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Ecologie, environnement, nature, économie verte et développement durable en Algérie

"L'agriculture pour assurer l'après pétrole" Par La Dépêche de Kabylie

La Dépêche de Kabylie

 

 

Par Ferhat Zafane | 20 Février 2013

RACHID BENAÏSSA, MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DU DÉVELOPPEMENT RURal 

 

« On ne peut pas imaginer un développement de l'agriculture sans l'amélioration des conditions de vie et de travail dans les espaces ruraux». 

à l’instar de tous les changements qui s’opèrent en Algérie, le monde agricole n’est pas en reste, il existe même  ''une nouvelle vision'' de l’agriculture avec des objectifs clairs pour les acteurs du développement agricole, dont la sécurité alimentaire du pays, a déclaré le ministre de l'Agriculture, Rachid Benaïssa, en marge de la tenue de la grande exposition à la Safex et qui a pour ambition, d’« arriver dans les prochaines années à l’autosuffisance alimentaire », a indiqué le ministre. Une vision qui tient compte du changement de la carte agricole du pays avec l’émergence de nouveaux pôles dans le Sud d’où proviennent 18,3% de la production nationale. Concernant les enseignements à tirer des précédentes expériences agraires menées après l'indépendance, le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, estime que les politiques agricoles devaient "aller de paire", c'est à dire, « on ne peut pas imaginer un développement de l'agriculture sans l'amélioration des conditions de vie et de travail dans les espaces ruraux ». « Donc, nous abordons le nouveau cinquantenaire avec une vision très claire et des objectifs qui sont assignés à l’ensemble des acteurs du monde agricole et rural », a-t-il ajouté. Selon le ministre, l'adoption de la loi d'orientation agricole en 2008 et le lancement de la politique du renouveau agricole et rural en 2009 ont permis d'apporter des réponses à des questions posées depuis l'indépendance, liées notamment au problème du foncier agricole. « La promulgation de la loi foncière en 2010 a mis fin à un débat compliqué posé depuis l'indépendance, celui disant : que faire des terres agricoles et comment les gérer ? », rappelle-t-il. Cette législation a adopté le principe de la concession agricole pour 40 ans renouvelable comme mode de gestion des terres du domaine public de l'Etat, en veillant à ce qu'elles soient exploitées dans le sens qui sert la communauté nationale. Deux autres décisions ''très importantes'' ont été prises, l'une fait appel aux terres de propriété privée qui doivent être concernées par la politique du développement et exploitées pour participer à l'amélioration de la sécurité alimentaire du pays. L'autre concerne la simplification des procédures pour l'accès au foncier agricole que ce soit au sud, dans les hauts plateaux ou dans certaines zones du nord. « Une grande sérénité s'est installée dans le secteur, et les acteurs, sécurisés dans leurs relations avec la terre, ont enclenché des actions d'amélioration de leurs productivité », note M. Benaïssa. « La nouvelle législation, les financements avantageux et l'organisation professionnelle, soutenus par une pluviométrie favorable, ont vite donné des résultats qui se traduisent par un taux de croissance moyen de 13,8% par an, ces quatre dernières années. C’est important », dira le ministre, car « cela veut dire que c'est possible d'avoir de meilleurs résultats en travaillant plus », ajoutera-t-il. « L'intégration des autres secteurs à travers la construction de milliers de logements ruraux et le raccordement des localités au gaz naturel et au réseau électrique a donné de la crédibilité à cette politique », estime le ministre. « D'après nos statistiques, le renouveau rural a touché pas moins de sept millions de personnes pendant les quatre dernières années », a-t-il indiqué. « Les résultats sont donc très positifs, mais ce que nous prenons le plus en considération, c'est la marge du progrès qui demeure importante. Il faut que la communauté nationale prenne conscience de cela et s'investisse encore plus », a-t-il ajouté.

«C’est le monde rural qui créera la richesse» 

 

Prenant conscience des enjeux de la sécurité alimentaire, après les dernières crises qui ont secoué plusieurs pays dans le monde, l’Algérie a fait de la sécurité alimentaire une question de souveraineté nationale. « Pendant ces crises, certains pays avaient refusé de vendre des produits essentiels à d'autres. Les systèmes de régulation mondiaux ont été bafoués et beaucoup de pays se sont retrouvés dans des situations très difficiles au point où leur stabilité et la paix intérieur étaient menacées », a rappelé M. Benaïssa. « La question qui se pose aujourd’hui, c’est comment faire pour nourrir une population de plus en plus nombreuse et produire plus en préservant la qualité. Cette question doit être partagée par tous les acteurs, que ce soit les petits ou les grands producteurs. C'est pour cela que nous disons qu'il faut inverser la vision, c’est à dire ne pas continuer à regarder le monde rural comme un monde arriéré. Au contraire, c'est lui qui va produire de la richesse », estime-t-il. « C'est pour cela que nous disons, à travers cette politique, la perception du rural doit changer. Le rural c'est l'avenir, et ce sont des potentialités à découvrir et à valoriser ». Les besoins alimentaires de l’Algérie sont couverts à 72% par la production nationale, le reste étant assuré par l’importation. « Nous avons des filières où nous sommes autosuffisants et dans d'autres pas assez. Certes, il y a une amélioration, mais il reste beaucoup à faire à l'avenir ».

«Dans certaines filières, nous pourrions nous inscrire dans l’exportation» 

La nouvelle vision du secteur tient compte également du changement de la carte agricole algérienne et l’émergence de nouveaux pôles agricoles au niveau du sud, d’où proviennent actuellement 18,3% de la production nationale, essentiellement d’El Oued et de Biskra, 22% des hauts plateaux, 16% des montagnes et 43% des plaines. « Si les dix wilayas du sud agissent similairement, vous imaginez l'amélioration qu’il pourrait y avoir. Tout le monde doit se sentir concerné par cette carte qui est en train de changer », a-t-il dit. « Si cette dynamique se maintient, il n’y a pas de raison pour que, dans certaines filières, nous ne puissions pas avoir des productions importantes et nous inscrire également dans l'exportation », estime le ministre.      

  Ferhat Zafane  

 

 
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À propos

Karim Tedjani

Karim Tedjani est un blogeur indépendant très concerné par les questions de l'environnement ainsi que de l'écologie en Algérie... Depuis 2009 , il sillonne autant le web que son vaste pays d'origine; afin de témoigner, d'apprendre, mais aussi de militer...
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