avoir  défini comme personne d'autre la notion de juste milieu possible au sein même d'une dualité.  Ni croissance aveugle, ni décroissance réactionnaire, juste une évolution de nos sociétés vers une mutation de notre ère industrielle vers celle d'une vraie économie, c'est à dire celle qui considère la planète comme une maison collective  et non une mine d'exploitation pour des intérêts privés.
 
La modernité de ce siécle ne peut être raisonnablement celle des deux précédents. Nous sommes à l'aube d'un nouveau défi millénaire de taille et sans précédent où se joue l'avenir de notre espèce sur Terre, plus que de la planète qui nous survivra comme elle l'a fait à des périls d'origine cosmique et donc nettement supérieurs à notre supposée maîtrise de l'atome, ou  bien même du gène. Nous le savons tous à présent; du moins beaucoup d'entre nous ne peuvent plus se voiler la face sur le péril en la demeure annoncé par les médias, les scientifiques, ainsi que les écologues et écologistes du monde entier.
En ce qui concerne l'Algérie, une des nations phares du continent Afrique, ce cap est d'autant plus impératif à franchir que ce jeune pays est à la juste charnière entre un pays "dévellopé" et une nation en voie d'émergence qui n'a pas encore totalement rompu avec son Tiers-mondisme passé. "Pays non aligné", voilà la défintion qui devrait persister de cette époque où les jeunes républiques indépendantes se rêvaient une évolution différente du dévellopement qui les oppressa pendant trop de siècles. En matière d'écologie, je pense que notre pays devrait non pas se contenter de  suivre  péniblement un  train en cours de route, mais bien s'appliquer à produire progressivement  des concepts avant gardistes, tant il est encore, au fond, peu  industrialisé et connecté  de manière formelle à l'Organisation des Marches Communs.
Il n'est pas question  ici d'endemisme obtu,  d'être  coupable  de chauvinisme ou de nationalisme infertile. J'ai personnellement ces deux mots en profonde et sincère horreur. C'est que mes modestes recherches, tant à travers mes lectures sur l'écologie en général, que de nombreuses rencontres sur le terrain avec des acteurs et actrices de l'écologie citoyenne en Algérie, m'ont amené à considérer l'écologisme occidental  moderne politiquement et médiatiquement correcte   comme une approche louable, certes, mais  imparfaite.  Non seulement au regard de la nature de notre territoire, mais surtout de ce qu'elle pourrait impliquer dans l'esprit de nos écologues et "écologistes"  en Algérie.

"Je suis un arbre (et l'oiseau)", n'est pas un manifeste,  encore moins un pamphlet, mais plus, je l'espère ainsi du moins, un cri d'amour et de reconnaissance. Une formule  qui  aura été magique  pour moi, tout au long  de  mes récentes expériences d'échanges, de récoltes et de partages d'informations sur la nature en Algérie . C'est un algorythme qui n'a rien de mathématique, juste une sensation, une déduction  appliquée comme la racine de tout un système de valeur et d'idées. Une nature  humaine, car l'Algérie, je l'ai d'abord vécue depuis ma naissance  comme une tradition, avant de fouler pour la première fois cette terre-mère et d'en tomber amoureux fou en me plongeant chaque été scolaire dans ses profondeures rurales du nord-est algérien.
 
L'Esprit est devenu corps, conscience dans ma chair, dès lors que je fut initié à la nature, la vraie, sauvage, si peu "civilisée", mais tellement authentique et généreuse. Moi qui suis né étranger dans une des villes les plus dévellopées du Monde, comme tant de consommateurs de masse, sans véritable lien avec le sol que le béton, le goudron, me nourrissant de ce  monde sans le moindre autre effort que celui de collaborer au maintien d'une croissance continue qui ne doit pas cesser, au risque de provoquer le supposé effondrement de toute notre espèce. La fin d'une civilisation, n'est pas forcement celle du Monde; l'avènement d'une autre peut également annoncer notre déclin...Consommer, vivre pour manger et non manger pour vivre.
Oui, c'est à Guerbes, en Algérie, bien avant de parcourir le pays d'Est en Ouest, parfois  même jusqu'aux portes du Sud, que j'ai compris et que l'on m'a enseigné que je pouvais me considérer autant comme un arbre aussi bien que ce dernier est capable d'exister  aussi loin que les oiseaux peuvent porter ses graines dans leurs estomacs, pour les semer dans leur fiente, un fois la chair nourricière des fruits digérée. Dans son immense ouvrage, dont je suis loin de partager tout ce qu'il sous entend, mais ne peut encore moins remettre en question la justesse de l'analyse ainsi que la qualité d'un travail scientifique dont je serais totalement incapable, Jarred Diamond, intellectuel américain, dans son "Histoire des inégalités parmi les sociétés", nous rappelle que l'Agriculture est née dans les latrines de nos ancêtres, qui, en mangeant fruits et légumes et donc ingurgitant des graines, découvrirent la nature du pacte moral tacite qui existe entre chaque être vivant et son milieu de prédilection- et non seulement de prédation-.

L'arbre accepte de perdre pour gagner. Il produit des fruits qu'il sait  d'avance condamnés à être dévorés par d'autres organismes vivants. Se dénude chaque année de ses précieuses feuilles et nourrit ainsi une multitude d'êtres vivant dans le sol, sème dans l'air et l'eau de précieuses substances  nutritives que l'on retrouve même dans la composition de l'eau de mer. Il est ancré dans le sol comme personne, en fore l'eau, les sels mineraux et bien d'autres mannes; mais en échange, il sert d'habitat à une foule d'insectes, animaux et végétaux qui évoluent dans  son ombre, ses dépends ou bien sa cime, comme les oiseaux. L'arbre ne fracture pas, il s'inflitre, se confond, maintien et aére la terre; la relie au ciel et à la mer dans un formidable échange d'oxygène, de lumière et de rayons lunaires.

L'oiseau prend, mais rend toujours ce qu'il a emprunté à l'arbre. Il ne fait que prendre sa part et faire la sienne; du moins quand sa population est soutenable pour les végétaux et animaux dont lui et ses congénères se nourrissent. Un oiseau transporte les semences, les pollens, les insectes, à chacun de ses vols; ce n'est pas un simple voleur, il est avant tout un média qui prend à l'un pour donner à l'autre, permet aux être apparement inertes de voyager bien au delà de leur périmètre, et cela en échange d'un toit, d'un bon repas ou bien en alimentant tout un écosystème dont il a besoin pour perdurer. 
L'arbre donne ici  et donc reçoit ailleurs.  L'oiseau prend ici et  redonne plus loin.
 
Le don de soi, le partage, la diffusion  me paraissent  être de saines voies pour recevoir  et entretenir la solidarité des autres. C'est ce que j'ai appris au contact de Nouara, ma grande tante, ainsi que feu son époux El Haidi Latrèche en partageant leur quotidien dans la région de Guerbes (Skikda). C'est ce que m'ont  enseigné toutes ces années où des centaines d'Algériens m'ont soutenu  et accompagné depuis la création en 2010 du portail web "Nouara Algérie",  qui m'aura permis de me rendre à travers une vingtaine de wilayas pour les rencontrer et parler de leurs initiatives écologiques   à l'échelle  du modeste  rayonnement national et international du blog "Nouara". C'est aussi l'éducation que m'a inculqué ma mère, celle des ses aînés, un des principes de base de la tradition religieuse qui m'habite corps et âme, plus que je ne la pratique rituellement au quotidien.

Au sein  d'une société  devenue  si imprompte  à la conscience dans ce domaine, ces fruits de bonnes volontés  dont je me suis nourris, j'ai fait mon possible pour les semer à chaque nouvel endroit où je me suis rendu ensuite. De même que mon blog, je l'ai pensé comme un arbre pour l'écologie en Algérie, un espace de nourriture, d'hebergement, d'oxygène pour toutes les idées et les informations utiles dans le domaine de l'écologie, de l'environnement avec un constant soucis de veuiller à insufler, à ma modeste mesure, un esprit de nature algérienne dans l'atmosphère de la société contemporaine de mon pays de coeur.

En cela j'ai suivi la voie de l'arbre, et de son frère, l'oiseau qui sont des êtres vivants comme vous et moi, ni plus ni moins, à la différence qu'il n'ont pas rompu avec un mode de vie  aspirant à vivre et laisser vivre son plus proche et lointain prochain...ce qui est déjà  un défi de taille! Jadis, nos ancêtres disaient "Koul ou wekel", nourris toi et nourris les autres, l'inverse  étant presque  plus bénéfique et louable...

 

 

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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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